On se cache où ?

Il y a des moments où l’on aimerait rentrer sous terre. Certaines situations ne font sourire que les autres. Bien évidemment tout ne m’est pas arrivé, et merci à ceux et celles qui ont osé se confier.

  • Percuter en nageant le filament que laisse traîner la hideuse méduse. Généralement la sortie de l’eau et la cavalcade vers le sable fait rire tout le monde, car on ressemble à Christian Clavier dans « les bronzés » quand il réalise qu’il se baigne dans une décharge.
  • Dans la même série, se proposer généreusement à Mamie pour arracher les myosotis qui envahissent ses massifs. Ca s’arrache tout seul, sauf l’ortie vicieusement dissimulée sous les fleurettes bleues. Là encore le repli stratégique vaut son pesant de crème calmante.
  • Allumer avec la grâce d’une actrice et l’air condescendant qui peut aller avec, la clope par le filtre
  • Eternuer et laisser malencontreusement échapper une flatulence bruyante non synchronisée, dans la salle d’attente du médecin, bien bondée.
  • Entendre et sentir le pantalon craquer dans toute la zone arrière, alors que l’on se baisse, et que l’on n’a rien pour camoufler la plaie béante.
  • Le slip dont l’élastique craque alors que l’on est en minijupe et dans les couloirs du métro. Ou en train de monter l’escalier d’un grand restaurant.
  • Sortir des toilettes avec la jupe coincée dans la culotte ou le slip. S’en apercevoir réellement trop tard, quand on retourne aux toilettes.
  • Se promener avec la braguette bien ouverte dévoilant des petits coeurs sur le caleçon.
  • Se rendre compte que l’on s’est trimballé tout l’après midi avec des résidus de persil sur les incisives et se rappeler que l’on a passé son temps à se fendre la poire.

Oui, il y a des moments où l’on souhaiterait devenir amnésique ou, bien mieux, que les autres le deviennent…

Poil… notre ami…

A l’âge de 10 ans, j’avais déjà accompagné ma mère de nombreuses fois chez l’esthéticienne où elle allait se faire épiler les jambes, enfin les mollets.

J’avais compris depuis déjà un moment que le poil pour les femmes, surtout sur les jambes, ce n’était pas esthétique, quand tout d’un coup il m’en vint un à un endroit curieux. Maman regarda mon premier poil pubien, constata que j’en avais aussi sous les bras (je ne me regardais jamais à cet endroit là) et cru bon informer mon père avant de m’expliquer que c’était NORMAL.

Quoi que puisse faire penser certains posts, ma mère était plutôt moderne pour l’époque. Elle me rassura donc : j’étais en train de me préparer à devenir une femme.

Sauf qu’une femme c’est sensé ne pas être poilue.

Oh j’ai longtemps enquêté pour savoir d’où venait cette idée. Car en fait il faut bien le dire : nous avons du poil sous les bras, au pubis, sur les jambes, avant que le pire ne pointe. Laurence Foresti a beau dire que c’est un râté de la création, le fait est là. Il faut vivre dans certains pays où les femmes affichent leurs poils sur les jambes avec fierté pour prouver qu’elles n’ont pas de sang indien pour éviter la corvée de l’épilation. Dès l’Egypte ancienne, les femmes s’épilaient et parfois de partout…

Arrivée à 12 ans et formée, j’avais un petit duvet très blond sur les mollets. Ma mère m’interdit de me le raser « cela repoussera plus dru », mais évidemment je n’allais pas l’écouter : les mères racontent toujours n’importe quoi. D’autant que la mère de ma meilleure amie lui avait payé une épilation en institut et qu’elle nous montrait chaque jour ses jambes indemnes de poils. Je profitais donc d’une double absence des parents pour piquer le rasoir de mon père et résoudre (que je croyais), le problème.

Des mollets mignons, tout doux… Impec….

J’ignorais alors que je débutais un combat sans merci contre l’ennemi le pire quoi soit : LE POIL.

Car le poil est con. Il faut le dire. Il est programmé pour pousser et il pousse, jusqu’à ce, qu’ayant atteint la lumière il prenne… 1 bon cm (ça se voit et c’est là que l’on voit ce que c’est qu’un cm). Le poil est d’autant plus con qu’on a beau le raser, l’inonder de produit dépilatoire, l’arracher, IL PERSISTE à pousser. Rien ne le fera jamais renoncer. Il mourra avec nous.

Dans mon jeune temps, du temps que j’étais adolescente, il n’y avait pas tout ce qu’il y a maintenant sur le marché. Ma mère m’acheta une cassolette (à faire chauffer sur le gaz), de la cire et une spatule et me laissa me démerder, après m’avoir donné une leçon pour que je ne me brûle pas.

C’était la corvée du samedi avec ma meilleure amie, mais finalement cela se déroulait  plutôt bien, dans une ambiance de harem, avec ma petite soeur nous admirant « quand je serai grande je me dépoilerai comme vous ». Il fallait faire chauffer la cire, attendre qu’elle soit à bonne consistance, et jeter le tout après usage (épilation terminée), aucun filtre n’existant…

A l’âge de 18 ans tout à coup il me fallut admettre que mes poils refusaient de se faire épiler. La peau se refermait immédiatement sur le trou laissé béant par ce con de poil. Moralité, pour repousser, il me déclenchait un bouton (poussant sous la peau sans jamais renoncer). Aux endroits où j’avais deux poils très proches, j’avais carrément un abcès.

J’optais donc pour le rasoir, comme pour les dessous de bras. Un jour forçant un peu, je détraquais définitivement le rasoir électrique de mon père qui pour me punir en revint à la mousse à raser et au rasoir à main.

Il me fallut me résigner à me raser, la crème dépilatoire coûtant cher et mes parents refusant de me l’offrir vu ce que je coûtait en lames de rasoir (ah oui à l’époque les gillettes G3 n’existaient pas… On se coupait régulièrement avec le rasoir de papa qu’il fallait démonter pour monter une nouvelle lame, mais cet engin préhistorique n’est visible actuellement dans aucun musée).

Et puis vint le jour où je me suis retrouvée enceinte de grande fille (la petite), et là je vis que le poil décidément était contrariant.

Sur les seins, autour du mamelon ils pointaient avec bonheur. Et niveau pubis, cela dépassait LARGEMENT le dit endroit, à savoir que cela se mettait à descendre légèrement au niveau des cuisses. Ce n’était plus un MAILLOT, mais un CALECON. Pour les seins je n’ai jamais rien envisagé d’autre que la pince à épiler, mais bon franchement, ils pourraient décider de décéder, je ne les pleurerais pas.

Grande fille éjectée les poils étaient toujours là, PARTOUT.

Je luttais pied à pied : j’achetais le premier épilacire (filtrant la cire) pour découvrir régulièrement que non : un poil = un bouton, deux poils = un abcès.. Je me ruinais en produits dépilatoire pour gagner deux jours sur le rasoir. J’ai testé avant le père de mes enfants le gillette G2 pour me balafrer le mollet droit. Combat inégal face à un adversaire très con !!!!

Puis sont sortis les produits anti-boutons post épilation : j’en ricane. Le gant de crin ne servait à rien. Et puis vint une période….

Il faut que je me ridiculise définitivement ici. J’étais seule, sans homme. Je me suis dit que si raser ou arracher un poil lui donne de la vigueur, j’allais les laisser crever de leur belle mort. Le cycle de vie du poil serait de 3 mois. C’était l’automne et pas le moindre mâle en vue… L’hiver passa, je n’avais pas froid aux jambes, les poils qui devaient défuncter le firent en étant remplacés par aussi résistants qu’eux… Plus de remord du coup pour mon premier coup de rasoir. D’ailleurs je ne m’étais pas rasée le seins pour voir s’il y avait des poils là…

Un beau jour sur internet je découvre une recette anti poil définitive à base de piment… J’ai testé. Je peux attester que là où la peau pèle et l’on semble brulée, le POIL lui, survit.

Alors je me rase et ça me rase à un point pas possible. Je n’ai pas les moyens de tester le laser alors je trouve VRAIMENT que le POIL c’est un truc très CON ! Putain, ça fait… depuis ce temps là que je ne veux plus de VOUS et VOUS êtes toujours là.

Si les hommes pouvaient être aussi fidèles….

La Brinvilliers !!!

La Brinvilliers« Ainsi c’est fait, la Brinvilliers est en l’air »…

Ainsi débute la lettre de Madame de Sévigné à sa fille, le 17 juillet 1676.

J’ai toujours adoré cette adorable marquise, son style, et je signale à ceux qui ne connaissent de la saga des « Angélique marquise des anges » que les sombres daubes de films qui ont été faits, que dans les livres fort exquis, la marquise est une amie de l’héroïne (il faudra que je revienne sur Angélique d’ailleurs, il y a un moment que je veux écrire à son sujet).

J’avais il y a maintenant fort longtemps hélas , demandé à Mrs Bibelot où elle avait bien pu mettre son livre sur les lettres choisies de Madame de Sévigné car j’avais bien envie de les relire, pour m’entendre répondre qu’elle  n’avait jamais eu ce livre là, et que j’avais dû  l’emprunter à une bibliothèque quelconque (c’était tout ma mère…) Je suis bouquinovore, j’ai près de 2000 livres chez moi, chez mes parents il y en avait au moins le quadruple mais bon, j’ai été obligée à une époque de m’inscrire dans une bibliothèque (c’était cela, ou m’acheter une grande maison…).

Je pense que beaucoup d’ados me prendraient pour une folle à aimer lire la marquise de Sévigné. A une époque, on en a brûlé pour moins que cela…

Delphine a beaucoup de dons me concernant, à tel point que nous pensons parfois avoir une relation télépathique :

  • Si j’ai un coup de mou dans le genou, c’est pile poil le moment où elle appelle pour finalement me remonter le moral
  • Si je suis à poil car je sors de mon bain (ceci à heures non régulières), c’est pile poil (je me gausse) le moment où elle m’appelle pour que je lui remonte le moral
  • Si je suis aux petits coins je ne me demande jamais pourquoi mon portable a sonné : c’est Delphine
  • Quand je suis aux toilettes ou que je sors de mon bain, c’est fatalement « allo maman bobo »
  • Et puis pendant que nous discutons, justement elle y pensait aussi, ou moi.
  • C’est comme cela.
  • Je n’ai pas ce genre de relations avec Pulchérie qui vole allègrement au dessus de la stratosphère, voire au delà du système solaire régulièrement… (je peux le dire, elle le reconnait).

Mes deux filles étaient donc venues ce WE pour me souhaiter mon anniversaire (sans gâteau et sans bougies, les traditions se perdent mais 56 bougies en plein mois de mai, cela réchauffe trop l’atmosphère  sans doute…). L’Arlésienne était venue nous rejoindre le samedi après midi et nous avons papoté dans le salon.

Mes parents devenant de plus en plus sourds trouvaient paradoxalement que nous faisons de plus en plus de bruit… Donc ils restaient dans leur cuisine, comme de coutume, pour faire leurs mots croisés sadiques (il faut mettre les cases noires soi-même, c’est du force 6, je ne cherchais même plus à comprendre le pourquoi du mot trouvé d’après la définition).

Delphine descend de la chambre VERTE qui était LA SIENNE quand elle venait. Moi je dormais dans la chambre ROSE, Pulchérie également normalement. Nous étions prêtes à nous entretuer pour avoir LA CHAMBRE QUI VA BIEN ET QUE JE DORS TOUJOURS LA D’ABORD… La couleur des chambres étant déterminée par celle du papier peint…

Delphine descend donc de la chambre VERTE avec à la main, le livre des lettres choisies de Madame de Sévigné (comme par hasard, alors que je n’en avais pas parlé avec elle). Que je m’en vas immédiatement fourrer sous le nez de ma mère en lui demandant si elle se prend pour une bibliothèque. (Elle le pourrait…).

Là les choses vont se corser :

  • L’Arlésienne n’a pas trop envie de faire tapisserie avec Delphine en train de lire madame de Sévigné car :
  • Pulchérie s’absorbe dans la lecture du mode d’emploi de son nouvel appareil photo. Quand elle connaît le mode d’emploi par coeur, elle change d’appareil. Chacun ses plaisirs…
  • Je louche sur le livre, donc la conversation risque de s’éteindre.
  • Mais Delphine le sent bien, et me refile le livre car je veux relire tout de suite, immédiatement, et sans aucun délai, la lettre fameuse (pour certains) que la marquise a envoyée à sa fille le lendemain de l’exécution de la Brinvilliers. Pourquoi cette lettre là et pas une autre, je n’en sais rien. Je sais simplement que je vais emprunter le livre pour le relire (et le rendre après parce que sinon, ça m’encombre).

Je me sens un peu seule sur ce coup là, l’histoire n’étant pas trop le fort des autres (mes parents sont dans la cuisine) et les premières lettres parlant de Fouquet, je sais que je ne vais pas tout de suite tomber sur la Brinvilliers.

En effet quand « Angélique Marquise des anges » débute, Fouquet est déjà en prison, et dès le deuxième tome, François Degrez, son ami, dont j’ai su tardivement qu’il avait réellement existé, est déjà sur la piste de la marquise de Brinvilliers…

  • Je feuillette le livre à vive allure, cherchant la première phrase célèbre « ainsi c’en est fait, la Brinvilliers est en l’air ».
  • « Tu veux lire quoi ? me demande Delphine à qui j’ai piqué le bouquin (à remettre en état)
  • J’explique. Je cherche la lettre relative à l’exécution de la Brinvilliers.
  • Pulchérie lève les yeux de sa notice « de qui ? »
  • La Brinvilliers !
  • C’était qui ?
  • Une empoisonneuse célèbre…
  • Ah ? (se replonge dans sa notice en 6 langues, la pierre de Rosette du 21ème siècle)
  • Je décide d’aller voir dans le dictionnaire quand est morte la Brinvilliers, car les lettres de la marquise sont éditées chronologiquement (je ne vais pas m’attarder sur 1674 bêtement).
  • Mes parents mis à contribution prennent chacun un dictionnaire. Ils en ont 6. Ne ricanez pas. Régulièrement des mots disparaissent et de nouveaux mots apparaissent, donc, quand on fait du force maximum en mots croisés qu’on met les cases noires soi-même, avoir des dictionnaires de 1901 à nos jours, c’est utile.
  • On ne trouve pas la Brinvilliers. Jean-Poirotte et Mrs Bibelot unanimes trouvent que c’est un scandale.
  • Delphine qui s’est servi du I-machin chose me crie : « j’ai trouvé, elle a exécutée le 17 juillet 1676
  • Pulchérie : « qui ça ? »
  • Ma soeur + Delphine : LA BRINVILLIERS !
  • Moi : « merci ma chérie ». Je tombe sur la lettre et je la relis avec plaisir. Delphine me demande de lire tout haut, QUE TOUT LE MONDE EN PROFITE.
  • L’Arlésienne est morte de rire : deux obsessionnelles : une avec sa marquise et l’autre avec son appareil photo…
  • Pulchérie « de qui est-il question ? »
  • Ma soeur, Delphine, moi : « DE LA BRINVILLIERS » !
  • « C’est qui ? »
  • UNE EMPOISONNEUSE !
  • « Oui mais quand, comment, pourquoi ? »
  • Moi (lasse, comme quand je regarde le programme d’histoire de la petite fée) : tu n’as jamais entendu parler de l’affaire des poisons ?
  • « Non » (se replonge dans son mode d’emploi et l’ouverture de la focale à visée grandiose mais sans macro…)
  • « Enfin ma chérie, tu n’as jamais entendu parler de l’affaire des poisons, sous Louis XIV ? dans laquelle madame de Montespan elle-même a été impliquée ? »
  • « QUI ? » (là j’exagère, mais la petite fée par exemple, n’a jamais fait saint Louis et les croisades… donc un jour un enfant demandera peut-être qui était Louis XIV et la Montespan…). J’espère que Pulchérie parlait de la Montespan, car je suis certaine qu’elle a entendu parler de Louis XIV…
  • Delphine reprend enfin son livre « ainsi donc la Brinvilliers est en l’air »…
  • Pulchérie lève les yeux de son mode d’emploi « QUI ça ? »
  • Tout le monde : LA BRINVILLIERS !!!!
  • « Ne criez pas comme ça, je ne suis pas sourde, je ne sais simplement pas de qui vous parlez et quelle importance cela peut avoir ».
  • Aucune importance, je suis bien d’accord avec elle…

Sûr et certain que s’il s’agissait d’une voisine reconnue empoisonneuse, cela aurait eu plus de charme. Mais j’ai renoncé quand j’ai évoqué la marquise de Sévigné…

  • « C’est qui ? je croyais que tu parlais de la…
  • « LA BRINVILLIERS !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! »
  • « Oui, mais c’était qui ? »

La vie n’est qu’un long calvaire…

J’ai renoncé à expliquer qui était madame de Sévigné, pourquoi elle écrivait beaucoup « que ça à foutre les aristos à l’époque », et donc pourquoi elle avait écrit une lettre à sa fille, concernant l’exécution de LA BRINVILLIERS !

Et la vie n’est qu’un long calvaire...

Le furoncle en retard…

Belle_m_reLa mère d’Albert n’était qu’un Furoncle ça vous le saviez déjà, et en retard systématiquement en plus. Elle m’a fait les pires des pires…

Nous décidons d’emmener les filles voir les aristochats. Un enfant, on ne lui promet pas une séance de cinéma pour ne pas l’y emmener. Séance à Tours à 14 H 30 avec 3 bons quart d’heure de route, le temps de se garer… Il faut partir à 13 H 30.

Le furoncle fourbanse dans sa cuisine à je ne sais trop quoi, vu que c’était impec après le repas. Et le bubon, son mari (qui lui, avait avalé une horloge), n’arrête pas de lui rappeler que… Mais elle a toujours quelque chose à faire. Je patiente, il y a une autre séance à 16 H 30, mes trésors verront les aristochats.

La voilà qui se pointe à 14 H 15 pour me faire aigrement remarquer que je ne suis pas prête. Je lui cloue le bec…

  • « Non mais vous plaisantez ? On ne va pas partir maintenant pour être au cinéma dans 15 minutes ? C’est vous qui êtes en retard. Je pars pour la séance suivante »

Comme généralement, et j’avais tort, je l’envoyais très rarement bouler, elle ne rétorque pas. Prête tout de même pour 15 H 25, heure limite de ma part. Nous voici, les filles impatientes et tout, dans la véranda, quand elle avise une plante verte à arroser en urgence. La voici repartie vers sa cuisine avec son arrosoir à la main. Je la connais, elle va nous faire toute la serre. Nous partons donc les filles et moi, à l’heure, en la laissant là avec son arrosoir. J’ai eu la gueule tout le soir au son du bubon lui déclarant « c’est bien fait pour toi, j’aurais dû faire la même chose il y a longtemps ».

Mais elle n’était pas guérie. Son truc quand elle arrivait dans les Yvelines, était d’aller voir Mimie de Meudon, une vieille amie de ses parents, au moins une fois.

Généralement ça la prenait vers 11 H 30, avec grand repas prévu, au son de « j’en ai pour 1/2 H ».

Là c’était les 30 ans d’Albert, les 3 ans de Delphine, le dimanche lendemain de fête. Mais tout de même la salle des fêtes encore réservée, des restes complétés à n’en plus finir, certaines vieilles personnes n’ayant pas pu venir la veille, dont Tante Hortense, mon grand-père qui avait avalé Big Ben à tout le moins, etc… Bref c’était la deuxième partie de la fête.

Et la voici à 11 H 30 qui part voir Mimie de Meudon, elle en a pour 1/2 H maximum. Son mari la sermonne (pour une fois je suis d’accord avec lui), Albert également dûment chapitré par moi : « maman tu n’en as pas pour 1/2 H, je te préviens, on ne t’attendra pas »… La voici partie : tout le monde l’a toujours attendue, sauf moi, mais je suis une garce de bru immonde.

  • 12 H : on sert l’appéro. Les absents de la veille sont ravis, ceux présents la veille et revenus le sont également. Personne ne demande des nouvelles du furoncle (j’en ricane)

  • 12 H 45 : toujours pas de furoncle à l’horizon, mon grand père regarde sa montre avec insistance, et Tante Hortense également donc nous passons à table. Je sens qu’Albert a des remords, mais pour une fois son père est de mon côté : elle n’a qu’à être à l’heure.

  • 15 H : vous avez bien lu : arrivée du furoncle

  • Non seulement il est d’une grossièreté inqualifiable de se pointer à 15 H pour un déjeuner, mais en plus, au lieu de s’écraser, elle rouspète : « vous ne m’avez pas attendue » (c’est évident, on prépare le café). Nous nous faisons donc engueuler par le grossier personnage. Personne ne moufte, pas même ses filles qui l’ont attendue des heures et des heures depuis leur naissance… Albert lui précise que :

  • Non, nous ne l’avons pas attendue, elle était prévenue. On lui a gardé une tranche de gigot froid (enfin moi, sachant qu’elle préfère le roti de boeuf), un morceau de camembert qui n’est pas prêt de revenir, et un bout de la charlotte qui s’effondre dans l’assiette.

Ca ne l’a pas guérie pour autant… Pourtant après Albert et moi, d’autres lui ont fait le coup de « on se met à table, même si maman n’est pas revenue de chez Mimie de Meudon ».

Les seuls retards que j’ai pu accepter vraiment, c’était pour découvrir que j’étais enceinte… C’est vous dire ma désormais tolérance sur le sujet, surtout maintenant qu’il y a les portables. Parce qu’entre la belle doche toujours jamais à l’heure que je me suis fadée pendant 10 ans + le Monsieur dont je vous ai causé, j’ai eu ma dose (+ une copine toujours jamais à l’heure non plus que ça me mettait la rate au court bouillon…)

La vie n’est qu’un long calvaire…

L’anti monte lait à sonnettes…

Il n’y a que les anciens qui se souviennent de ce qu’était « l’anti monte lait« .

Quand j’étais petite fille, on achetait le lait sortant du pis de la vache (et nous avons survécu), et après en avoir recueilli la crème, on le mettait à bouillir, puisque Pasteur avait déjà inventé les microbes (les microbes de la crème nous nous en foutions).

En fait tout le monde se foutait plus ou moins des microbes car cela restait un concept abstrait puisqu’on ne les voit pas, mais faire bouillir le lait l’empêchait en théorie de tourner trop vite, dans une maison ou un appartement munis d’un simple « garde manger » et non pas encore d’un réfrigérateur (on gagnait un jour en gros…)

L’anti monte lait, était destiné à avertir la personne ayant mis le lait à bouillir, qu’il était temps de le retirer du feu dès l’ébullition. C’était un disque de verre  orné de spirales, qui se mettait à clapoter petit à petit dans la casserole, et de plus en plus fort au fur et à mesure que le liquide chauffait. Quand il tressautait de rage pendant plus de 2 minutes, le lait après avoir bouilli un bref instant, avait débordé du récipient et tout inondé.

Point n’était besoin de vivre uniquement dans nos campagnes où mugissent de féroces soldats qui viennent jusque dans nos bras, à la ville, l’anti monte lait sévissait également.

Généralement mon arrière grand mère restait vigilante dès les premiers clapotis, mais pas toujours…

D’où une perte de lait fort désolante pour tout foyer gardant tout aliment précieusement, même le beurre rance, après les privations de 39/45 et les angoisses (et privations) de 14/18.

Mon grand père fit donc l’acquisition au marché de Versailles, d’un anti monte lait à sonnettes, dont il pensait qu’il serait très fier vu ce que le bonimenteur lui avait raconté.

Il adorait en effet les petits gadgets qui simplifient la vie, et en achetait régulièrement. Cela allait du tranchoir à oeufs durs, la scie à tomates, l’accroche torchon avec fermeture de sécurité, au tire-bouchon senestrogyre à triple parallélogramme avec altimètre incorporé.

Il rapporta à sa mère l’anti monte lait à sonnettes, avec l’impression diabolique d’être poursuivi par un chien invisible portant un collier à grelots, sur le chemin de la gare, dans le train, puis de la gare à la maison familiale (2 km à pied).

La non moins diabolique invention se décomposait en trois parties : la plaque classique de base, le système mobile de transmission et la sonnette (en fait un assemblage de plusieurs petites clochettes sur une tige métallique d’une souplesse sans pareille).

Cette sonnette traduisait les impulsions reçues de la base en signaux sonores audibles à très faible distance. Seuls les sismographes les plus modernes pour l’époque, avaient une sensibilité comparable à celle de cet engin. Nous ne savons pas si l’on fait beaucoup mieux aujourd’hui, mais il nous semble que c’est peu probable.

Celui de mon arrière grand mère sonnait un coup pour un tremblement de terre au Japon, deux coups quand les américains testaient leurs bombes atomiques, trois coups quand c’était les russes.

L’arrivée d’une voiture dans la ruelle déclenchait d’interminables carillons…

L’anti monte lait à sonnettes eut longtemps une place d’honneur dans la cuisine qui fut transformée en atelier pour Jean Poirotte, et je ne sais pas si ceux qui ont acheté la maison l’on conservé…

A peine installé dans la casserole avec le lait, il montrait par quelques notes isolées qu’il était conscient de sa mission. Cela rassurait traitreusement la maitresse de maison qui s’en allait vaquer à tort, certaine de ne pas louper le moment fatidique (ôter la casserole du feu, la durée avant ébullition étant variable sur un poêle à l’ancienne).

L’engin d’enfer accompagnait crescendo l’échauffement du liquide nutritif. Quelques secondes avant le moment critique, il déchainait la grande sonnerie d’alarme.

Mon arrière grand mère, n’a jamais pu s’y habituer. Elle se précipitait pour répondre au téléphone, se souvenait au bout de quelques minutes que le téléphone était à l’étage (ou bien qu’il n’était pas encore installé mais que cela ne saurait tarder). Elle allait voir donc si quelqu’un attendait à la grille extérieure, avant de réaliser qu’il n’y avait qu’une vulgaire cloche permettant aux visiteurs rares de signaler leur présence .

Tout à coup, elle s’avouait dans une lueur de lucidité qu’elle entendait la symphonie fantastique  de l’anti monte lait à sonnettes, et il restait généralement une demie tasse de lait dans la casserole, le reste ayant débordé sur le dessus du poêle, à récurer donc, avant de retourner chez le fermier acheter deux litres de lait.

La vie n’est qu’un long calvaire…

PS : petite fille, je pensais que l’anti monte lait empêchait le lait de bouillir, et j’ignorais qu’il était juste un signal d’alarme (parfois redoutable…). A classer dans la série « ce que l’on croit quand on est petit ».

PPS : ceux chez qui le terme « anti monte lait » a déclenché un truc genre Madeleine de Proust, nommez-vous…

Nos chers petits et leurs gaffes innocentes…

C’était pendant l’horreur d’une profonde nuit, l’époque où nous songions très sérieusement à mettre le deuxième en route. Albert tenait de ses parents la sale manie de laisser notre porte de chambre ouverte pour tout bien entendre dans l’appartement, et celle de Pulchérie l’était aussi, parce qu’elle avait peur des monstres.
Tout à coup la phrase qui tue, dite d’une petite voix fluette « coucou je suis dans le lit, je n’ai pas fait de bruit« …
Effectivement elle n’avait pas fait de bruit. Après Albert a fermé les portes…

Delphine en vacances chez ses grands parents paternels, et pointant un doigt innocent vers les seins du furoncle (mon ex belle mère) « ceux de ma maman, ils sont en l’air« .

Ma nièce du côté d’Albert, habituée à me voir en décontracté le WE, alors que nous nous préparions pour une méga fête le soir, et me voyant sortir de la chambre : « oh tatie que tu es belle comme ça, on dirait presque ta maman ! »

A la plage, une fille d’une cousine de ma belle soeur (suivez), dont la mère était limite maigre, pointant là encore un doigt accusateur sur un bourrelet de ma belle soeur « c’est quoi ça ? »

Une de mes nièces, délicate, parlant de son oncle quasi chauve depuis ses 18 ans « Hector a des cheveux tout le tour »

A mettre dans le même sac que :

 » Il faut être gentil et faire un bisou à tante Hortense parce qu’elle va bientôt être morte » de Pulcherie à son cousin germain…

Et le « ouinnnn je ne veux pas embrasser tante Hortense parce qu’elle pique »… (Delphine 1 an plus tard)

La vie n’est qu’un long calvaire…

Ma fille a bouffé du papier (ou, moins glorieux, la dernière fois où j’ai fait pipi dans ma culotte…) (2)

DODIEAu moment où ma mère est arrivée, Monsieur Gendre a sorti du frais une nouvelle bouteille de mousseux pour bien la servir.

Pendant ce temps là, deux amis de Pulchérie, des compagnons de promo de l’école Boulle, nous racontaient une mésaventure qui leur était arrivée avec ma fille.

Une mésaventure avec ma fille ? (aînée…?). Fichtre diantre, comment cela avait-il été possible ?

Je ricanais à l’avance, d’autant que je venais de tirer la première bouffée de mon premier joint (à 52 ans il était temps que je ne meure pas idiote). (Et après l’anti terrorisme, rapport aux histoires de bombe de Pulchérie quand elle était à l’école maternelle, voilà les stups…). Continuer la lecture de « Ma fille a bouffé du papier (ou, moins glorieux, la dernière fois où j’ai fait pipi dans ma culotte…) (2) »

Ma fille a bouffé du papier (ou, moins glorieux, la dernière fois où j’ai fait pipi dans ma culotte…) (1)

DODIELe mariage de Pulchérie avait été bien programmé, avec une idée que j’ai trouvée géniale : les amis arrivant pour la fête vers 22 H au lieu de repartir après le vin d’honneur.

Je sais, la photo date un peu (et le mariage également), mais bon, c’est comme ça, je suis chez moi, je fais ce que je veux.

D’abord…

J’avais prêté ma voiture et il y avait un chauffeur de prévu pour aller chercher les fêtards à la gare, et raccompagner chez eux, ceux qui auraient un peu trop bu, les arrivés tardifs pouvant dormir dans une tente, à l’endroit requis. C’était vraiment super bien organisé. Continuer la lecture de « Ma fille a bouffé du papier (ou, moins glorieux, la dernière fois où j’ai fait pipi dans ma culotte…) (1) »

Biologiste : encore une vocation mise à mal…

prix-nobel-copierAyant renoncé à devenir une artiste célèbre, j’avais été fort impressionnée, juste après la naissance de ma dernière soeur (surnommée la « suite et fin » au bout de 10 ans) par une visite organisée par le collège d’un je ne sais plus quel museum d’histoire naturelle.

J’avais été fascinée en particulier, par les animaux conservés dans des bocaux remplis de formol.

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