Compte-rendu… (2)

Oeil poché

On m’appelle et je me lève donc avec les genoux en vrac (merde, j’ai dit qu’il ne fallait plus parler de genou…)

Je suis accueillie très gentiment, ce qui est la moindre des choses (mais je le souligne tout de même car ce n’est pas toujours le cas), et je me retrouve en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, en salle qui n’est pas vraiment d’opération, mais tout de même un peu.

Alors là, je vais tout de même souligner le manque d’informations dont nous souffrons tous régulièrement.

MON chirurgien est en train de se désinfecter les mains pour passer des gants stériles, son assistante également, et on me fait allonger sur une table…

Putain, ça caille ici. JE LE SAVAIS !

Mais je pensais que l’on allait me faire passer une blouse ou je ne sais quoi, donc, je m’étais habillée en fonction de cette idée qu’elle n’était pas lumineuse…

Parce que non, on ne me demande pas de me déshabiller pour passer une blouse stérile. Si que j’aurais sû, j’aurais prévu une petite laine à passer juste avant d’être appelée.

Parce que putain, ça caille ici…

J’ai droit à la charlotte, à la désinfection massive, et je tremble parce que j’ai froid (ça change de trembler de trouille, mais bon j’ai la trouille quand même).

J’ai évidemment les yeux fermés, et leur lumière de merde, au travers des paupières, ça brûle. D’un autre côté si ça s’éteint du côté gauche je pourrais le signaler tout de suite… (mais évidemment il serait trop tard…)

  • Attention madame, la piqûre d’anesthésique fait un peu mal, mais ça va passer très vite…

Rien senti. C’est tout moi.  A chaque fois que l’on me dit que cela va faire mal je ne sens rien, si on ne me dit rien, je souffre… J’ai un truc : quand on me dit que cela va faire mal, je repense au moment où j’ai expulsé Pulchérie avec forceps, et forcément, et bien, je relativise dans mon cerveau ou ce qu’il m’en reste… D’où le fait que je ne sente rien (même pas mal !)

Après je sens vaguement qu’on me tripatouille et très rapidement on me précise.

  • J’ai bientôt terminé, je fignole la couture (il a intérêt).

10 minutes montre en main et c’est torché. On me laisse reprendre mes esprits, mon oeil gauche fonctionne, on me donne le morceau à envoyer pour biopsie (berk), la marche à suivre pour les soins post opératoires, l’ordonnance pour l’infirmière qui doit me retirer les fils le 8ème jour ou la veille si ça commence à gratter, et je rejoins Marie Framboise, toujours gelée, dans la salle d’attente. Elle est surprise, elle pensait que j’en aurais pour plus longtemps.

Et moi donc. Il était apparu que j’étais la seule pour laquelle on avait prévu une demi-heure… Donc comme tous les 1/4 d’heure avaient mis le double, nous avions pensé une heure pour moi… Logique…

Dans le miroir de l’ascenseur je regarde le carnage : il est recouvert par un pansement à retirer le lendemain matin seulement…

Le retour s’effectue sans encombre. Sauf que, évidemment, on ne se fait pas charcuter comme ça…

  • Je ne sens plus mon nez. Quand on ne sent plus quelque chose cela fait toujours curieux. Faites-vous anesthésier un doigt, et vous verrez.
  • Marie Framboise confirme : elle a connu le coup du doigt.
  • Enfin si, j’ai l’impression d’avoir une paire de lunettes qui serre mon pauvre nez. Du coup, machinalement, j’essaye toujours de retirer ces lunettes inexistantes…
  • Mais bon… Ce n’est rien…

Nous arrivons à bon port. Je remercie une fois de plus Marie Framboise pour son extrême gentillesse, et je rentre chez les parents qui m’attendent de fourchette ferme.

  • J’ai une mauvaise nouvelle pour toi me dit Jean-Poirotte…
  • Ton pneu avant gauche est dégonflé…

Déjà que la nuit menaçait de ne pas être drôle une fois l’anesthésie passée…

La vie n’est qu’un long calvaire…

0 réponse sur “Compte-rendu… (2)”

  1. Ah oui ça caille en salle d’op! Ceci ajouté aux réflexions des chirurgiens (pourtant censés faire « attention » lorsque leur patient est sous péridurale). Une de mes tantes relatant ce qu’elle entend du chirurgien lors d’une opération de la hanche, effectuée sous péridurale : « Ah pu****m**** j’avais pourtant dit de pas prendre ces vis là ça tiens pas, on a que des emm***** avec , enfin bon tant pis….». Elle se marrait ma tante APRES coup en racontant ça, mais sur le moment hein…^^

  2. Maquillage très réussi.
    Mais il faut faire pareil avec l’autre oeil et tu lanceras une mode, pour sûr.

    (Et bien sûr je plaisante)

    Je te trouve la couleur de l’oeil vraiment très envoûtante.

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