Chérie où sont mes chaussures ?

Ch_rie_o__sont_53273170Une porte de placard a été ouverte, et refermée avec violence 1/8ème de seconde plus tard, ou bien le frigo, ou un meuble de cuisine. Vient la phrase fatidique :

Chérie où :

  • Sont mes chaussures ?
  • Sont mes chaussettes ?
  • Sont mes caleçons ?
  • Est le beurre ?
  • Est ma confiture d’abricot ?
  • Sont les clefs de ma voiture ?
  • …Répondre invariablement, sans se lasser : « dans le sucrier avec le peigne » (dégonflée !) (cette citation est de Jean Poirotte, droits d’auteur exige)

Chérie qu’as-tu fais de :

  • Liste non exhaustive, c’est toujours de la faute de celle qui range quand l’homme n’est pas porté sur le rangement. Et il a forcément tout perdu même si c’est toujours rangé à la même place (il ne se souvient pas).

  • Répondre invariablement : « je crois l’avoir descendu aux poubelles ce matin, trop tard les éboueurs ont fait leur métier » (toujours dégonflée !)

Le non rangeur laisse ses chaussures dans l’entrée pour les retrouver le lendemain, met son manteau sur la chaise du bureau de l’entrée pour la même raison, et garde à portée de vue tout ce qui lui est utile. C’est la raison pour laquelle il s’est assis sur la télécommande et la cherche partout, sans lever ses fesses du canapé (il lui semblait bien l’avoir laissée dans le secteur, mais surtout pas sur la table basse c’est trop loin de sa portée)…

Nous avons donc rangé les chaussures dans le placard à chaussures, les chaussettes dans le tiroir à chaussettes et ses caleçons dans le compartiment du frigo ad hoc. Sauf qu’il voulait le rouge. Le rouge est rangé sous le bleu et il ne lui viendra jamais à l’idée de soulever le bleu pour voir ce qu’il y a en dessous, surtout dans le frigo que l’on teste pour voir… Le caleçon tout en dessous de la pile est une réserve en cas de guerre, car il ne sert jamais…. Si ce qu’il cherche ne lui tombe pas sous les yeux dans le 8/ème de seconde, l’homme ne trouve pas et nous appelle « chériiiiie ». Lui répondre « cherche » passé 3 mois d’attendrissement, est du pur masochisme et un cas de rupture, vous êtes prévenues. De toutes manières il vous faudra bien vous déplacer et prendre 2 secondes pour retrouver la paire de chaussure, légèrement à droite dans le placard, même si vous êtes en train de faire la respiration « petit chien » en attendant qu’il se chausse pour vous emmener à la maternité où vous allez devoir chier une pastèque (et lui pas, il écrit en plus à Dieu pour le remercier et ne retrouve pas le papier à lettre, ni les timbres, ni les enveloppes).

On lui explique une fois de plus que le beurre ne lui tombe pas sous le regard avec sa vision en tunnel de merde vu qu’il est dans la contre porte du réfrigérateur, dans la boîte prévue par le fabricant pour qu’il ne soit pas trop dur. Il se fait une tartine et remet le beurre bien en vue (de la sienne en tous cas) où vous le retrouverez pétrifié le lendemain matin : c’est l’arme du crime parfaite si vous voulez occire Albert avec un objet bien dur et qu’on ne retrouve jamais la dite arme laissée à dégouliner sur le four après le forfait.

On lui parle gentiment pour lui préciser qu’à se promener en regardant le plafond il ne risque pas de trouver ses chaussons ou ses chaussures, à moins de mettre les pieds dedans par hasard (le hasard ne l’aide que rarement). Le fait est là, il ne trouve rien, pas même son chemin quand il conduit et que le GPS est en panne. La dernière fois qu’il a trouvé le café, c’est parce qu’il l’avait mal rangé et que le bocal lui est tombé sur la tête quand il a ouvert le placard. Sinon, vous dissimulez sadiquement le café soluble avec votre thé en vrac, donc il ne trouve rien. Les placards de cuisine sont ses pires ennemis, car on a tendance à en mettre sur au moins trois niveaux : pousser le niveau premier plan pour regarder derrière ne l’effleure jamais, quant à ce qu’il aille visiter le troisième niveau c’est de la pure science fiction et c’est donc l’endroit idéal pour planquer les lettres enflammées d’un amant torride…

Quand il range, généralement sa conception du rangement n’est pas la même que la nôtre. IL aime bien la technique du tas, ou du bordel organisé. Charles Hubert par exemple, rangeait tout dans des sacs plastiques qu’il laissait dans le salon jusqu’au jour où je le menaçais de descendre les sacs à la poubelle. En soupirant il sortait 8 livres qu’il ne lirait jamais (tas n° 1), les acheter suffisant à le rendre plus cultivé, 8 paires de chaussettes neuves qu’il allait mettre dans son placard (tas n° 2) qu’il gérait lui même (en faisant s’écrouler la penderie, malgré mes avis : une barre qui se tord c’est mauvais signe) : donc il utilisait toujours les mêmes vieilles chaussettes ayant perdu de vu le tas n° 2. Par contre avantage : il ne rangeait jamais mes affaires et je ne risquais donc pas de retrouver un soutien gorge dans le frigo avec les radis…

Un spécialiste du « je ne cherche pas, d’ailleurs je ne sais pas », c’est Jean Poirotte, apostrophant un jour Mrs Bibelot « chériiiiiie, qu’as-tu fait du piment ? ». Ma mère après 37 ans de mariage à l’époque s’est levée de son fauteuil avec résignation pour trouver son mari rouge de colère et ouvrant le placard en précisant « je l’avais pourtant rangé là ! (geste à l’appui)… Bon bah il y est toujours… ».

On peut éventuellement se déconnecter de la réalité et prendre la bonne résolution de ne plus jamais se déplacer quand il cherche quelque chose. Je sais, c’est difficile car il insiste. Mais dites vous bien que si c’est urgent, il finira bien par trouver, même en vociférant que c’est dingue d’avoir une femme sourde, et que si ça ne l’est pas, il reportera au lendemain (sauf pour la télécommande qui lui appartient de droit…).

Vous pouvez aussi choisir de vivre seule chez vous et lui chez lui et de vous rendre mutuellement visite, c’est le top du top (regardez où vous posez votre postérieur chez lui tout de même, une télécommande incrustée dans la cuisse n’étant pas top glamour…)

La vie n’est qu’un long calvaire, le seul homme aimant chercher et trouvant étant généralement un détective ou un flic obstiné alors qu’on est la coupable…

0 réponse sur “Chérie où sont mes chaussures ?”

  1. C’est marrant …. je me suis souvent posé la question…s’il existait vraiment un homme capable de trouver tout seul…. quand il vit avec une femme bien sur 🙂

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