Petits conseils pour quand vous vous retrouverez enceinte…

Vous pouvez acheter UN livre sur la grossesse et l’accouchement. J’ai dit UN livre, pas UN QUINTAL de livres.

Ne faites pas votre test de grossesse trop tôt. Beaucoup de « retards » de jadis, étaient en fait des grossesses avortant spontanément (1 sur 3 paraît-il). Nos grands mères n’avaient pas d’autres moyens de savoir que d’attendre. 15 jours de retard sur des cycles réguliers c’est l’idéal. S’ils ne sont pas réguliers, vous ovulez peut-être le 21ème jour, voire même plus tard et donc le premier retard est normal. Il existe des jeunes femmes qui ont un test positif 3 jours avant la date des règles et les voient tout de même débarquer. Epargnez-vous cette déception.

C’est positif. Lisez le livre sans surligner au stabilo tout ce qui peut ne pas aller mettez juste des post-it. Vous saurez ce qui ne va pas, votre corps vous le dira, et une fois la grossesse lancée, en règle générale, cela ira bien.

Fuyez le gynéco/accoucheur s’il vous semble alarmiste ou trop inquiet pour rien finalement. N’hésitez pas à l’interroger : pratique-t-il des épisio systématiques ? A une époque c’était pour protéger soi-disant des risques de descente d’organes ou de fuites urinaires. Hors, il est prouvé que sans avoir eu d’épisio on peut ne jamais avoir de problèmes de ce style, alors que la meilleure copine de votre mère, elle, a ces problèmes malgré 3 épisio… L’épisio ne doit avoir lieu que s’il y a risque de déchirement du périnée, et cela se voit au dernier moment, donc trop tard pour l’effet protecteur « futur ».

De la même manière, prévoyez de refuser l’accouchement déclenché systématiquement avant un WE ou pont. L’enfant doit venir à son heure, et beaucoup de césariennes sont dues au fait que ce n’était justement pas l’heure, mais que putain, l’accoucheur partait en vacances le lendemain. Moralité, le gosse s’accroche à vos côtes flottantes parce qu’il veut rester bien au chaud, et il faut donc aller le chercher à la tronçonneuse. Pitié pour lui et pour vous !

De la même manière, si vous pouvez vous renseigner sur le taux de césariennes dans la maternité de votre choix, ce n’est pas plus mal…

Vos amies déjà mères sont désormais priées de vous épargner le récit de leurs accouchements. Sauf celle qui a fait cela en 20 minutes, dans le taxi qui l’emmenait à la maternité et qui n’a rien senti (ça existe, pourquoi pas vous ?). A elle vous pouvez dire « alors raconte encore ! »

N’oubliez pas qu’il y a les progrès de la médecine, mais aussi, depuis toujours, des « modes », concernant la grossesse, et comment s’occuper d’un nouveau né. Parfois les avis des plus anciennes peuvent être intéressants, surtout s’il s’agit d’une mère qui a vu prospérer sans problèmes ses 4 enfants en faisant un peu selon son instinct.

Vous pouvez interroger votre mère si vous le désirez, sur le déroulement de ses grossesses, accouchements, et autres (sauf qu’elle a dû déjà vous en parler). Mais aussi, et c’est important, sur ce qu’elle sait des accouchements et grossesses de vos grands-mères…

En effet, moi par exemple, je tenais de ma mère pour l’accouchement (72 H pour le premier, mais on ne laisse plus faire maintenant) qui faisait ricaner ma belle-mère parce qu’elle avait fait cela en 3 fois 20 minutes maxi. Mes deux filles peuvent très bien tenir d’elle, et rien ne vaut d’avoir le moral remonté à bloc.

Et sachez répondre à « si tu veux mon avis », alors que vous n’avez rien demandé, « non merci ! »

Et surtout n’oubliez pas de faire lire à Albert le chapitre obligatoire destiné au père « comment faire face à un accouchement précipité ». Ca aussi, ça remonte le moral…

Et dites vous bien quand vous aurez vu le test virer au positif, que vous allez vivre une aventure extraordinaire, la plus belle, la plus unique, et qu’il ne tient qu’à vous de ne pas vous transformer en baleine échouée sur le canapé, à bouffer des glaces toute la journée…

Le top de l’orthographe sur le net…

L’essentiel est dans lactel récolté sur face de bouc et dans des commentaires bloguestes…

J’ai mal à mon Bled…

  • ya plus de gazoil comment faire pour allé bossé et ba il reste plus qu a ceux glissé sous la couette (c’est sans commentaire, et si de prime abord, comme moi, vous n’avez pas TOUT compris, demerdakess…)
  • et bien le pleuple se rebelle pour se faire entendre mais faite te le avec un peu de inteligence sans trucs cassé sinon tous ces mouvement Ivons dans les poubelles de l’état car le gouvernement ne voit que le coté finance mais ne voyent pas le cote de la vie de la santé a quoi sert de cotisées pour les retraite en etant a peut pret sur qu’on auras pas le plaisir d’y allée ou de très peu 62 ans (on sent la haine révolutionnaire, mais je cherche de l’aspirine…)
  • Les profes sons tout des kons (oui, et les profs de français plus que les autres…)
  • jé a pein eu le tant de finir quelle ma dis que sétait nul (on se demande comment elle a vu cela du premier regard et a osé se prononcer abruptement et sans précautions oratoires, sans fard…)

La vie n’est qu’un long calvaire…

Le pense bête…

Nous n’avons pas vu tout de suite que Mrs Morgan perdait ce qu’elle appelait « son si peu ».

Elle ne venait pas voir maman toutes les semaines, tenait des conversations au téléphone des plus normale. Et puis petit à petit, il y a eu des indices qui ont inquiété Mrs Bibelot, sa fille unique.

Et un beau jour, invitée à déjeuner chez sa mère, elle a machinalement regardé la grille des mots fléchés que sa mère faisait tous les jours.

Du n’importe quoi. Des lettres mises au hasard. Fort malheureusement, elle s’en est ouverte à son beau père, qui ne faisait lui, jamais de mots fléchés…

Cet homme pour lequel j’avais de l’affection, n’était intéressé dans la vie que par trois choses : les femmes, le fric, la bouffe. En vieillissant, il avait changé l’ordre de ses préférences… Il était évident que « mon chou » (ma grand-mère) était important pour lui, mais il s’est révélé sans scrupules…

Dans certains cas, on peut comprendre que certains en viennent au meurtre (je parle des héritiers)… Car en ce qui le concerne, il savait très bien que sa femme perdait la tête et était persuadé qu’elle partirait avant lui. Il avait merdé dans certains domaines et voyait là enfin, le moyen d’assurer son avenir.

Nous avions donc pris conscience qu’elle perdait la tête, et maman a pris un RV chez un neurologue en expliquant bien le problème : il s’agissait de dépister Alzheimer. Le motif de la visite avec l’accord du médecin : une visite de contrôle 1 an après une fracture du col du fémur et anesthésie pour mettre en place la prothèse.

Grave erreur, maman a averti son beau-père de la ruse. Il s’est empressé de tout faire pour annuler le RV, et ma grand mère a refusé de s’y rendre.

Pendant qu’il en était encore temps (pour lui), il lui faisait signer des donations chez le notaire, auxquelles elle s’était toujours refusée quand elle avait toute sa tête. En clair il déshéritait quasi totalement ma mère au sujet de laquelle il racontait partout qu’il avait été un père pour elle. Alors que Mrs Bibelot avait bel et bien son père, sans rupture entre elle et lui…

Mais bon, le destin rattrape parfois les malveillants. Il était persuadé qu’elle partirait avant lui et avait tout prévu pour. Sauf que c’est lui qui a été victime d’une attaque, le premier.

Maman et moi sommes parties immédiatement, pour trouver une femme totalement perdue, ne sachant pas ce qu’il se passait. Impossible pour Mrs Bibelot de la prendre chez elle : il fallait la faire hospitaliser et le médecin de famille était donc requis.

La pauvre a lutté, pour faire croire qu’elle avait toute sa tête, qu’elle était habituée à vivre seule pendant les absences « pour affaires » de son mari (ce que le médecin savait être totalement faux) pendant que je fouillais les papiers avec l’impression de jouer les vautours. Quelqu’un était passé avant moi : le fils du mari, premier sur la liste des personnes à prévenir. Tous les biens de valeur de Mrs Morgan avaient disparus.

Ses bijoux, destinés à sa fille et ses petites filles. Son argenterie. Sa vaisselle de grande valeur, tout, tout avait disparu ! Les bijoux, cela a frappé Mrs Bibelot au coeur : ils n’avaient pas une énorme valeur, mais cela venait de la famille. Pour les papiers, il y avait une attestation de son mari dans son sac à main : il ne pensait pas qu’elle servirait un jour.

Il y reconnaissait que tous les meubles de la propriété avaient été achetés par ma grand mère exclusivement, et l’état de ses biens en bijoux et autres.

Pendant que ma pauvre grand mère était embarquée par des ambulanciers très très gentils, vers un hôpital psychiatrique (point de salut sinon), accompagnée des larmes de sa fille, je constatais, consternée, ce qu’elle avait pu signer. 10 ans plus tôt elle avait bien dit, et devant son mari, que la donation au dernier vivant était hors de question etc… Tout était là, dans mes mains…

+ un pense bête, qui m’a fait comprendre pourquoi à chaque visite, elle montait tout le temps dans sa chambre.

  • Je m’appelle H. Morgan
  • Je suis née le 8 mai 1911 à Paris 14ème
  • J’ai une fille qui s’appelle Mrs Bibelot
  • Qui est née le 4 juin 1937 à Paris 14ème
  • Je suis divorcée de l’apiculteur
  • Je suis remariée avec Maurice depuis le …
  • J’ai 4 petits enfants qui s’appellent…
  • Coraline a 2 filles : Pulchérie et Delphine

Maman et moi avons pleuré devant ce pitoyable rappel des faits. ELLE SAVAIT. Il y a eu un moment où elle s’est rendu compte qu’elle perdait la boule.

L’examen de ses agendas après coup nous a révélé que toute seule, elle avait consulté des neurologues, plusieurs, et donc qu’elle s’était bien sentie partir de la tête. Qu’elle avait dû avoir peur. Que son mari avait bien profité de la situation (et fort heureusement, le notaire a remis les choses bien en place vu que c’est le mari qui est parti en premier et qu’il craignait une plainte pour signature d’une personne non capable, au grand damn du fils qui se voyait bien embarquer la moitié des meubles (il avait préparé une liste…)

Le pense bête je ne l’ai pas laissé à maman. Je le garde chez moi. Les soirs où je suis inexplicablement triste, je le relis et je la vois, partie pour encore 15 ans dans la dégringolade.

  • Ne pas se souvenir de ce qu’il vient de se passer. Elle a donc totalement ignoré le décès de son mari. Elle le croyait à l’hôpital (comme elle) et trouvait la coïncidence extraordinaire. Elle n’a jamais eu ce deuil à vivre…
  • Elle s’est retrouvée en maison de retraite médicalisé, ravie d’y être. Elle avait oublié son mari. Enfin le deuxième. Elle se croyait toujours mariée à l’apiculteur, qui, informé, refusa de jouer la comédie. Elle lui avait fait assez de mal, et le reste il n’en avait rien à foutre !
  • Comme elle était toujours belle, elle acceptait de faire des défilés de mode. Oui, elle s’y plaisait bien dans cette maison de retraite dont elle ne comprenait pas ce qu’elle était vraiment !
  • Un jour elle m’a prise pour sa mère et m’a suppliée de ne pas l’abandonner une fois de PLUS. Ca me reste toujours coincé dans l’estomac…
  • Un jour elle n’a plus reconnu maman : sa fille était une petite fille de 6 ans, et il y avait des allemands en France.
  • Un jour, elle n’a plus reconnu personne…
  • Un jour elle n’a plus su parler. Pourtant on sentait bien que quelque chose voulait sortir. Dans sa tête c’était peut-être au point, mais une connexion manquait pour l’exprimer.
  • C’est la raison pour laquelle nous lui parlions normalement. Qui sait ce que ressentent vraiment ceux qui sont atteints de cette sale maladie ?
  • Et nous lui avons emmené les derniers nouveaux nés de la famille. Elle a semblé comprendre et a été heureuse…
  • Nous n’avons pu que lui donner de la tendresse et de l’amour.
  • Elle est morte un moche jour d’on on ne sait quoi. Nous n’avons pas cherché à savoir. Elle avait 90 ans et était enfin libre…

Le pense bête était désormais inutile.

Je pense à elle comme à cette femme extraordinaire qui me donnait 50 F à ne pas dépenser n’importe comment dans une parfumerie.  Elle reste pour moi ma grand mère ET marraine, qui a veillé sur mon bon goùt, parce que le sien était impeccable.

C’est quand elle a cessé de se maquiller que nous avons compris, ma mère et moi que c’était vraiment la fin de son « si peu »

Et que qui que ce soit nous épargne tous…

Car la vie n’est qu’un long calvaire…

Le prisonnier…

RolandVoici le deuxième de mes grands pères à vous présenter : le papa de Jean Poirotte.

Pas rigolo le grand père allez-vous dire avec mauvais esprit. Cette photo date de 1943 alors qu’il purgeait sa peine pour un crime non commis dans un stalag du nord est de l’Allemagne. (où çà pèle à mort l’hiver au cas où vous ne le sauriez pas…, et où c’est vraiment trop chaud l’été quand on travaille pour n’importe qui et surtout les nazis)

Capturé en juin 40 en pleine débâcle, sur une plage de Veule les roses, il était parti, un peu confiant, comme tous les prisonniers de 40, pour l’Allemagne. ON racontait que les allemands renverraient très bientôt les prisonniers chez eux, qu’ils ne pouvaient pas nourrir toutes ces bouches inutiles. En fait il y resta 5 ans. Sur cette photo il a la trentaine, autre chose à faire qu’à moisir en allemagne de l’est, et le regard joyeux du prisonnier qui se bidonne à mort tous les jours (chez lui on ne creusait pas de tunnel, non…).

Il est parti trop tôt, alors que stupidement nous ne nous y attendions  pas, alors que c’était évident, mais que personne n’a voulu voir l’évidence. J’avais 20 ans. Je l’adorais, mais non pas  comme l’autre, après, que j’ai eu pour longtemps. C’était différent, peut-être parce qu’il est parti trop tôt. Celui là, je pense que j’en étais secrètement amoureuse quand j’étais petite. Je le trouvais beau et j’aimais son regard mélancolique, sa voix douce (alors que je trouvais l’autre grand et fort et criant facilement). Je n’ai pas eu le temps de le connaître vraiment. Je l’ai connu trop tard au travers les livres qu’il aimait (et que sa femme m’avait spontanément donnés), en me disant qu’il était dommage qu’il ne soit plus là pour parler avec moi de ce qui était important pour lui, et moi soudain. J’en reparlerai…

Car quand je l’ai vraiment connu, il était trop tard et il reste le regret éternel à jamais de ma vie. C’est sa perte qui m’a donné l’envie de profiter de ceux qui restent, et c’est aussi une autre histoire… Mais depuis qu’il est parti, je pense souvent à lui, à ce que l’on aurait pu se dire, aux recherches qu’il avait faites et que j’ai fait moi même à mon tour, comme par hasard.

Il parlait peu de la guerre et de sa captivité « quand j’étais prisonnier ». Depuis que j’étais née, je savais qu’il avait été « prisonnier ». Cela faisait partie de la culture familiale, ce côté « prisonnier », c’était plutôt glorieux. Généralement quand il se laissait aller, c’est parce qu’il avait ce que l’on appelle vulgairement un « coup dans le nez ». Ma grand mère détestait qu’il ait un coup dans le nez alors il évitait. Mais parfois, Noël ou autre moment, très rarement le laissaient avec un verre de trop et là il parlait. Comme toutes les personnes secrètes, il était l’illustration vivante du dicton « in vino veritas » (et moi qui déteste les dictons…)

J’avais 15 ans et j’étais donc très con, parce qu’à 15 ans on est très con, la première fois où il se laissa aller vraiment devant moi. Nous passions notre mois de juillet les parents et nous, en vacance avec lui et sa femme, tous les ans depuis que j’étais petite. Quitte à sacrifier une journée  ou deux de plage, je partais et rentrais avec eux depuis plusieurs années. Il avait pour moi quelque chose de magique et le couple qu’il formait avec ma grand mère aussi. Mes autres grands parents étaient divorcés, et à l’époque c’était quasi la honte et interdiction en tous cas de prononcer le nom de l’un ou l’autre devant l’un ou l’autre : c’est toujours confortable pour un enfant.

Nous étions rentrés de Bretagne, et avant de me déposer chez l’autre grand père et de prendre ses quartiers d’août à 100 mètres, chez les parents de sa femme (en fait il travaillait en août et profitait du Paris qu’il aimait tant et ne rentrait que le WE), tradition pour lui : restaurant.

Il avait estimé que j’étais suffisemment grande pour apprécier un bon restaurant, et il apprécia les bons vins (et moi les bons plats). Il fut convenu que sa femme prendrait le volant après, et il me raconta soudain, comment que c’était bien quand qu’il était prisonnier en Allemagne.

J’avais déjà su par lui un soir de confidences, peu de mois auparavant, après avoir visionné un film de guerre propre américain des années 60, que la guerre c’était super drôle quand c’est la débâcle et que l’on meurt de trouille, que l’on s’endort d’épuisement à côté d’une batterie de 75 (il était dans l’artillerie) et de mourir de soif en attendant de monter dans un train qui va faire un très long chemin… Je savais aussi que la guerre c’est les morpions, les poux, la dysenterie, la pluie mortelle pour les mycoses s’incrustant, et de manière anectodique,  le copain coupé en deux de manière pas franche par un obus, qui va hurler pendant des heures sans qu’on ne puisse faire quoi que ce soit pour lui avant qu’il ne crève en demandant « pourquoi ???? Je veux ma mamannn ! » ‘Je n’ai rien fait de mal ! Aidez moi !!!! ». J’étais archi anti-guerre et héroïsme tellement beau dans les films et tellement moche quand il se lâchait…

Sur le coup j’ai cru qu’il voulait plaisanter quand il a commencé à parler de « quand j’étais prisonnier », mais rien n’était drôle. En plus, des larmes coulaient par moment de ses yeux et pour la première fois devant moi il intima l’ordre à sa femme qui voulait le faire taire, de « la boucler ». Il fallait que je sache. Et j’ai compris surtout que mon grand père pouvait pleurer et que ce soir là c’était l’option obligatoire, sinon il s’ouvrait les veines pour se punir d’avoir survécu…

C’était tellement drôle, ces hommes morts du typhus, de la dysenterie, de n’importe quelle pneumonie ou bronchite dans le stalag de rêve. On enterrait les copains, tu comprends ? les allemands prenaient juste des photos et gentiment nous donnaient les tirages. On écrivait à la femme et aux enfants en France qu’il ne fallait plus attendre. Et puis un beau jour, bombardement ! Clac une bombe en plein sur le cimetière. Youpeee !

C’est hilarant d’aller ramasser les morceaux du copain enterré il y a 6 semaines. Il fallait le faire quand même, en attendant son tour… Ou le prochain bombardement, et enterrer à nouveau ce qui jadis avait été un ami… Là les larmes coulaient vraiment et j’étais pétrifiée. Un grand père ça ne pleure pas et ça n’a jamais été malheureux !

Son tour n’était pas pour cette époque là. Il rentra, malade et épuisé, amer et désabusé, car rentra mal. Sur le chemin du retour, au gré des campements d’infirmerie avec leurs antibiotiques salvatrices : les camps, les vrais. Les vrais morts vivants, l’horreur absolue, ceux qui lui retiraient le droit de se plaindre.

Parfois, certains noëls il demandait à papa « ma chanson« . « Nuits et Brouillards« . Pour un noël c’est super gai ! Papa chantait seul en s’accompagnant de sa guitare, et nous regardions le grand père pleurer silencieusement dans son coin, mal à l’aise et peu pressés de comprendre. En plus, un grand père ça ne pleure pas !!! Un grand père c’est un grand père, ce n’est pas un homme. Un père non plus d’ailleurs et je l’ai dit un jour à Jean Poirotte « oui mais toi tu n’es pas un homme ! ».

Les photos d’avant la guerre sont différentes, c’est lui déjà, sauf le regard. Le regard n’est pas le même, il est joyeux, il pétille, il a la vie devant lui mon grand père. Après il a toujours gardé ce regard de ceux qui savent, qui ont vu, qui n’ont pas vaincu, et qui ont souffert. Il avait le regard de ceux qui ont touché la souffrance, l’abîme et l’horreur et après cette visite, les yeux ne changent plus. J’ai vécu chez un autre de ceux que j’aime cette perte du regard, fort heureusement restauré. Chez lui, rien n’a pu y faire, il a terminé sa vie avec son regard triste et mélancolique que j’aimais tant.

Les yeux, le regard, sont le miroir de l’âme dit-on, et j’ai peine pour lui, franchement, de ses souffrances tellement présentes en lui qu’elles l’ont peut-être empêché de profiter de ce que la guerre lui avait laissé devant lui. Je souffre pour lui de ce regard que j’aimais tant pourtant, qui maintenant m’explique la maladie de l’âme qui l’avait touché alors qu’il était bien trop jeune. En fait il ne s’est jamais pardonné d’avoir survécu.

Il est celui de mes grands parents qui a vécu le plus difficile, je l’ai perdu trop tôt, et là encore, j’ai envie que l’on sache qu’il a existé et que depuis le 28 août 1978, je l’aime toujours…

Pour ceux qui ont le courage, lire « le choix de Sophie ».

Une sorcière qui n’en a pas terminé avec ses grands pères…

Mon héritage…

SourireComme je suis au quotidien, fauchée comme les blés (c’est beau non ?), j’oublie toujours que je vais laisser aux filles un héritage.

Les héritages se passent plus ou moins bien. Dans la famille du côté le plus fantaisiste (donc de Mrs Bibelot), nous avons deux soeurs qui se sont fâchées à mort pour une armoire (l’ormouaire) en fait…

Continuer la lecture de « Mon héritage… »

Les abominafreuses consternavrantes découvertes d’enfants…

On n’en finit pas de découvrir, de comprendre enfin, de souffrir, et d’être traumatisés quand on est enfant.

En ce qui me concerne, ma première rhorreur fut Jeanne d’Arc, brûlée vive sur la place du marché à Rouen. Par Cochon en plus, pas idée de s’appeler comme ça !

Innocente et tout, et tout était fait pour qu’on le reste, je pensais que ce « traitement spécial » lui avait été réservé. Par des gens qui faisaient bouillir le gigot en plus. L’horrorrification la plus suprême.

Il m’a fallu du temps avant de comprendre et d’apprendre que les bûchers c’était quasi la fête du dimanche jusqu’à ce que Colbert les interdise, sans abolir la loi, toujours en vigueur en théorie, en France, fille aînée de l’église. J’ai découvert, horrifiée, que l’on avait brûlés vifs, des millions d’hommes, de femmes et même des enfants, au nom de la foi et du Christ.

Et qu’en plus ce n’était pas les anglais qui avaient brûlé Jeanne d’Arc. Les armagnacs et les bourguignons, ça vous dit autre chose qu’un truc à boire contre le rhume et un truc à manger le dimanche ?

J’ai découvert qu’au plus fort de la chasse aux sorcières, en Allemagne (ils s’exerçaient pour le 20ème siècle) il y a des villes dans lesquelles devant l’affluence de sorcières (en majorité), de sorciers, et d’enfants louches, on décida de construire des crématoires pour tous les avoir d’un coup, le même jour, privant la foule d’un pestacle agréable… Mais déjà il fallait économiser le bois. Comme quoi la chasse au gaspi ne date pas de la crise de 1974…

Découvrir que la sainteté de Jeanne n’était pas due qu’au fait qu’elle ait terminé sur le bucher m’a grandement traumatisée. Que l’on ait pu brûler des enfants AUSSI (avoir les yeux vairons ou être trop en avance, cela suffisait pour être déclaré comme possédé du démon) m’a horrirrifiée pour jusqu’à la fin de mes jours, et dégoutée de la religion.

Dans la même suite, en histoire au collège, j’ai découvert les camps de la mort, ses squelettes vivants, ses « musulmans », et là encore ses crématoires. C’est quoi cette obsession de l’homme du « brulé vif ». C’est un fantasme ? Je ne veux pas bloquer ceux qui veulent se purifier, mais surtout, qu’ils n’en fassent pas profiter les autres. TOUS les autres…

Et puis il faut bien comprendre un jour ce qu’était vraiment un chevalier, un roi plein d’honneur (et de vérole), un siècle ravagé par la peste, un siècle de lumière terrassé par les morts à la guerre, un empereur obsédé par la conquête et le sacrifice de sa population mâle.

J’ai donné des cours d’histoire à mes neveux et nièces encore en âge d’innocence il y a maintenant un morceau de temps . Ils ne me remercieront pas un jour : dès les pharaons, c’est l’horreur, on arrive à la fondation de Rome : Romulus a tué Remus, et après :

QUE DE LA JOIE ET DU BONHEUR !

La vie n’est qu’un long calvaire…

Le vieillissement parfois c’est énervant…

Vous me connaissez, je suis d’une nature relax mais faut pas pousser, et je m’insurge facilement.

Généralement je ne critique pas mère nature qui est super bien faite, sauf en ce qui concerne le vieillissement.

Nous les femmes pensons immédiatement « rides », et dès notre plus jeune âge, nous essayons de lutter contre l’apparition de ces dernières.

Mais le vieillissement touche tout le corps : les yeux, les articulations, la fonction hormonale (de manière moins marquée pour les hommes), le squelette, je ne veux pas vous démoraliser non plus, donc j’arrête là la liste.

Un des effets pervers du vieillissement se produit au niveau de, au niveau de, vous allez rire : au niveau des sourcils.

Farpaitement. Cet harmonieux rassemblement de poils destiné à protéger l’oeil en cas de transpiration dégoulinante excessive, est lui aussi touché par le vieillissement.

Pendant que les tifs se barrent, les sourcils se révoltent.

Les femmes sont généralement assez à cheval sur le problème des sourcils, dès la pré-adolescence. Trop fournis, pas assez fournis, ligne à rectifier, etc… La pince à épiler n’est pas un ustensile accessoire, c’est l’ustensile obligatoire.

A partir d’un certain âge, variable chez tout le monde, les sourcils ont tendance à se raréfier à certains endroits alors que paradoxalement certains se transforment en crin, poussant plus long que les autres en ondulant de préférence et en ne respectant pas la couleur d’origine. Chez les blonds par exemples, le crin qui ondule est très souvent noir, ce qui n’aide pas à son camouflage.

Chez les femmes toujours, cela ne se voit pas trop. Car pince à la main, nous repérons le crin et l’arrachons sans sourciller (ha ha !!!). En plus, nous maîtrisons tout de même la couleur du tout…

Chez les hommes par contre, c’est tout à fait différent. Si certains commencent à ne pas s’offusquer à l’idée de s’occuper un peu d’eux, d’autres restent résolument adeptes du savon et de l’eau, du déodorant tout de même, de l’after shave, et point barre.

Les poils qui pullulent soudain un peu partout : oreilles, nez, + sourcils ondulant de la toiture, ils s’en foutent complètement. Déjà qu’ils ont eu le désagrément de voir que leurs poils sur la poitrines poussaient désormais également dans le dos, déjà que certains ont perdu pas mal de leurs cheveux, ils ne vont pas en plus se torturer.

Car si munie d’une pince à épiler vous arrivez à arracher LE sourcil qui frise et qui fait que vous ne voyez plus que lui,  vous entendrez un cri de putois car ça fait mal (il supporte par contre très bien votre douleur à vous quand vous vous épilez l’intégralité des jambes…).

Alertée par mon père chez qui cela restait discret (ses sourcils étaient blancs et je l’ai soupçonné de les ordonner tout de même), chez mon frère c’était flagrant, et toute la gent féminine se gâchait son repas à la vue des sourcils ondulants. Il ne savait pas à quoi il échappait , nous étions toutes capables de l’agresser sadiquement à coup de pince à épiler.

Du coup, je suis très sensible à cette imperfection certes naturelle, mais pas très jolie.

Et à chaque fois que je croise un mâle porteur de crins noirs qui ondulent, ça m’énerve…

On n’a pas des vies faciles et de toutes manières :

La vie n’est qu’un long calvaire…

Progrès mon ami… (1)

Je sais qu’il est de bon ton de dire qu’avant c’était mieux. Mais j’ai souvent une pensée pour deux choses au moins, qui ont marqué ma vie et ma vision de celle-ci.

En premier lieu : la médecine.

  • On peut lui taper dessus autant que l’on voudra, mais je reste ferme depuis qu’un jour nous avons fait le compte de ceux qui seraient ou ne seraient pas là, sans la médecine moderne.
  • En fait nous comptions plutôt ceux qui ne seraient pas là.
  • Mon grand-père maternel, sauvé par les antibiotiques d’une tuberculose ravageuse en 1956.
  • Moi-même, sauvée d’extrême justesse d’une circulaire du cordon, d’un étouffement grave à la naissance, devant, de justesse, ma vie, à une intervention musclée de piqûre et tente à oxygène. Sinon : exit Pulchérie et Delphine.
  • Pour le cas où j’aurais survécu, je serais morte en mettant au monde Pulchérie (mourir en couches : quelle horreur !) : HTA grave et gravidique déclenchant les horribles éclampsies du « passé » (parce que dans d’autres pays elles existent toujours).
  • L’enfant aurait peut-être été sauvée.
  • Mais sa soeur n’aurait jamais vu le jour.
  • Si j’avais survécu à la première et eu la deuxième, les deux soeurs boiteraient bas, rapport à une double luxation de la hanche, soignable aisément en langeant en abduction, alors que pendant des siècles on a langé en adduction, le plus serré possible.
  • Ma soeur cadette, celle qui n’est pas comme tout le monde n’aurait pas survécu à une pneumonie grave.
  • Mon père, rescapé en 1983 d’un infarctus grave, tellement grave que pendant 3 semaines le cardiologue n’a voulu faire aucun diagnostic serait parti depuis longtemps.
  • Rescapé également de deux crises de TV, dont une après pontage.
  • Les enfants de mon frère n’auraient pas vu le jour : leur mère s’étant pété le coccyx  en tombant de cheval, ce qui était assez fréquent à une époque. Du coup il ne pouvait plus se relever pour l’accouchement (le coccyx) : césariennes. Après la première, peut-être sauvée d’extrême justesse après un césarienne justement, les autres ne seraient pas nés…

Au 19ème siècle, je n’aurais pas survécu, ni tout un tas de personnes. Il y en aurait d’autre peut-être, à notre place, mais comme ils n’existent pas, on ne porte pas leur deuil…

Alors on peut cracher, comme moi parfois, sur les antibio salvateurs qui niquent les reins en sauvant une jambe, les traitements trop lourds qui en fin de compte sauvent en blessant ailleurs, et tout le reste, mais le constat est là, sans appel :

  • Je suis là
  • Mes filles aussi, et qui marchent bien
  • Mes neveux et nièces également (et qui marchent bien également, n’ayant pas échappé à la malédiction héréditaire des hanches qui se doivent de faire boiter)
  • Mon père a survécu jusqu’à ses 77 ans
  • Mon grand-père maternel est allé jusqu’à 90 ans.
  • Le prisonnier a survécu à 5 ans de captivité alors qu’il était au bout du rouleau.
  • ETC…

Après la médecine que j’ai globalement résumée, il y a une suite…

Qui fait que la vie n’est pas toujours un long calvaire…

Ils m’énervent…

Je m’énerve facilement, je le sais parfaitement.

Outre l’orthographe qui perd du terrain régulièrement, le langage texto des plus jeunes étant carrément illisibles, on peut remarquer, sans chercher spécialement la petite bête, de nombreux dérapages, tant dans la presse, qu’à l’oral de nos présentateurs ou commentateurs TV…

J’avais fait un bond de ma chaise il y a quelques mois, en lisant dans le Parisien « le pape a demander pardon », et régulièrement dans le Canard, on peut se demander, au travers de la presse déchainée, ce que sont devenus les correcteurs d’autrefois.

Maintenant nous avons régulièrement droit à du grand n’importe quoi :

  • La petite fille de 5 mois. D’accord, elle est du sexe féminin, mais c’est un bébé !
  • L’adolescent de 8 ans. Non monsieur, à 8 ans, on n’est pas encore adolescent, on est un petit garçon.
  • Paradoxe, sur la même chaine, l’adolescent de 20 ans qui ne se rendait pas compte que c’était mal de caillasser les flics. Jeune homme aurait été plus approprié, puisque l’homme (souvent suspect) c’est pour un peu  plus tard.
  • L’adolescente de 13 ans, devient tout à coup la jeune fille. Bon…
  • Le vieil homme de 52 ans flanque un coup au moral de tous les quinquagénaires. Les quadras eux, vont se regarder dans une glace pour s’acheter une crème antirides bien chère !
  • Etc…

Tombant tout à fait par hasard sur une sombre daube sur TF1 au coeur de la nuit (ils font bien de diffuser cela le plus tard possible), j’ai pris des notes, car cette émission a droit à un post exclusif.

Là, c’était la totale.

  • Une sombre abrutie, que si ce n’est pas une actrice jouant un rôle à la demande de la production, est bien à plaindre, souffrait d’un narcissisme plus qu’accentué : c’est moi la plus belle et gnagnagna. 17 ans. A 17 ans, la jeune femme pourrit la vie de toute sa famille, et gnagnagna.
  • La séquence d’après, c’est un jeune couple qui ne s’entend pas. La maman d’un bébé de 7 mois (pardon, un petit garçon), a été tout au long du reportage (bidon j’espère) la jeune fille décontenancée par l’attitude de son compagnon, à qui le terme d’adolescent attardé, aurait parfaitement convenu.
    Mesdames et messieurs les journalistes, une personne de sexe féminin, quel que soit son âge, mariée ou non, qui a un enfant, s’appelle toujours madame. Comme les altesses royales d’ailleurs…
    Au passage, un divorce ne ramène jamais une madame à mademoiselle, c’est comme ça, même si vous trouvez cela idiot.
  • De même, une actrice, même à 80 ans, s’appelle toujours mademoiselle. Je l’ai appris en travaillant dans le monde du spectacle et en rédigeant des contrats.

La palme pour moi a été :

  • Le « emmenotte » comme si menotté n’existait pas…
  • Et les voitures qui « s’approprionnent » le trottoir alors que s’approprient existe également
  • Et est-ce moi qui m’offusque à tort du vent qui souffle à 30 km PAR heure et non plus 30 km heure ?
  • De toutes manières la vie n’est qu’un long calvaire…
  • La conne malpolie…

    A une époque pour cause de divorce, Albert et moi avions mis la maison commune en vente. Comme c’était moi qui l’occupais, je me suis farcie un certain nombre de visiteurs plus ou moins agréables, plus ou moins polis. Mais après tout, ce que nous voulions c’était vendre n’est-ce pas (bien sûr).

    Le pompon de l’impolitesse revient tout de même à l’acheteuse que je m’en vas vous décrire brièvement, enfin comme je peux…

    Je connaissais cette femme de vue. Elle garait son break sur le parking de l’école, en descendait avec un paquet de pains au chocolat ou aux raisins, et snobait toutes les mères présentes pour attendre ses 5 enfants, un petit sourire narquois et méprisant sur les lèvres.

    A l’époque Rambouillet était encore ville de garnison et il y avait donc pas mal de familles d’officiers en tous genres. Cela allait du « le sabre et le goupillon par tradition », à la jeune femme décontractée qui faisait ses cartons tous les 3 ans en 2 jours pour cause de déménagement, en attendant vivement la retraite de son mari, en passant par la jeune de 24 ans en cloque du 6ème « parce que Dieu l’a voulu », et j’en passe.

    Bref, j’avais mis un panneau « a vendre » peint par papa et moi, devant l’incapacité des agences immobilières à nous dégoter un acheteur. J’avais déjà émigré chez mes parents pour cause de coupure de courant et j’ai donc été contactée un beau jour par un monsieur fort sympathique au demeurant, qui me déclarait que sa femme et lui étaient fort intéressés, et pourrions nous visiter ? Mais bien sûr !

    Le soir, j’arrive devant ma toujours maison, et je reconnais la connasse de la sortie de l’école, unique en son genre (les pires dans leur genre mettaient leurs enfants à l’institution Sainte Thérèse). Elle me reconnait également et pique un fard.

    Monsieur et madame à triple particules Du Petit Du pont De la Granval, sont emballés par la maison. C’est à la deuxième visite que j’ai compris que quand elle disait « vous », elle ne parlait pas de son mari et des enfants, mais que le couple se vouvoyait.

    « Bertrand, cette chambre serait parfaite pour votre maman ».

    Ah oui, ils se vouvoient. Je me demande avec mon mauvais esprit comment cela se passe pendant une nuit de folie (Marielle, vous me faites bander !) et je me marre doucement…

    L’affaire se conclue, la promesse de vente est signée, et voici madame la colonelle qui m’appelle à tout bout de champ, polie tout juste, limite hautaine, jusqu’au jour où papa la rembarre : je ne suis pas à sa disposition, il est possible que l’on se rencontre un samedi après midi pour voir tout ce qu’il y a à voir et point barre. On ne dérange pas les gens à 22 H pour savoir si les massifs au pied du cerisier sont bien des hortensias… Madame la colonelle semble outrée par le ton de croquant de papa, mais il est du genre à s’en foutre complètement… (à Versailles dans des institutions privées religieuses, il a donné…)

    RV pris donc, chez Monsieur et madame Le Colonel un samedi après midi. Je suis reçue par le colonel fort charmant comme toujours, et son beau père. Il a une liste de questions à me poser, et me voici en train de répondre gentiment, quant tout à coup, de la pièce à côté vient une voix trop connue :

    • « Bertraaaaand, n’oubliez pas de demander à Madaaaaame Dabra la câpâcité du bâllon d’eau chauuude du rez de chaussééééée ».

    Le colonel rougit, son beau père aussi. Cette connasse est là, dans sa cuisine, apparemment avec sa mère (il me semble en tendant l’oreille subitement, qu’il y a une conversation féminine dans la dite cuisine). Je ne suis pas assez bien pour elle, elle m’évite…

    J’en rajoute une couche :

    • « Ah, Madame est donc là ? N’oubliez surtout pas de la saluer de ma part ».

    Comme j’y étais allée avec Mrs Bibelot, elle n’a pas manqué de dire bien fort, alors que la porte était à peine refermée sur notre départ, et sachant donc qu’elle était entendue :

    • « Que veux-tu ma pauvre petite, il y a des personnes qui n’ont aucune éducation ».

    Le plus bidonnant à été la signature définitive, où là, mon notaire, était bien obligé de tout déballer. Il reste fort courtois sur l’âge des dames et précise « madame Abraca, née Dabra, UN neuf mai ». Sans préciser l’année. Je trouve cela désuet, c’est quoi ce vieux truc de la femme qui n’avoue pas son âge ? Mais bref…

    Sauf que pour madame Du Petit Du pont De la Granval, elle était bien née un 3 avril, mais sans aucune particule car juste « Dupont ». Là encore elle a piqué un fard. Elle n’avait pas dû penser que mon regard à moi serait tout à coup ironique, et le coup du regard assassin, je sais très bien faire…

    Car vous imaginez bien, que pour le reste du temps qu’il me restait à fréquenter la sortie des classes, pour la première fois de ma vie je me suis montrée assez peste dans mes propos. D’ailleurs, elle a attendu ses enfants dans la voiture jusqu’aux grandes vacances, les regards ironiques ne l’épargnant malgré tout pas…

    Ce qui m’a le plus choqué c’est le coup de ne pas venir saluer la personne qui vient vous voir, tout en laissant bien entendre que l’on est présent en parlant bien fort…

    Et là ON vient de me refaire le même coup. J’ai de nouveaux voisins qui me font régulièrement regretter les anciens…

    Rentrant un soir, je vois sur la pelouse une peluche de la petite fille si mignonne du couple, et je vais la ramasser pour aller la rendre à sa propriétaire.

    Je sonne donc chez mes voisins !

    • Maman, on a frappé, tu peux aller ouvrir ?
    • La porte s’ouvre.
    • Je dis bonjour à la dame qui m’ouvre et dont je sais que c’est la mère de ma voisine.
    • Elle ne me répond pas, genre prête à dire « on a déjà donné » (alors que tout est barricadé)
    • Je tends la peluche en précisant que la petite avait dû la faire tomber du balcon
    • Ah, merci
    • C’est qui maman ?
    • Ta voisine ! qui ramène la peluche de Marion !

    Rien d’autre, pas d’explication genre « désolée ma fille est malade elle ne peut pas se lever » ou autre.

    • Ah maman, tu peux demander à Madame Dabra si en cas de besoin elle pourrait venir me garder Marion 1/2 H ou 3/4 d’heure (elle est à moins de 2 mètres vu la tonalité de sa voix qui n’a rien de celle d’une agonisante).

    Je n’ai pas attendu que l’on me retransmette avec grossièreté la question, j’ai dis « au revoir », et refermé la porte moi-même.

    JAMAIS, moi qui répond à un représentant dans l’interphone que « maman n’est pas là », je n’aurais osé laisser mes filles discuter avec un voisin, sans une bonne excuse (maman est dans son bain, couchée, agonisante, sous la douche) pour le cas où je ne pouvais pas me déplacer pour répondre moi même.

    Il y a des limites à l’impolitesse.

    Z’auront qu’à confier leur môme pourtant si mignonne au vieux con d’en dessous.

    Car les connes malpolies, j’ai assez donné…  Et qu’il y a des limites dont les bornes marquent la fin…

    Car la vie n’est qu’un long calvaire…