La première vraie robe de Delphine…

J’avais choisi la première robe, ayant la certitude que c’était encore (chic !) une petite fille (à savoir en sortant après échographie), et beaucoup d’autres robes après. Après des années de galère financière, Albert gagnait enfin plein de sous, vraiment plein, j’ai su pendant une période ce que c’était que d’avoir de l’argent et de ne pas se poser de question.

J’avais arrêté de bosser pour m’occuper des filles, de la maison, du jardin, etc… Tous les jeudi j’allais « traîner » avec Mrs Bibelot et Delphine qui n’était pas encore à l’école, pendant que Pulchérie grimpait dans les pommiers à l’école maternelle.

Ce jeudi là, j’avais RV avec la banquière. C’était l’époque bénie où elle me téléphonait pour me proposer des placements et non pas me demander comment combler le trou. Pendant ce RV, Mrs Bibelot avait parcouru la rue principale de Rambouillet avec Delphine (attention, ce n’est pas les champs non plus, ne pas rêver, pour un habitant d’une vraie grande ville le réflexe est « c’est une rue principale ça ? »).

Bref, elles m’attendaient toutes les deux à la sortie de la banque, Delphine ayant lâché son pouce et me regardant d’un air un peu anxieux. Et sa grand-mère de préciser : « elle a vu la robe de ses rêves chez Materna ».

Bon, direction Materna, Delphine précédant la marche et y entrant d’un pas assuré. Et la voici sur le portant circulaire, faisant défiler les petites robes pour me montrer LA ROBE.

Saumon, avec du plumetis blanc, gansée de blanc au col et aux manches (courtes). Certes pas ce que j’aurais choisi pour ma fille, mignon tout de même, mais elle semblait tellement en admiration que j’ai demandé s’il y avait sa taille. Angoisse à nouveau chez elle, mais OUI, il y avait sa taille.

Essayage : « nous la prenons »

  • « Et la petite demoiselle, elle veut la garder sur elle ? »

Quelle question ! Elle n’a pas arrêté de se mirer dans toutes les vitrines, le sourire aux lèvres, toute heureuse.

Peut-on, quand on peut faire le contraire, refuser ce coup de foudre à un enfant ?

Je sais qu’elle s’en souvient. C’est SA ROBE…

Delphine et son bac option arts dramatiques

Mes deux filles ont fait du théâtre, avec un certain talent, je dois le reconnaître en toute objectivité. J’ai malheureusement loupé la dernière représentation de Pulchérie au lycée, suite à une dispute stupide, car c’était l’époque où nous nous prenions le chou deux fois par jour. Si que je serais un homme, je m’en boufferais toujours les couilles… Mère/Fille, la mère n’est pas forcément la plus intelligente…

Delphine avait choisi l’option « arts dramatiques » et cela pesait lourd en coefficient pour son bac. Elle y a eu 18 si mes souvenirs sont bons, c’était plutôt correct…

C’est sympa d’avoir un enfant qui fait art-dra. Si si. Je vous le souhaite. D’un autre côté, je ne le regrette pas, je regrette juste qu’elle n’ait pas continué après, car elle avait du talent (et sa soeur aussi d’ailleurs), mais on emmerde sa mère comme on peut, et les compagnies de théâtre amateur manquaient cruellement à Paris…

Delphine avait donc un prof à l’ancienne. Normal. Depuis les grecs et bien avant, il faut travailler sa diction. Très important la diction… Michèle Morgan le raconte dans ses mémoires en parlant du très renommé « cours Simon ».

Et voici donc ma Delphine, un crayon coincé entre les dents, en train de déclamer une tirade du Cid dans l’appartement. Le but : être compréhensible malgré le crayon, même du bout de la salle. Hors le bout de la salle c’était au delà de l’appartement et les informations devenaient inécoutables. Si c’était maintenant où je ne regarde plus les infos si déprimantes, cela m’empêcherait tout de même de me concentrer sur ce que j’écris. Et puis « le Cid », j’ai toujours dit « bof » désolée pour les puristes…

La tirade le crayon entre les dents : c’est tous les jours… Viennent des bribes que l’on ne comprend pas trop : c’est normal : c’est pour le pestacle qui va être donné pour les parents avant le bac, et Delphine tient de son père l’art de la surprise.

Pour sa soeur, il s’agissait d’une pièce assez drôle, et Pulchérie avait un peu transformé son rôle pour faire une chipie (farpaitement réussie). Delphine devait faire une tirade d’Hernanie, et jouer quelques scènes de Hedda Gabler d’Ibsen.

Elle a commencé par extorquer à Jean Poirotte un de ses révolvers pour Hedda Gabler. Mon père avait une belle collection d’armes (non chargées évidemment) et c’est tout juste si nous avions le droit de les regarder. J’ai donc été sciée quand Delphine est rentrée avec le colt de son grand père dans son sac pour l’emmener au théâtre.

La représentation a été très bien, et ma fille était la meilleure bien entendu, particulièrement pendant sa tirade que deux cons m’ont un peu gâchée car ils n’arrêtaient pas de se demander quand aurait lieu la fameuse bataille (d’Hernanie)… Elle vous tirait des larmes et de la haine dans sa réplique. Puis J’ai découvert Hedda Gabler au travers des quelques scènes qui en étaient extraites, avec Delphine en amoureux transit, que j’ai trouvée parfaite (mais pas que moi, na na na…)

Pour le révolver elle avait bien fait de l’emprunter à mon père. Bien entendu le bruit des détonations était enregistré, mais la vision de l’arme a permis à la moitié de la salle de se demander si c’était un vrai.

-« Mais non tu es folle ! »
-« Je te dis que c’est un vrai ! »
-« N’importe quoi… » et gnagnagna

Et pendant ce temps là, les acteurs donnent leurs tripes, le trac au ventre, et le personnage bien ancré en eux…

PITIE ! juste un conseil. Si vous vous posez des questions, que ce soit au CINEMA, AU THEATRE, ou AUTRE. gardez-les pour la sortie.

Parce que pour les autres, les commentaires stupides « c’est quand la bataille d’Hernanie » « comment ils vont jouer la scène ? », ou savoir si l’arme est authentique, chimique atomique ou non, C’EST GAVANT.

Surtout quand votre enfant si doué, est sur scène…

Mais la vie n’est qu’un long calvaire…

Les héroïnes des films américains…

Il n’y a pas que le héros, il y a aussi les héroïnes dans les films américains. Il est d’ailleurs important de se demander pourquoi héros prend un S vu qu’on ne dit pas une hérosine… (j’ai déjà cité cette interrogation, mais bon…)
Généralement à vous filer des complexes d’ailleurs.
Donc z’hynoptisez vous pour affronter : Les femmes typiquement « films américains »…

Incapables de flanquer une taloche à leur môme. Si. Z’avez qu’à regarder « Desperate Housewives » même si ce n’est pas un film. La Linette avec ses jumeaux infernaux, on lui referait bien le portrait avant de s’occuper des gamins. D’ailleurs ce doit être un fantasme pour beaucoup…

Tirées à 4 épingles dès 7 heures du matin. A cette heure là, pimpantes et tout et tout, elles font the big petit déjeuner à leur petite famille/petit mari, en tailleur et escarpins, impecs, sans un kg de trop. D’ailleurs elles s’attaquent au ménage dans la même tenue et après vont tondre la pelouse. Ou alors elles dérivent genre nous, en vieux pyjama avachi, vers la salle de bain, mais on sent bien les marginales sur ce coup là, qui vont forcément se bonifier au cours du film.

D’ailleurs elles sont toujours tirées à 4 épingles à 23 H 45 quand elles rentrent du boulot pour préparer la tambouille de la semaine (on ne sait pas si elles dorment de temps à autres). Avec le sourire, ou en secouant l’homme endormi dans son lit en hurlant « c’est quoi ton problème ? Il faut qu’on parle ». Le fait est là : l’américain supporte qu’on lui dise à n’importe quelle heure « il faut qu’on parle ». C’est comme ça, arrêtez de baver…

La grande spécialité, c’est l’accouchement. Dans les films américains, elles sont toujours en train d’accoucher n’importe où et n’importe comment. C’est toujours pendant l’attaque des indiens, la fuite d’Egypte, pendant la chute des murs de Jéricho, à bord de l’Exodus, dans un tank qui doit prendre Berlin, sur une plage du débarquement, alors que leur mari trappeur ne reviendra pas avant 9 semaines et demie. Il y a bien Mélanie dans « autant en emporte le vent » qui accouche dans son lit, mais comme par hasard pendant que les Yankees rappliquent…

Au choix : elles sont tireurs d’élite (Texas à l’époque d’Alamo) ou laissent tomber le pistolet ou révolver avec un cri strident (New York quand elles ne font pas partie de la pègre). Pas de juste milieu.

Elles sont souvent accrochées à leur téléphone pour appeler leur mari fugueur, ou ex mari (au hasard toujours) environ 9 fois par jour pour lui causer môme, chien, belle mère, serial killer. Et on s’étonne que le malheureux s’empare de la bouteille de scotch à la moindre sonnerie.

Elle sont souvent également aussi douées que leur mari (on concubine peu aux USA) en terme d’astro physique, physique, biologie, virologie, ou autre. Mais pour épargner l’ego du chéri, elles décident de s’adonner désormais aux muffins, pan-cakes, gaufres et autres desserts bien gras, après avoir sauvé le monde, le principal étant fait.

Elles sont parfois alcooliques comme certains héros. Mais elles, en restant bien mince, pas gonflées, et s’effondrant avec grâce sur leur lit ou parfois sur la pelouse bien tondue par leurs soins.

Dans les westerns, c’est le top du top, elles donnent la vie de leur mari ou de leurs fils avec élégance et patriotisme (« Alamo » « La conquête de l’Ouest » etc… et comment qu’elles refusent qu’ils restent s’occuper d’elles, aveugle ou en cloque et préfèrent qu’ils aillent donner leur vie pour une juste cause), s’occupent des patates, du maïs, des indiens, de l’armée d’en face et de fendre les buches. Sinon elles sont de mauvaise vie, mais vont se rédempter forcément comme Claudia Cardinale dans « il était une fois dans l’ouest », qui décide que construire une gare, c’est plus honorable que la mauvaise vie.

Dans les films modernes, elles ont tendance à causer comme si elles avaient un doctorat de psychologie. D’ailleurs une phrase clef est « c’est quoi ton problème ? ». Et en face personne ne répond jamais : c’est toi mon problème !

La vie n’est qu’un long calvaire…

On se cache où ?

Il y a des moments où l’on aimerait rentrer sous terre. Certaines situations ne font sourire que les autres. Bien évidemment tout ne m’est pas arrivé, et merci à ceux et celles qui ont osé se confier.

  • Percuter en nageant le filament que laisse traîner la hideuse méduse. Généralement la sortie de l’eau et la cavalcade vers le sable fait rire tout le monde, car on ressemble à Christian Clavier dans « les bronzés » quand il réalise qu’il se baigne dans une décharge.
  • Dans la même série, se proposer généreusement à Mamie pour arracher les myosotis qui envahissent ses massifs. Ca s’arrache tout seul, sauf l’ortie vicieusement dissimulée sous les fleurettes bleues. Là encore le repli stratégique vaut son pesant de crème calmante.
  • Allumer avec la grâce d’une actrice et l’air condescendant qui peut aller avec, la clope par le filtre
  • Eternuer et laisser malencontreusement échapper une flatulence bruyante non synchronisée, dans la salle d’attente du médecin, bien bondée.
  • Entendre et sentir le pantalon craquer dans toute la zone arrière, alors que l’on se baisse, et que l’on n’a rien pour camoufler la plaie béante.
  • Le slip dont l’élastique craque alors que l’on est en minijupe et dans les couloirs du métro. Ou en train de monter l’escalier d’un grand restaurant.
  • Sortir des toilettes avec la jupe coincée dans la culotte ou le slip. S’en apercevoir réellement trop tard, quand on retourne aux toilettes.
  • Se promener avec la braguette bien ouverte dévoilant des petits coeurs sur le caleçon.
  • Se rendre compte que l’on s’est trimballé tout l’après midi avec des résidus de persil sur les incisives et se rappeler que l’on a passé son temps à se fendre la poire.

Oui, il y a des moments où l’on souhaiterait devenir amnésique ou, bien mieux, que les autres le deviennent…

Poil… notre ami…

A l’âge de 10 ans, j’avais déjà accompagné ma mère de nombreuses fois chez l’esthéticienne où elle allait se faire épiler les jambes, enfin les mollets.

J’avais compris depuis déjà un moment que le poil pour les femmes, surtout sur les jambes, ce n’était pas esthétique, quand tout d’un coup il m’en vint un à un endroit curieux. Maman regarda mon premier poil pubien, constata que j’en avais aussi sous les bras (je ne me regardais jamais à cet endroit là) et cru bon informer mon père avant de m’expliquer que c’était NORMAL.

Quoi que puisse faire penser certains posts, ma mère était plutôt moderne pour l’époque. Elle me rassura donc : j’étais en train de me préparer à devenir une femme.

Sauf qu’une femme c’est sensé ne pas être poilue.

Oh j’ai longtemps enquêté pour savoir d’où venait cette idée. Car en fait il faut bien le dire : nous avons du poil sous les bras, au pubis, sur les jambes, avant que le pire ne pointe. Laurence Foresti a beau dire que c’est un râté de la création, le fait est là. Il faut vivre dans certains pays où les femmes affichent leurs poils sur les jambes avec fierté pour prouver qu’elles n’ont pas de sang indien pour éviter la corvée de l’épilation. Dès l’Egypte ancienne, les femmes s’épilaient et parfois de partout…

Arrivée à 12 ans et formée, j’avais un petit duvet très blond sur les mollets. Ma mère m’interdit de me le raser « cela repoussera plus dru », mais évidemment je n’allais pas l’écouter : les mères racontent toujours n’importe quoi. D’autant que la mère de ma meilleure amie lui avait payé une épilation en institut et qu’elle nous montrait chaque jour ses jambes indemnes de poils. Je profitais donc d’une double absence des parents pour piquer le rasoir de mon père et résoudre (que je croyais), le problème.

Des mollets mignons, tout doux… Impec….

J’ignorais alors que je débutais un combat sans merci contre l’ennemi le pire quoi soit : LE POIL.

Car le poil est con. Il faut le dire. Il est programmé pour pousser et il pousse, jusqu’à ce, qu’ayant atteint la lumière il prenne… 1 bon cm (ça se voit et c’est là que l’on voit ce que c’est qu’un cm). Le poil est d’autant plus con qu’on a beau le raser, l’inonder de produit dépilatoire, l’arracher, IL PERSISTE à pousser. Rien ne le fera jamais renoncer. Il mourra avec nous.

Dans mon jeune temps, du temps que j’étais adolescente, il n’y avait pas tout ce qu’il y a maintenant sur le marché. Ma mère m’acheta une cassolette (à faire chauffer sur le gaz), de la cire et une spatule et me laissa me démerder, après m’avoir donné une leçon pour que je ne me brûle pas.

C’était la corvée du samedi avec ma meilleure amie, mais finalement cela se déroulait  plutôt bien, dans une ambiance de harem, avec ma petite soeur nous admirant « quand je serai grande je me dépoilerai comme vous ». Il fallait faire chauffer la cire, attendre qu’elle soit à bonne consistance, et jeter le tout après usage (épilation terminée), aucun filtre n’existant…

A l’âge de 18 ans tout à coup il me fallut admettre que mes poils refusaient de se faire épiler. La peau se refermait immédiatement sur le trou laissé béant par ce con de poil. Moralité, pour repousser, il me déclenchait un bouton (poussant sous la peau sans jamais renoncer). Aux endroits où j’avais deux poils très proches, j’avais carrément un abcès.

J’optais donc pour le rasoir, comme pour les dessous de bras. Un jour forçant un peu, je détraquais définitivement le rasoir électrique de mon père qui pour me punir en revint à la mousse à raser et au rasoir à main.

Il me fallut me résigner à me raser, la crème dépilatoire coûtant cher et mes parents refusant de me l’offrir vu ce que je coûtait en lames de rasoir (ah oui à l’époque les gillettes G3 n’existaient pas… On se coupait régulièrement avec le rasoir de papa qu’il fallait démonter pour monter une nouvelle lame, mais cet engin préhistorique n’est visible actuellement dans aucun musée).

Et puis vint le jour où je me suis retrouvée enceinte de grande fille (la petite), et là je vis que le poil décidément était contrariant.

Sur les seins, autour du mamelon ils pointaient avec bonheur. Et niveau pubis, cela dépassait LARGEMENT le dit endroit, à savoir que cela se mettait à descendre légèrement au niveau des cuisses. Ce n’était plus un MAILLOT, mais un CALECON. Pour les seins je n’ai jamais rien envisagé d’autre que la pince à épiler, mais bon franchement, ils pourraient décider de décéder, je ne les pleurerais pas.

Grande fille éjectée les poils étaient toujours là, PARTOUT.

Je luttais pied à pied : j’achetais le premier épilacire (filtrant la cire) pour découvrir régulièrement que non : un poil = un bouton, deux poils = un abcès.. Je me ruinais en produits dépilatoire pour gagner deux jours sur le rasoir. J’ai testé avant le père de mes enfants le gillette G2 pour me balafrer le mollet droit. Combat inégal face à un adversaire très con !!!!

Puis sont sortis les produits anti-boutons post épilation : j’en ricane. Le gant de crin ne servait à rien. Et puis vint une période….

Il faut que je me ridiculise définitivement ici. J’étais seule, sans homme. Je me suis dit que si raser ou arracher un poil lui donne de la vigueur, j’allais les laisser crever de leur belle mort. Le cycle de vie du poil serait de 3 mois. C’était l’automne et pas le moindre mâle en vue… L’hiver passa, je n’avais pas froid aux jambes, les poils qui devaient défuncter le firent en étant remplacés par aussi résistants qu’eux… Plus de remord du coup pour mon premier coup de rasoir. D’ailleurs je ne m’étais pas rasée le seins pour voir s’il y avait des poils là…

Un beau jour sur internet je découvre une recette anti poil définitive à base de piment… J’ai testé. Je peux attester que là où la peau pèle et l’on semble brulée, le POIL lui, survit.

Alors je me rase et ça me rase à un point pas possible. Je n’ai pas les moyens de tester le laser alors je trouve VRAIMENT que le POIL c’est un truc très CON ! Putain, ça fait… depuis ce temps là que je ne veux plus de VOUS et VOUS êtes toujours là.

Si les hommes pouvaient être aussi fidèles….

Nos chers petits et leurs gaffes innocentes…

C’était pendant l’horreur d’une profonde nuit, l’époque où nous songions très sérieusement à mettre le deuxième en route. Albert tenait de ses parents la sale manie de laisser notre porte de chambre ouverte pour tout bien entendre dans l’appartement, et celle de Pulchérie l’était aussi, parce qu’elle avait peur des monstres.
Tout à coup la phrase qui tue, dite d’une petite voix fluette « coucou je suis dans le lit, je n’ai pas fait de bruit« …
Effectivement elle n’avait pas fait de bruit. Après Albert a fermé les portes…

Delphine en vacances chez ses grands parents paternels, et pointant un doigt innocent vers les seins du furoncle (mon ex belle mère) « ceux de ma maman, ils sont en l’air« .

Ma nièce du côté d’Albert, habituée à me voir en décontracté le WE, alors que nous nous préparions pour une méga fête le soir, et me voyant sortir de la chambre : « oh tatie que tu es belle comme ça, on dirait presque ta maman ! »

A la plage, une fille d’une cousine de ma belle soeur (suivez), dont la mère était limite maigre, pointant là encore un doigt accusateur sur un bourrelet de ma belle soeur « c’est quoi ça ? »

Une de mes nièces, délicate, parlant de son oncle quasi chauve depuis ses 18 ans « Hector a des cheveux tout le tour »

A mettre dans le même sac que :

 » Il faut être gentil et faire un bisou à tante Hortense parce qu’elle va bientôt être morte » de Pulcherie à son cousin germain…

Et le « ouinnnn je ne veux pas embrasser tante Hortense parce qu’elle pique »… (Delphine 1 an plus tard)

La vie n’est qu’un long calvaire…

Ma chienne… suite et presque fin, car il y aura d’autres souvenirs…

Le départ d’Albert ne secoua pas du tout la chienne. J’étais là c’était le principal. Oh, elle était contente de le voir de temps à autre, quand il venait prendre et ramener ses filles, mais jamais elle n’a fait mine de vouloir le suivre et aller avec lui.

Départ de la maison maintenant pour direction chez mes parents où je devais passer 3 mois, et où je suis restée 4 ans, suite à de mauvais coups du sort. Chloé se plaisait bien chez mes parents, où elle avait une copine (leur chienne, l’ex nounou. J’avais perdu mon premier chat et en avais adopté un qui l’ignorait superbement ce qui la laissait perplexe : « elle ne veut pas faire joujou ? »). La vie de famille lui convenait parfaitement et que je sois libre ou pas, elle allait se promener tous les jours pour cavaler à fond la caisse (elle a un jour battu un lévrier, le maître était scié et moi aussi !!!)

Elle me faisait de sales coups. Malinois ou pas, tout ce qui était gibier à poil l’intéressait (le faisan levé par sa copine l’indifférait par contre superbement). La première fois qu’elle s’est retrouvée confrontée à un sanglier, il était mort, dans la cour de mon grand père. Elle a sauté dessus, hargneuse pour essayer de le bouffer, et mon grand père m’a suggéré de la faire dresser pour faire « chien de sang » (ce que les malinois réussissent très bien effectivement puisqu’ils adorent le pistage, d’ailleurs ils adorent tout ce qui est distrayant et rigolo pour eux, d’où le fait qu’ils soient de plus en plus utilisés au détriment du berger allemand).

Sans doutes aucun sur ses possibilités, elle partait au cul de biches, cerfs, chevreuils, lièvres, lapins ou harde de sangliers. Et là, rien à faire alors qu’elle m’écoutait pour tout le reste : elle traçait derrière, que je me ruine les cordes vocales ou pas.

Combien de fois l’ai-je attendue, au bord de l’énervement, de la haine, de l’inquiétude ? Combien de fois mes parents également, quand je travaillais ? Toujours attendre le chien où l’on s’est garé, c’est là qu’il va revenir.

Bonjour l’attente en plein hiver, à se geler les fesses sur une barrière de chemin, en panne de clopes. Pour voir revenir en trottinant au bout de 6 heures, la coupable qui ralentissait le pas à ma (notre) vue, avant de se mettre à se rouler sur le dos pour faire sa soumission. Du sang plein la gueule : vérification immédiate. Elle n’est pas blessée, elle a juste choppé le lièvre et l’a bouffé tranquille dans un buisson, la garce !

Nonobstant le lièvre, la morfale réclame sa soupe en rentrant. Peut se brosser. Première punition pour s’être sauvée aussi longtemps : pas de soupe. Pas nécessaire d’ailleurs. Je me rappelle d’un beau jour où elle avait disparu vers 15 H, était revenue à la voiture à 19 H 30. J’étais d’humeur joyeuse. Elle a commencé à péter vers 22 H et c’était abominable et bien la preuve qu’elle avait bouffé la bête dans son intégralité. D’ailleurs il lui a fallu 2 jours pour la digérer, comme dans la nature. 2 jours pendant lesquels elle réclama sa soupe sans grande conviction. Mon grand père venu déjeuner le dimanche, devant les dégâts olfactifs récurrents, nous pronostiqua un lièvre (il avait une expérience personnelle très longue…)… Elle resta à l’eau claire jusqu’à cessation de pets empoisonnés et fit une cure de haricots verts le lendemain.

Il y eut aussi le jour extraordinaire où elle avait disparu et où il neigeait comme pas possible. Elle rentra dans la nuit jusqu’à la maison (à 23 H nous avions renoncé), sauta le grillage, trouva porte close, et se coucha comme un chien de traineau dans la neige, en boule, les pattes protégées, le museau sous la queue, entièrement protégée par sa bourre (son sous poil) qui faisait le bonheur des petits oiseaux quand nous la brossions au printemps. Avons nous rigolé devant la mésange partant avec une touffe de poils qui lui bloquait la vision ! Elle était saine et sauve mais avait trop marché dans la neige et nous fit savoir avec moultes plaintes, qu’elle avait mal aux pa-pattes. Et moi de lui mettre de la biafine pendant qu’elle se coulait contre mon cou pour le câlin maman…

Et puis un beau jour, l’achat de mon appartement. J’y suis partie avec la chienne mais 1 heure de courses et elle hurlait à la mort les voisins m’en informèrent immédiatement. J’étais sur une piste de travail qui se concrétisa. Impossible de laisser cette chienne ayant toujours vécu en pavillon, toute la journée toute seule, même avec le chat.

Jean-Poirotte et Mrs Bibelot la prirent donc. Elle venait de passer 4 ans chez eux, elle y était comme chez elle, et chez eux elle serait bien utile comme chien de garde, plus que chez moi.

Je la voyais bien entendu très souvent. Je restais sa maman et elle ne me quittait pas d’une semelle pendant mes visites, ni ses soeurs non plus (on rassemble le troupeau !). Elle me regardait partir avec tristesse, sans chercher à me suivre. Elle savait. Mais elle était chez elle chez mes parents et je n’ai jamais pensé qu’elle puisse y être vraiment malheureuse. Il est certains que les filles et moi lui manquions… C’était pour elle pourtant, ce choix du pavillon où elle était chez elle… Là elle déclara d’autres priorité : ma mère en premier lieu, mon père en second, ne pouvant se faire écouter si sa femme était présente. Je n’avais qu’à me pointer pour que le « au pied » soit à mes pieds à moi…

Elle resta toute sa vie néanmoins, le chien obéissant que tout le monde peut apprécier, mais ne laissant pas rentrer n’importe qui (les proches OK, mais pas le reste, un chien de garde qui laisse rentrer une personne qu’il a vue une fois n’est pas un chien de garde).

Elle avait 16 ans quand j’ai été obligée de prendre la décision ultime. La trahir en lui épargnant le pire qui était déjà trop là. Je ne l’avais pas vraiment vue vieillir ma chienne, je ne voulais pas voir.

Je la savais pleine de rhumatismes mais avec le coeur solide, et les dépenses vétérinaires s’élevaient peu à peu pour antalgiques et autres…

Et puis un soir où j’allais voir mes parents, je l’ai vue sortir, boitillant, marchant avec vraiment trop de peine, remuant la queue du plaisir de me voir, souffrant de marcher.

Elle est venue se blottir contre moi en tremblant un peu. Pourquoi n’étais-je pas venue depuis 3 semaines ? J’avais la réponse : par lâcheté devant l’évidence. J’ai pleuré. C’était la fin. Vu sa démarche ce n’était plus la peine d’espérer quoi que ce soit. Elle souffrait ma fi-fille. Depuis des mois je lui achetais des antalgiques prescrits par le vétérinaire. Là, elle pouvait à peine marcher. C’était bien parce que c’était moi qu’elle était sortie, car elle entendait encore fort bien, sinon elle bougeait le moins possible et refusait les promenades : très mauvais signe.

J’ai appelé le vétérinaire tout de suite. Pas question de l’y emmener, elle avait trop peur dans le cabinet. Il accepta de se déplacer le lendemain matin pour qu’elle parte en douceur et surtout sans terreur. En pleurant, nous l’avons gavée de saucisson, de chocolat, de fromage, de tout plein de bonnes choses. Elle était dans son panier, semblant regretter de ne plus pouvoir aller courir avec moi, derrière un chevreuil, dans les bois, mais ravie de cette provende inespérée.

Comme l’a si bien écrit Jean Ferrat « vole vole mon loup sauvage, comme au temps des vertes années » (chanson : Oural- Ouralou)

Il vole encore mon loup sauvage, mon compagnon d’infortune, et sous ses pattes infatigables, ma jeunesse demeure quand tout à coup à cause de son absence, je pleure… Chloé, je ne t’ai pas aimée. Je t’aime toujours…

Paroles de la chanson :
C’est dans l’aube chère à Verlaine
Que tu courais notre domaine
Humant l’air des 4 saisons
Odeurs de thym et de bruyère
Sous tes pattes fraîches légères
S’élevait comme une oraison
Berger des landes familière
Tu vivais digne et solitaire
Animal doué de raison
J’écris ce jour anniversaire
Où tu repose sous la terre
A deux pas de notre maison
Oural, Oural, Ouralou…
On voit souvent des souveraines
A la place des rois qui règnent
Rien qu’en posant nos yeux dessus
Il faut se méfier du paraître
De nous deux qui était le maitre ?
Nous ne l’avons jamais bien su
Tu vécu la vie parisienne
La nuit sur les quais de la seine
Les music-hall et les tournées
Et cette vie qui fut la mienne
Il me semble que tu l’entraîne, à la semelle de tes souliers
Oural…
Jour après jour il faut l’admettre
Voir ce qu’on aime disparaître
C’est ce qui fait vieillir trop tôt
Au paradis des chiens peut-être
Ton long museau à la fenêtre
Tu nous accueilleras bientôt
Au triple galop caracole !
Je vois tes pattes qui s’envolent
Chevauchant l’herbe et les nuées
Le vent siffle dans ton pelage
Vole vole mon loup sauvage !
Comme au temps des vertes années.
Oural…

Vole vole mon loup sauvage, vole dans ma pensée ma petite Chloé…

Ma chienne… part 4

Plus besoin de nounou un beau jour. L’escalier était terminé, la maison aussi (enfin c’est une façon de voir, il fallu 2 ans au maçon pour faire 2 appuis de fenêtre oubliés quand il faisait la façade,et parce que je l’appelais tous les soirs à 22 H 30 et que quand il ne répondait pas je laissais sonner jusqu’à plus soif). Nous étions enfin chez nous !

Chloé apprécia moyen la jolie chambre (en travaux) que nous lui proposions le soir pour aller faire dodo sans nounou. Elle n’était pas propre encore et je peux donc certifier que l’urine de chien pour décoller la moquette est un truc à connaître. Elle hurlait à la mort. De l’étage on l’entendait vaguement. Heureusement que c’était vaguement, car elle s’est obstinée à hurler toute la nuit 1 mois complet

Le soir elle venait se coucher à côté de moi sur mon fauteuil pour regarder la TV avec intérêt. Autre erreur. Elle était petite mais devait grandir. Donc éviter de prendre sur ses genoux ou à côté de soi un chien qui est amené un jour à avoir besoin de toute la place. Cela s’est bien passé avec elle, elle était juste interloquée de ne plus tenir à côté de moi comme avant, reniflait le fauteuil (est-ce bien celui-là ?), et finit par se résigner à aller dans son panier où elle avait toute la place qu’elle voulait.

Elle n’eut pas le temps de s’ennuyer : l’arrivée du chat eut lieu 4 semaines après notre emménagement. Elle avait enfin une copine même non nounou, et je commençais à découvrir l’intéressant caractère du malinois jour après jour.

  • Chien sportif, à proscrire quand on vit en appartement. Tous les jours je l’emmenais promener, lui apprenant le rappel et plein de trucs au passage. Elle passait son temps à courir et passa beaucoup de temps à courir, à une vitesse impressionnante, tout au long de sa vie.

  • Chien de berger à l’origine, c’était certain : aller me promener avec les filles + Mrs Bibelot ou Albert, en s’égaillant pour chercher des champignons, déclenchait chez la chienne des angoisses mortelles. Il fallait qu’elle rassemble son troupeau et n’était jamais aussi heureuse que quand nous restions groupés. Elle ne mordillait pas gentiment les mollets des filles pour les ramener près de moi parce que je le lui avait interdit, mais le regrettait fort. Idem pour Albert ou Mrs Bibelot : tout le monde rester groupir nonmaiheu !

  • Chien très attaché à ses maîtres effectivement. Surtout moi. D’ailleurs le maître c’était moi. Elle n’écoutait et n’obéissait qu’à moi. Ce qui ne l’empêchait pas d’adorer les autres (Albert, les filles), mais sans leur obéir une seconde. Pratique tout de même : qu’un mec s’approche des filles en promenade, la chienne prenait son air le plus aimable (le peigne) en faisant Grrr ! Quant à moi, à l’époque où je pouvais encore tenter un satyre, elle en mordit un assez violemment (bien fait !). Elle sentait quand j’avais peur et là, ne me lâchait pas d’un cm.

  • Chien de garde oui : le maçon qui n’avait jamais de retard par contre pour se faire régler ses dernières factures (« vous pouvez vous brosser pour le crépis de la maison tant que les appuis de fenêtres ne seront pas faits »), qui avait pris l’habitude de rentrer chez moi n’importe comment pendant toute la durée des travaux, en fit les frais un matin où il ouvrit le portail puis posa la main sur la porte d’entrée sans aucune gêne (et sans avoir sonné). J’étais furieuse parce que je sortais du bain et qu’il aurait pu me voir à poil, mais la chienne qui batifolait dans le jardin le vit tout à coup s’apprêtant à rentrer. Un fond de pantalon de plus en moins, j’ai pu expliquer au maçon que sa manière de rentrer sans prévenir était insupportable maintenant que nous étions en place. Il ne moufta pas et repartit en me faisant voir un petit morceau de son cul

  • Chien d’intelligence rapide : pas besoin de lui expliquer 3 fois un truc, ou un jeu. Le tout étant de faire du dressage un moment marrant. C’est la raison pour laquelle elle a ingurgité avec plaisir tout un tas de corvées (couchée, assise, au pied, pas bouger, etc…). La seule chose qu’elle n’a jamais voulu comprendre c’était qu’il était interdit d’aller chercher à manger sur la table, le buffet ou carrément dans la poêle. Mais là ce n’était pas de la bêtise, c’était juste qu’elle préférait avoir bouffé le poulet et se faire gronder, que de faire celle qui avait compris.

  • Et surtout, à l’époque difficile où je pleurais Albert : chien fidèle et aimant. Je me souviens des soirs où j’attendais que les filles dorment pour me mettre à pleurer. Coup de museau sous le bras, et la chienne venait se blottir sous mon bras après un bref jappement « je suis là moi ! »

Et elle a toujours été là, et ne m’a jamais trahie.