Tout ce qui est petit est mignon…

Je pense que vous l’avez remarqué, l’adjectif « petit », est souvent utilisé pour minimiser les choses, ce qui peut donner :

  • J’ai mis un petit peu trop de sel sur la petite pizza (pizza qui est effectivement riquiquite).

Albert est passé maître dans l’art du « petit » qui ne relevait donc pas de sa haute juridiction, l’homme étant la personne des situations difficiles, à la naissance de Pulchérie, pour réitérer à la naissance de Delphine.

A moi l’honneur (et la gloire) donc de :

  • Changer la petite couche (qui pèse en gros 1 kg, et qui pue le premier morceau de boudin noir avalé par le trésor adoré)
  • Eponger la petite régurgitation (en fait un gros gerbis de lait caillé sur le dessus de lit)
  • D’aller voir ce qui pouvait déclencher les petits pleurs… (le hurlement zhorrirrifiant du nouveau né qui éloigne tous les prédateurs à portée de voix)
  • D’ailleurs généralement, cela n’allait me mobiliser qu’une petite minute…

Inutile par contre de minimiser les choses en lui avouant devoir lui confier pour un petit après-midi le petit trésor adoré-régurgitant-et-braillard ou de faire le petit plein d’essence de la petite voiture dans le rouge. 3 ans après il se souvenait du jour exact (avec date et heure) où il avait changé l’immonde couche ou poireauté 1 H au moins à la station service (et ce n’était pas une petite heure).

Quand j’ai rencontré mon problème d’épaule et me suis rendue sans pouvoir le faire en rampant, parce que cela mobilise le bras, chez Acromion un samedi à 12 H 30, j’ai finalement après la consultation, assimilé le « petit » avec une infantilisation maximum.

Pourtant ce n’est pas son genre à cet homme là. Je mets cela sur le compte du fait que j’étais son dernier rendez-vous de la semaine, qu’il a des semaines très chargées, et puis je lui pardonne, parce qu’il m’a limite miraculée (j’ai dit limite, ce n’est pas totalement résolu).

Au départ pourtant, c’était mal barré. Après explications de ma part sur la façon dont j’avais fait un dérapage non contrôlé dans les escaliers extérieurs de ma résidence en me vrillant l’épaule à me rattraper à la rampe pour ne pas me péter le coccyx, il m’a dit qu’il allait pratiquer une petite auscultation et petit examen du duo bras/épaule.

  • Donc nous allons regarder la mobilité de cette petite épaule
  • Si je pouvais retirer mon petit bras de la petite manche de mon petit pull, il serait plus à l’aise pour quelques petites manipulations
  • D’ailleurs il y va petitement, que je me détende (contrairement à ce que vous pensez, je sais parfaitement me détendre et transformer le petit bras en petit ballot pesant et mou du genou)
  • C’est parfait bravo madame !
  • Non pas de rupture de quelque petit tendon, c’est juste une petite déchirure musculaire
  • Ah ? il y avait un petit bleu sous le bras ?
  • Ah pas petit, de la taille de votre main ? La paume ou les petits doigts compris ?
  • Ah, la petite main quoi…
  • L’idéal pour la mise au repos quand vous êtes dans votre canapé, serait un petit coussin sur lequel avachir reposer votre petit bras
  • Vos petits oreillers sont-ils bien confortables ? C’est important ça les petits oreillers. Si votre petite omoplate vous fait mal et semble lutter contre la petite l’articulation de l’épaule, il faut en acheter d’autres, c’est indispensable.
  • Bon un petit traitement anti inflammatoire, antalgique, du repos maximum pour le petit bras, et tout rentrera dans l’ordre

Il m’a donc fait une petite ordonnance, je suis allée chez mon petit pharmacien de village pour échapper à la petite Maritza qui me pompait l’air, j’ai acheté mes petits médicaments, et j’ai pris mes petits cachets tous les matins, midi et soir.

Tout en songeant que ce jour là, Acromion devait souffrir d’une petite fatigue. (Chez Albert, la petite fatigue c’était un coup dans le nez, comme quoi le terme « petit ou petite » peut masquer n’importe quoi, tout comme un train peut en cacher un autre…)

Parce qu’il avait eu beau faire pour me rassurer, moi j’avais un gros mal de chien, une horreur d’épaule en Louis XV et la vague envie de m’ouvrir les veines avec un petit post-it pour en finir enfin avec cette vie qui n’est qu’un long calvaire.

Le premier qui me parle de petit calvaire se prend une grosse tarte…

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