Le (super) retour de Crête…

BalaisJ’ai déjà évoqué les retours de voyage (ici). Le retour de Crête fut épique naturellement. Il ne pouvait pas en être autrement, nous traversions une période de chance intense

Après 3 jours de calme que je savoure un maximum,  assez bien remise (vous allez voir à quel point) car rassurée sur le sort de Pulchérie et pouvant dormir enfin, départ le 4ème jour. Mrs Bibelot a pris RV avec un chirurgien orthopédiste pour le 5ème jour (il était précisé que ce n’était pas à 24 heures près), dans la mesure où nous devions atterir à Roissy vers 18 H…

Tout a été prévu par Europe Assistance, la compagnie aérienne a été prévenue qu’il y avait une blessée mutilée à prévoir (et donc 3 sièges pour elle toute seule parce qu’elle devait avoir la jambe toujours à l’équerre, la chaise roulante que je dus louer comportait d’ailleurs une gouttière pour qu’elle ait toujours la jambe en l’air (déjà que la tête ce n’était pas ça…). A l’arrivé re-chaise roulante avec gouttière et un ambulancier me ramenant à la maison (enfin chez mes parents chez qui je vivais, mais à la maison…). Tout bien prévu donc…

Voyage en car correct, Pulchérie se prélassant en prenant toute la place sur les sièges arrières avec sa jambe à l’équerre et sa résine avec laquelle elle peut assommer n’importe qui, en rigolant avec son copain Nicolas et sa soeur qui reste crispée (elle le resta longtemps, cet accident l’avait réellement traumatisée et j’ai sû après qu’elle avait essayé elle aussi de tout faire pour dégager sa soeur, et cru mourir de l’entendre hurler comme ça quand l’ascenseur est reparti vers la descente et de voir du sang partout…). Arrivée à l’aéroport : prise en charge immédiate : on m’attend avec une chaise roulante avec gouttière pour Pulchérie, on me fait passer devant tout le monde pour enregistrer nos 3 valises (ben voui…) et nous montons dans l’avion les premières, Pulchérie dans les bras d’un steward très beau gosse qui l’installe sur les sièges qui lui sont réservés. Sa soeur et moi sommes derrière elle.

L’avion se remplit. A l’époque il y avait encore une zone fumeurs et je suis donc allée retrouver régulièrement mes amis du club à l’arrière (mère indigne !).

Consignes de sécurité habituelles et où sont les gilets de sauvetage. Dans un silence relatif (tout le monde pense vaguement à ce qu’il peut se passer dans un avion, surtout s’il tombe) s’élève la voix cruellement forte de Pulchérie : « ah mais si l’avion tombe dans l’eau c’est pas possible, je n’ai pas le droit de mouiller ma résine… ». Silence de mort quelques secondes. Je lui signale que ce n’est pas le problème à cette emmerdeuse et désobéïssante en plus « ah mais je ne me suis pas fait greffer le pied pour tomber avec un avion dans l’eau ! » Re-silence de mort… Il y a la poisse à bord. Non une méchante pesteuse tout simplement (pardonne moi ma chérie, mais là je l’ai vraiment pensé…)

Tout se passe bien (l’avion ne tombe pas dans l’eau), sauf que dans l’avion nous faisons connaissance avec les gens de l’autre club (celui que je n’avais pas pris à cause du parachute qu’il n’offrait pas) qui eux sont ra-vis… Ils ont mangé des grillades tous les soirs et midi, crétois à mort, des langoustes à plusieurs reprises, le club enfant était super, les activités aussi, et les excursions aux prix indiqués. Il y avait un ascenseur certes, mais à 2 pas d’Héraklion… Les lettres sont en place dans toutes les têtes de mon club. Nous, nous avons passé des vacances plutôt merdiques (même sans l’accident de Pulchérie) et « les autres » en tombent par terre d’entendre ce que nous avons mangé, et tout ce qui n’allait pas (et dieu sait tout ce qui n’allait pas !).

Atterrissage à 18 H :

  • 18 H : Madame on vous garde dans l’avion, nous avons commandé une chaise roulante pour la sale gosse et désobéïssante en plus petite mais elle n’est pas là (la chaise)

  • 18 H 30 : Madame désirez-vous une petite collation pour vous et vos filles dont une emmerdeuse de première ? la chaise roulante tarde (Delphine veut bien de la collation et nous aussi du coup)

  • 19 H : on annonce la chaise roulante pour la reine des emmerdeuses la malheureuse greffée du pied

  • 19 H 15 : voici la chaise roulante

  • 19 H 30 : nous arrivons avec l’homme de peine qui pousse la chieuse Pulchérie qui doit faire à tout casser à cette époque 20 kg (elle faisait limite anorexique en plus !), à l’endroit ad hoc pour récupérer nos valises

  • 19 H 35 : inutile d’attendre, plus de valises sur le tapis roulant qui devrait donc arrêter de rouler. La faute à qui ? Je ne vous le demande pas : la faute à une cascadeuse dans les ascnseurs.

  • 19 H 45 : voici l’endroit où je vais pouvoir récupérer mes valises en théorie, quand l’emmerdeuse de première Pulchérie aura fait pipi grâce à toute une gymnastique dans les toilettes avec l’aide de Delphine et de maman dont la sciatique se précise parce qu’il faut lui tenir la jambe en l’air (déjà que la tête, bis repetita…)

  • 20 H : les voici (les valises) (« maman j’ai faim » (Delphine, dite « bouffe tout » par l’emmerdeuse de première et mal embouchée en plus sa soeur aînée qui ferait bien de se faire oublier, (jambe en l’air ou pas))

  • 20 H 05 : pas d’ambulancier comme prévu, il est reparti (maman j’ai toujours faim, et c’est un scancale qu’un ambulancier ait abandonné de pauvres petits enfants (bouffe tout désobéïssante également et l’emmerdeuse de première à qui je m’en vas bientôt, si elle continue, flanquer une claque, pied ou pas…)

  • 20 H 15 : madame, j’ai réussi à joindre l’ambulancier, il revient (maman j’ai encore faim !) (Non politiquement correct)

  • 20 H 45 : l’ambulancier arrive. Marre d’attendre me précise-t-il (moi pas, j’adore attendre…). Il a pensé qu’il y avait eu un loupé. « J’avais terminé ma journée, mais je suis revenu quand on m’a dit que c’était une jeune femme et moi qui suis dans un état ! avec deux jeunes enfants bien entendu innocents » (merci Monsieur) (et Delphine a toujours faim et lui, rien à lui donner à manger)

  • 22 H 15 : arrivée chez mes parents, Chloée (la chienne, pour ceux qui n’auraient pas suivi)  nous ayant senties arriver attendant ses petites soeurs et surtout sa maman, et ma maman à moi qui commençait à s’inquiéter (pas de portable à l’époque) sur le balcon (Jean Poirotte ne trouvant pas obligatoire d’attendre sur le balcon, plutôt que devant la TV, avachi répandu avec grâce dans son canapé).

  • « Mamie j’ai faim » (les deux !)

  • « Papy a fait sauter plein de crèpes mes chéries. Il va vous les faire manger, et après, au lit et maman me racontera tout… »

  • 23 H Coucher final des chieuses trésors » Bisous maman, on t’aime tu sais » (les zamouuuurs) « t’es la meilleure super des mamans !!!! et mamie la super meilleure des mamies, et papy le super meilleur aussi » (petits trésoooors à moi) (je sais : … c’est ça les gosses…)

Comme vous avez pu le constater, maman avait beaucoup à raconter, mais la sienne aussi (Mrs Bibelot).

  • Elle apprend l’accident via Jean Poirotte qui a reçu l’appel capital et piétine en attendant qu’elle rentre de ses sacro-saintes courses du jour (Mrs Bibelot est perverse, elle adooooore aller visiter ses commerçants chaque jour que dieu fait, elle adooore faire les courses).

  • Elle contacte ma première belle soeur qui travaille dans l’import/export et se charge, de son boulot de faire sauter tous les standards pour avoir Europe Assistance qui ne sait pas, après 32 appels, combien de temps d’hospitalisation est prévu

  • Elle ne peut pas me laisser toute seule comme ça (très réel) en Crête, elle arrive (ma mère. Ca me rassure réellement).

  • Elle se renseigne (via ma première belle soeur toujours mobilisée, france télécommm aurait pu griller sur cette histoire là) trouve même un hôtel proche de l’hôpital où séjourner avec moi et Delphine que bien entendu Mrs Bibelot ira récupérer au club. Que ce soit écrit partout en grec ne la dérange pas : elle a fait grec ancien, mais il paraît qu’on s’y retrouve en grec moderne… (confirmé par une copine de « philo » qu’elle a appelée)

  • Mrs Bibelot décide de partir en se demandant si elle pourra faire un tour au musée d’Héraklion pour le moins, quand elle apprend que Pulchérie quitte l’hôpital (même sans portables, nous arrivions à communiquer juste à temps, via Nicky et mon ex-belle soeur assiégeant tous les n° de téléphone possibles et utiles).

  • Elle cherche un chirurgien qui pourra prendre en charge Pulchérie dès son arrivée… Elle trouve, après 12 coups de fil au cours desquels je lis la lettre écrite en anglais pour que l’on transmette bien au chirurgien ce qu’il se passe… (finalement le poseur de résine a bien fait de se faire attendre pendant 3 heures…)

  • Elle s’est fait un sang d’encre… Limite pire que moi… Je sens d’ailleurs qu’elle m’en veut de tous ces tourments…

PS : quand je le dis que la vie n’est qu’un long calvaire…
PPS : ce sont les pires, mais il y a d’autres vacances…
PPPS : il y a la suite : le pied de Pulchérie jusqu’à la guérison..

Z’avez rien signé, mais c’est pour en chier, la vie n’étant qu’un long calvaire…

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