Comment choquer vos nouveaux collègues…

Z’êtes toute contente, vous avez enfin dégotté un emploi, et comble du bonheur, c’est à deux pas de chez vous.

J’ai testé le truc deux fois.

Quand j’ai débuté chez Truchon, c’était à 3 minutes en voitures, 20 à pieds, mais pour profiter de mon 1 H 1/2 de déjeuner, j’avais opté pour l’option « voiture ». 1 H 20 à passer chez soi, c’est toujours bon à prendre. D’autant qu’à l’époque, en 1998, j’avais encore les deux filles à la maison.

C’était la pause lavage à mettre en route, juste avant d’aller pointer devant « la petite maison dans la prairie ». Ne rigolez pas, telle Delphine, je suis une fan. Et en rentrant chez Truchon, c’était justement l’épisode pilote, donc je me suis fait toute la série. Et NA !

Juste après le générique de fin, étendage du linge, ou rangeage du lave vaisselle : une corvée de moins pour le soir.

Cela contrariait beaucoup ma collègue de l’époque, cette pause déjeuner que je ne passais pas avec ceux qui habitaient trop loin pour envisager de rentrer chez eux. Régulièrement, elle trouvait des prétextes pour que je reste :

  • On se fait un chinois ce midi
  • Ca te dirait de manger un couscous avec nous ?
  • Etc…

Evidemment, n’étant pas une sauvage, quand certains fêtaient un anniversaire, s’il y avait un pot, ou quoi que ce soit, je négligeais mon petit chez moi (en ayant programmé l’épisode du jour pour le regarder le soir).

Mais bon, je sentais que ça gênait cette promiscuité entre mon domicile et mon travail. Alors que cela a ses inconvénients. En arrêt maladie justifié, il faut bien que l’on trouve votre voiture devant chez vous par exemple. j’ai eu le cas UNE fois. Voiture faisant pif, paf, glong, alors que je rentrais chez moi le soir avec un début d’angine.

Attente du médecin après avoir prévenu le boulot. Et pendant ce temps là (à Caraccas…), mes parents à deux, venus pour emmener mon véhicule chez le petit garagiste si sympa du coin. Ca n’a pas loupé, ON m’a appelée toutes les heures tout l’après midi, jusqu’à 18 H, et le lendemain idem, pour vérifier que j’étais bien chez moi et non pas partie en vadrouille avec la complicité de mon médecin (c’est l’autre secrétaire qui m’a vendu la mèche un jour, en m’avouant que le chef était allé voir si ma voiture était bien devant chez moi…)

Donc, cela a ses couac.

Mon dernier boulot se trouvait à 8 minutes de voiture. Pareil, avec 1H 30 de pause le midi. Donc je rentrais chez moi déjeuner, cela tombe sous le sens.

Sauf de ceux qui ne peuvent pas. Avoir du bon sens.

Si vous rentrez déjeuner chez vous à l’heure du déjeuner vous snobez tout le monde et n’essayez pas de vous lier. Ce qui dans mon cas est totalement faux, puisque j’ai pris sur moi, 4 fois, d’aller déjeuner avec un collègue étant seul pour déjeuner, tout cela pour me retrouver dans leur brasserie préférée et les voir engloutir leur steak frites en moins de 15 minutes, montre en main… Et tout cela pour également constater que le reste de leur pause déjeuner se passait devant internet à m’ignorer superbement… J’aurais préféré être chez moi. Curieux non ?

ON ne vous le reproche pas ouvertement, mais bon, c’est sous-entendu…

ON plaint par contre la mère de famille qui profite de la pause déjeuner pour aller faire son plein au supermarché du coin. Jamais celle qui fait de même alors qu’elle qui vit seule et qui a donc, tout son temps pour aller faire ses courses le soir, au moment où il y a le plus de monde.

ON compatit avec celui qui s’est dégotté un RV chez le dentiste à ce moment crucial (la pause déjeuner). Jamais pour celle qui a tout son temps (d’après tout le monde toujours).

Et en ce qui concerne les dates de congés. Parlons-en des dates de congés…

J’ai atteint le ras le bol un beau soir, où celle qui m’avait trouvé ma dernière place et ne se remet pas de m’en avoir vue partir, m’a appelée pour me signaler un poste à prendre « pas loin, mais vous ne pourrez néanmoins pas rentrer déjeuner chez vous Coraline ».

Cette remarque, venant d’une femme intelligente m’a perturbée. Comme si je ne recherchais qu’un poste me permettant de rentrer déjeuner chez moi (ce qu’elle fait, elle, mais elle, ce n’est pas pareil…) (et finalement, le poste était pris…)

Est-ce donc un crime impardonnable de rentrer déjeuner chez soi quand on en a la possibilité ?

la vie n’est qu’un long calvaire…

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