Au mauvais endroit et au mauvais moment… (mais ça aurait pu être pire…) (1)

Cow boysEtant née sous une bonne étoile, la chance me court après sans jamais arriver à me rattraper. La malchance aussi d’ailleurs, mais sans que la mienne (légendaire tout de même dans la famille) ne soit totale.

J’en prends pour exemple ce qu’il m’est arrivé dans mon bourg, ce vendredi 6 septembre. Je me suis réveillée de bonne humeur, avec l’impression que j’allais passer une bonne journée. J’avais tort. La prochaine fois que je me réveille avec cette double sensation : je reste couchée.

Je me suis en effet mise à trier avant de ranger, l’intégralité de mon appartement. Ce qui fait que pour l’instant cela ressemble à Berlin en mai 45, mais cela ne va pas durer (je croise les doigts en touchant du bois…)

Entre autres choses, j’ai entrepris de mettre à la benne tous les magasines ou objets laissés par Charles-Hubert, magasines qui ne me dérangeaient pas jusque là, mais maintenant si, parce que j’ai entrepris de ranger d’autres choses leurs places et de faire du vide. Donc il faut  jeter, et il n’y a pas de poubelles de récup dans ma résidence. C’est comme cela, il faut aller à U pour benner ce qui se trie.

Je suis donc partie vers 14 H avec deux cabas plein de magasines, avec l’idée d’en faire autant chaque jour jusqu’à épuisement du stock. Un cabas de magasines c’est lourd, et je me suis donc promis de moins les remplir les prochaines fois suis donc arrivée à U devant les containers spéciaux « plastique, papiers, cartons, magasines », totalement éreintée par le transport des dits cabas de mon pallier à la voiture.

Ces containers sont placés juste devant un stop, le stop de la sortie de parking de U, et je me suis donc garée sur la gauche, en montant légèrement sur le trottoir, juste devant le stop, de manière à ne gêner personne, comme tout le monde le fait (ça ne dérange effectivement personne).

  • Je descends le premier cabas, et je le vide. Ce faisant je réalise que ma voiture tourne et que j’ai mon sac dedans,
  • Je remets le premier cabas vide dans la voiture, je prends mon sac à main, je prends le deuxième cabas que je vide consciencieusement dans le container.
  • Alors que j’arrive aux trois derniers magasines que je m’apprête à lâcher dans le container, une « voix masculine » m’apostrophe : « toi là rester garée encore longtemps ? »
  • Je me détourne sans avoir lâché les derniers magasines que je tiens donc toujours, je croise un très beau regard vert clair, celui d’un homme au volant de ce qu’il me semble être un 4 x 4 garé à côté de ma voiture et dont je ne dérange pas le passage et je réponds d’un ton neutre « j’ai presque terminé »
  • « NON tu dégages ! »
  • Et là mon regard se pose sur une main tenant un pistolet braqué sur moi, très exactement sur mon visage, car j’ai l’impression que l’oeil noir du pistolet me fixe désagréablement. L’homme le tient de la main gauche posée sur la portière (la vitre est entièrement descendue).
  • Je me dis « déjà, c’est trop tôt », je lâche les magasines, j’ouvre ma portière et je me rue dans ma voiture. Mon sac à main valdingue n’importe comment avec le cabas, et je me penche pour le rattraper en claquant la portière.
  • Et non, on ne tire pas en évitant ma tête de justesse parce que je me suis penchée faut-pas-pousser-non-plus.
  • La voiture démarre dès que j’ai claqué ma portière, grille bien évidemment le stop, et le temps que je retrouve mon portable tombé par terre, la voiture est hors de vue, mais je l’ai nettement vue tourner à droite.

Sur le coup je ne ressens rien, je desserre mon frein à main pour démarrer à mon tour, marquer tout de même le stop, tourner à droite également avec la peur de voir la voiture qui m’attend, avec toujours en tête le « déjà c’est trop tôt », déjà la mort. Puis je me mets à transpirer, je m’arrête au carrefour suivant avant de tourner à nouveau à droite : la voiture est hors de vue et je perds l’usage de mes jambes qui se mettent à trembler.

Fort heureusement, je suis juste devant la caserne des pompiers, ils sont trois à papoter dehors en fumant (normal pour des pompiers) et je pile comme je le peux, en appuyant comme une folle sur le klaxon (en m’écroulant donc sur le volant).

Alertés par ce klaxon insistant et continu, ils se déplacent pour trouver votre sorcière en larmes, tremblant de tous ses membres, transpirant comme pas possible, mais sur le coup, ils pensent que je fais juste un malaise, vu que je suis toujours affalée sur le volant…

La suite au prochain numéro, la vie n’est qu’un long calvaire…

PS : sur la photo c’est du pipeau : il n’y a pas de balles dans le barillet…

16 réponses sur “Au mauvais endroit et au mauvais moment… (mais ça aurait pu être pire…) (1)”

  1. Non !!!!
    (je sais ce commentaire est inutile mais je venais ici pour me vider la tête après avoir appris une mauvaise nouvelle et je constate que tu n’as pas non plus passé une bonne journée…)

  2. !!!!!!
    Y’en a qui sont pas net dans leur tete!!!
    J’ose pas imaginer la sensation!! Le fait de savoir mon voison avec une hache sur le parking avec sa femme et sa gamine dans mon appart en attendant les flics m’avait rendu histerique à postériori. Donc là, j’imagine meme pas l’état!
    Contente que vous n’ayez rien!

  3. J’ai connu ça dans mon échoppe, trois gus avec un automatique. J’ai vu que l’arme était factice, j’ai pratiqué un temps le tir à l’arme de poing. Mais ils étaient trois hommes de vingt ans contre un de 55 (à l’époque), je n’ai pas cru bon de me battre pour 200 euros, et je leur ai filé le fric.

  4. Eldoée :Si, ils sont très nets dans leur tête et c’est cela l’horreur : ON BUTTE N’IMPORTE QUI !
    Je n’ai rien physiquement, pour le moral c’est autre chose…

  5. Ma chère patate : non ce n’était pas mon heure, mais bon, un bref moment je l’ai vue en face de moi (mon heure…)

  6. Saskia : c’est pire que cela. Cela te bouffe tout le reste. Vu le temps passé, je sais de quoi je parle, et je sais que je n’en ai pas terminé avec cette histoire. Ce qui est ahurissant c’est mon petit bled, et la question du pourquoi…

  7. Le Nain : je te comprends tout à fait, on ne fait pas le héros dans ces cas là. On croit toujours que l’on sera meilleur que les autres mais BASTA !
    Je m’en serais tirée autrement si j’avais été un flic ou un gendarme entraîné, avec une arme sur moi.
    Parce que là, je suis montée dans ma voiture en catastrophe sans me poser de questions !
    Toi ta vie vallait 200 Euros (c’est peu), moi la mienne ne valait rien sur ce coup là !

  8. J’ai toujours dit que le rangement c’etait pas bon pour la sante!
    Blague a part, je suis bien contente que tu sois la pour raconter… le monde part en vrille…

  9. lilly : bien d’accord avec toi. Sauf que pour ma sauvegarde, il va me falloir prendre encore et encore des magasines de Charles Hubert et aller les jeter là où tout à commencé.
    Je sais qu’il faut le faire….
    Mais dans mes rêves c’est tout de sa faute !-)
    Le monde partant en vrille depuis tellement longtemps : je n’ose pas me prononcer…

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