Bouder ? Moi ?

Bouder_moiIl y a des gens qui sont super fortiches pour bouder. J’avais une amie quand je passais mon bac, qui se plaignait de son père qui pouvait rester 3 semaines sans parler à personne parce qu’il s’était disputé avec sa femme (explication du fait qu’il n’avait pas répondu à mon « bonjour » poli).

Pour la retrouver 10 ans après, mariée, tirant la tronche à son mari depuis 3 semaines, m’annonçant après le départ du malheureux « encore 3 semaines et il aura compris ».

Comment que je te l’aurais plantée là  si que j’avais été son époux, avec son sage caractère, sa tronche de raie et ses silences obstinés. Comme j’ai failli le faire avec Albert qui m’a fait un jour la tête pendant une semaine après une dispute au cours de laquelle il était 100 % dans son tort (et peut-être à cause de ça). Le soir où il est rentré avec le sourire en ayant retrouvé l’usage de la parole, il était largement temps : j’avais commencé à lui faire sa valise pour qu’il aille tirer la tronche ailleurs. Ca l’a scié.

Quand j’étais petite, quand Jean Poirotte m’avait fait une réflexion oiseuse (on se demande bien pourquoi…), je prenais régulièrement la décision de bouder pendant 8 jours. Disons 7 ou 6. Je tenais très exactement un quart d’heure, et encore, parce qu’on ne m’avait pas adressé la parole. Mon frère par contre était un champion de la bouderie, assortie d’un « puisque c’est comme ça je ne prendrai pas de dessert ». Chic alors, ça en fera plus pour nous !

C’était sans compter sans Mrs Bibelot qui le voyait sans doute au bord de l’inanition… « mais si prends-en » « allez, pour me faire plaisir ». Il nous a fait le coup du dessert jusqu’à ses 25 ans, et le jour où on lui a mangé le gâteau sous le nez sans lui en proposer une part (c’était une conspiration, mais il avait dit qu’il n’en prendrait pas…).

L’âge ne fait pas que nous bonifier, comme le bon vin. Me voici rattrapée par le syndrôme du « je fais la gueule ». Généralement ce n’est pas pour une broutille mais il arrive un moment où je ne sais plus comment m’exprimer en cas de désaccord, au boulot ou en famille, alors je ne dis rien. Mais alors rien du tout. Parce que si j’ouvre la bouche, décroche mon téléphone, me connecte sur msn, répond à un mail ironique, je m’en vas faire l’exorcisme et que je n’ai pas envie. Alors je ravale, je rumine, et forcément on voit bien qu’il se passe quelque chose. En plus je me mine sur ce qui ne va pas et que je ne peux exprimer sous peine de trop en dire. Je m’enterre, je me hais, et je déteste au passage tout le monde (sauf ma psy, et mes lecteurs).

L’avantage du blog, c’est qu’à écrire tout cela, je me sens bête, mais bête… Mais bon, c’est comme ça, je suis contrariée par plein de choses et pour l’instant, je préfère la boucler. En fait je ne boude pas, volontairement comme le faisait mon amie, pour uniquement enquiquiner les autres, c’est juste une incapacité à dire ce que j’ai sur le coeur qui me rend quasi muette (sauf ici bien sûr)… Donc on peut considérer que j’écris avec la mine réjouie du chérubin en illustration… (mignon hein ?)

Et vous ? Vous boudez parfois ? Pour une juste ou une mauvaise cause ?

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