LA GENESE…

la-geneseComme il y aura bientôt 3 ans, j’ai proposé à la petite fée, la fille de ma soeur, de lui donner des petits cours de soutien dans ses matières faibles.

En gros, l’histoire, la géographie, et le français.

Il y a 3 ans, elle avait moyennement apprécié ces cours de soutien PENDANT SES GRANDE VACANCES, en juillet, tous les après midi, sauf le WE.

J’avais refait avec elle l’astucieux programme bien chargé allant de la préhistoire à la fin de l’empire romain, non sans récriminations de sa part (non mais quelle idée aussi de mettre un programme aussi lourd pour des gosses de primaire ?).

La géographie c’était bien aussi. La leçon concernant les capitales d’Europe m’avait particulièrement réjouie, s’intitulant « comment aller à Prague en Vélo ». J’étais outrée, d’autant que la capitale du Danemark était placée sur l’horrible schéma fait par la maîtresse, en Belgique…  Sur le globe terrestre, la maîtresse avait confondu le pôle nord et le pôle sur, difficile de revenir dessus…

Quant à l’histoire, pas de livres, juste des photocopies moches, à colorier, et bourrées de conneries parfois, genre « un propulseur servait à tuer des rennes avec un arc et des flèches »… (rédigé par la maîtresse également, une flèche celle là…). Je m’étais dit à l’époque que j’étais bien heureuse d’être sortie du processus scolaire, car si mes filles m’avaient ramené des conneries pareilles, je pense que j’aurais été très mal avec la maîtresse (d’ailleurs, il y en a une qui… Ce sera pour une autre fois…)

J’avais essayé de lui faire faire des révisions ludiques, à l’aide de mes vieux « tout l’univers » ou autres encyclopédies et cela s’était plutôt bien passé, sauf qu’il lui a fallu du temps pour comprendre que ce n’était pas Vercingétorix qui avait fondé Rome (de toutes manières on sentait la fatigue de la maîtresse dès le début de l’année…)

Ca recommence, elle est de nouveau en plein dedans, vient de terminer la Grèce antique, et se sent mal à l’idée de se refaire l’empire Romain, Jules César, les gallo romains, etc…

Sauf que là elle a pleinement accepté l’idée que je lui donne un coup de main, nous lui avons donné le temps de la réflexion (je ne veux pas être la tatie emmerdante qui fait chier le mercredi après midi), donc elle est pleine de bonne volonté. Elle s’est souvenue que l’année suivant mon aide, elle en avait ressenti le bénéfice et m’avait d’ailleurs, remerciée à la fin du premier trimestre.

Premier jour : mercredi 9 mars.

On fait un petit tour de ce qui ne va pas, et là elle se sent mal, pour son prochain cours de français. Elle doit lire un texte, répondre à des questions et me précise qu’elle n’a rien compris.

Elle me présente le livre de français, et stupéfaite, je découvre la première partie « des textes sacrés » :  « LA GENESE ».

La vraie, c’est vraiment extrait de la Bible, ce n’est même pas édulcoré ou expurgé…

« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l’abîme, un vent de Dieu tournoyait sur les eaux« .

Je vous épargne la suite, cela va jusqu’à la création de l’homme et de la femme (mais sans le coup de la côtelette d’Adam).

Elle me précise dès ce premier paragraphe qu’elle n’y comprend RIEN. Comment la terre, créée par Dieu, peut-elle être vide et vague ? comment pouvait-il y avoir un abîme ? et comment un vent de Dieu peut-îl tournoyer sur les eaux puisque la terre est vide (et vague…) ?. Je sens que cela va bien se passer quand elle va me demander QUI les fils d’Adam et Eve ont épousé. Ma grand mère avait éludé cette question avec moi, d’ailleurs…

Je lui explique certaines expressions, qu’il s’agit de très très vieux textes dont la traduction n’est pas forcément bonne et qu’il est question de très vieilles croyances (comme le coup de la séparation des eaux qui n’est pas mal non plus dans le genre).

Comme elle est intelligente, elle arrive à répondre aux questions posées (que je vous épargne, cela donne des envies de meurtre) et je lui fais rajouter une note : la création du monde est pleine de contradictions, donc difficile à comprendre.

Mais je n’en ai pas fini.

Parce qu’après on va se farcir :

  • L’expulsion d’Adam et Eve du jardin d’Eden en deux parties
  • Le déluge
  • La tour de Babel
  • Moïse franchissant la mer rouge
  • Moïse recevant les dix commandements.
  • Le tout en français de chez la Bible dans le texte !!!

Comme nous sommes dans les textes sacrés, je regarde plus avant. Il y a une leçon sur une journée de Bouddha et puis plus rien.

Parallèlement elle me montre son cahier d’instruction civique parlant du concept de laïcité et j’en passe et des meilleures sur les signes religieux distinctifs, le droit à l’enfant de penser par lui-même, etc…

Elle voit bien que je suis choquée un peu, et je lui explique que si ses parents, comme Albert et moi jadis pour les filles, avons fait le choix d’une scolarité Laïque, Républicaine, Publique, ce n’est pas pour rien. En tous cas notre choix clair est que l’on ne farcisse pas la tête de nos gosses avec l’origine d’une religion que nous ne pratiquons pas…

Survoler les grands courants de pensées, c’est pour la philo, pour plus tard… Pas en sixième !!!

Mais j’ai une autre question peut-être plus importante : dans quel esprit égaré, vide et vague, a pu germer l’idée d’apprendre un français correct, à l’aide de textes très anciens, traduits de langues mortes, et jamais remaniés depuis ? Cela aurait été une traduction de la guerre des Gaules, cela m’aurait tout de même énervée…

C’est quoi cette connerie ?

Nous manquons d’auteurs ? ayant su écrire dans un français parfait, pour donner du vocabulaire à nos enfants, leur donner une idée de ce qu’est un bon rédactionnel ?

D’autant que paradoxalement, cette enfant a déjà survolé l’évolution des espèces (en CM1, il était grand temps, après cela aurait été trop tard) et là on lui fait lire un texte en totale contradiction avec ce qu’elle a péniblement appris et qu’elle va devoir refaire…

MOI j’ai une idée que je trouve excellente (limite, je m’admire…).

La prof de français s’arrange pour se trouver un pasteur, un prêtre, un rabbin, les 3 bien agressifs, pour bien commenter le texte. Tout le monde sait que ces gens là ont été fichus de se massacrer les uns les autres pour une virgule de leur dogme, pendant des siècles

En leur ayant flanqué un excitant dans leur café pour qu’ils se flanquent des bourres pifs pendant toute la leçon. Cela occupera les enfants.

Et puis comme cela, le prof d’histoire pourra enchaîner directement l’heure d’après sur LES GUERRES DE RELIGION ! (et les pompiers l’heure encore d’après pour une leçon de secourisme…)

La vie n’est qu’un long calvaire…

(PS : je voudrais bien savoir QUI décide des programmes de nos chers enfants, parce qu’on pourrait leur donner le choix entre apprendre par coeur tous les manuels ou se faire pendre à raison de un sur deux, cela ferait réfléchir les autres…)

43 réponses sur “LA GENESE…”

  1. Voilà. C’est juste la tendance générale de l’éducation nationale en ce moment: on oublie complètement les basiques, les essentiels, parce que c’est chiant et que ça traumatise les petits chéris (mais si on les connaît pas, on peut pas faire grand chose) et on leur balance des trucs super intéressants, certes, mais qu’ils sont pas foutus de comprendre, parce qu’on a un peu zappé l’étape des basiques.
    Et après, on vient dire que le niveau général des élèves baisse, et que c’est un scandale (et après, pour fêter ça, on supprime des postes de professeurs).
    Scrogneugneu.

    1. Tu crois que ma nièce n’est pas traumatisée par la Genèse ?
      Super intéressant ? Ca dépend du point de vue… Ce n’est ni le sien, ni le mien, ni celui de la famille, globalement…
      La tendance générale de l’éducation nationale c’est du grand n’importe quoi, le quidam qui veut laisser SA marque et n’a peut-être même pas de gosse.
      Et effectivement, une baisse dramatique du niveau général… (il n’y a qu’à voir les perles du bac, c’est affligeant !)

      1. La première partie de ce que je disais, c’était ironique, hein! Quand je dis « super intéressant », oui, ça dépend du point de vue, et le sujet a été probablement choisi par quelqu’un qui le trouvait intéressant, mais justement, c’est pas tellement ça le problème, il aurait fallu le choisir en fonction des enfants, pas en fonction de ses goûts personnels. (et non seulement la plupart de ceux qui revisitent les programmes n’ont pas d’enfants ou leurs enfants sont déjà grands, mais ils ne se sont pas retrouvés face à une classe depuis Mémé Zalem)

  2. Alors, là, je m’en mêle un soupçon… parce que je ne suis pas d’accord avec tout ce que tu dis ; si j’approuve vivement l’idée de pendre une ou deux grosses légumes de l’EN, je pense que l’étude des « textes fondateurs » est très importante, et peut être intéressante, même pour des enfants n’ayant pas d’éducation religieuse, ou ayant des convictions autres que chrétiennes.
    La genèse, c’est un mythe poétique, et il n’y a qu’une frange infime des chrétiens (des américains allumés pour la majorité et des sectes d’inspiration biblique) qui y voient une explication réaliste.
    Bref, ce que tu cites, comme le reste du texte, peut être pris, tout simplement comme un poème. En outre, on le confronte souvent à d’autres mythes créationnistes – amérindiens, par exemple, qui peuvent y ressembler sur bien des points.
    La culture française est imprégnée des mythes chrétiens, la langue aussi (et toi, ma chère Calpurnia, avec ton looooooong calvaire, à lire ce trop long commentaire, tu nous le montres à longueur de billet), cette partie du programme sert donc à créer une base culturelle qui devrait permettre à tous d’appréhender une réalité historique.
    Après, peut-être que ma collègue est, comme toi, emmerdée d’avance par ces textes, et que donc, elle les « vend » comme du chou de Bruxelles, peut-être qu’elle est nulle, peut-être…
    Mais la Genèse, ce n’est pas plus difficile que Molière, ou Racine, ou Hugo, et si on jette tous les écrivains un peu difficiles, sous prétexte qu’on doit faire du rédactionnel, on n’aura plus jamais de poètes ! Or,

    « Des temps futurs perçant les ombres,
    Lui seul distingue en leurs flancs sombres
    Le germe qui n’est pas éclos »

    1. Je sais très bien que notre culture est imprégnée des mythes chrétiens.
      La Genèse est particulièrement difficile sur le plan du FRANCAIS, moi en sixième nous abordions Molière et nous aimions bien…
      Replonge toi dedans, c’est illisible pour des enfants de 11 ans ! et il ne s’agit pas d’un auteur particulier…
      Après pour l’origine de notre culture et tout et tout, il y aura la philo, à un âge où les jeunes sont tout de même plus réceptifs…

  3. ca me rappelle un peu quand ma soeur, pour sa premiere annee d’allemand, devait travailler sur Goethe (« mais je comprends meme pas en francais…. » disait-elle) ou, comme devoir, rediger une lettre de motivation pour etre embaucher dans une entreprise en tant qu’ingenieur en informatique… Gnnn???
    Certains profs ont tendance a ne pas se mettre a la portee du niveau de leur eleve je crois…

    1. Je ne pense pas que la prof soit en cause : c’est le livre de français que tous les élèves de sixième du collège ont.
      D’où mon coup de gueule concernant ceux qui concoctent les programmes…

  4. Faire étudier aux jeunes, ou en tout cas les initier, aux grands mythes fondateurs des religions actuelles? Idée géniale. je trouve cela fantastique. Un cours de Culture générale, je pense que ça ne serait pas du luxe de nos jours. 🙂 Même moi, heu si j’avais le temps, en tant qu’adulte je découvrirais volontiers la Genèse.
    Mais dans un cours de français en classe de sixième, c’est limite de mauvais gout. La on est carrément d’accord. Enfin les élèves ne sont-ils plus censés étudier les auteurs français en cours de français?
    Et même dans un cours de culture générale ça paraitrait normal d’équilibrer les cours entre Christianisme, Islam, Bouddhisme, Judaïsme etc. Non?
    Je trouve cela super louche. Elle ne serait pas dans une secte évangéliste la maitresse?

    1. C’est l’âge des enfants, et le choix des textes qui me choquent le plus.
      La Genèse n’a rien à faire en cours de Français !
      Après l’initiation aux grands mythes fondateurs, je suis totalement pour, mais pas avant la seconde.
      Et la prof ne fait que suivre le programme imposé par le livre…

  5. Euh, rassurez-moi. Nous sommes bien en 2011, début du XXIème siècle, même si calculé après JC, en une époque supposée hyper-scientifique (d’ailleurs n’essaie t’on pas à Genève de recréer le fameux Big-bang à l’origine de tout ?).

    Je suis « vachement » contente de ne plus avoir de gosses dans l’école primaire ou secondaire (à la fac on leur fout la paix avec ce genre de « conneries » et de ne pas encore avoir de petits-enfants qui seraient obligés de se taper ça : quoique ça marcherait peut-être une demande de dispense au vu de ma « religion » : agnostique !

    Punaise, je vois le jour où on va virer comme les états fondamentalistes aux USA, où on apprend en cours de sciences aux enfants de primaire que Dieu a créé le monde en 7 jours, etc.
    A quand le retour de la cuisine au bâton à feu et de la chirurgie au silex ?

    1. Oui nous sommes bien en 2011.
      Si je n’étais pas toujours d’accord sur le choix des lectures imposées en français, en sixième ou cinquième pour mes filles, au moins le programme global se tenait.
      Là ce n’est absolument pas le cas, ce livre de français est une daube de A à Z.
      Si on veut les dégouter de la lecture, c’est vraiment l’idéal !!!

  6. Roh tu me rappelles ma 6eme. Cours de catéchisme ou l’on devait effectivement parler de la création via dieu. Cours de Géographie ou (me demande pas pourquoi) l’on étudiait le big bang. Étant de nature contrariante, j’ai fait remarquer à ma prof de géo que pour avoir 20 à son interrogation, je devrais dire exactement le contraire de ce que j’ai du apprendre pour avoir 20 en catéchisme… C’est ce jour là que j’ai pris la mouche contre les profs et que j’ai compris que l’on devait juste se taire. (j’ai fini collé suite à ma remarque =/)

    1. Là encore, je ne pense pas que la prof soit en cause : c’est le livre imposé pour toutes les sixièmes de ce collège.
      Le texte me choque, non pas par rapport à mes convictions religieuses, mais parce qu’il est illisible, mal écrit (traduit) et que c’est tout, sauf du français…
      Alors que c’est étudié à fond, en cours de français…

  7. Je me permet de réagir (en tant que membre de l’EN et prof d’histoire). Je trouve l’approche de ma collègue quelque peu maladroite mais suivant notre propre histoire religieuse, on se sent plus ou moins à l’aise pour évoquer certains sujets.
    Les programmes d’histoire et de français sont conçus pour donner une base culturelle commune aux élèves.
    Pour répondre à Mimi, ils voient aussi les autres religions, mais c’est étalé sur leur cursus scolaire (Islam en 5ème avec aussi et c’est nouveau, l’Inde au Moyen-âge et l’hindouisme).
    Sans vouloir faire de politique, l’Europe a des fondements chrétiens, c’est un fait historique. Et pour comprendre l’art (le truc à la mode à l’Educ nat, c’est « l’histoire des arts » ) il faut un minimum de culture religieuse. Allez expliquer les fresques d’une église romane représentant le jugement dernier ou des vitraux gothiques quand vos élèves n’ont pas du tout de culture religieuse …
    Après ce qui me paraît vraiment surprenant c’est le choix de textes bruts, alors qu’il en existe des adaptés et sans documents pour faire le lien avec aujourd’hui. Ma collègue de français l’an dernier avait travaillé sur une BD mettant en scène la « création du monde » et des pubs de parfum qui reprennent les codes de la genèse (la pomme, le serpent …).
    Qu’on présente des textes comme ceux-là, sans présentation en classe préalable me choque …et sans faire le lien avec aujourd’hui …

    Après je suis bien d’accord avec vous pour pendre quelques personnes chargées des programmes ….

    Plein de pensées amicales pour vous et votre petit chat, je sais quel vide cela laisse.

    1. Quand je vois comment sont faits les livres, je suis horrifiée !
      Les fondements chrétiens de l’Europe, ils l’ont déjà fait en histoire en CM2 je crois…
      Il n’y a pas besoin de leur faire lire des textes aussi ardus pour aborder l’origine de notre culture actuelle.
      Ni surtout pour leur apprendre à écrire correctement !
      D’autant que la prof n’a jamais précisé qu’il s’agissait d’un mythe poétique (Nita). Il va falloir lire les 7 ou 8 textes, point…
      Et répondre à des questions stupides en plus !

      1. Ben le livre, elle n’est pas obligée de l’utiliser … quand les docs du livre ne me plaisent pas, (ou sont trop vieux -j’ai un livre d’éducation civique pour mes élèves qui ne connaît pas les euros), j’en cherche d’autres, plus à portée de mes élèves …
        Si elle n’a pas précisé qu’il s’agissait d’un mythe poétique, je me pose comme mimi, la question de savoir si elle n’est pas évangéliste …. 😉

        Pour l’impression de redite, c’est fait pour, ils ont un premier tour au primaire (mais c’est très variable suivant les écoles, j’ai un cousin de 10 ans qui a beaucoup de SVT mais rien en histoire), puis ils font une boucle complète au collège puis une boucle complète au lycée. Cela a été conçu pour que ceux qui quittent le cursus classique après la 3ème aient pu tout voir … Mais je trouve le concept dépassé …

        En fait si les mythes fondateurs arrivent en 6 ème c’est parce qu’ils suivent la chronologie du programme d’histoire (Antiquité : 6ème ; Moyen-âge : 5ème avec les Chevaliers de la table ronde par exemple ; XVII-XVIII-XIXème en 4ème avec Molière et Voltaire ; XX-XXIème en 3ème …) mais la notion de « mythe » est effet dure à comprendre pour les élèves …

        1. Je sais bien que les redites sont nécessaires !
          Mais il y a l’art et la manière d’aborder les sujets !
          D’ailleurs en ce qui concerne l’histoire et la géographie, j’ai du mal à comprendre comment fonctionne le prof : ils peuvent rester 4 semaines sans faire l’un ou l’autre…
          Mais rien à faire, la Genèse me reste en travers de la gorge 🙂

        2. En fait, je pense qu’il fonctionne par grandes parties et non par chapitres, ce qui fait qu’il doit attendre d’avoir fini une partie d’histoire pour attaquer une partie de géographie … C’est parfois dur de couper les parties en plusieurs morceaux car chaque partie est conçue comme un tout dans les programmes.

  8. je suis aussi choquée : on dirait carrément un cours de religion déguisé!
    il y a des tas d’autres textes, vraiment « français » pour le coup à étudier et très chouettes, la genèse en 6ème je trouve ça vraiment hard…

  9. Je plussoie Nita et Floconnette. J’enseigne en classes prépa, cette année nous travaillons sur le mal (programme imposé) et j’aurais bien aimé que mes élèves aient qq connaissance de la Genèse. Je suis désolée, mais il est essentiel, pour comprendre la littérature et les arts européens jusqu’au 20ème siècle au moins, de connaître les textes essentiels de la Bible. Et je suis désolée une fois de plus mais, pour la littérature européenne, la connaissance de la Bible est plus importante que celle du Coran ou de la vie de Bouddha. Le titre de la séquence est « textes fondateurs » : on doit y étudier la Bible, mais aussi des textes latins comme « l’Enéide » et les « Métamorphoses », les matrices des pièces et romans des littératures vernaculaires, et non pas les grandes religions mondiales. Ca ne veut pas dire, pour autant, que les enseignants font de l’éducation religieuse. J’ai la « Profession de foi du vicaire savoyard de Rousseau » au programme (toujours sur le mal), qui parle de Dieu toutes les 3 lignes, et pour autant je n’ai pas l’impression de faire un cours de religion. C’est tout l’art de l’enseignant de faire des lectures culturelles de textes religieux, nous sommes formés pour cela. Enfin, ce n’est pas en donnant du « ouioui » aux élèves parce que ça colle à leur niveau langagier en 6ème que nous allons les faire progresser. Si nous nous adaptons à leur niveau au lieu de les confronter à un texte un peu « bizarre », certes, mais que nous expliquons ensemble, comment un jour leur faire lire de la poésie ? Si nous appliquions le principe de l’adaptation, nous ne ferions certainement pas de Molière en 6ème. Quand j’enseignais en 4ème-3ème, ils avaient du mal avec Molière et Musset… Il faut donc placer la barre un peu haut, mais faire ensuite avec eux le trajet pour l’atteindre. C’est précisément ce que j’aime dans ce métier.

    1. Entre la sixième et la prépa, il y a un gouffre et de nombreuses années…
      Je persiste à dire, ma nièce étant très loin du « oui oui » et étant une enfant qui aime lire, ce qui devient rare, que l’on peut aborder les « grands courants » de manière ludique.
      Je me demande comment j’ai pu avoir la culture que je possède actuellement, avec des programmes post 68 forcément nuls…
      Je me suis beaucoup amusée avec Molière en 6ème parce que la pièce avait été bien choisie, j’aimais bien les poèmes, bien choisis également…
      Ne viens pas me dire que l’Education Nationale est en progrès constant…
      Là on ne met pas la barre un peu haut : elle est infranchissable…

  10. Entre la sixième et la prépa, il y a peut-être un gouffre, mais je suis passée de l’une à l’autre du jour au lendemain, donc j’ai les deux expériences. Je n’ai pas critiqué les programmes post 68, que je ne connais pas. Je proteste juste contre la réduction culturelle qu’on voudrait nous imposer au nom de la laïcité. C’est une nouvelle forme d’intolérance que je trouve regrettable. De toute façon, ta nièce va en faire du Molière et de la poésie, mais elle ne va certainement pas passer l’année dessus, il faut varier les plaisirs.

    1. Je n’ai jamais eu aucun cour évoquant l’histoire des religions de ce type… L’histoire était évoquée différemment, ce qui ne nous a pas rendu incultes !
      Réduction culturelle au nom de la laïcité : on peut très bien évoquer l’histoire des religions, au travers l’histoire de France, et même Molière tiens ou d’autres auteurs…
      Mais là, rien à faire, la Genèse me reste en travers…

  11. Pas étonnant qu’en sortant de là, les gamins ne rêvent que de tchatter en langage texto sur leur ordi ou téléphone.
    Comme tu dis, pas très motivant le programme, pour des enfants si jeunes.
    Sans compter qu’à ta place, j’aurais été mal barrée pour tenter d’expliquer tout ça…

    1. Le programme n’est effectivement pas très motivant.
      Pour moi « heureusement » que j’ai bénéficié d’une éducation religieuse (sinon ma grand mère en aurait fait une maladie…)

    1. Je ne sais pas jusqu’où il faut remonter pour les traductions.
      Celle que j’ai est la réplique de celle qu’avait ma grand mère…
      Je n’ose imaginer ce que pourraient donner des adaptations modernes…

  12. Si les enfants doivent avoir un minimum de cultures religieuses (et j’insiste sur les « S »), attaquer un cours de français, où l’on est censé apprendre à manier sa langue maternelle, par « La Génèse » me paraît maladroit. Pourquoi ne pas prendre une bible pour enfant, écrite en français moderne qui permettra une approche beaucoup plus facile des mêmes notions ?

    1. Oui pourquoi ?
      C’est une très bonne question !
      Il y a des manières plus ludiques que de faire ingurgiter des textes qui, même pour des adultes, sont assez ardus…

  13. Si je suis choquée par la difficulté du texte pour des enfants de 11 ans (j’ai déjà eu du mal à comprendre la Bible en la lisant à 20 ans!!) je suis encore plus choquée qu’on étudie un texte RELIGIEUX dans une école laïque!! Et apparemment plusieurs sont prévus, et bien sûr tous chrétien, ah non, mille excuse, un texte parlera du bouddhisme….
    Je suis navrée mais si les musulmans doivent enlever leurs voiles car « dans les écoles laïques point question de religion » alors expliquez moi pourquoi ils bourrent le mou à tous les enfants avec des textes chrétiens exclusivement?
    Franchement, si quand ma fille arrivera en 6° il est encore question d’étudier ces textes, y a de grandes chances que je prenne la tête avec la maîtresse …

    1. UN texte religieux, pour introduire l’impact des religions sur les civilisations, passe encore.
      SEPT de la Genèse, c’est plus qu’exagéré dans un collège laïc effectivement.
      C’est sans doute en relation avec une certaine « identité nationale »…
      Bref, ça me choque toujours autant.
      Et les profs n’y sont pour rien, c’est le programme et le livre imposé…

    2. Vous ne vous « prendrez pas la tête avec la maîtresse » car,si elle applique le programme,elle n’est pas là pour en débattre avec les parents d’élèves.C’est avec le ministre qu’il faut se prendre la tête.

  14. Ah mais oui, s’il s’agissait de plusieurs textes portant tous sur ue religion différente, là je me dirais c’est bien, on veut leur apprendre des choses. SEPT textes sur la Genèse, ça ressemble plus à du bourrage de crâne effectivement!!!
    Oui, je suis d’accord que les profs n’y sont pour rien, c’est sûr, mais bon, faut bien crier sur quelqu’un hein… 🙂

    1. Il y a bien 7 textes sur la Genèse…
      C’est abusif !
      Voir après, sur quoi le prof débouche (deux textes sur la sortie de l’Eden d’Adam et Eve = la condition féminine ?)
      On verra bien…
      Idée pondue par un énarque certainement.
      Moi l’ENA, je la supprimerais purement et simplement, on s’en est passés pendant des siècles…

    2. Je suis instit et les parents n’ont pas trop intérêt à « crier sur moi »,je ne suis pas leur punching ball.

  15. La Genèse en 6ème, c’est clair que c’est hard !

    Moi en 6ème, en cours de français, on avait commencé par L’Illiade et L’Odyssée… Mes parents avaient halluciné quand ils avaient vu ça, mais comme avait dit la prof de français, c’était le programme et elle était obligée de le suivre.

    En tt cas, ils feraient bien de revoir les programmes, que ce soit en 6ème et même en général.

    1. Alors l’Iliade elle se l’était faite juste avant.
      Je suis arrivée trop tard pour sévir…
      Lui parler des grecs, c’est faire génération raciste… Maintenant c’est foutu.
      Et si un jour elle lit la Bible, ce sera parce qu’elle n’aura rien d’autre à lire (c’est une enfant qui aime lire), enfermée dans un hôpital, sans avoir le choix…
      En plus, si on y regarde bien, la bible c’est le truc horrible à lire à cet âge là…

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