Les étagères de la mort (part 2)…

Femmes_bricolant_jk7163_001J’avais donc oublié les deux caractéristiques de ce diabolique facétieux engin baptisé « étagère » par des vendeurs sans scrupules :

  • UN : elle plie à la moindre tentative de déplacement parce qu’étant tout sauf anti-sismique (je pense que c’est interdit de vente au Japon)

  • DEUX : Delphine l’avait ruinée pour pouvoir y caser sa chaîne stéréo. Mais bon ruinée ou pas, c’est un truc impossible à déplacer sous peine de lui voir prendre les formes les plus excentriques. C’est limite si en ruinant le meuble, Delphine ne l’aurait pas transformé en truc normal, elle aurait vraiment pu faire un effort.

Me voici donc décidant de tirer l’étagère, pour la coucher et la démonter, sous l’oeil intéressé du chat (il adore quand je range, donc il m’énerve). Et là, l’étagère a décidé qu’il fallait qu’elle se déplace, sauf de la partie inférieure. Elle s’est donc totalement vrillée, je me suis pris la partie supérieure (un coin évidemment), sur le front et j’ai dit, texto « ah mon dieu, ce n’est pas possible, je vais encore avoir un bleu (finalement c’était une croûte), Sainte Marie priez pour moi pauvre pêcheresse » (si si, c’est cela que j’ai dit).

Comme elle semblait décidée à aller jusqu’à terre (l’étagère, pas la Vierge, sinon je vous en aurais causé, forcément), je l’ai laissé tomber toute seule pour m’épargner un sein ou les deux, en précisant aimablement au chat qu’il avait des croquettes, et en remarquant que mes petits bras ne sont absolument pas assez musclés… Je ne me voyais pas allant me faire faire une mamoplastie et expliquant au chirurgien « c’est en démontant une étagère que je me suis fait arracher les deux seins ».

L’étagère a fait boum à moitié sur le clic-clac fort heureusement protégé (des poils du chat, qui avec un instinct très sûr était parti se planquer) à 3 cm de mes oeufs sur le plat ma plantureuse poitrine. Là je l’ai regardé avec haine amour, en regrettant l’époque bénie où les étagères faisaient le tour de la chambre avec les filles (ce n’était pas les mêmes (étagères)). J’ai empoigné le tournevis cruciforme emprunté à Jean-Poirotte la veille : damned, ce n’était pas cela qu’il fallait, mais des trucs bidules machins chouettes, vendus avec les meubles en kit pour les monter. Je les ai toujours gardés scrupuleusement (oui moi), j’en ai donc compté 48 dans ma boîte à outils. Manquait le 49ème, le bon bien sûr, probablement égaré par une fille… (pas par moi, je suis maniaque des trucs à monter les meubles en kit)

Me voici partie en éructant priant le bon dieu et ses saints chez mes parents, avec un modèle de ce qu’il me fallait et la taille approximative, via une vis… Jean-Poirotte m’a dégoté un truc et j’ai prévenu tout le monde : si quelqu’un avait vers la fin de l’après midi au téléphone, une personne en train de chanter le requiem de Mozart de faire l’exorcisme et des bulles vertes certainement en même temps : ce serait moi. Me restait à envisager sereinement d’emprunter à Jean-Poirotte sa scie circulaire ou une hache, voire même les deux, mais là il est resté ferme : ce serait non. Ces pères ! quelle plaie par moment ! Il est tout de même allé refermer son établi à clefs et a gardé les clefs dans sa poche (comme si je pouvais emprunter la scie circulaire discrètement…).

Miracle : c’était le bon truc qu’il m’avait trouvé. Comme j’ai les mêmes étagères de ma chambre à démonter, je l’ai rangé spécialement au congélateur pour être certaine de le retrouver et de ne pas le lui perdre. J’ai commencé à démonter allègrement ces abruties malheureuses étagères en chantant l’ave Maria (ne me demandez pas l’auteur, ils sont plusieurs sur l’ave Maria).

J’avais oublié un petit détail : Delphine avait ruiné cette étagère à coup de marteau ou de je ne sais quoi. Au moment précis où la dernière vis de la dernière planche est partie, je me suis pris sur le pied un énorme morceau de bois, qui m’a carrément ouvert le pied après une chute d’environ 10 cm… L’arête du bois c’est tranchant, on ne se méfie jamais assez…

Et là j’ai dit, devant la blessure et le sang qui ruisselait (en ruinant la moquette), texto : « la vie n’est qu’un long calvaire, qu’ai-je donc fait au ciel ? ». Le chat est reparti se planquer, et j’attends maintenant le jour où je m’en vas aider ma môman à faire du feu dans son jardin, en me servant des morceaux de ce meuble désormais totalement défunt (oui, vous avez bien lu : les morceaux) pour allumer le feu.

J’y ai laissé un marteau d’Albert que les filles n’avaient pas réussi à faire défuncter. Jean-Poirotte m’aurait prêté sa scie, il n’y aurait pas eu de problème, sauf qu’il pense stupidement que je peux facilement me blesser…

Je regarde les étagères de ma chambre d’un autre oeil. Z’ont intérêt à se laisser descendre à la cave sans faire de remous celles-ci…

Et quand on voit de quoi je suis capable avec une bête étagère nulle en pin, on imagine sans peine ce que cela va donner quand je vais pousser les meubles… car ce jour fatal approche…

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