A la chasse aux champignons… (1)

amanite-tue-moucheL’automne va de pair avec les champignons même si un été pluvieux peut permettre de bonnes cueillettes…

Il y a plusieurs manières de récolter des champignons :

  • Premier cas façon tueur occasionnel : on vous a enseigné la place depuis votre plus tendre enfance. Y arrivant vous croisez un quidam qui porte deux paniers pleins de ces délicieuses coulemelles et cèpes qui vous étaient normalement destinés. Vous n’avez qu’un choix : trucider le quidam pour embarquer ses paniers et vous régaler, ni vu, ni connu. Comme quoi même un champignon comestible peut tuer. Ne pas oublier de dissimuler le corps dans un buisson en le recouvrant de feuilles mortes. (Pour le trucidement, ne pas compter sur moi pour vous donner des conseils…)
  • Deuxième cas façon suicidaire qui ne veut pas se l’avouer : vous n’y connaissez rien en champignon, mais on (et ON est un con) vous a dit qu’un champignon un peu mangé par une limace était forcément comestible. Ce qui est faux et archi faux. Vous ramassez donc de tout en ricanant contre les imbéciles qui ont laissé ces magnifiques exemplaires, pour vous régaler d’une délicieuse fricassée l’âme pure et sereine. Il parait que cela mène droit au paradis (heureux les simples d’esprit…). Bonne cueillette, mais n’invitez que des amis que quand on en a des comme ça, on peut se passer d’ennemis… Avec un peu de chance vous échapperez à une amanite mortelle et n’ingurgiterez que de l’hallucinogène qui colle tout de même une bonne gastro. C’est le moment de voir le diable danser avec la sainte vierge sur le canapé du salon, en ayant vidangé son intestin et donc purifié son corps…
  • Troisième cas façon serial killer : vous détestez votre belle mère, le beau père, les frères et les soeurs, et vous ne pouvez pas les avoir avec un marteau tôt tôt sans vous faire prendre. En plus le sang qui gicle : très peu pour vous.
    A vous les amanites mortelles soigneusement choisies et généralement  négligées par les connaisseurs dont vous faites partie !
    Vous êtes ravis Thérèse, car il n’y a pas d’antidote ou tellement si peu, contre les champignons mortels. Eventuellement une greffe d’un bout de foie. Vous pourrez toujours proposer un bout du vôtre que vous avez pris soin de cirroser au préalable, pour quand vous aurez servi à votre belle famille un rôti de veau aux soi-disant champignons de Paris que vous ne digérez pas + patates. Comme ces imbéciles ne savent pas faire la différence entre un champignon de Paris et un phallus impudicus, que vous avez proposé de donner un bout de foie malade, vous êtes hors de cause. Car personne ne fait une association géniale entre le champignon de Paris et de drôles de symptômes… D’ailleurs qui, avec un drôle de début de gastro ira dire qu’il a mangé des champignons de Paris ? Qui ?
  • Quatrième cas, façon pharmacien : on vous dit toujours qu’en cas de doute il faut demander conseil au pharmacien. Le mien n’y connait rien et l’avoue franchement, les heures consacrées à la mycologie au cours de nombreuses années d’études sont d’une pauvreté aussi affligeante que la vision du paysage politique français à l’heure où je vous cause.
    Avec un peu de chance, vous allez tomber un jour sur des personnes portant un panier, un peu hésitantes (donc non suicidaires), qui vont vous demander si vous vous y connaissez.
    Répondre « mais bien sûr, je suis pharmacien » ! Pas de bol ils n’ont ramassé que des bons mauvais que vous aimeriez bien exposer dans votre vitrine avec l’affichette « champignon mortel ». Le panier est contaminé, proposez généreusement de le prendre pour le détruire vous même après avoir mis les champignons en place dans la vitrine avec des gants en caoutchouc.
    C’est un coup tordu, mais ça peut souvent marcher (ou l’inverse, mais c’est une autre histoire…).
    En plus d’une bonne fricassée, vous aurez un panier de plus pour aller aux prunes champignons…

Si vous voulez voir la vierge et le saint esprit, le champignon mis en illustration convient parfaitement. Ne pas en abuser tout de même 1/3 à 1/2 chapeau réussira, soit à vous remettre les méninges d’applomb après la crise (terminés les champignons !), soit à vous mener droit au couvent, ou dans un ordre quelconque (avec l’intestin dans le désordre mais rien n’est parfait)…

14 réponses sur “A la chasse aux champignons… (1)”

  1. Je ne reconnais que les bolets… à l’odeur jusqu’à 4-5 mètres. Et je confirme la prise à l’œil nu après. 🙂
    Ce sont les seuls comestibles que je reconnaisse à coup sûr. Les autre sont dangereux ou trop ressemblant avec des dangereux pour que je prenne le moindre risque.
    Quant aux pharmacien-mycologues, cela poussent uniquement à la campagne, jamais en ville. 😉

    1. On peut dire que « ça sent le champignon », mais je ne les cueille pas au nez, mais à la vue…
      Nous connaissons plusieurs comestibles depuis toujours et nous nous en tenons à eux…
      Et mon pharmacien est plutôt de la campagne…

  2. Fille de coin à girolles, je me console en sachant que confondre une girolle et un truc dangereux faudrait vraiment être Parigot Tête de Veau 🙂
    Mais je n’ose jamais ramasser les adorables petits « mousserons » du jardin qui étaient si bons dans les omelettes de ma grand-mère (qui les ramassaient elle !!!) : est ce que l’on peut confondre un mousseron tout petit mignon avec une horreur (dans un jardin ???) ??? Dans le doute, arg, je me retiens…

  3. J’adore la méthode pharmacien (*mode diabolique on*: quoique, la façon serial killer est à retenir… pour une certaine voisine, par exemple… *mode diabolique off*)

    Sinon, j’ai une autre méthode, l’échange de bons procédés: j’échange les noix fraîches ou les délicieuses pommes durement ramassées au prix d’innombrables piqûres d’aoûtats, contre des cèpes (ma grand-mère est périgourdine, les ramasseurs de cèpes sont légion, là-bas)! Omelette aux cèpes, pommes sarladaises aux cèpes, magret de canard aux cèpes… miammmm!
    Gourmande, moi?… 😉

    1. Par ici, rares sont ceux qui échangeraient leurs champignons contre des pommes.
      Nous sommes envahis de pommiers.
      Et les noyers ne sont pas rares non plus, donc il ne reste qu’à chausser ses bottes !

      1. En fait, c’est qu’il y a TELLEMENT de cèpes, qu’ils ne savent plus quoi en faire et les donnent… Car les années sèches, on peut se brosser pour en avoir! ;p

  4. J’adore !!! Et tu as entièrement raison, c’est fini le temps où ton pharmacien savait reconnaitre les champignons ! je suppose qu’il a du se passer un accident regrettable (« oui madame, tout à fait qu’il est comestible »….) et depuis, les pharmaciens préfèrent dire qu’ils n’y connaissent rien pour être pénards…
    Bon, ça m’a ouvert l’appétit tout ça, allez hop, des bons champis tout frais tout roses (et vers chez moi, ils sont super bons !!!!)

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