Les filles ! au pied ! (toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne sera ni fortuite ni involontaire)

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Les filles vous venez IMMEDIATEMENT !
J’ai dit IMMEDIATEMENT !

Bon, inutile de faire cette tête là, vous vous asseyez sur le canapé… LA ! et vous quittez vos airs de…

Bon sang Pulchérie, on dirait Pulchérie vierge et martyre, vierge j’ai encore un espoir mais martyre… Je suis ta mère non ? Tu n’es pas en train de te faire canoniser ? ou de subir le martyre…

Non… Mais vu ta tête on peut se demander…

Martyre ? OUIIIII…. Bien sûr….

Si j’en ai pour longtemps ? Ca dépend… On verra si vous êtes martyres APRES ce que j’ai à vous dire où si c’est moi la martyre.

Il y a déjà une sainte Anne ???? OUIIIIII je sais. Mais je ne m’appelle pas Anne et si l’histoire des saintes vous intéresse, je ne vous empêche pas de vous instruire.

Tout d’abord il faut que je vous dise que face à l’état de cet appartement, à l’air hagard des voisins, et à tout un tas de choses dont précisément je veux vous parler, j’ai décidé de REPRENDRE LES CHOSES EN MAIN !

Parfaitement !

Delphine arrête de sourire bêtement niaisement.

Pulchérie je t’ai très bien vu mettre un coup de coude à ta sœur. Tu arrêtes de te foutre de ma gueule, et ta sœur aussi parce que CELA VA BARDER !

Vous n’allez pas rigoler longtemps, c’est moi qui vous le dit… Ah tiens, on redevient sérieuse.

Je suis toute seule pour vous élever devant l’absence chronique de votre père que je comprends finalement mieux depuis quelques temps…

Pulchérie sort tes doigts de ton nez et arrête de RICANER !

C’est bien les filles : ça ricane, ça cancane. LES MAINS SUR LES GENOUX ET ON M’ECOUTE !

Bon !

Donc je disais… : Delphine je sais que je l’ai déjà dit et répété, mais je le répèterai jusqu’à ce que vous ayez compris : JE SUIS SEULE POUR VOUS ELEVER ET CA NE VA PLUS DU TOUT.

UN : cet appartement est un foutoir !
Pardon ? Je n’ai qu’à faire le ménage plus souvent ?

Mais vous avez 15 et 17 ans et vous pouvez peut-être faire un petit effort non ?!!

Un exemple : c’est quoi ce soutien gorge accroché au lustre depuis dimanche ? Non Pulchérie ce n’est pas celui de Delphine, Delphine fait un 95 C : c’est le soutien gorge qui est par terre dans l’entrée. Là je vois de loin qu’il s’agit d’un 80 bonnets A alors arrêtes d’accuser ta sœur lâchement et contre toute logique.

Quand ton arrière grand mère m’a fait cadeau de ce lustre en cristal de Venise véritable (que je déteste, mais papy prend son temps pour venir le décrocher) pour célébrer ta naissance, elle ne pensait pas que tu y rajouterais un jour des pendeloques supplémentaires !

Et inutiles en plus ! D’ailleurs il est sale ce soutien gorge… C’est pour cela que tu ne le portes pas en ce moment ? Et il est où le panier de linge sale ? Pas dans la cave que je sache. Il est dans la salle de bain et tu y vas tous les jours. CELA TE FATIGUERAIS DE METTRE TON LINGE SALE DANS LE PANIER AU LIEU DE L’ACCROCHER AU LUSTE ? Décroches moi tout de suite ce soutien gorge, le jean qui va avec et le tee shirt que Joséphine t’a prêté !

C’est quoi cette manie d’emprunter les affaires de tes copines ?

Et de leur refiler le neuf que tu m’as extorqué injustement puisque c’était pour le prêter ?

Bon. Pour en revenir au panier de linge sale, il n’y a qu’à l’ouvrir et à y déposer… Comment ? JETER SI TU VEUX, ton linge sale dedans.

Aller dans la salle de bain tu sais faire…

D’ailleurs tu as encore vidé le ballon d’eau chaude ce matin à toi toute seule ! Et il n’y a pas de « pfuit ! »

Parfaitement : moi je me suis lavée à l’eau froide. Non le ballon n’est pas insuffisant, non le ballon n’est pas trop petit. Il fait 500 litres ! Il ne te faut pas ½ m3 d’eau chaude pour te laver non ? Si Delphine, 500 litres c’est la moitié d’un m3. On reparlera de tes brillantes études plus tard…

L’eau était tiède ? Evidemment pour chauffer 500 litres depuis hier soir après que Delphine ait vidé le ballon pour se laver les dents, et rincer son henné il faut du temps.

D’ailleurs à ce sujet, je dois impérativement vous parler des problèmes de plomberie et des bouchages de baignoire perpétuels qui font vivre Monsieur Smussen depuis 6 mois : c’est simple il a abandonné toute sa clientèle pour être prêt quand je l’appelle. Je suis le pilier de son entreprise, la clef de voûte de son chiffre d’affaire !

Mais je n’ai pas les moyens de faire vivre le plombier du coin. Je vous rappelle que je travaille dur, pour que l’on ne vive pas trop mal mais pas au dessus de nos moyens. Hors payer le plombier 3 fois par semaine pour qu’il débouche la baignoire, cela commence à être au dessus de mes moyens !

Pardon ? Je n’ai qu’à dévisser le siphon ? Delphine puisque tu es si portée sur le siphon je ne t’empêche pas d’intervenir. Mais la dernière fois que tu l’as fait tu as inondé le voisin du dessous… Ah c’était toi Pulchérie finalement ? On en apprend des choses… PERSONNE NE TOUCHE A CE SIPHON ! Qui c’est qui se tortore les problèmes avec l’assurance quand le voisin du dessous est inondé ? Pas vous alors mollo…

Oui je sais que mollo c’est une vieille expression mais je suis vieille et lasse et je dis ce que je veux.

La première qui quitte ce canapé s’en prend une !
ASSISES !

Donc j’aimerais savoir ce qui bouche la baignoire régulièrement.

Le henné, je suis au courant, l’argile qui vous garde un teint blanc et délicat aussi, MAIS IL Y A AUTRE CHOSE !

Monsieur Smussen a trouvé une bouillie infâme dans le siphon. On dirait des feuilles !!!! Mélangé à de l’argile et du henné cela peut boucher une canalisation jusqu’au rez de chaussée.

Ce n’est pas drôle du tout : nous habitons au 5ème je vous le rappelle.

Hein ? C’est bien des feuilles ? Ah… ?

Des feuilles de chêne tu dis Pulchérie ? Bien sûr. C’est normal. TOUT LE MONDE A DES FEUILLES DE CHENE DANS SES CANALISATIONS…

Pour le bain de Delphine ? Bon sang mais c’est bien sûr !

C’est vrai de vrai ? Delphine tu peux m’expliquer ?

Tu TE PURIFIE L’AME ?

Ah c’est un charme de magie blanche que Bénédicte t’a refilé ? OUIIII…. Tu fais une infusion de feuille de chêne dans la baignoire et tu te poses un gland sur le front pendant toute la durée du bain en récitant des prières en sanscrit ?

Et bien on est bien parties…

Et le gland tu en fais quoi ?

Tu le jette dans le vide ordure ? Et allez donc ! Il va falloir que je paye un débroussailleur pour dégager la gaine dans deux ans. Le plombier + un jardinier, il ne faut que cela pour faire mon bonheur.

Et les feuilles tu ne peux pas les ramasser et les jeter aussi à la poubelle, enfin dans le vide ordure, enfin n’importe où ?

Ca t’esclave trop ?

Parce que ça ne m’esclave pas moi d’être accrochée au plombier ? Depuis deux semaines il a l’air de penser que je bouche la baignoire exprès pour le voir. Il m’a fait des propositions !!!!!

Comment ça à mon âge ? J’ai 40 ans je ne suis pas canonique !!!!! Seulement le plombier n’est pas mon type. J’aime les grand bruns et c’est un grand blond. D’ailleurs vu son nom vous voyez bien que c’est un norvégien… Je m’égare…

Bon, ce problème de bouchage de baignoire étant éclairci : merci Pulchérie…  Delphine !! ce n’est pas la peine de fusiller ta sœur du regard pour m’avoir aussi bien renseignée, nous allons passer à la suite.

Non pas tout de suite. Je vous interdis désormais de passer plus de 4 minutes sous la douche. J’en ai marre de me doucher à l’eau tiédasse, et d’entendre le ballon chauffer nuit et jour : comment avez-vous su comment le mettre en chauffe le jour, alors que j’ai un tarif spécial pour qu’il ne chauffe que la nuit ?

C’est écrit dessus ? Maintenant vous savez  et vous ferez ce que vous voudrez : on va voir !

La première qui fait basculer de « nuit » à « jour » s’électrocutera : je vais piéger le système.

Parfaitement. Je ne sais peut-être pas dévisser un siphon, mais je sais électrifier les touches du tableau de bord EDF. Comment ? Ce n’est pas le problème. Enfin, bon, je vous déconseille de toucher à la touche incriminée dans deux jours…

Et avant de vous rincer les cheveux du henné ou de l’argile, vous mettrez désormais une passoire avant le siphon pour que la baignoire puisse enfin s’évacuer.

Ceci étant vu… Il faut que je revienne aux vêtements accrochés au lustre ou répandus par terre.

Je rentre à 19 H 30 en étant partie à 8 H, j’ai autre chose à faire qu’à passer derrière deux greluches de 15 et 17 ans pour ramasser leurs affaires….

J’ai dit greluches ? J’ai dit greluches. Maintenant je vais me pencher pour ramasser les affaires et je les met à la poubelle !!

Ne ricanez pas. Je n’ai pas dit la poubelle d’ici où vous pourriez aller les récupérer. Je peux emmener vos vêtements pour les jeter AU BOULOT ! CRIC CRAC les soutiens gorges, les jeans, les petits hauts, etc… TOUT A LA POUBELLE.

Quand vous n’aurez plus qu’un soutien gorge, un slip, un pantalon et un pull, on verra qui rigolera qui n’aura pas les moyens de vous racheter autre chose RAPPORT AU PLOMBIER !

On rigole moins. Les yeux au ciel c’est superflu, abstenez-vous, ça ne m’impressionne pas.

Donc les affaires vont être rangées ou mises au sale, la baignoire va fonctionner à nouveau et le plombier se refaire une clientèle.

Ah. Il y a un autre problème.

Les voisins.

Vous savez pertinemment que nous habitons une vieille résidence et qu’il y a beaucoup de vieilles personnes dans cet immeuble.

Les pauvres ont été ravis de me voir arriver avec vous il y a 5 ans. De la jeunesse enfin ! et polie en plus ! (vous ne pouvez pas n’avoir que des défauts). Depuis ils ont changé d’avis !

Il y en a qui ne me disent même plus bonjour ! Les autres me fusillent du regard.

Ils sont peut-être vieux mais ils ont tous leurs moyens. Moi je ne vois qu’une solution pour eux, eu égard au bruit, c’est de se cotiser pour prendre un tueur à gages pour nous éliminer toutes les trois !!!!

PULCHERIE CE N’EST PAS DROLE.

DELPHINE ARRETE DE TE GRATTER LE NEZ !

Non mais comment vous ai-je élevées !!! Oui, comme ça, je sais, mais nous étions en pavillon.

Vous êtes bruyantes !

SI !

D’ailleurs dans les deux semaines qui ont suivi notre emménagement la chaîne stéréo de votre chambre a déclenché une émeute chez les voisins d’à côté : ce sont des vieilles personnes je vous le rappelle et qui n’avaient jamais envisagé le mot DECIBEL sous ce jour là.

Le monsieur d’à coté qui est par ailleurs charmant m’a déclaré l’autre jour que votre chaîne en fonctionnement continu lui rappelle une batterie d’artillerie pendant la déroute de 40. Moralité : il ne dort plus : vous avez ravivé de mauvais souvenirs.

Je vous préviens : si votre chaîne tombe en panne, je ne la change pas.

La mienne ?

C’est la mienne et ça n’est pas le problème.

Vous voyez très bien comment est fait l’immeuble : nous donnons au nord pour les chambres et au sud pour le salon.

Et les voisins sont obligés de supporter Mickaël Jackson plein nord, avec du classique au sud.

Les deux chaînes à fond pour se couvrir mutuellement. Les vitres tremblent.

Si, elles tremblent. J’en ai tremblé également l’autre soir en descendant de voiture. Un jour vous allez me péter la baie vitrée. Et qui paiera la vitre de 3 m sur 5 ? MOI ! et je n’ai pas envie de démarrer une idylle avec le vitrier qui ne m’inspire pas plus que le plombier bordel de merde !

Delphine, je suis ravie que tu aimes la musique classique. J’ai au moins réussi cela dans ma vie. MAIS ARRETE DE PASSER LE REQUIEM DE MOZART A FOND ET EN BOUCLE LE MERCREDI APRES MIDI. Tu ferais mieux de réviser tes mathématiques primaires et savoir enfin que 500 l c’est bien ½ m3.

ET TOC !

La voisine du dessous qui a 90 ans a l’impression d’entendre la messe de sa mort tous les mercredi, au moins 3 fois !

C’est magnifique ? Je suis d’accord. Mais en boucle quand on croit qu’on est dans le cercueil, cela peut être stressant !!!! Tu verras quand tu auras 90 ans et que moi je serai enfin tranquille !!!!!

Oui je sais que tu ne souhaites pas ma mort, mais parfois j’y songe comme à une échéance… agréable…

Pour en revenir à ton requiem tu ne peux pas mettre le casque ?

Comment ça je vous ai interdit le casque ? Mais PAS DU TOUT ! Je vous ai interdit de mettre le casque AVEC la musique à fond qui risque de vous démolir définitivement l’oreille interne !!!

Delphine, si tu veux savoir ce qu’est l’oreille interne tu vas regarder sur ton encyclopédie que j’ai acheté fort CHER, A TA DEMANDE, et qui semble toujours neuve.

Tu en profiteras pour aller te documenter sur les m3….

Alors : le linge sale, la plomberie, le bruit… Ah !

Il y a QUELQU’UN qui, tous les après midi du mercredi, à savoir que c’est l’une ou l’autre, ou les deux, va dans ma chambre, ouvre la fenêtre, y fait je ne sais quoi, et laisse la fenêtre ouverte.

Je vous rappelle que nous sommes en janvier et qu’il fait 2° DEHORS !

Et que tous les mercredi soirs je me couche dans une chambre glaciale.

Des explications, j’attends….

Pulchérie, inutile de mettre des coups de pieds à ta sœur : si elle a quelque chose à dire, qu’elle s’exprime, comme tu t’es exprimée sur les feuilles de chêne…

Hein ? Le voisin de derrière ?

Quoi ce petit con de grand brun qui me regarde d’un air ironique ? PULCHERIE l’épie avec les jumelles de… DE PAPY ?

PAPY qui cherche ses jumelles partout et qui est persuadé avoir perdu la tête ?

Hein ? Pulchérie laisse ta sœur parler. Arrêtez de vous foutre des coups de pied. Delphine va dans le fauteuil, hors de portée…

Donc, Pulchérie est amoureuse de Schmurf qui habite la maison du fond (ça lui passera)… j’ai compris. Sa chambre donne sur notre immeuble j’ai compris également.

Ce que je ne comprends pas c’est que, munie des JUMELLES DE PAPY QUI LES CHERCHE PARTOUT  elle espionne Schmurf de MA chambre et non pas de la VOTRE !

Parce qu’il faut ouvrir la fenêtre pour avoir une meilleure visibilité derrière les rideaux et que Delphine ne supporte pas de dormir dans une chambre froide ?

COMME JE LA COMPRENDS !

Donc tu viens dans MA chambre espionner SCHMURF QUI ME FAIT CHIER CELUI LA. Et pourquoi ne refermes-tu pas la fenêtre ?

… Parce que tu te précipites en m’entendant rentrer… Oui… Tu sautes sur le lit d’un bond gracieux…

Pulchérie tu arrêtes d’ironiser sur ta sœur et moi. Sur que quand on fait 40 kg pour 1 m 55 et qu’on chausse du 80 A on saute toujours gracieusement sur les lits !!!!!

Tu t’esbignes quand tu m’entends rentrer…. Avec les jumelles de ton grand père…

Je ne sais pas si tu te rends compte Pulchérie que ces jumelles ont 40 ans, et que de les avoir perdu a persuadé papy qu’il perdait la tête ! Il a rendez-vous la semaine prochaine pour un dépistage d’ALZAIMER PRECOCE. Tu trouves cela drôle ?

Tu rends les jumelles à ton grand père ! Ne fais pas cette mine horrifiée… Tu n’as qu’à les remettre à leur place… Non ce n’est pas le bon truc à faire parce qu’il va se croire VRAIMENT FOU et que mamy va se croire folle également pour ne pas les avoir vues….

TU RENDS LES JUMELLES A TON GRAND PERE AVEC TOUTES TES EXCUSES ET PLUS VITE QUE CA !

ET TU ARRETE DE TRANSFORMER MA CHAMBRE EN GLACIERE.

Mercredi prochain j’ôte le matelas de mon lit, et tout le reste, et je tends le dessus de lit sur un vide sidéral : on verra si tu sautes gracieusement !

Delphine arrête de rire bêtement : ta sœur est tellement niaise qu’elle est capable de se casser la jambe !

Bon : j’ai passé en revue certains sujets importants, il me faut maintenant aborder le sujet du TELEPHONE.

Le TELEPHONE est un instrument très pratique qui permet de communiquer avec des gens qui sont hors de portée de voix.

Nous sommes d’accord.

Que faites vous du téléphone ? Des explications, j’attends…

Vous vous précipitez dessus aussitôt rentrées à la maison pour appeler Marine (ceci pour Delphine) ou Valérie (Pulchérie, oui, tu es visée aussi), alors que vous avez passé la journée avec elles et que vous venez à peine de les quitter.

Et comme elles ont des portables, mes factures de téléphone rivalisent dangereusement avec celles du plombier.

Bon, j’ai terminé pour ce soir. On y reviendra demain. NON, il n’y a pas contrôle de maths de 17 à 23 H, demain. RV donc, demain, à la même place… Et non vous n’aurez pas la variole.

Je pense qu’on a ENCORE des choses à régler…

Pour ma part je vais me coucher, et si je vous entends parlotter, CA VA CHIER !

Illustration : Chloé, voir mes favoris.

Une bonne année !

Comment vous dire…

Une bonne année, une bonne santé, avec quoi va rimer 2021 ?

Avec vaccin? Avec faim ? Avec la fin (du cocid) ? Avec le fin du fin ?

Je vous souhaite à tous une bonne santé (le plus important)…

Et surtout une excellente année !

Des bizz à tous !

Les filles, leur mère, et le sapin de Noël…

Fille_et_sapin_356801110Quand les filles étaient petites, je profitais lâchement de leur séjour à l’école pour aller acheter puis faire le sapin toute seule comme une grande. Je gardais les autres décorations à faire avec elles… Quoique…

Pulchérie étant du 18 décembre (elle ne me le reprochera jamais assez, comme si mon souhait le plus ardent n’était pas qu’elle naisse le 15 quand tout à commencé, mais bon, d’accord, cela restait proche de Noël), je faisais le sapin juste avant. J’en prenais un vrai, et il fallait qu’il tienne jusqu’à l’arrivée des rois mages…

Et puis un jour elles ont été assez grandes (!) pour participer à la fête (la mise en place du sapin), et en avant pour l’étripage, les crêpages de chignon, les « je te hais » « pas plus que moi d’abord ». Et gnagnagna… Paix sur terre…

La chose se déroulait de la manière suivante.

  • J’allais acheter le sapin.
    Première année dans l’appart : sapin simple qui ruina la moquette avec ses aiguilles.
    L’année suivante sapin en pot que je pensais replanter dans le jardin des parents, que j’arrosais tous les jours matin et soir et qui ruina la moquette avec ses aiguilles.
    Année suivante : Nordman qui ne perdait pas ses aiguilles, mais s’effondra un beau jour comme un soufflé, à démoraliser n’importe qui.
    Année suivante : Nordman en pot qui s’effondra également avec juste 5 jours d’écart avec son prédécesseur.
    C’est un choc de rentrer chez soi pour retrouver le sapin les branches touchant terre… J’en avais marre, et profitais des soldes de janvier pour acheter un faux sapin faisant bien son effet (je reste difficile là-dessus). Et puis ce faux sapin, cela en ferait un de moins à sacrifier en fin d’année les années suivantes (voir Phobee dans Friends…)

  • Nous remontions de la cave les cartons relatifs à la décoration du sapin et de l’appartement + la crèche

  • Nous passions 2 heures à monter le sapin et mettre les branches en bon ordre pour qu’il fasse vrai.

  • Nous passions 2 heures à démêler les guirlandes électriques alors qu’elles avaient été bien rangées (les caves sont pleines de trolls qui viennent mettre le bazar dans vos cartons) et à les tester pour changer d’éventuelles ampoules.

  • Nous étions prêtes à vivre un grand moment de l’année, et effectivement cela l’était.

Voici le déroulement de l’opération, généralement un samedi (il faut le dimanche pour s’en remettre)  :

  • Je mets un CD de chants de Noël : ça met dans une ambiance de calme, de paix, de sérénité, dans l’ambiance de Noël.

  • Pulchérie commence à disposer mes instruments de musique dorés en les répartissant bien partout comme il faut, pendant que Delphine s’occupe exclusivement d’une façade du sapin en la surchargeant bien (la façade) avec des guirlandes à l’ancienne destinées à décorer le reste de l’appartement mais surtout pas le sapin (j’ai toujours privilégié les cheveux d’ange dorés).

  • Pulchérie rouspète que sa soeur n’a aucun goût. Première claque, première boule  « que tu vas avaler tu m’entends ! » – « t’arrête ou je te ligote t’étrangle avec une guirlande ! » – « maman ! elle m’a donné un coup de pied » – « même pas vrai d’abord, ce n’est qu’une menteuse ! »

  • Maman (donc moi) défait tout ce qui n’a pas été fait par elle au son de « si c’est pour vous entendre vous disputer, je préfère le faire lundi toute seule ! »

  • Pulchérie piaille que ses instruments de musique ont été disposés symétriquement, au mm près.

  • C’est bien possible, mais j’irais bien cultiver du chou de Bruxelle en Egypte…

  • Delphine part s’affaler sur le canapé en pleurant « j’en ai marre de vous deux, je ne m’occupe pas de ce sapin qui sera moche de toutes manières et snif ! » pendant que le CD entame « Noël Blanc »

  • Pulchérie vérifie que les boules rouges, dorées, vertes, sont bien réparties équitablement autour du sapin. Je lui fais remarquer qu’il y a un endroit que personne ne verra jamais, dans l’angle du mur. Le CD attaque « Minuit chrétien ».

  • Elle s’en fiche, et puisque c’est comme ça je n’ai qu’à terminer toute seule, et je me débrouille pour entortiller les guirlandes électriques de manière équitable avec une boudeuse dans le canapé et une boudeuse dans le fauteuil, qui se bouchent les oreilles pour ne pas entendre mes : « l’année prochaine je le ferai toute seule pendant que vous serez au collège/lycée » (« la fac »/ »la maternité »).

  • Tous les soirs à venir jusqu’à l’arrivée des rois mages (voire même après, vu que le sapin ne risque pas de perdre ses aiguilles) : « qu’il est beau notre sapin maman ! » « ah il est super beau notre sapin ! » roi des forêts que j’aime ta verdure/parure.

Oui… Il est magnifique… Un coup de bol qu’il ne soit jamais passé par la fenêtre et les filles avec… Et qui s’occupait de l’allumer pas trop tôt et de l’éteindre pas trop tard le sapin (et les autres guirlandes électriques), rapport aux économies d’énergie ? Qui ?

S’il m’avait fallu compter sur les filles, tout aurait brûlé toute la nuit… Voire même toute la journée, en notre absence…

La vie n’est qu’un long calvaire…

Telle un écureuil… je stocke !

Est-il mignon…

Tout a commencé à mon adolescence. L’adolescence est un moment magique atroce où l’on ne sait plus qui l’on est, qui que l’on va devenir, mais où pointent tout de même des traits de caractères qui vont aller en s’affirmant et s’accentuant (au secours !!!!).

Donc, j’avais 14 ans et si ce n’est pas l’adolescence en plein, vous repasserez un beau jour. C’était donc en l’an 1000 avant JC (Jules César) et fleurissait dans les magasines une publicité pour une ombre à paupières.

A l’époque où que j’étais bête et en pleine restructuration (déjà), et là je fais appel à mes lectrices de la même génération que moi, genre 1956/1962 pour date de naissance, existait un magasine qui s’appelait « Mademoiselle Age Tendre ». Je l’achetais régulièrement (enfin maman me l’achetait en soupirant  et en regrettant que je ne lise plus « Lisette » ou « 15 ans fillette« ). Tous les ans, ce mensuel élisait une « mademoiselle Age tendre » (qui enterrait miss France) + 2 dauphines. Les dauphines ont mieux réussi que les mademoiselle Age tendre en règle générale. Pour exemple : la mère de Marcel Pagnol dans « la gloire de mon père » et « le château de ma mère », est Nathalie Roussel : une dauphine de l’élection d’une certaine année… (Alzheïmer frappe quand il veut)

Quel rapport avec les écureuils se demandent les malheureux qui sont arrivés là par hasard avec une recherche gogole mentionnant « écureuil » ? Aucun. Il n’y a aucun rapport, c’est juste une introduction pour une publicité d’ombre à paupières… Et SURTOUT un rappel sur le fait que l’écureuil fait des réserves… (dont il oublie le lieu, moi pas)

Donc une dauphine élection Mlle Age Tendre, vantait les mérites d’une ombre à paupière comme maintenant ils n’oseraient jamais en vendre. Une base bleue ou verte bien flashante et à bien tartiner. Rajouter du lumineux avec le deuxième pinceau, via des paillettes. Troisième couche avec deux ou trois étoiles à coller sur le tout. Hideux, maintenant que j’y pense.

Meilleure amie et moi rêvions de cette ombre à paupière qui nous agressait dans tous les journaux que nous lisions (le monde, figaro, science et vie…). Un beau WE nous voici chez Mrs Morgan dans sa maison de campagne. Meilleure amie adorait y aller, moi aussi (c’était magique). Mrs Morgan était une femme de grande intelligence, de haute culture, ET sophistiquée à mort, avec un goût très sûr.  Il fut acquit pour elle que nous ne pourrions survivre sans cette ombre à paupière qu’elle qualifiait « d’atroce« , et nous donna généreusement 500.000 dollars à claquer dans la parfumerie de son bled. Petit bled, mais parfumerie trèèèèèèèès bien pourvue, car pourvoyant à 50 Km à la ronde.

En ce qui concerne l’ombre à paupière en 4 teintes, je pris le vert, meilleure amie le bleu. Au passage je pris également de « l’air du temps », meilleure amie n’osa pas : c’était ma grand mère et pas la sienne qui payait la facture.

En rentrant, meilleure amie, se maquilla immédiatement. Si Mrs Morgan souffrait d’un théorique problème cardiaque, il ne se manifesta pas ce jour là. Quant à moi, je rangeais soigneusement mon ombre à paupière pour « le jour où »…

Ah, vous voyez pointer l’écureuil… Oui, je n’allais pas séduire l’élu avec cette ombre à paupière verte. Je la gardais pour quand je sortirais avec lui. Donc l’ombre à paupière c’était pour plus tard, un jour… Elle n’a jamais été utilisée…

Depuis mon adolescence, c’est horrible ce que j’ai pu acheter comme ça, pour plus tard, pour « quand ». Le sérum que je mettrai quand j’aurai mauvaise mine, l’anti ride que je mettrai quand j’aurai un jules. Le merveilleux maquillage que j’utiliserai pour… quand je passerai à la télévision… Tout ceci gardé précieusement pour le jour où (n’importe quoi fait l’affaire)… Et je continue à faire des réserves pour l’avenir…

Les filles ont vite repéré à l’adolescence qu’il y avait des choses dans mes placards de salle de bain, intactes et non descellées… Mouth n’y verra que du feu, et comment que je lui pique ses collectors Dior et Yves Saint Laurent pour moi m’en servir. Sauf que Mouth a rencontré un mec et qu’elle recherche le collector Yves Saint Laurent acheté il y a 3 ans mais toujours intact, pour se faire une mine de rêve. Mouth hallucine : disparu de sa salle de bain (au prix que ça coûte, au pire elle pensait les revendre sur internet, les collectors ça vieillit bien et c’est très demandé, pour payer sa vidange). Les filles interpellées d’urgence ramènent un collector avec bouchon cassé et poudre diminuée de moitié. Ou comment ne pas trucider sa descendance parce que cela ne se fait pas.

Je peux affronter une grève des parfumeurs et para-pharmacies avec sérénité : j’ai de quoi me tartiner la peau pour les 120 ans à venir… Oui j’ai tout acheté pour plus tard… Ce n’est pas maintenant… Maintenant j’utilise une crème ruineuse (+ le contour des yeux qui va avec) donnés par Pulchérie qui a travaillé dans une boîte de luxe. Le tout conservé soigneusement, non descellé, au frigo, pendant 4 ans, tout de même (ou 5 ou 6 ? comme le temps passe…)

Je les aurais bien gardée pour plus tard, au cas où, mais curieusement étant fauchée, j’ai craqué et ouvert le package (d’un autre côté le tout est super, j’aurais eu tort d’attendre…). J’ai eu tort d’attendre…

Ce syndrome ne m’atteint que sur le produit de beauté ou de maquillage, de luxe, voire même le parfum… J’ai ainsi quelque part à la maison, mais je ne sais plus où, deux poudres libres de Caron, dont finalement je me servirais bien actuellement. Malgré leurs dénégations, je soupçonne les filles (hou la vilaine mère !) de les avoir poudrenapées.

Par contre, du jour où j’ai utilisé le produit une fois, je vais jusqu’au fond, sauf si bien entendu il me donne des boutons…

Et vous, vous gardez quoi pour l’avenir « un jour » (en vous souvenant de la planque, contrairement aux écureuils) ?

La vie n’est qu’un long calvaire…

D’autant que curieusement, en cas de panne d’approvisionnements de grandes surfaces, je n’ai aucune réserve de bouffe, chez moi… Meilleure amie a par contre de quoi affronter une nouvelle occupation teutone, et une de mes ex collègues collectionnait les compléments alimentaires aucazoù

La première vraie robe de Delphine…

J’avais choisi la première robe, ayant la certitude que c’était encore (chic !) une petite fille (à savoir en sortant après échographie), et beaucoup d’autres robes après. Après des années de galère financière, Albert gagnait enfin plein de sous, vraiment plein, j’ai su pendant une période ce que c’était que d’avoir de l’argent et de ne pas se poser de question.

J’avais arrêté de bosser pour m’occuper des filles, de la maison, du jardin, etc… Tous les jeudi j’allais « traîner » avec Mrs Bibelot et Delphine qui n’était pas encore à l’école, pendant que Pulchérie grimpait dans les pommiers à l’école maternelle.

Ce jeudi là, j’avais RV avec la banquière. C’était l’époque bénie où elle me téléphonait pour me proposer des placements et non pas me demander comment combler le trou. Pendant ce RV, Mrs Bibelot avait parcouru la rue principale de Rambouillet avec Delphine (attention, ce n’est pas les champs non plus, ne pas rêver, pour un habitant d’une vraie grande ville le réflexe est « c’est une rue principale ça ? »).

Bref, elles m’attendaient toutes les deux à la sortie de la banque, Delphine ayant lâché son pouce et me regardant d’un air un peu anxieux. Et sa grand-mère de préciser : « elle a vu la robe de ses rêves chez Materna ».

Bon, direction Materna, Delphine précédant la marche et y entrant d’un pas assuré. Et la voici sur le portant circulaire, faisant défiler les petites robes pour me montrer LA ROBE.

Saumon, avec du plumetis blanc, gansée de blanc au col et aux manches (courtes). Certes pas ce que j’aurais choisi pour ma fille, mignon tout de même, mais elle semblait tellement en admiration que j’ai demandé s’il y avait sa taille. Angoisse à nouveau chez elle, mais OUI, il y avait sa taille.

Essayage : « nous la prenons »

  • « Et la petite demoiselle, elle veut la garder sur elle ? »

Quelle question ! Elle n’a pas arrêté de se mirer dans toutes les vitrines, le sourire aux lèvres, toute heureuse.

Peut-on, quand on peut faire le contraire, refuser ce coup de foudre à un enfant ?

Je sais qu’elle s’en souvient. C’est SA ROBE…

La lecture de l’horoscope….

Zodiaque_BC6335_001Un samedi ordinaire chez mes parents (il y a hélas très longtemps déjà ☹️) lecture de l’horoscope pendant l’épluchage des patates.

Ca tombe bien, il y a du monde et personne n’est du même signe. Dans la cuisine, bélier, taureau, gémeaux, lion, vierge, balance et sagittaire.

Pulchérie entame la lecture en commençant par son grand père (bélier). Elle est au centre de la page : elle est le signe de la semaine, elle se garde donc pour la fin.

  • BELIER  : Amour : « attention à l’esprit volage qui partage votre vie » (regard en coin vers Mrs Bibelot qui ne suit pas, comme d’habitude). « Ailleurs l’herbe n’est pas forcément plus verte » (faudrait savoir). Travail (il est à la retraite) « la semaine a été difficile, la  prochaine vous verra plus détendu et plus reposé ». Forme : faites de la danse. (Tout le monde s’esclaffe sauf Jean Poirotte qui n’a plus les vertèbres nécessaires pour faire des entrechats et qui le regrette)

  • TAUREAU (moi) Amour : « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes pour peu que vous sortiez un peu » – Tu vois maman tu vas rencontrer l’amour de ta vie c’est écrit là, hein Delphine qu’il faut qu’elle sorte plus ? La soeur répond, on perd un temps fou sur les avantages et inconvénients du coup de pied dans un buisson pour en faire sortir 10 (hommes) ou de la fréquentation assidue d’un pub après le boulot. Travail : « semaine calme » (quoiiii ?), « vous prenez des forces pour la suivante » – Et tu te plains d’être fatiguée, tu exagères comme d’habitude… Forme : « rien à signaler » (alors que je sors de chez le dermato et que je me trimballe une brûlure énorme sur le front et un oeil poché. J’en rajoute, c’est écrit que je suis en forme, que j’arrête avec mon oeuf de pigeon sur le front même si c’est vrai qu’il est moche.

  • GEMEAUX (Mrs Bibelot qui est parti chercher de l’ail, donc on va passer à Delphine). BALANCE : Amour : « des désaccords avec l’être aimé, envisager une séparation temporaire pourrait s’avérer nécessaire ». Gendre n° 2 fait la tronche et s’épluche le pouce gauche, la frangine aussi, mais Pulchérie persiste : l’horoscope c’est quand même important, c’est une tendance. Travail : vous manquez d’assiduité, remettez vous à l’ouvrage avant qu’il ne soit trop tard. Tête de Delphine qui planche déjà ses partiels. Sa soeur insiste : elle a tendance à glander, c’est écrit là. Forme : couchez-vous de bonne heure (on a dit qu’elle planchait et généralement les étudiants planchent la nuit, c’est comme ça.)

On ne saura jamais si la semaine des gendres avait été conforme aux prévisions, Pulchérie veut lire son horoscope de la semaine presque terminée pour vérifier que tout était bien bon. Elle est le signe de la semaine, zut alors…

  • SAGITTAIRE. Amour : « tout va pour le mieux dans votre petit nid douillet » (c’est parfaitement exact hein mon namour ?). Travail : « vous prenez votre ouvrage au sérieux, la réussite vous guette » (hé hé, je le savais). Forme : malgré vos multiples imperfections dont vous devrez faire abstraction (on ne saura jamais la suite)

Elle referme subitement le magasine d’un coup sec, le visage figé, le regard qui tue : « comment ça mes multiples imperfections ???? ils se foutent de notre gueule, tous des cons dans ce magasine !!!« 

L’horoscope si vous voulez son avis (et le mien), c’est de la daube….

HI HI HI !

La vie n’est pas toujours un long calvaire…

Les aventurières… (2)

Les ENFIN aventurières du Rio Grande (et toc papy), avaient le matin, plein de choses à nous dire.Cela allait d’un bruit qu’elles avaient entendu mais pas la chienne, du coup elles n’avaient pas peur, et allaient voir avec la lampe de poche, pour découvrir un hérisson, en passant par la nuit des étoiles, où elles étaient ressorties de la cabane en douce pour regarder un aussi beau ciel et faire des voeux.

Et puis LA découverte, un beau matin. Il faisait grand jour, et il y avait un petit trou dans la porte de la cabane, qui ne laissait pas passer que de la lumière.

Grande excitation au petit déjeuner (vers 10 H, les filles sont aussi matinales que moi) :

  • Tu sais maman, sur le « mur », en face du trou de la porte de la cabane, nous avons vu l’image de la porte du sous sol et de l’arrière de la maison !
  • Mais à l’envers maman !
  • Fallait se mettre juste au bon endroit qui changeait tout le temps, mais on étaient certaines que c’était bien l’arrière de la maison que l’on voyait !
  • Mais à l’envers maman !
  • C’ETAIT QUOI ? UN MIRAGE ?

Et bien mes aventurières, c’était ce qui avait permis d’inventer la photographie… C’était bien l’image inversée de l’arrière de la maison qui se reflétait via le soleil, sur le « mur » d’en face le petit trou… Et c’est parce que le soleil change tout le temps de place que la terre tourne, que le bon endroit changeait tout le temps…

Pour bien expliquer le principe de la découverte, il a fallu ressortir les « tous l’univers » et pour une fois, faire un petit cours en révisant (chut !) en étant certains d’être écoutés.

Mais quelle horreur pour elles que de constater que pour leur grande découverte, quelqu’un était déjà passé avant elles !!!

J’avais ressenti la même déception en découvrant le pouvoir de la vapeur (en me brûlant, on connait mes dons innés), mais que Denis Papin avait fait la même longtemps avant moi et que le brevet avait été déposé depuis longtemps…

La vie n’est qu’un long calvaire…

Les aventurières… (1)

C’était l’époque où de sombres maléfices m’avaient amenée avec mes filles chez mes parents. Au départ c’était pour 3 mois, nous y sommes restées 4 ans…

Cette année là (la la la), j’avais les filles au mois d’août et Albert pour le mois de juillet (moins une semaine sur la fin). C’était un bel été plein de promenades en forêt, au cours desquelles les filles jouaient les aventurières (pour les aventures en forêt, ce sera un autre post).

Dans le jardin de mes parents « leur » cabane, apportée par le père Noël avant qu’Albert ne décide de cesser d’hiberner avec moi. Cette cabane de jardin classique, en pin, avait été déménagée, et ne servait pas à grand chose d’autres qu’aux enfants et c’était sa vocation première, mes parents ayant un immense sous-sol pour y ranger leur bordel de jardinage…

Et puis un bel après midi, idée de génie des filles « maman, on aimerait bien dormir dans la cabane jusqu’à la fin des vacances » « Siteupléééé ! ».

Pourquoi pas ? Rien à craindre vu la manière dont le terrain était clos, et vu la garde assidue que montait ma chienne, leur petite soeur…

Déménagement de 2 matelas de rab dans la dite cabane + 2 oreillers + couette. Dormir dans la cabane d’accord, mais façon « hôtel 2 étoiles ». Pour la première  et sans doute unique fois de leur vie, elles furent ravies de balayer, passer la serpillère, avant installation de la literie + une petite table de nuit pour bouteille d’eau et lampe de poche.

Ma mère optimiste, avait acheté plein de piles pour la dite lampe et jamais elles n’avaient manifesté un tel désir d’aller se coucher, ce qui fut fait à 22 H, la mère (moi), vérifiant que sa progéniture était bien installée.

A cet âge là, on se lève rarement la nuit pour aller faire un petit pipi, mais elles avaient tout de même accès au sous sol, où il y avait des toilettes…

0H00, je suis en train de lire tranquillement dans mon lit, fenêtre ouverte sur le jardin, quand des hurlements me font bondir et descendre l’escalier quatre à quatre. Mon père qui regardait la TV est en train de se lever pour aller voir, inutile, j’y vais.

Mes deux filles, se tenant dans les bras l’une de l’autre, étaient debout sur une souche, à hurler.

En me voyant arriver, le ton baisse.

  • On a entendu une grosse bête
  • On a vu une grosse bête (genre, les visiteurs)
  • On ne veut plus dormir dans la cabane…

Je récupère la couette, et direction la chambre que nous partageons, où elles s’endorment rapidement, vu que je leur intime l’ordre de se taire, la grosse bête allant fort probablement passer du hérisson à l’ours, puis au mammouth laineux…

C’était sans compter sur leur grand père qui partit à l’assaut dès le lendemain matin :

  • Ah elles sont belles les petites filles des bois !
  • Ah les aventurières du Rio Grande !
  • Debout sur la souche d’un tilleul à bramer comme jamais, et pourtant dieu qu’elles savent faire !
  • Ah comment qu’elles ont décabané les aventurières !
  • Décabaner ça n’existe pas papy (ton vexé)
  • Si, les iroquois employaient cette expression
  • Ah les iroquoises !
  • Elles ont entendu un ours fort probablement !
  • Ou pire !
  • Hi hi, voici les aventurières à la conquête de l’ouest
  • Vous préférez votre viande cuite ou cru pour le déjeuner les aventurières ?
  • Etc…

Piquées au vif et fort vexées de s’être fait traiter d’aventurières du Rio Grande HI HI, toute la journée, elles décidèrent de retenter l’aventure, mais avec une condition : que ma chienne ou celle de mes parents leur tienne compagnie.

Ma chienne n’était pas l’idéal, elle était effectivement capable de gueuler toute la nuit en entendant un hérisson dans le jardin, et allait s’étaler de tout son long sur le lit en leur mordillant les orteils pour avoir  plus de place. La chienne de mes parents fut donc mise à contribution. Plus petit gabarit, et plus trouillarde tu meurs. Elle était idéale pour RASSURER les filles, pendant que la mienne monterait vraiment la garde dans la maison.

La petite épagneul  n’avait jamais rêvé de dormir sur une couette. La deuxième nuit, se passa donc sans encombre, avec la « gardienne » (attention, chien trop gentil) ravie de dormir sur couverture pour protéger la couette : confort absolu.

Ma mère alla délivrer sa bête dès son petit lever, pendant que les filles pionçaient du sommeil du juste.

Elles passèrent tout le mois d’août dans la cabane, ravies d’avoir été à la hauteur de leurs souhaits. Et puis ça sentait bon dans la cabane, et puis elles pouvaient parlotter, et puis c’était super.

L’arrivée de la cousine pour le premier WE de septembre gâcha tout. Elle était moyennement décidée à dormir dans la cabane et passait son temps à allumer la lampe de poche pour en scruter les parois.

Et que donne une toute petite araignée grosse comme l’ongle du petit doigt, grossie X fois par une lampe de poche ? Ca donne une tarentule. Au moins.

Chienne de garde ou pas, ce soir là, ce sont les 3 cousines que nous avons retrouvées debout sur la souche, se serrant les unes contre les autres, en criant « au secours, à l’aide, PITIE ! »

Terminé la cabane…

Mais bon, Pulchérie et Delphine pouvaient tenir la tête bien droite, face à leur grand père qui ne se moquait plus d’elles : elles avaient été des aventurières même si le Rio Grande c’était loin, et c’était leur cousine qui avait tout gâché !

NA !

Delphine et son bac option arts dramatiques

Mes deux filles ont fait du théâtre, avec un certain talent, je dois le reconnaître en toute objectivité. J’ai malheureusement loupé la dernière représentation de Pulchérie au lycée, suite à une dispute stupide, car c’était l’époque où nous nous prenions le chou deux fois par jour. Si que je serais un homme, je m’en boufferais toujours les couilles… Mère/Fille, la mère n’est pas forcément la plus intelligente…

Delphine avait choisi l’option « arts dramatiques » et cela pesait lourd en coefficient pour son bac. Elle y a eu 18 si mes souvenirs sont bons, c’était plutôt correct…

C’est sympa d’avoir un enfant qui fait art-dra. Si si. Je vous le souhaite. D’un autre côté, je ne le regrette pas, je regrette juste qu’elle n’ait pas continué après, car elle avait du talent (et sa soeur aussi d’ailleurs), mais on emmerde sa mère comme on peut, et les compagnies de théâtre amateur manquaient cruellement à Paris…

Delphine avait donc un prof à l’ancienne. Normal. Depuis les grecs et bien avant, il faut travailler sa diction. Très important la diction… Michèle Morgan le raconte dans ses mémoires en parlant du très renommé « cours Simon ».

Et voici donc ma Delphine, un crayon coincé entre les dents, en train de déclamer une tirade du Cid dans l’appartement. Le but : être compréhensible malgré le crayon, même du bout de la salle. Hors le bout de la salle c’était au delà de l’appartement et les informations devenaient inécoutables. Si c’était maintenant où je ne regarde plus les infos si déprimantes, cela m’empêcherait tout de même de me concentrer sur ce que j’écris. Et puis « le Cid », j’ai toujours dit « bof » désolée pour les puristes…

La tirade le crayon entre les dents : c’est tous les jours… Viennent des bribes que l’on ne comprend pas trop : c’est normal : c’est pour le pestacle qui va être donné pour les parents avant le bac, et Delphine tient de son père l’art de la surprise.

Pour sa soeur, il s’agissait d’une pièce assez drôle, et Pulchérie avait un peu transformé son rôle pour faire une chipie (farpaitement réussie). Delphine devait faire une tirade d’Hernanie, et jouer quelques scènes de Hedda Gabler d’Ibsen.

Elle a commencé par extorquer à Jean Poirotte un de ses révolvers pour Hedda Gabler. Mon père avait une belle collection d’armes (non chargées évidemment) et c’est tout juste si nous avions le droit de les regarder. J’ai donc été sciée quand Delphine est rentrée avec le colt de son grand père dans son sac pour l’emmener au théâtre.

La représentation a été très bien, et ma fille était la meilleure bien entendu, particulièrement pendant sa tirade que deux cons m’ont un peu gâchée car ils n’arrêtaient pas de se demander quand aurait lieu la fameuse bataille (d’Hernanie)… Elle vous tirait des larmes et de la haine dans sa réplique. Puis J’ai découvert Hedda Gabler au travers des quelques scènes qui en étaient extraites, avec Delphine en amoureux transit, que j’ai trouvée parfaite (mais pas que moi, na na na…)

Pour le révolver elle avait bien fait de l’emprunter à mon père. Bien entendu le bruit des détonations était enregistré, mais la vision de l’arme a permis à la moitié de la salle de se demander si c’était un vrai.

-« Mais non tu es folle ! »
-« Je te dis que c’est un vrai ! »
-« N’importe quoi… » et gnagnagna

Et pendant ce temps là, les acteurs donnent leurs tripes, le trac au ventre, et le personnage bien ancré en eux…

PITIE ! juste un conseil. Si vous vous posez des questions, que ce soit au CINEMA, AU THEATRE, ou AUTRE. gardez-les pour la sortie.

Parce que pour les autres, les commentaires stupides « c’est quand la bataille d’Hernanie » « comment ils vont jouer la scène ? », ou savoir si l’arme est authentique, chimique atomique ou non, C’EST GAVANT.

Surtout quand votre enfant si doué, est sur scène…

Mais la vie n’est qu’un long calvaire…