La Grande Motte 2012 (4)

scene-de-menage1Le livre de cuisine bien en main, Jean-Poirotte décida (mais un peu tard) qu’une recette cela peut s’adapter.

Faire précuire par exemple les aubergines découpées en minces lamelles, toujours au four, eh bien non, il allait faire  ça à la poêle.

Les oignons seraient rissolés légèrement également.

Ainsi que les tranches de lard.

Pendant que maman s’activait à faire une mousse au chocolat, arriva l’instant crucial où il fallu disposer les ingrédients dans le plat.

  • « Comme sur la photo » précisa le maître cuisinier
  • Sauf que sur la photo c’était dans un plat rectangulaire et qu’il avait choisi un plat ovale.
  • Et qu’au fur et à mesure qu’il disposait les ingrédient, tout s’écroulait.
  • Parce qu’en effet il fallait que cela soit droit mais pas trop.
  • Pour que le lard finisse par rôtir agréablement, mais pas les tomates largement assez cuites.
  • Etc… etc…
  • Un oeil sur la photo, un oeil sur son plat, et un oeil sur ma mère qui ne se dépêchait pas de terminer sa mousse, Jean-Poirotte se résigna à m’appeler.
  • Venir dans la cuisine quand ils y sont tous les deux, c’est toujours risqué, mais bon, je suis arrivée quand même (n’ayant aucune excuse, la table étant déjà mise).
  • Papa disposait les ingrédients, je maintenais ce qui avait été fait. (et bien entendu je maintenais mal…)
  • Puis j’en ai eu marre de le voir lorgner son livre que j’ai subtilisé.
  • Du coup nous avons fait joli à notre manière, restait à faire cuire encore une heure (et à réchauffer avant de servir)
  • Mrs Bibelot qui avait terminé ses mousses, remarqua que ce n’était pas comme dans le bouquin
  • J’ai regretté de ne pas avoir : un appareil numérique pour immortaliser le chef d’oeuvre et un enregistreur pour immortaliser la conversation qui a suivi la remarque de ma mère…
  • Je les ai laissés se dépatouiller avec les aromates parce qu’en discuter avec eux, c’est vivre dangereusement. Si quelqu’un se mêle de ce genre de discussion, cela disperse leurs puissances de tirs respectives et la cible unique finit par être vous.

Bref, c’était délicieux. Mais Jean-Poirotte n’était pas satisfait (comme toujours) même s’il envisageait de refaire de ce plat, mais en s’y prenant autrement (comme toujours).

Stupidement j’ai suggéré quelques jours après, pour le prochain dîner en vue (un ami d’il y a très très longtemps devant venir avec sa femme) de m’occuper moi-même du dessert…

Il y a des moments comme ça, on ne sait pas pourquoi, où l’on souffre brutalement d’une chute de fonctionnement des neurones.

Car la vie n’est qu’un long calvaire.

0 réponse sur “La Grande Motte 2012 (4)”

  1. Quand je te lis, j’ai vraiment l’impression de voir (et d’entendre) mes parents dans leur cuisine quand mon père fait une recette. Mieux vaut éviter d’y mettre le nez…… la « dispersion de leurs puissance de tirs respectives »: j’adore ton expression on ne peu plus évovatrice
    Et oui, n’est ce pas, il faut toujours tourner sa langue dans sa bouche avant de parler, surtout que tes parents ont dû mettre les petits plats dans les grands pour honorer leur ami et sa femme alors TON dessert il devait être à la « hauteur » 😉
    Bon, ben on attend la suite …..:))

    1. Je ne sais pas pourquoi quand mes parents se boutiquent en cuisine je pense vaguement au blitz (mortalité en moins)
      D’où mon expression « puissances de tir respectives » malheureusement dispersées…

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