Bienvenue sur le blog de la Gentille sorcière.

'Histoire de sorcière'

Quand que j’étais petite…

pat(Pour une fois, sur la photo, c’est bien moi !) Papa jouait de la guitare et me chantait des chansons.  Il l’a fait pour tous ses enfants, la chanson c’était une tradition qui fait que nous avons tous l’oreille juste et savons correctement chanter sans détonner.

Albert pour exemple, était totalement incapable de chanter avec tout le monde, le jour de Noël par exemple. Il était obligé de s’entendre, changeait de ton pour le faire, et faussait tout l’ensemble. L’horreur pour toute la famille ! (Dieu merci, si mes filles n’aiment pas spécialement chanter en famille avec leur grand-père à la guitare, elles ont de l’oreille et chantent juste). (Lire la suite…)

Posté le 20 octobre '13 par , dans Faites des gosses !, Histoire de sorcière. 10 Commentaires.

Ma chienne… part 2

Chlo_e_2Quand on prend un chien de race, on est tenu théoriquement de lui choisir un nom en rapport avec la lettre de l’année. Là c’était le C. Albert recommença son trip du nom comme quand j’attendais les filles,  filles qui donnaient leur avis, la famille aussi.

Généralement, vous l’avez sans doute remarqué, mais moins on sollicite d’avis et plus on en a…

Le nom doit être assez bref à prononcer en plus, rien n’est plus difficile que de se faire écouter de Nabucooooodaunausaure-au-pied-j’ai-dit. (Lire la suite…)

Posté le 1 octobre '13 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire, Histoire de sorcière. 10 Commentaires.

Ma chienne… Part 1

Chlo_eVoilà ce que c’est que de trier des photos. J’y pense souvent mais là j’avais carrément les larmes aux yeux.

Elle s’appelait Chloé. C’était un berger belge malinois. C’est le chien que l’on voit de plus en plus souvent avec les forces de l’ordre, à la place du berger allemand…

Nous venions d’acheter notre maison, un peu isolée et je voulais un chien de garde. Pas n’importe quel chien rapport aux filles.

L’épagneul breton classique dans la famille était à exclure, tout au moins pour garder la maison : ceux de mes parents et de mon grand père ont toujours été du genre à faire une léchouille au cambrioleur ou à se mettre sur le dos pour se faire gratter le ventre par n’importe quel étranger. Le type de bête féroce qui part vers la grille ou le portail en aboyant férocement en remuant la queue de plaisir à l’idée qu’il y a une visite qui va changer de l’ordinaire…Je savais que le Colley s’entend très bien avec les enfants, mais sur le plan garde… Exit bien évidemment le dogue de Bordeaux, la mâtin de Naples ou autre molosse qui demandent un maître à poigne vraiment conséquente et d’acheter un semi remorque pour le trimballer avec le reste de la famille. Exit également le yorshire qui sur le plan “garde”, ne me rassurait pas vraiment même s’il prend peu de place dans une voiture. Je n’étais pas chaude pour le berger allemand, sachant à l’époque qu’il y en avait plein de vendus sans certitude des origines, ce qui a posé pas mal de problèmes car certains étaient véritablement tarés ce qui a beaucoup nuit à la réputation des authentiques (j’avais une copine et son mari qui en avaient un super. Ils lâchaient la gamelle de soupe sur le sol de la cuisine, se précipitaient hors de la cuisine en refermant la porte en catastrophe, car le chien avait tenté d’en bouffer un rapport à sa gamelle… Autres joyeusetés : une fois sur deux le chien refusait de les laisser rentrer chez eux et ne supportait pas qu’ils se fassent un bisou : il sautait en mordant sur l’un OU l’autre). Moi me faire terroriser par un chien : hors de question. Me battre toute la journée aussi !

Jean-Poirotte nous conseilla un malinois. Je n’avais jamais entendu parler de cet animal là. D’après lui c’était idéal en famille, et vraiment rassurant sur le plan du gardiennage. Je commençais donc à enquêter sur le berger belge en général et le malinois en particulier. Pour finir par appeler un éleveur qui avait des chiots à vendre d’ici peu (comprendre que la chienne était vachement en cloque). Le prix de l’animal ne fit pas reculer Albert qui voulait également ce chien et je partis un beau jour avec ma soeur pour aller choisir ma chienne née la semaine précédente comme l’avait précisé l’éleveur qui m’avait appelée pour m’annoncer la bonne nouvelle (ma soeur se souvient d’ailleurs de cette expédition qui vous fera rire un jour, rappelez-le moi éventuellement…).

Pourquoi une chienne ? Parce que toute la famille en possession d’un chien avait une chienne. En cas d’absence et d’obligation de confier la bête c’était plus pratique. Oui, parfaitement, car une femelle en chaleur + un mâle = un long calvaire.

L’éleveur s’est dûment renseigné (il était temps, j’avais rejoint le nord de Paris depuis mon sud des Yvelines). Apparemment il n’était pas du genre à vendre son chien à n’importe qui, et cela me rassura. J’avais du terrain où le toutou chéri pourrait s’ébattre, je ne travaillais pas, la forêt était proche, nous avions l’habitude des chiens, je pouvais le rassurer sur sa vie à venir.

La première fois que je l’ai vue, la mère avait été enfermée de l’autre côté du grillage du chenil et m’impressionna par les dents qu’elle nous montrait : un vrai loup avec le sourire (le “peigne” comme dit mon pôpa). Une bonne mère, inquiète pour ses petits qui paraît-il faisait le même sourire à tout visiteur non attendu. J’ai eu du mal à croire que la bestiole qui tenait dans la main, aurait un jour cette tronche là.

Sur les 7 chiots de la portée, 4 femelles dont il m’avait choisi, d’après lui, la plus jolie (la plus charbonnée en fait). Elle avait son petit museau tout plat comme tous les chiots qui tètent encore, me renifla en pleurnichant et en couinant après sa mère. Je l’aurais bien embarquée tout de suite, mais c’était impossible. Le chiot a besoin de sa mère et d’apprendre les codes de la meute avec elle et ses frères et soeurs. Il faut attendre les 2 mois, c’est l’idéal.

L’éleveur avait bien senti que j’étais très intéressée par ce type de chien qui s’était endormie dans mon cou en me tétant l’oreille. J’étais prête à lui faire faire de l’agility, à la présenter à d’éventuels concours. En me documentant sur le malinois, j’avais découvert un monde extraordinaire, celui de l’élevage, des concours, car l’amour tout court de son animal, je connaissais déjà. Mais là, il s’agissait d’un autre chien que celui qui ravissait mon grand-père, mon père et mon frère : le chien de chasse (d’où l’épagneul breton dont un de mes ancêtres a contribué à créer la race)…

Restait à lui trouver un nom…

Posté le 23 septembre '13 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire, Histoire de sorcière. 8 Commentaires.

Les enterrements…. (1) (Les gaffes)

ChristAprès l’enterrement du cousin Marc le 28 janvier, nous étions de nouveaux d’enterrement ce jeudi 28 février avec Mrs Bibelot, Jean-Poirotte ayant chobbé un rhube balencontreux lui perbettant de s’excuser…

Car si papa peut affronter les trocarts, intubations, prises de sang, pontages, tachycardies, etc, avec un rhume, il agonise purement et simplement et reste dans son lit en attendant la bort en dous disant de lui foutre la baix.

Donc il n’allait pas se rendre à l’enterrement de ce bieux cobain de toujours avec lequel il avait d’ailleurs eu des mots assez graves, il y a… assez longtemps pour qu’ils se réconcilient longtemps après (en gros j’avais 15 ans au départ de la brouille et 40 quand ils se sont dit à nouveaux bonjour avant de passer à “comment vas-u” ?).

Il n’avouera jamais, la tête sur le billot, que cette mort lui a flanqué un coup, car justement c’était un vieux copain avec lequel, et gnagnagna et gnagnagna… du même âge…

Là il y avait du peuple. Contrairement à ce que nous avions vécu pour le cousin Marc dont l’auditoire était réduit à son strict minimum, l’église était pleine à craquer car le défunt était un agriculteur très connu dans la région, et membre d’un club d’amateurs de vieilles voitures, et certains sont restés dehors à se geler les miches, pendant que tout le monde se gelait le reste dans l’église, l’oraison funèbre du prêtre ayant été la plus soporifique qu’il m’ait été donné d’entendre.

En plus il avait une voix endormante, et mon voisin de gauche (un parfait inconnu pour moi), s’est mis à ronfler à un moment donné, et m’a remerciée de l’avoir réveillé d’un coup de coude quand il a fallu se lever.

A l’église on passe son temps à se lever et à s’asseoir, je le signale pour ceux qui ne le savent pas…

Avant de revenir dans un épisode deux sur les enterrements, je me suis rendue compte (toujours rapide), qu’il y avait des choses à éviter de dire. Parce que tout le monde l’a dit.

  • Mettons en place l’atmosphère, le dernier jour gris de février, à 0°, un petit vent coulis à décorner les cocus, de l’humidité en veux-tu en voila, un temps de merde, un vrai temps d’enterrement et un cimetière toujours exposé au mauvais vent… (froid l’hiver, chaud l’été)

La première à faire une gaffe, la pauvre petite mère, était une des petites filles du défunt, qui avait décidé de jouer un air de flute via Bach en hommage à son grand-père, et qui a prévenu tout le monde avant de commencer :

  • J’espère qu’il m’entendra là où il est, mais là, je suis morte de trouille.

En prononçant le mot “morte” et en regardant le cercueil, elle est devenue ponceau et a eu du mal à jouer son morceau (pourtant parfaitement exécuté) car on sentait bien, qu’elle aurait préféré disparaître sous terre.

Les commentaires allaient bon train, pendant que le soporifique prêtre encensait le cercueil, à tel point que l’on a pensé que l’encens c’était donné que certains allergiques ont dû prendre le large, et qu’il vidait ainsi le fond de l’église, car l’encens ne montait pas avec l’âme jusqu’au Seigneur, mais se dirigeait vers le fond (et le cimetière ?). Mais finalement, savons nous où se trouve le Seigneur ?

  • Putain, il fait un froid à crever
  • Je suis mort(e) de froid
  • Il va me faire crever avec son encens atchoum !
  • J’ai les pieds congelés, la gangrène guette et la mort avec…
  • Mrs Bibelot, Jean-Poirotte a bien fait de rester au chaud, c’est un coup à attraper la mort ici !
  • Si comme moi vous avez une foi tiède ou inexistante, évitez quand le prêtre dit “il est assit à la droite du seigneur où nous le rejoindrons un jour” : “putain on va être un monde fou” en parlant trop fort parce que votre mère est sourde et que du coup vous avez l’habitude de lui gueuler dans l’oreille, car le seul croyant de l’assemblée va fatalement être la personne juste devant vous. Qui va se retourner et vous flanquer la honte…
  • Alors que dans les rangs voisins tout le monde va pouffer (il parait que c’est nerveux), et ce jusqu’à la famille qui tenait comme elle le pouvait jusqu’alors….
  • En descendant les marches de l’église, inégales, les commentaires ont été bon train également : “fais gaffe, inutile de préparer un autre enterrement pour la semaine prochaine, un accident fatal est trop vite arrivé”.
  • Regarde tes pieds, inutile qu’un cercueil en entraîne un autre

Pendant que l’église se vide, ce qui prend du temps quand elle est archi pleine et qu’une moitié de l’assemblée est restée dehors, on parlotte, on demande des précisions.

  • Ton mari au fait, il est mort en quelle année ?
  • A l’enterrement de papa c’était horrible, il faisait une chaleur à crever
  • Là c’est le froid, je ne sens plus mes mains, mes pieds, mon nez (et le bec, alouette), j’ai l’impression d’être déjà un cadavre.
  • Le pauvre, il a mal choisi son jour… (essayez de mourir à une période météorologiquement acceptable, tout le monde vous en sera reconnaissant)

Au cimetière tout s’arrange…

  • Putain les pierres tombales de la famille sont dans un sale état, il faudra revenir nettoyer tout cela par un meilleur temps, parce que là, je suis morte de froid (ma mère, approuvée par moi)
  • Tu crois que la mousse crèvera avec ton anti mousse habituel ? (un autre)
  • Merde, ça fait quelque chose de voir le cercueil descendre (tout le monde mas revenons tout de suite aux préoccupations habituelles…). D’un autre côté vu le froid, le corps va rester intact un bon moment, tu as vérifié si le congélateur n’a pas encore fait des siennes ?
  • TU n’as qu’ t’en occuper du congélateur et je t’emmerde. Amen.. In nomine patris…
  • Tu fais une mauvaise blague ou quoi ? S’il fait doux dans 8 jours son compte est bon (au mort) (le cimetière du village est réputé pour être un mangeur rapide de corps… et le congélo  risqua sa vie aussi)
  • Les vers vont se régaler vu que le printemps se pointe
  • Ca va toi ? Non, je suis en train de crever de froid…
  • Au moins lui, ne craint plus rien (c’est d’un goût…)
  • Je voudrais bien en dire autant !
  • Moi aussi dit l’homme derrière je suis en train de crever de froid, je suis con à mourir, j’aurais dû prendre des gants !

Comme toujours, après avoir jeté ce qu’il fallait sur le cercueil, en l’occurrence des grains de blé rappelant que cet homme avait été cultivateur jusqu’au bout, je suis allée nostalgiquement saluer mes ancêtres et chers disparus, quasi tous dans ce cimetière, dans un rayon assez restreint.

  • Avec les pieds CONgelés, les mains que je ne sentais plus, mon nez qui faisait gouttière, et ma mère derrière me demandant d’aller rapidement récupérer ma voiture pour que nous nous rendions au foyer rural prendre une boisson chaude, parce que ce n’était pas le tout, mais qu’il était inutile que nous attrapions la mort vu que le principal intéressé, lui, l’était déja…

Un seul suffisait pour ce jour là… + papa agonisant d’un rhume à la maison.

Je pense que personne ne le fait exprès. Mais c’est tellement présent dans notre esprit qu’à un moment ou un autre, nous allons tous faire une gaffe. D’autant que nous utilisons des expressions courantes sans mesurer leur portée. C’est banal et ballot…

La veuve et ses enfants n’étant pas en reste : morts de froid, morts de chagrin, morts de trouilles, morts d’appréhension,  inertes devant l’inévitable, pétrifiés.

Bref, ce qui suivait le corbillard vers le cimetière, c’était Lazare livide sortant de son tombeau, multiplié par 100… Et au cimetière 100 cadavres en puissance… Lazare pouvant bien retomber dans la mort finalement…

La VIE n’est qu’un long calvaire.

(Photo : Gentille sorcière, un Christ dans ne me demandez pas quelle cathédrale, JE NE SAIS PLUS (NB : commenter les photos ASAP…)

Posté le 4 mars '13 par , dans Dans la série Diabolique, Histoire de sorcière. Pas de commentaire.

Merci Free !!!!

PB box stop

Reviens vers le 7 stop

Bizz

Edit de ce soir : un grand merci pour vos gentils commentaires, je vous raconterai plus tard, mais je suis enfin à nouveau connectée !

Posté le 29 janvier '13 par , dans Histoire de sorcière. Pas de commentaire.

Trucs horribles…

Je suis en train de vous mijoter deux ou trois posts sur des trucs horribles, au sujet desquels j’hésite à créer une nouvelle rubrique. (Les trucs horribles de la famille qui ne manque finalement jamais de ressources, surtout quand elle est un peu lointaine…)

Pour vous faire patienter, quelques bonnes citations envoyées par un lecteur (Philippe Bertrand).

Les citations sont de Marc Escayrol.

  • Mieux vaut habiter une maison en L qu’un château hanté (quoique, si le fantôme est sympa, ça peut  ne pas me faire peur, et je déteste les maisons en L)
  • Un homosexuel est un homme qui a souvent des états dame (les pauvres)
  • La femme d’un magnétiseur est forcément heureuse car elle a un mari aimant.
  • Une femme qui veut que son mari lui achète une robe dernier cri aura toujours le dernier mot.
  • Un a posteriori est un a priori favorable d’un homme envers une femme qui a un beau postérieur.
  • Un homme plein de vices finit un jour ou l’autre sous écrou
  • L’huile de foie de morue, c’est l’amer à boire.
  • La retraite est la hantise des parachutistes car ça leur fait un vide.
  • Le confort ménager corrompt, un homme droit est un homme qui n’a pas d’évier
  • Pourquoi dit-on que la boxe est le plus dur de tous les sports, alors qu’en fait c’est juste un coup à prendre ?
  • A la fin d’un repas dans un restaurant, un chanteur d’opéra ne dit pas “donnez-moi la note”, mais “donnez moi le la”.
  • Un homme politique est un individu, qui, même régulièrement réélu haut la main, doit savoir un jour ou l’autre lever le pied, quitte à se voir remplacé au pied levé par un vote à main levée.

La vie n’est qu’un long calvaire et vous allez souffrir (voir l’introduction)…

Posté le 24 janvier '13 par , dans Histoire de sorcière. 8 Commentaires.

Génération Goldman…

Pas besoin de reprises, si bonnes soient-elles, j’ai l’intégrale… Car j’ai été fan dès le départ…

Posté le 5 janvier '13 par , dans Histoire de sorcière. Pas de commentaire.

Tous mes voeux !

Bonne annéeJe vous souhaite à tous une bonne et heureuse année 2013.

Pour bien rire en décembre prochain, gardez tous les horoscopes que vous trouverez !

Relire tout ce qui était faux est toujours un grand moment !

Posté le 2 janvier '13 par , dans Histoire de sorcière. Pas de commentaire.

Mes Noëls de jadis…

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Cette année, je n’aborde pas Noël de manière trop joyeuse, même si j’accompagne mes parents pour qui c’est important, de plus en plus à mesure que le temps passe. Les filles ne seront pas là, mais chez leur père, et il me manquera quelque chose.

Je songe aux Noëls de mon enfance. Où sont-ils ? Que sont-ils devenus ? Maintenant je songe aussi aux Noël de l’enfance de mes filles et je me pose la même question, en me demandant où est passée la jeune femme que j’étais, car je ne l’ai plus rencontrée depuis longtemps en sachant qu’elle ne reviendra jamais…

Même si pour 2007, 2008 et 2009, cela a été d’excellents Noël, moins en 2010 où il y avait plein de problèmes, et ++ pour 2011 où mes deux filles étaient là, il me manque, depuis l’âge adulte de mes filles,  quelque chose qui ne reviendra jamais : mon enfance et mon innocence que j’avais prolongées dans les leurs.

Mon enfance, mon innocence, celles de mes filles également. Un monde disparu qui n’existe que dans nos mémoires.

J’étais petite ou ado, et Noël c’était toujours le même cérémonial. Mrs Morgan était remariée avec un homme boucher, et donc, le 25 décembre, ils travaillaient jusqu’à 13 heures (et le 24 aussi jusque fort tard, d’où ma haine du travail obligatoire pour certains quand c’est la fête pour les autres). La tradition fut prise d’aller chez les parents de Jean Poirotte qui avaient de plus un appartement assez grand pour loger tout le monde.

Cela a duré jusqu’en 1978, un an avant la mort du prisonnier, j’avais 20 ans. Il y a des photos de cette année là,  où il chante, heureux, sans savoir qu’il ne verrait pas le Noël suivant. Ou bien le sentait-il dans son corps et voulait-il l’oublier ? Nous ne le saurons jamais…

Maman faisait le sapin (un faux par écologie avant l’heure et surtout pour éviter les aiguilles par terre) vers le 20 décembre pour ne pas être en retard, vu que les guirlandes lumineuses éclairaient les magasins vers le 15 décembre seulement (là cette année, j’ai trouvé que les éclairages étaient apparus encore plus tardivement que les années précédentes). Le soir, à partir du “soir du sapin” elle nous mettait sur le “tourne disques”, des chants de noël et on se battait pour retourner le 33 tour.

Le 24 nous partions chez les parents de Jean Poirotte, frémissants d’impatience. Nous chantions des chants de noël dans la voiture, papa faisant la voix basse et maman la haute, c’était joli comme tout, sans doute les plus beaux moments du monde, mais nous ne le savions pas…

Mamie croyante (Mrs Tricot), s’arrangeait toujours pour terminer le sapin au moment de notre arrivée (le 24 décembre donc). La crèche était prête, sans le petit Jésus qui n’arriverait que dans le courant de la nuit (logique). Nous l’aidions à terminer le sapin dans lequel elle accrochait des bougies au risque de flanquer le feu à l’appartement et l’immeuble avec. Elle terminait ensuite de mettre la table pour toutes les personnes devant nous rejoindre le lendemain.

La tradition dans ma famille était le passage du père Noël pendant que les enfants dorment après s’être couchés sagement (hum), ayant déposé leurs chaussons au pied du sapin à défaut de cheminée. On entrouvrait la fenêtre du balcon pour que le père Noël puisse rentrer tout de même, cette absence de cheminée nous inquiétant, juste avant d’aller nous coucher.

On ne réveillonnait pas, le grand jour ayant lieu le lendemain. Chez ma meilleure amie c’était le contraire : réveillon et jour calme le lendemain. Mrs Tricot préparait un en-cas pour les affamés et allait à la messe de minuit (à minuit) en laissant les incroyants devant un ou deux bons films en noir et blanc et une tranche de pâté. Parfois elle allait à la messe plus tôt dans la soirée à contrecoeur, et les adultes allaient au cinéma, nous laissant sous la garde de l’aïeule ronchon mais si sympa, qui jouait avec nous aux petits chevaux ou nous racontait des histoire horrirrrifiante (faut suivre) avant de nous expédier au lit en nous promettant d’ouvrir la fenêtre du balcon.

Je l’accompagnais, très tôt ma grand mère, pour cette messe, lui laissant croire que j’entrerais un jour dans les ordres (sans le savoir). J’adorais en fait : me coucher tard, la crèche géante, voire même vivante avec de vraies personnes et un vrai bébé, l’ambiance de communion, l’odeur d’encens (et des crottes de vrais moutons éventuellement), et les chants de cette messe de minuit. “Minuit Chrétien” me donne toujours des frissons. Elle allait toujours dans une chapelle dans laquelle les bonnes soeurs étaient toutes espagnoles et infirmières et chantaient avec des voix impressionnantes et un accent horrrrriiiiible. Il faisait froid dans mes souvenirs. Il neigeait souvent. Je revenais avec elle, en lui tenant fort la main et elle me racontait le miracle du Christ alors que je pensais “miracle du père Noël”. Mais comme j’étais la seule qu’elle avait emmenée, je me sentais grande, et maintenant j’aimerais tellement me sentir encore petite…

Je me souviens très bien de la dernière fois où j’y croyais (tard, les grands ne caftaient pas dès le CP). Je me suis couchée en me promettant de ne pas dormir pour “le surprendre”. Il y a eu des bruits un peu partout, des déplacements de meubles. L’après midi j’étais allée avec maman faire des courses et elle avait dit à une vendeuse, dans un magasin de jouets, qu’elle voulait “ceux là” en désignant deux édredons à landaux de poupée.

Je me suis bien entendue endormie sur ma promesse de veiller toute la nuit et de le surprendre sans faire craquer le parquet. C’est fou ce que l’on se réveille tôt un 25 décembre quand le père Noël passe pendant notre sommeil. Nous arrivions mes frères et soeurs et moi, encore endormis à moitié (fait curieux, maintenant quand je dors à moitié et que je peux éviter de me lever, je ne me lève pas…).

J’ai vu ce matin là mon père terminer d’allumer les bougies, maman ayant refermé la porte du salon trop tard (bougies que Jean Poirotte surveillait avec angoisse, un extincteur à la main, et qu’il soufflait le plus tôt possible). J’ai eu un doute sur le miracle du père Noël illuminant le sapin. Fugitif, mais le doute était là.

Nous avons vérifié : le petit Jésus était bien dans la crèche et nous avions des clémentines dans nos chaussons (chose importante, une année, ma petite soeur hyper gâtée a sangloté parce qu’elle n’avait pas eu de clémentines dans ses chaussons, les halles étant en rupture de stock). Pendant ce temps là, ma grand mère qui recevait traditionnellement ses frères et soeur et leur grande marmaille ce jour là, laissait brûler, comme chaque année, les garnitures de bouchées à la reine dans le four. Mon grand père avisé, était déjà parti en acheter de rechange…. (Je me suis toujours demandé adulte, pourquoi il n’achetait pas dès le départ, le double pour s’éviter une sortie en pestant…)

Oui le père Noël était passé. Dans mon landau de poupée, tout ce qu’il fallait (dont la poupée), et un des édredons vus la veille. Regard sur maman qui m’a suppliée en réponse d’un regard, de ne rien dire. J’étais grande, j’avais le droit de savoir. Il était temps pour moi, elle l’avait décidé. Ce n’était qu’une mini trahison : sur ce coup là nous serions complices, mes frères et soeurs ne devant pas encore savoir.

J’avais compris avec une certaine déception. Le père Noël c’était eux tous. Car même les absents pour cause de vente de dindes de dernier moment, donnaient leurs cadeaux à l’avance car c’était le père Noël qu’il nous fallait remercier. J’ai compris en un éclair que les cloches c’était eux aussi (!) et que la petite souris n’était qu’une histoire sympa (vu qu’il me manquait 2 dents).

Qu’importe la déception du jour, elle fut vite oubliée lors du déjeuner traditionnel : huitres, saumon pour les enfants, foie gras que nous trouvions très bon comme pâté, bouchées à la reine succulentes, la dinde aux marrons (et certains pour s’en plaindre alors que ce n’était qu’une fois par an). Après le déjeuner, papa sortait sa guitare et toute la famille chantait. De vieilles chansons horribles (dont j’ai parlé un jour) et d’autres, toutes plus belles les unes que les autres. Nous étions assez nombreux pour faire des “canons” (j’adore), et l’on chantait jusque tard le soir, quand les gourmands de nouveau affamés se proposaient pour terminer les restes dans ce que l’on pourrait appeler un bordel organisé.

Le frère de ma grand mère ému par cette journée (il avait le vin ému), partait généralement en sanglots. La vue des coquilles d’huitres dans la poubelle sortie décuplait son chagrin et nous nous rigolions bien.

  • Ma grande-soeur SNIF, tout ça pour nous SNIF, c’était trop SNIF, car nous nous aimons hein ? OUINNNNNNNNN !!!

Il triturait dans la poubelle en pleurant, jusqu’au moment où il réalisait que c’était un de ses gendres qui prendrait le volant : quelle horreur ! Il était très bien SNIF, capable, SNIF, de conduire…

La magie de la nuit de Noël fut là longtemps. C’était une nuit pas comme les autres. On y respirait un air pur, de paix, différent. On entendait des chants d’espoir. On se réunissait le 25 décembre sans penser qu’un jour les rangs se creuseraient, qu’il manquerait plein de monde, que les traditions seraient méprisées par les plus jeunes (comme chanter à Noël : les filles détestent, ainsi que ma soeur qui aimait tellement cela petite).

On disait que les guerres s’arrêtaient et les plus anciens évoquaient leurs pires souvenirs de Noëls d’horreur mais d’espoir. Tout le monde s’aimait. C’était magique, cela ne s’expliquait pas en fait, c’était “dans l’air”. Il nous semblait que le monde s’arrêtait pour un temps…

Nous étions heureux. Tout le monde était là, la grande journée avait eu lieu, le père Noël était passé, nous avions chanté. Lorsque l’on est enfant, normalement on est heureux pour Noël. Seulement on ne sait pas à quel point. C’est plus tard que nous comprenons, car le bonheur c’est toujours le passé.

Le 25 décembre en rentrant tard à la maison, papa faisait un détour volontaire pour nous faire voir les illuminations de Versailles. Mais les guirlandes lumineuses n’avaient pas le même aspect pour moi, comme si quelque chose en avait soufflé l’éclat. C’était fini, la magie était terminée.

Ne restait qu’à changer d’année, chez les mêmes personnes, et pour nous les enfants qui avions eu tous nos cadeaux à Noël, c’était vraiment dur de voir ces adultes se complimenter pour un tire bouchon offert, ou une 33ème écharpe en soie un premier janvier, alors qu’il nous manquait tant de jouets…

La vie n’était déjà qu’un long calvaire…

Y penser, c’est encore pire… Je ne compte même pas les années d’après, car ce sera le pire du pire…

Posté le 17 décembre '12 par , dans Histoire de sorcière. 14 Commentaires.

11 novembre 2012 – Le voyage d'un père…

11 novembre 2012Je vous ai présenté le Bleuet* l’année dernière (ICI) et son étrange rencontre de ce qui a du être un ange, dans les tranchées de la grande guerre. D’un post à l’autre en renvois, finalement vous savez tout…

Le premier mort de la famille (un cousin germain du bleuet) qui comprenait hélas pour eux, beaucoup d’hommes en âge de se battre, et peu de filles,  fut celui que mon arrière-grand-mère et sa soeur (Tante Hortense), appelaient “le cousin Mac”.

Le 26 août 1914, le mortuaire arriva, à une époque où les municipalités faisaient “quelque chose” en hommage au mort, tué, celui-là, au 23ème jour de la guerre. Après il y en eut de trop, on renonça, c’était déjà bien assez pénible comme cela d’avoir à se déplacer encore une fois, une fois de trop, pour annoncer une mauvaise nouvelle à une famille désormais endeuillée ou à nouveau endeuillée. (Le maire de la commune eut tout de même l’obligation d’apprendre à une femme la mort de son mari et de ses cinq fils…)

Mais la cérémonie ne consola bien évidemment pas les parents, Léon étant leur seul fils, qu’ils avaient eu sur le tard, à la quarantaine, désespérant depuis leur mariage 15 ans avant la naissance miraculeuse, d’avoir la famille de leurs rêves.

Sa femme s’étouffait de douleur nuits et jours, refusait de recevoir qui que ce soit venant la consoler, maigrissait à vue d’oeil, alors “l’oncle Mac”  prit une grande décision, à 63 ans.

Il irait chercher le corps de son fils, là-haut dans le nord. Il le ramènerait, il le mettrait dans le caveau de famille à 800 mètres de la grande maison. Il y aurait enfin un endroit où sa femme pourrait aller épancher sa douleur, un endroit où se recueillir… Il ferait SA guerre à lui, puisqu’il avait été trop vieux pour prendre la place de son fils.

L’odyssée de cet homme nous est quasi impossible à comprendre. Tante Hortense et mon arrière Grand-mère savaient, il leur avait tout dit, mais nous, nous ne savons plus.

Il a pris le plus d’argent possible, si possible en pièces d’or (c’était une famille très aisée). Il a emprunté deux ou trois tenues de garde chasse, de paysans, d’homme ordinaire, et il est parti en train, vers le nord.

Puis il a payé grassement un paysan (inapte à la guerre donc quelque peu handicapé) pour l’accompagner avec sa charrette jusqu’au lieu fatal où était enterré son fils.

Il avait tous les papiers possibles et imaginables pour passer en zone “interdite”. Jamais il n’a vendu le faussaire de la commune, qui les lui avait délivrés…

Ce n’était pas encore trop le désordre DEBUT OCTOBRE, et même si certains ont été surpris de voir cet homme digne mais ferme arriver, ils surent écouter ses doléances.

Léon était enterré à un endroit précis qui lui fut montré, mais le père voulait être sûr. Il ne voulait pas que rapport à une erreur de mémoire ou de plaque d’identité inversée, il puisse ramener le corps de quelqu’un d’autre…

Il a donc fallu déterrer le corps, et à la demande du père qui l’a fait lui-même, ouvrir le cercueil sommaire qui le contenait. Par la suite, les cercueils ne furent plus nécessaires, le linceul non plus, on enterra les corps comme on le pouvait… (en mélangeant parfois les morceaux, excusez-moi les jeunes, pour cette horrible précision !)

Je n’ose même pas imaginer ce que scruta le père, de ce qu’il restait d’un fils mort un 23 août, en ce début octobre. Je ne peux même pas imaginer quels furent les sentiments qui l’animèrent à ce moment là. Nous savons seulement qu’il reconnu la médaille de baptême que son enfant portait toujours et “un problème au niveau d’une canine de la mâchoire supérieure”. C’était bon, c’était bien son fils, et il voulait l’embarquer.

“Impossible lui rétorqua le chef du secteur”. Vous ne passerez jamais avec un cercueil dans cet état et CE qu’il y a dedans”.

Le père commanda donc un cercueil au village le plus proche. Le cercueil dans le bois le plus dur, le plus imperméable, fermant le mieux possible, le cercueil le plus beau,  et 10 jours après, le corps de Léon quitta sa première boîte pour rejoindre la seconde et dernière. Plomber le cercueil était impensable : le plomb était bien trop précieux…

Le commandant du secteur sans trop d’hésitations (c’était les tous débuts, et pour eux, la guerre devait durer au maximum un an), délivra un certificat comme quoi l’oncle Mac emportait bien le corps de son fils Léon Mac, mort le 23 août 1914, enterré sur place à X (top secret) et déterré sur la demande de son père, avec l’accord de l’administration et des armées, pour être inhumé chez lui.

Le père anesthésié moralement désormais, récupéra la médaille. Il avoua être resté 3 jours sans manger pour finir par vomir intact, le repas pris 72 heures auparavant, juste avant le transfert du corps d’un cercueil à un autre et la récupération de la médaille.

Puis il paya grassement l’homme qui avec sa charrette, lui, le cercueil de son fils et son fils, allait le ramener chez lui, dans ce qui était encore la Seine et Oise et devait devenir un jour “les Yvelines”.

Ils purent parfois prendre un train avec leur charrette, firent ce qu’ils purent pour éviter la réquisition des deux bidets la traînant, et un beau jour, un 11 novembre 1914, Léon put être enterré de manière légale et reconnue, “chez lui”, dans “son” village où il eut droit à une deuxième cérémonie officielle, ce qui lui fit une belle jambe, et Tante Hortense put venir pleurer sur sa tombe (nous le savions bien que c’était lui, l’homme X de sa vie).

L’homme qui avait aidé l’oncle Mac resta sur la propriété jusqu’à la fin de ses jours, logé, nourri, salarié, aimé. Avec lui, chargé du chenil “pour la gloire”, l’oncle allait parler tous les jours, l’oeil terne et morne, regardant ailleurs, et revoyant ce que nous ne devrions pas voir, sentant ce qu’il avait senti quand le temps se réchauffait et que des émanations trop nettes lui rappelaient ce qu’il se passait derrière lui, dans le cercueil, dans la charrette.

La mère de Léon récupéra la médaille de son fils en pleurant, mais de pleurs apaisés. Désormais, elle avait une tombe sur laquelle aller se recueillir, et pouvait sans déshonorer la famille, recevoir ouvertement celle qui aurait pu devenir sa bru.

L’oncle Mac ne fut plus jamais le même.

Il y avait pour lui :

  • Avant le voyage
  • Le voyage, la peur et l’espoir tout de même, au ventre
  • La reconnaissance du corps
  • L’extraction de la médaille de baptême du corps
  • Le voyage de retour, avec donc, quand le temps se mettait au doux, des relents lui rappelant ce qu’il advenait de ce qu’il restait de son fils, juste derrière lui…
  • Donc il y avait un avant et un après. D’ailleurs lui, n’allait jamais sur la tombe de son fils. Pour lui, la vraie était restée là-haut, dans le nord, dans un coin dont il avait oublié le nom…
  • Et il y avait finalement pour lui, l’amour sans fin qu’il avait pour sa femme, car c’est pour elle surtout, qu’il avait entrepris ce triste voyage. Elle ne s’en est jamais rendue compte vraiment… Mais il ne lui en a jamais voulu, parce que c’est cela l’amour.

Le cousin Mac repose au cimetière familial dans le village de mes parents. Les siens l’y ont rejoint, tante Hortense aussi, et quasi tout le reste de cette génération qui a été maudite pour on ne sait quelle raison.

Si son père ne s’était pas dérangé, peut-être serait-il au milieu d’autres, si bien représentés sur cette photo où la terre de France se souvient… Ou peut-être serait-il disparu à jamais, tant de corps n’ayant jamais été vraiment retrouvés après de multiples bombardements…

Car la vie n’est qu’un long, long, long, calvaire… Surtout quand on évoque cette période là…

1.300.000 hommes, rien que pour la France, sacrifiés pour que l’on remette cela 20 ans plus tard…

PS : cette histoire est 100 % authentique. Trop de papiers ont disparu pour que je puisse vous donner les lieux exacts, mais ce voyage, ce père l’a fait.

PPS : un jour férié qui tombe un dimanche, vraiment ces hommes là sont morts pour RIEN !

Photo : Merci MARCUS !

Posté le 11 novembre '12 par , dans Coup de blues, Histoire de sorcière. Pas de commentaire.