Les abominafreuses consternavrantes découvertes d’enfants…

On n’en finit pas de découvrir, de comprendre enfin, de souffrir, et d’être traumatisés quand on est enfant.

En ce qui me concerne, ma première rhorreur fut Jeanne d’Arc, brûlée vive sur la place du marché à Rouen. Par Cochon en plus, pas idée de s’appeler comme ça !

Innocente et tout, et tout était fait pour qu’on le reste, je pensais que ce « traitement spécial » lui avait été réservé. Par des gens qui faisaient bouillir le gigot en plus. L’horrorrification la plus suprême.

Il m’a fallu du temps avant de comprendre et d’apprendre que les bûchers c’était quasi la fête du dimanche jusqu’à ce que Colbert les interdise, sans abolir la loi, toujours en vigueur en théorie, en France, fille aînée de l’église. J’ai découvert, horrifiée, que l’on avait brûlés vifs, des millions d’hommes, de femmes et même des enfants, au nom de la foi et du Christ.

Et qu’en plus ce n’était pas les anglais qui avaient brûlé Jeanne d’Arc. Les armagnacs et les bourguignons, ça vous dit autre chose qu’un truc à boire contre le rhume et un truc à manger le dimanche ?

J’ai découvert qu’au plus fort de la chasse aux sorcières, en Allemagne (ils s’exerçaient pour le 20ème siècle) il y a des villes dans lesquelles devant l’affluence de sorcières (en majorité), de sorciers, et d’enfants louches, on décida de construire des crématoires pour tous les avoir d’un coup, le même jour, privant la foule d’un pestacle agréable… Mais déjà il fallait économiser le bois. Comme quoi la chasse au gaspi ne date pas de la crise de 1974…

Découvrir que la sainteté de Jeanne n’était pas due qu’au fait qu’elle ait terminé sur le bucher m’a grandement traumatisée. Que l’on ait pu brûler des enfants AUSSI (avoir les yeux vairons ou être trop en avance, cela suffisait pour être déclaré comme possédé du démon) m’a horrirrifiée pour jusqu’à la fin de mes jours, et dégoutée de la religion.

Dans la même suite, en histoire au collège, j’ai découvert les camps de la mort, ses squelettes vivants, ses « musulmans », et là encore ses crématoires. C’est quoi cette obsession de l’homme du « brulé vif ». C’est un fantasme ? Je ne veux pas bloquer ceux qui veulent se purifier, mais surtout, qu’ils n’en fassent pas profiter les autres. TOUS les autres…

Et puis il faut bien comprendre un jour ce qu’était vraiment un chevalier, un roi plein d’honneur (et de vérole), un siècle ravagé par la peste, un siècle de lumière terrassé par les morts à la guerre, un empereur obsédé par la conquête et le sacrifice de sa population mâle.

J’ai donné des cours d’histoire à mes neveux et nièces encore en âge d’innocence il y a maintenant un morceau de temps . Ils ne me remercieront pas un jour : dès les pharaons, c’est l’horreur, on arrive à la fondation de Rome : Romulus a tué Remus, et après :

QUE DE LA JOIE ET DU BONHEUR !

La vie n’est qu’un long calvaire…

Le vieillissement parfois c’est énervant…

Vous me connaissez, je suis d’une nature relax mais faut pas pousser, et je m’insurge facilement.

Généralement je ne critique pas mère nature qui est super bien faite, sauf en ce qui concerne le vieillissement.

Nous les femmes pensons immédiatement « rides », et dès notre plus jeune âge, nous essayons de lutter contre l’apparition de ces dernières.

Mais le vieillissement touche tout le corps : les yeux, les articulations, la fonction hormonale (de manière moins marquée pour les hommes), le squelette, je ne veux pas vous démoraliser non plus, donc j’arrête là la liste.

Un des effets pervers du vieillissement se produit au niveau de, au niveau de, vous allez rire : au niveau des sourcils.

Farpaitement. Cet harmonieux rassemblement de poils destiné à protéger l’oeil en cas de transpiration dégoulinante excessive, est lui aussi touché par le vieillissement.

Pendant que les tifs se barrent, les sourcils se révoltent.

Les femmes sont généralement assez à cheval sur le problème des sourcils, dès la pré-adolescence. Trop fournis, pas assez fournis, ligne à rectifier, etc… La pince à épiler n’est pas un ustensile accessoire, c’est l’ustensile obligatoire.

A partir d’un certain âge, variable chez tout le monde, les sourcils ont tendance à se raréfier à certains endroits alors que paradoxalement certains se transforment en crin, poussant plus long que les autres en ondulant de préférence et en ne respectant pas la couleur d’origine. Chez les blonds par exemples, le crin qui ondule est très souvent noir, ce qui n’aide pas à son camouflage.

Chez les femmes toujours, cela ne se voit pas trop. Car pince à la main, nous repérons le crin et l’arrachons sans sourciller (ha ha !!!). En plus, nous maîtrisons tout de même la couleur du tout…

Chez les hommes par contre, c’est tout à fait différent. Si certains commencent à ne pas s’offusquer à l’idée de s’occuper un peu d’eux, d’autres restent résolument adeptes du savon et de l’eau, du déodorant tout de même, de l’after shave, et point barre.

Les poils qui pullulent soudain un peu partout : oreilles, nez, + sourcils ondulant de la toiture, ils s’en foutent complètement. Déjà qu’ils ont eu le désagrément de voir que leurs poils sur la poitrines poussaient désormais également dans le dos, déjà que certains ont perdu pas mal de leurs cheveux, ils ne vont pas en plus se torturer.

Car si munie d’une pince à épiler vous arrivez à arracher LE sourcil qui frise et qui fait que vous ne voyez plus que lui,  vous entendrez un cri de putois car ça fait mal (il supporte par contre très bien votre douleur à vous quand vous vous épilez l’intégralité des jambes…).

Alertée par mon père chez qui cela restait discret (ses sourcils étaient blancs et je l’ai soupçonné de les ordonner tout de même), chez mon frère c’était flagrant, et toute la gent féminine se gâchait son repas à la vue des sourcils ondulants. Il ne savait pas à quoi il échappait , nous étions toutes capables de l’agresser sadiquement à coup de pince à épiler.

Du coup, je suis très sensible à cette imperfection certes naturelle, mais pas très jolie.

Et à chaque fois que je croise un mâle porteur de crins noirs qui ondulent, ça m’énerve…

On n’a pas des vies faciles et de toutes manières :

La vie n’est qu’un long calvaire…

Progrès mon ami… (1)

Je sais qu’il est de bon ton de dire qu’avant c’était mieux. Mais j’ai souvent une pensée pour deux choses au moins, qui ont marqué ma vie et ma vision de celle-ci.

En premier lieu : la médecine.

  • On peut lui taper dessus autant que l’on voudra, mais je reste ferme depuis qu’un jour nous avons fait le compte de ceux qui seraient ou ne seraient pas là, sans la médecine moderne.
  • En fait nous comptions plutôt ceux qui ne seraient pas là.
  • Mon grand-père maternel, sauvé par les antibiotiques d’une tuberculose ravageuse en 1956.
  • Moi-même, sauvée d’extrême justesse d’une circulaire du cordon, d’un étouffement grave à la naissance, devant, de justesse, ma vie, à une intervention musclée de piqûre et tente à oxygène. Sinon : exit Pulchérie et Delphine.
  • Pour le cas où j’aurais survécu, je serais morte en mettant au monde Pulchérie (mourir en couches : quelle horreur !) : HTA grave et gravidique déclenchant les horribles éclampsies du « passé » (parce que dans d’autres pays elles existent toujours).
  • L’enfant aurait peut-être été sauvée.
  • Mais sa soeur n’aurait jamais vu le jour.
  • Si j’avais survécu à la première et eu la deuxième, les deux soeurs boiteraient bas, rapport à une double luxation de la hanche, soignable aisément en langeant en abduction, alors que pendant des siècles on a langé en adduction, le plus serré possible.
  • Ma soeur cadette, celle qui n’est pas comme tout le monde n’aurait pas survécu à une pneumonie grave.
  • Mon père, rescapé en 1983 d’un infarctus grave, tellement grave que pendant 3 semaines le cardiologue n’a voulu faire aucun diagnostic serait parti depuis longtemps.
  • Rescapé également de deux crises de TV, dont une après pontage.
  • Les enfants de mon frère n’auraient pas vu le jour : leur mère s’étant pété le coccyx  en tombant de cheval, ce qui était assez fréquent à une époque. Du coup il ne pouvait plus se relever pour l’accouchement (le coccyx) : césariennes. Après la première, peut-être sauvée d’extrême justesse après un césarienne justement, les autres ne seraient pas nés…

Au 19ème siècle, je n’aurais pas survécu, ni tout un tas de personnes. Il y en aurait d’autre peut-être, à notre place, mais comme ils n’existent pas, on ne porte pas leur deuil…

Alors on peut cracher, comme moi parfois, sur les antibio salvateurs qui niquent les reins en sauvant une jambe, les traitements trop lourds qui en fin de compte sauvent en blessant ailleurs, et tout le reste, mais le constat est là, sans appel :

  • Je suis là
  • Mes filles aussi, et qui marchent bien
  • Mes neveux et nièces également (et qui marchent bien également, n’ayant pas échappé à la malédiction héréditaire des hanches qui se doivent de faire boiter)
  • Mon père a survécu jusqu’à ses 77 ans
  • Mon grand-père maternel est allé jusqu’à 90 ans.
  • Le prisonnier a survécu à 5 ans de captivité alors qu’il était au bout du rouleau.
  • ETC…

Après la médecine que j’ai globalement résumée, il y a une suite…

Qui fait que la vie n’est pas toujours un long calvaire…

Ils m’énervent…

Je m’énerve facilement, je le sais parfaitement.

Outre l’orthographe qui perd du terrain régulièrement, le langage texto des plus jeunes étant carrément illisibles, on peut remarquer, sans chercher spécialement la petite bête, de nombreux dérapages, tant dans la presse, qu’à l’oral de nos présentateurs ou commentateurs TV…

J’avais fait un bond de ma chaise il y a quelques mois, en lisant dans le Parisien « le pape a demander pardon », et régulièrement dans le Canard, on peut se demander, au travers de la presse déchainée, ce que sont devenus les correcteurs d’autrefois.

Maintenant nous avons régulièrement droit à du grand n’importe quoi :

  • La petite fille de 5 mois. D’accord, elle est du sexe féminin, mais c’est un bébé !
  • L’adolescent de 8 ans. Non monsieur, à 8 ans, on n’est pas encore adolescent, on est un petit garçon.
  • Paradoxe, sur la même chaine, l’adolescent de 20 ans qui ne se rendait pas compte que c’était mal de caillasser les flics. Jeune homme aurait été plus approprié, puisque l’homme (souvent suspect) c’est pour un peu  plus tard.
  • L’adolescente de 13 ans, devient tout à coup la jeune fille. Bon…
  • Le vieil homme de 52 ans flanque un coup au moral de tous les quinquagénaires. Les quadras eux, vont se regarder dans une glace pour s’acheter une crème antirides bien chère !
  • Etc…

Tombant tout à fait par hasard sur une sombre daube sur TF1 au coeur de la nuit (ils font bien de diffuser cela le plus tard possible), j’ai pris des notes, car cette émission a droit à un post exclusif.

Là, c’était la totale.

  • Une sombre abrutie, que si ce n’est pas une actrice jouant un rôle à la demande de la production, est bien à plaindre, souffrait d’un narcissisme plus qu’accentué : c’est moi la plus belle et gnagnagna. 17 ans. A 17 ans, la jeune femme pourrit la vie de toute sa famille, et gnagnagna.
  • La séquence d’après, c’est un jeune couple qui ne s’entend pas. La maman d’un bébé de 7 mois (pardon, un petit garçon), a été tout au long du reportage (bidon j’espère) la jeune fille décontenancée par l’attitude de son compagnon, à qui le terme d’adolescent attardé, aurait parfaitement convenu.
    Mesdames et messieurs les journalistes, une personne de sexe féminin, quel que soit son âge, mariée ou non, qui a un enfant, s’appelle toujours madame. Comme les altesses royales d’ailleurs…
    Au passage, un divorce ne ramène jamais une madame à mademoiselle, c’est comme ça, même si vous trouvez cela idiot.
  • De même, une actrice, même à 80 ans, s’appelle toujours mademoiselle. Je l’ai appris en travaillant dans le monde du spectacle et en rédigeant des contrats.

La palme pour moi a été :

  • Le « emmenotte » comme si menotté n’existait pas…
  • Et les voitures qui « s’approprionnent » le trottoir alors que s’approprient existe également
  • Et est-ce moi qui m’offusque à tort du vent qui souffle à 30 km PAR heure et non plus 30 km heure ?
  • De toutes manières la vie n’est qu’un long calvaire…
  • La conne malpolie…

    A une époque pour cause de divorce, Albert et moi avions mis la maison commune en vente. Comme c’était moi qui l’occupais, je me suis farcie un certain nombre de visiteurs plus ou moins agréables, plus ou moins polis. Mais après tout, ce que nous voulions c’était vendre n’est-ce pas (bien sûr).

    Le pompon de l’impolitesse revient tout de même à l’acheteuse que je m’en vas vous décrire brièvement, enfin comme je peux…

    Je connaissais cette femme de vue. Elle garait son break sur le parking de l’école, en descendait avec un paquet de pains au chocolat ou aux raisins, et snobait toutes les mères présentes pour attendre ses 5 enfants, un petit sourire narquois et méprisant sur les lèvres.

    A l’époque Rambouillet était encore ville de garnison et il y avait donc pas mal de familles d’officiers en tous genres. Cela allait du « le sabre et le goupillon par tradition », à la jeune femme décontractée qui faisait ses cartons tous les 3 ans en 2 jours pour cause de déménagement, en attendant vivement la retraite de son mari, en passant par la jeune de 24 ans en cloque du 6ème « parce que Dieu l’a voulu », et j’en passe.

    Bref, j’avais mis un panneau « a vendre » peint par papa et moi, devant l’incapacité des agences immobilières à nous dégoter un acheteur. J’avais déjà émigré chez mes parents pour cause de coupure de courant et j’ai donc été contactée un beau jour par un monsieur fort sympathique au demeurant, qui me déclarait que sa femme et lui étaient fort intéressés, et pourrions nous visiter ? Mais bien sûr !

    Le soir, j’arrive devant ma toujours maison, et je reconnais la connasse de la sortie de l’école, unique en son genre (les pires dans leur genre mettaient leurs enfants à l’institution Sainte Thérèse). Elle me reconnait également et pique un fard.

    Monsieur et madame à triple particules Du Petit Du pont De la Granval, sont emballés par la maison. C’est à la deuxième visite que j’ai compris que quand elle disait « vous », elle ne parlait pas de son mari et des enfants, mais que le couple se vouvoyait.

    « Bertrand, cette chambre serait parfaite pour votre maman ».

    Ah oui, ils se vouvoient. Je me demande avec mon mauvais esprit comment cela se passe pendant une nuit de folie (Marielle, vous me faites bander !) et je me marre doucement…

    L’affaire se conclue, la promesse de vente est signée, et voici madame la colonelle qui m’appelle à tout bout de champ, polie tout juste, limite hautaine, jusqu’au jour où papa la rembarre : je ne suis pas à sa disposition, il est possible que l’on se rencontre un samedi après midi pour voir tout ce qu’il y a à voir et point barre. On ne dérange pas les gens à 22 H pour savoir si les massifs au pied du cerisier sont bien des hortensias… Madame la colonelle semble outrée par le ton de croquant de papa, mais il est du genre à s’en foutre complètement… (à Versailles dans des institutions privées religieuses, il a donné…)

    RV pris donc, chez Monsieur et madame Le Colonel un samedi après midi. Je suis reçue par le colonel fort charmant comme toujours, et son beau père. Il a une liste de questions à me poser, et me voici en train de répondre gentiment, quant tout à coup, de la pièce à côté vient une voix trop connue :

    • « Bertraaaaand, n’oubliez pas de demander à Madaaaaame Dabra la câpâcité du bâllon d’eau chauuude du rez de chaussééééée ».

    Le colonel rougit, son beau père aussi. Cette connasse est là, dans sa cuisine, apparemment avec sa mère (il me semble en tendant l’oreille subitement, qu’il y a une conversation féminine dans la dite cuisine). Je ne suis pas assez bien pour elle, elle m’évite…

    J’en rajoute une couche :

    • « Ah, Madame est donc là ? N’oubliez surtout pas de la saluer de ma part ».

    Comme j’y étais allée avec Mrs Bibelot, elle n’a pas manqué de dire bien fort, alors que la porte était à peine refermée sur notre départ, et sachant donc qu’elle était entendue :

    • « Que veux-tu ma pauvre petite, il y a des personnes qui n’ont aucune éducation ».

    Le plus bidonnant à été la signature définitive, où là, mon notaire, était bien obligé de tout déballer. Il reste fort courtois sur l’âge des dames et précise « madame Abraca, née Dabra, UN neuf mai ». Sans préciser l’année. Je trouve cela désuet, c’est quoi ce vieux truc de la femme qui n’avoue pas son âge ? Mais bref…

    Sauf que pour madame Du Petit Du pont De la Granval, elle était bien née un 3 avril, mais sans aucune particule car juste « Dupont ». Là encore elle a piqué un fard. Elle n’avait pas dû penser que mon regard à moi serait tout à coup ironique, et le coup du regard assassin, je sais très bien faire…

    Car vous imaginez bien, que pour le reste du temps qu’il me restait à fréquenter la sortie des classes, pour la première fois de ma vie je me suis montrée assez peste dans mes propos. D’ailleurs, elle a attendu ses enfants dans la voiture jusqu’aux grandes vacances, les regards ironiques ne l’épargnant malgré tout pas…

    Ce qui m’a le plus choqué c’est le coup de ne pas venir saluer la personne qui vient vous voir, tout en laissant bien entendre que l’on est présent en parlant bien fort…

    Et là ON vient de me refaire le même coup. J’ai de nouveaux voisins qui me font régulièrement regretter les anciens…

    Rentrant un soir, je vois sur la pelouse une peluche de la petite fille si mignonne du couple, et je vais la ramasser pour aller la rendre à sa propriétaire.

    Je sonne donc chez mes voisins !

    • Maman, on a frappé, tu peux aller ouvrir ?
    • La porte s’ouvre.
    • Je dis bonjour à la dame qui m’ouvre et dont je sais que c’est la mère de ma voisine.
    • Elle ne me répond pas, genre prête à dire « on a déjà donné » (alors que tout est barricadé)
    • Je tends la peluche en précisant que la petite avait dû la faire tomber du balcon
    • Ah, merci
    • C’est qui maman ?
    • Ta voisine ! qui ramène la peluche de Marion !

    Rien d’autre, pas d’explication genre « désolée ma fille est malade elle ne peut pas se lever » ou autre.

    • Ah maman, tu peux demander à Madame Dabra si en cas de besoin elle pourrait venir me garder Marion 1/2 H ou 3/4 d’heure (elle est à moins de 2 mètres vu la tonalité de sa voix qui n’a rien de celle d’une agonisante).

    Je n’ai pas attendu que l’on me retransmette avec grossièreté la question, j’ai dis « au revoir », et refermé la porte moi-même.

    JAMAIS, moi qui répond à un représentant dans l’interphone que « maman n’est pas là », je n’aurais osé laisser mes filles discuter avec un voisin, sans une bonne excuse (maman est dans son bain, couchée, agonisante, sous la douche) pour le cas où je ne pouvais pas me déplacer pour répondre moi même.

    Il y a des limites à l’impolitesse.

    Z’auront qu’à confier leur môme pourtant si mignonne au vieux con d’en dessous.

    Car les connes malpolies, j’ai assez donné…  Et qu’il y a des limites dont les bornes marquent la fin…

    Car la vie n’est qu’un long calvaire…

    Arrêtez d’être TROP poli…

    Loin de moi l’idée d’encourager le manque de courtoisie ou de politesse, mais il y a des moments où il faut cesser d’être trop poli.

    Trop courtois.

    Trop tout, quoi, limite, on se sent con, mais il y a comme des réflexes conditionnés dont on n’arrive pas à se défaire, surtout dans les conversations courantes.

    Genre :

    • Vous n’avez pas vu le facteur ?
    • Non, je suis désolé, je n’ai pas vu le facteur.

    Pourquoi êtes vous désolé ? Vous n’en savez rien vous-même et l’autre s’en fout de savoir pourquoi vous êtes désolé, ce qu’il veut savoir c’est si potentiellement il peut choper le facteur pour lui péter la gueule.

    Donc arrêtez d’être désolé. Pourtant on en use et on en abuse du « je suis désolé ». On est même désolé de déranger la poste pour venir chercher un recommandé, faut pas exagérer !. Et puis au passage, arrêtez de dire :

    • Bonjour comment vas-tu ? à la pétasse qui couche avec le chef, alors que vous lui souhaitez la vérole, ou tout autre maladie non contagieuse de manière très directe. Car logiquement, à la réponse « comment vas-tu ? » vous souhaitez entendre en réponse « mal ». Un « bonjour » suffira. Personne n’en est encore à dire « bonjour, comment vas-tu, mal j’espère… »
    • Si vous vous êtes laissé aller et qu’elle répond « mal », osez prendre l’air réjoui en lui demandant « le médecin te laisse combien de temps avant l’agonie ? ». Tout ceci sous le prétexte fallacieux de venir l’assister lors de cette agonie, alors que cette soudaine amabilité de votre part dissimule l’envie de l’achever pour qu’on en termine au plus vite.
    • Ca va et vous : au voisin désagréable qui vous salue pour une fois poliment. Ca va suffit amplement, comment il va lui, vous vous en battez les deux tibias.

    Vous avez saisi l’essentiel… car la vie n’est qu’un long calvaire !

    Marie Laure…

    J’ai remarqué que dans la vie, nous rencontrons tous un jour ou l’autre une situation extraordinaire, digne d’un film alors que tout le monde dirait que le scénariste avait du voir la vierge avant d’écrire l’histoire et fumé l’intégralité de la moquette. Ou bien qu’il avait fumé l’intégralité de la moquette avant de voir la vierge.

    Marie Laure travaillait dans une petite société depuis 10 ans. Elle s’était arrêtée 3 ans après avoir mis au monde des triplées conçues de manière normale, un cauchemar, puisque nés 14 mois après l’ainée….Et puis son chef n’avait pas supporté les triplés et les 3 ans d’absence, et surtout son retour qui éjectait la remplaçante avec laquelle il entretenait des relations torrides et plus que louches…

    Vers 1985, ça se faisait déjà de pousser quelqu’un à la démission. On en parlait moins par contre. Marie Laure commença à vivre un histoire abominable au travail. Impossible de démissionner : c’était une chançeuse et son mari l’avait quittée sans le vouloir en lui laissant sur les bras une petite fille de 18 mois, des triplés de 4 mois et une petite assurance vie qu’elle avait forcément épuisée, pendant le congés qu’elle était obligée de prendre. Nourrice pour 3 = salaire.

    Marie Laure donnait beaucoup : du sourire, de la bonne humeur, des conseils demandés. Marie Laure avait un don très sûr et quand elle disait « j’ai un pressentiment, une intuition », nous prenions des notes pour vérifier après. Nous avions donc sympathisé fortement, moi la sorcière un peu voyante et elle tout simplement voyante.

    Son Truchon à elle, finit par la virer malproprement. Elle était en pleine procédure prud’hommale, dans une mouïse pas possible avec ses quatre gosses, quand elle a reçu un appel : elle était compatible avec un leucémique en attente de greffe urgente.

    Ca, elle se doutait que cela arriverait un jour. Alors qu’elle donnait tout bêtement son sang, elle avait été contactée par le centre de transfusion. Groupe, rhésus, sous-groupes : elle avait tout pour être compatible faute de mieux avec beaucoup de personnes. On lui avait donné une chance sur 10 000, ce qui est énorme, après avoir pratiqué des examens complémentaires.

    Elle se rend à l’hôpital, avec quelque part au fond d’elle même un curieux sentiment. Le don est anonyme. Donneurs et receveurs ne sauront pas qui… C’est certainement souvent dommage. A son sens c’était à revoir… Voir le visage de qui vous a sauvé la vie, voir celui que vous avez contribué à sauver, dans le cas des dons faits de notre vivant, cela devrait être autorisé.

    RV pris en urgence, on procède aux prélèvements obligatoires pour vérifications. Appel dans le cabinet du médecin avec qui elle discute. A ses réponses, à son air gêné, à la manière dont il parle, elle comprend tout à coup que le malade qu’elle peut sauver est en ces murs. Dans cet hôpital même, cas de figure très rare.

    Elle pose la question, mais évidemment le médecin ne répond pas. Elle doit revenir le surlendemain. Si les résultats sont positifs, on effectuera le prélèvement de moëlle le plus vite possible. Qu’elle vienne avec son sac.

    Elle confie les triplées à sa soeur, la « grande » à sa mère, et se pointe avec sa valise, avec toujours cette curieuse sensation. C’est bon, elle est compatible avec un petit garçon de 8 ans. Le prélèvement sera fait à 16 heures, car le don pourra être fait immédiatement. Ce petit garçon de 8 ans, est donc bien là, dans cet hôpital.

    Elle se mettra en pyjama le plus tard possible Marie Laure. Elle pose son sac dans sa chambre et part en pédiatrie enquêter. Avec toujours une curieuse sensation. Il y a la chambre 14 dans laquelle elle rentre en ayant frappé. Un petit garçon d’environ 8 ans, et sa maman. Un petit garçon tout pâle qui n’a pas l’air bien du tout. Elle s’excuse, comme les deux fois où elle s’est arrêtée : elle cherche un petit garçon en attente de greffe de moelle.

    « Oui c’est lui » dit la maman « heureusement, il y a un donneur ici même. Il recevra le don tout à l’heure ».

    Bien sûr qu’elle regarde le petit garçon. Elle a envie de lui dire, de leur dire « c’est moi »… Fugitivement, elle regarde le nom sur la fiche accrochée au bout du lit et se crispe : c’est le nom de Truchon. Un nom de famille rare.

    La porte s’ouvre derrière elle, et comme dans un cauchemar elle voit Truchon rentrer. Non pas l’homme abominable qui la harcelait et voulait sa peau, un père abattu, ruiné. Mais elle ne revit que des mois et des mois de souffrances. Souffrances d’autant plus fortes qu’elle avait perdu son soutien, son épaule. Désormais on l’appelle « Veuve Y »

    Truchon se fige

    • Qu’est-ce que vous faites ici ?

    • Je suis venue donner ma moëlle à un petit garçon de 8 ans

    • …maintenant que vous savez que c’est de mon fils qu’il s’agit, vous pouvez partir…

    • la mère se lève …

    • non je ne partirai pas. Si cela avait été vous, oui, je suis certaine que je serais partie, mais votre petit garçon ne m’a rien fait, et sa mère non plus. Je sais maintenant que je serai votre pire cauchemar : celle à qui vous avez fait tellement de mal et qui a sauvé votre fils. Je sais que vous ne pourrez jamais le regarder sans penser à moi et que vous regarder dans la glace sera difficile… C’est ma pire vengeance.

    La greffe a pris. Marie Laure a refusé de recevoir les parents pendant son hospitalisation de 2 jours, couverte de fleurs qu’elle l’était par la mère sans doute. Elle est rentrée chez elle avec les fleurs, le coeur gros quand même, parce que revoir l’autre… C’était trop difficile. Et que l’on peut être bon et se poser des questions. Elle avait contribué à sauver les gènes de Truchon qui avait aussi été un enfant innocent.

    Le prud’homme s’est arrêté net, sur une transaction 4 fois supérieure à ce qu’elle demandait. Et un matin dans sa boîte aux lettres, un chèque de Truchon à son ordre, de 350 000 F avec un acte notarié pour les impôts.

    Le prix d’une vie, de la vie d’un fils. Et Marie Laure n’a pas déchiré le chèque. Ca c’est dans les films…

    La vie voulait tout simplement être clémente avec elle pour une fois. Elle n’avait rien exigé, elle avait juste dit qu’elle deviendrait « le pire cauchemar ». Il est réel qu’elle aurait pu partir, refuser de donner sa moelle condamner l’enfant à la mort et le père au chagrin éternel. Le père le savait et connaissait sa culpabilité.

    Elle me l’a confié un jour « quand j’ai vu ce môme livide et maigre, sachant que je pouvais le sauver, je n’aurais pas pu me débiner ». Mais Truchon qui avait l’âme mauvaise a pensé que lui était capable de se débiner. Puisqu’il a pensé spontanément que c’était ce qu’elle allait faire. Du coup, il a préféré payer.

    Mais peut-être a-t-il du mal à se regarder dans la glace tout de même…

    La première vraie robe de Delphine…

    J’avais choisi la première robe, ayant la certitude que c’était encore (chic !) une petite fille (à savoir en sortant après échographie), et beaucoup d’autres robes après. Après des années de galère financière, Albert gagnait enfin plein de sous, vraiment plein, j’ai su pendant une période ce que c’était que d’avoir de l’argent et de ne pas se poser de question.

    J’avais arrêté de bosser pour m’occuper des filles, de la maison, du jardin, etc… Tous les jeudi j’allais « traîner » avec Mrs Bibelot et Delphine qui n’était pas encore à l’école, pendant que Pulchérie grimpait dans les pommiers à l’école maternelle.

    Ce jeudi là, j’avais RV avec la banquière. C’était l’époque bénie où elle me téléphonait pour me proposer des placements et non pas me demander comment combler le trou. Pendant ce RV, Mrs Bibelot avait parcouru la rue principale de Rambouillet avec Delphine (attention, ce n’est pas les champs non plus, ne pas rêver, pour un habitant d’une vraie grande ville le réflexe est « c’est une rue principale ça ? »).

    Bref, elles m’attendaient toutes les deux à la sortie de la banque, Delphine ayant lâché son pouce et me regardant d’un air un peu anxieux. Et sa grand-mère de préciser : « elle a vu la robe de ses rêves chez Materna ».

    Bon, direction Materna, Delphine précédant la marche et y entrant d’un pas assuré. Et la voici sur le portant circulaire, faisant défiler les petites robes pour me montrer LA ROBE.

    Saumon, avec du plumetis blanc, gansée de blanc au col et aux manches (courtes). Certes pas ce que j’aurais choisi pour ma fille, mignon tout de même, mais elle semblait tellement en admiration que j’ai demandé s’il y avait sa taille. Angoisse à nouveau chez elle, mais OUI, il y avait sa taille.

    Essayage : « nous la prenons »

    • « Et la petite demoiselle, elle veut la garder sur elle ? »

    Quelle question ! Elle n’a pas arrêté de se mirer dans toutes les vitrines, le sourire aux lèvres, toute heureuse.

    Peut-on, quand on peut faire le contraire, refuser ce coup de foudre à un enfant ?

    Je sais qu’elle s’en souvient. C’est SA ROBE…

    Delphine et son bac option arts dramatiques

    Mes deux filles ont fait du théâtre, avec un certain talent, je dois le reconnaître en toute objectivité. J’ai malheureusement loupé la dernière représentation de Pulchérie au lycée, suite à une dispute stupide, car c’était l’époque où nous nous prenions le chou deux fois par jour. Si que je serais un homme, je m’en boufferais toujours les couilles… Mère/Fille, la mère n’est pas forcément la plus intelligente…

    Delphine avait choisi l’option « arts dramatiques » et cela pesait lourd en coefficient pour son bac. Elle y a eu 18 si mes souvenirs sont bons, c’était plutôt correct…

    C’est sympa d’avoir un enfant qui fait art-dra. Si si. Je vous le souhaite. D’un autre côté, je ne le regrette pas, je regrette juste qu’elle n’ait pas continué après, car elle avait du talent (et sa soeur aussi d’ailleurs), mais on emmerde sa mère comme on peut, et les compagnies de théâtre amateur manquaient cruellement à Paris…

    Delphine avait donc un prof à l’ancienne. Normal. Depuis les grecs et bien avant, il faut travailler sa diction. Très important la diction… Michèle Morgan le raconte dans ses mémoires en parlant du très renommé « cours Simon ».

    Et voici donc ma Delphine, un crayon coincé entre les dents, en train de déclamer une tirade du Cid dans l’appartement. Le but : être compréhensible malgré le crayon, même du bout de la salle. Hors le bout de la salle c’était au delà de l’appartement et les informations devenaient inécoutables. Si c’était maintenant où je ne regarde plus les infos si déprimantes, cela m’empêcherait tout de même de me concentrer sur ce que j’écris. Et puis « le Cid », j’ai toujours dit « bof » désolée pour les puristes…

    La tirade le crayon entre les dents : c’est tous les jours… Viennent des bribes que l’on ne comprend pas trop : c’est normal : c’est pour le pestacle qui va être donné pour les parents avant le bac, et Delphine tient de son père l’art de la surprise.

    Pour sa soeur, il s’agissait d’une pièce assez drôle, et Pulchérie avait un peu transformé son rôle pour faire une chipie (farpaitement réussie). Delphine devait faire une tirade d’Hernanie, et jouer quelques scènes de Hedda Gabler d’Ibsen.

    Elle a commencé par extorquer à Jean Poirotte un de ses révolvers pour Hedda Gabler. Mon père avait une belle collection d’armes (non chargées évidemment) et c’est tout juste si nous avions le droit de les regarder. J’ai donc été sciée quand Delphine est rentrée avec le colt de son grand père dans son sac pour l’emmener au théâtre.

    La représentation a été très bien, et ma fille était la meilleure bien entendu, particulièrement pendant sa tirade que deux cons m’ont un peu gâchée car ils n’arrêtaient pas de se demander quand aurait lieu la fameuse bataille (d’Hernanie)… Elle vous tirait des larmes et de la haine dans sa réplique. Puis J’ai découvert Hedda Gabler au travers des quelques scènes qui en étaient extraites, avec Delphine en amoureux transit, que j’ai trouvée parfaite (mais pas que moi, na na na…)

    Pour le révolver elle avait bien fait de l’emprunter à mon père. Bien entendu le bruit des détonations était enregistré, mais la vision de l’arme a permis à la moitié de la salle de se demander si c’était un vrai.

    -« Mais non tu es folle ! »
    -« Je te dis que c’est un vrai ! »
    -« N’importe quoi… » et gnagnagna

    Et pendant ce temps là, les acteurs donnent leurs tripes, le trac au ventre, et le personnage bien ancré en eux…

    PITIE ! juste un conseil. Si vous vous posez des questions, que ce soit au CINEMA, AU THEATRE, ou AUTRE. gardez-les pour la sortie.

    Parce que pour les autres, les commentaires stupides « c’est quand la bataille d’Hernanie » « comment ils vont jouer la scène ? », ou savoir si l’arme est authentique, chimique atomique ou non, C’EST GAVANT.

    Surtout quand votre enfant si doué, est sur scène…

    Mais la vie n’est qu’un long calvaire…