Je me suis donc mariée… (fin du tome 1)

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Donc le bilan réel de la journée (où sont mes 23 ans ? qui me les rend ?)  :

  • Le chignon était très réussi et un grand bravo à tatie, mais je ne remercie pas les photographes qui m’ont mitraillée au vin d’honneur : sur toutes les photos on dirait que je gobe une mouche : honte à eux (et à moi de répondre aux questions : la mariée taisez-vous il y aura toujours la photo prise au moment ou vous dites « quoiiiiii ? »)

  • Le chapeau d’Albert était trop petit, il fut donc prié de le tenir dans la main pendant toute la séance photos et de mieux choisir son chapeau la prochaine fois !

  • La séance photos devant la petite fontaine rétro et la jolie mairie, ça lasse au bout d’une heure et 60 minutes début mars en petite robe 1900

  • La femme du meilleur ami d’Albert s’était déguisée en Scarlett dans « Autant en emporte le vent » avec une robe faite dans des rideaux + des anglaises à l’ancienne et avait voulu poser 42 fois à côté de moi (sinon c’était une femme charmante sauf au téléphone où elle pouvait tenir 3 heures en racontant la vie de gens qu’on ne connaissait pas). Adobe Photoshop n’existait pas : il n’y avait que le découpage fébrile de la photo pour éliminer les rideaux.

  • La méchante belle soeur avait cru bon de « terminer » sa robe de mariée pour le soir et de se mettre en crème elle aussi ce qui est d’une impolitesse suprême, mais c’était bien d’elle. En plus elle rigolait comme un trombonne à coulisse et comme le plan de table avait été fait au dernier moment, elle était quasi en face de moi ce qui m’a un peu perturbé le repas et la digestion du vacherin (je pense que je vais faire un post sur elle, ça me soulagera et les filles aussi).

  • Le furoncle avait super bien choisi sa toilette : une jupe genre écaille de serpent avec le haut allant avec, les chaussures idem + le sac : elle ressemblait à une sardine géante (ou un maquereau je ne veux insulter aucun poisson, vous avez le choix) (rajoutez la tronche de cake et vous serez définitivement séduits)

  • Le mari du furoncle avait fait reluire ses moustaches : il ressemblait encore plus à Staline qu’il idôlatrait d’ailleurs, qu’à l’ordinaire (comment ça vous ne saviez pas qu’il ressemblait à Staline ?) (mon rêve : le raser pendant son sommeil…). Il a pris le chou de ma seule grand mère croyante une partie de la soirée et si elle en avait eu un, cette sainte femme l’eut saigné à blanc avec un chandelier volé dans l’église (si nous y étions allés), en lui éclatant le cervelet discrètement derrière le bar du restaurant…

  • Mon grand père paternel m’a manqué terriblement et j’aurais bien consolé ma grand mère en lui refilant un chandelier pour trucider Staline, mais je n’en avais pas…

  • Le garagiste de mon père était un con et son ami fleuriste un escroc : deux brouilles, deux chasseurs de moins dans l’équipe de mon grand père (le drame absolu : comment tuer un sanglier innocent à 12 seulement ?).

  • La méchante grand mère d’Albert avait complexé tout le monde en faisant à 40 personnes son compliment favori « tu n’as pas un peu grossi toi ? Si si, je trouve, tu as biennnnn grossi… ». Et même à des gens qu’elle ne connaissait pas alors qu’on ne pouvait pas dire qu’elle représentait la ligne haricot…

  • Je venais de signer à la mairie devant témoins et tout, avec un homme qui voyait des soucoupes volantes après 32 coupes de champagne et je ne pouvais pas aller dé-signer le lendemain, contrairement à une légende stupide. Un éléphant rose je voulais bien, mais une soucoupe volante vous avouerez…  (on imagine la soucoupe volante se posant et l’éléphant rose qui en sort)

  • Je m’étais inscrite dans la catégorie « voleuse » en dérobant une jarretière bleue dans un magasin (une chose bleue, une chose empruntée, j’ai craqué, j’ai honte, mais j’avoue enfin (j’ai lavé la chose et je suis allée la remettre à sa place sous l’oeil torve d’un vigile vachement utile (il n’avait jamais vu quelqu’un déposer quelque chose dans le vrac au lieu de le piquer) (on a dit « emprunté »…)

Mais le top du top :

La méchante belle soeur était tout juste enceinte du cousin germain de Pulchérie qui ont un mois et une semaine d’écart (10 novembre – 18 décembre).

Elle avait gardé pour elle cette excellente nouvelle pour ne pas nous gacher notre mariage (?), mais son mari avec un coup dans le pif, vers le milieu du vin d’honneur donc, sur le coup de 19 heures, avant de faire croire à la femme du patron qu’il était pilote de ligne, commença à distiller la nouvelle avec précautions oratoires de rigueur, à savoir raconter à tout le monde que Coraline était enceinte, que cela s’était passé tel jour, à telle heure et dans telle position (eh oui, nous portions le même prénom la méchante belle soeur et moi, je suis donc contre les définitions de la personnalité via le prénom !).

Tout le monde profita de la nouvelle (confirmée le lendemain du mariage), surtout les amis de la famille, du village de mes parents et de mes grands parents, invités au vin d’honneur, qui commencèrent à regarder Albert avec consternation vers 19 H 30 : ce crétin qui épousait une femme enceinte de son beau frère (ils ignoraient bien sûr la similitude des prénoms mais avaient bien repéré qui m’avait mise enceinte). Quant à moi j’étais à jamais perdue de réputation… (et je le suis toujours, une réputation perdue ne se repêche nulle part, mais cela m’a plutôt fait rire)

Nous eûmes la surprise quand mon grand père, tout heureux d’apprendre que j’attendais Pulchérie (un des premiers avertis), eut comme réponse des amis du village à qui il claironnait qu’il allait être arrière grand père pour la première fois : « oh, on le savait depuis longtemps ! »… Surprise de mon grand père bien sûr… Questions de tout le monde, la nouvelle étant vraiment fraîche… REPONSE ! après moultes interrogations…

Voilà le bilan de ce mariage : pour tout un village ma grossesse fut vachement, vachement longue… (11 mois, et le premier qui me parle des éléphants aura droit à une claque virtuelle…)

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