Bienvenue sur le blog de la Gentille sorcière.

Archive pour octobre, 2006

J'aime pas le train…

EndoraPour revenir de Paris, j’ai été bien entendue obligée de prendre le train, la cariole à âne se faisant rare dans Paris. Et puis 45 km en cariole, avec Diabolos mourrrrrrant de faaaaiiiim à l’arrivée malgré la tonne de croquettes que je lui avait laissée samedi, j’ai préféré éviter.

Je n’avais pas pris d’arme cette fois ci, pas plus qu’un quart de pomme ou un quart de flotte (faut suivre), je me sentais en confiance.   Delphine m’a accompagnée jusqu’à Paris Montparnasse parce qu’entre Cité et ma gare de réception, je peux toujours m’égarer c’est certain et puis on avait à parlotter entre mère et fille loin des oreilles de sa soeur (non pas qu’on en dise du mal, mais être deux par deux c’est sympa aussi). J’étais sciée par ma valise (je vous parlerai du coup du billet expiré plus tard et les courbatures feront l’objet d’un post exclusif) et je me suis écroulée dans le premier wagon qui est celui à prendre pour être à côté de la sortie quand en arrive à Champignac en Cambrousse (z’avez qu’à lire Spirou, les vieux, c’est à mourir de rire).

Les flics sont passés en bande de 18 pour faire remarquer à un jeune homme bien sous tous rapports et lisant Quafqua, qu’il n’avait pas à mettre ses pieds sur le siège devant lui. J’ai cru qu’ils montaient dans le train, j’avais tort, ils regardaient juste où l’on mettait nos pieds et SE SONT ROULES UN JOINT SUR LE QUAI, alors que Delphine m’avait fait remarquer que je n’avais pas le droit de fumer sur le même quai ! C’était un peu hallucinant, d’un autre côté ils dialoguaient sympa avec des fumeurs en manque, je peux comprendre (par 18 les flics armés c’est peut-être un peu beaucoup non ? Ou c’est moi ?).

Juste avant le décollage, mais alors juste avant, (après vérification sans doute que les flics restaient bien sur le quai) 6 loubards bien blancs et sans accent (je précise), sont montés dans le wagon. Alors que j’étais seule dans le wagon le jeune homme quafqua ayant décrété aller poser ses pieds ailleurs, ils se sont installés juste en face de moi, à côté et tout et tout, ce qui fait louche tout de suite. Je les ai ignorés mais eux ne m’ignoraient pas et j’étais à 1000 km de la sonnette d’alarme.

Ils avaient un look d’enfer et des idées plein la tête, certainement pas des meilleures… J’en ai eu la certitude dès qu’ils m’ont apostrophée “ça va miss ?” “Miss” ? MOI ? Bigleux en plus… Et puis je n’ai pas gardé les lapins avec ces types avec leurs bottes, leur portable dans lequel l’un criait à un autre qu’il faisait grimper les filles aux rideaux (c’est quoi un rideau au fait miss ?)

On a juste bousculé ma valise. On m’a dit “elle fait quoi la vioque c’est pas une miss t’as plus l’oeil (rires intelligents c’est mieux) elle n’est pas contente que des jeunes sympas s’intéressent à elle ?”. J’ai méprisé, le coeur dans les godasses et révisé mon testament. Le plus moche (bien sûr) m’a fait un clin d’oeil en me précisant que j’avais de beaux restes, ça fait toujours plaisir, quand on me parle de restes ça m’évoque un gigot, et lui ferait mieux de faire un clin d’oeil dans son miroir pour voir comment il est séduisant ainsi…. Je n’avais plus peur, juste envie de lui défoncer la tronche mais pas la santé de l’héroine de Kill Bill (et sa maestria). Sinon je pense que… Ayant laissé mon sabre fabriqué par Atory Henzo à la maison j’ai pris la décision de descendre à la prochaine, en maudissant ma distraction.

J’ai courageusement pris ma valise l’air de rien, ne jamais faire voir à un prédateur qu’il nous fait peur, écrasé le pied du plus moche qui voulait m’empêcher de passer en le fusillant du regard, pour me diriger vers la sortie et descendre à Clamart comme si j’avais fait cela toute ma vie (descendre à Clamart, connais pas). Il a attendu que je descende pour me dire que je ne savais pas ce que je perdais, vu qu’il avait été légèrement tétanisé (tout de même) par mon écrasage urgent de ses arpions et mon regard qui tuait, enfin j’espère. Comme une conne je lui ai répondu “je t’emmerde” une fois sur le quai parce que m’écraser trop, je ne peux pas (il aurait pu descendre avec ses potes, j’ai été conne sur ce coup là). Trop tard pour qu’il descende (heureusement) il était coincé dans le train qui repartait, et moi sur le quai à attendre le prochain train une heure plus tard…

Quand le train suivant est arrivé deux siècles après, j’avais toujours peur et envie de chialer, mais à 48 ans ça n’attendrit plus personne. Je me suis assise à côté d’une famille sympa, la maman m’a dit que je n’avais pas l’air bien et m’a proposé des chips (elle pensait que j’étais en hypoglycémie). Je déteste les chips alors j’ai lâché le morceau en restant digne (enfin j’espère). Du coup elle m’a proposé un coca et j’ai eu envie de chialer une fois de plus parce que je déteste le coca, que je ne pouvais pas lui faire de peine et que du coup je l’ai bu et le coca excusez moi, mais c’est atroce, ça devrait être interdit par la loi en ce qui me concerne.

Ca tombait bien, ils descendaient à la même station que moi. Ils m’ont ramenée en voiture chez moi car j’étais incapable de marcher tellement j’avais la bloblotte… et qu’ils sentaient bien que sur les 800 mètres à faire à pied je n’étais pas top. Ils m’ont demandé mon n° de tél pour vérifier que je ne m’ouvrais pas les veines en rentrant (je les ai rassurés, MAIS ILS ONT APPELE C’EST SUPER) Je me suis dit qu’il y avait des gens bons sur terre et j’ai remercié en regrettant de ne pas avoir de pain à l’ail à leur refiler (les pauvres). J’ai pensé à mon petit fils Georges lancé dans cette jungle avec des parents indignes qui lui font des calins et lui donnent à manger quand il a faim. Je me suis dit que ce n’était pas grave parce que j’étais entière, que si cela se trouve je ne risquais vraiment rien, et que j’avais passé une bonne soirée la veille. J’ai effacé tous les messages de ma boite mail blog toute seule tant j’étais perturbée quoi que pas au point de négliger de me précipiter sur le net. J’ai fini par pleurer un bon coup avant de reprendre une vie normale (je me suis fait 2 masques dans mon bain rapport à la pleuraison, mais bon le lendemain matin je ressemblais à une grenouille abligeoise tout de même et ça craint).

La prochaine fois que je pars à Paris, je prends mon cran d’arrêt, une bombe de gaz lacrymo et un pistolet à eau chargé en jus de citron pour tirer dans les yeux : ça les fait briller ! (du coup c’est malin, je vais baliser tous les jours en sachant les filles dans le métro à longueur de journée, ces innocentes…)

La vie n’est qu’un long calvaire. JE HAIS LE TRAIN ET LES TRANSPORTS EN COMMUN.(Non Pulchérie tu n’y échappera pas, je viens avec Mrs Bibelot qui viendra visiter son premier arrière petit fils dans 3 semaines, mais je n’ai même pas peur parce qu’elle aura ses petits ciseaux pliants…)

Posté le 31 octobre '06 par , dans Nos grands moments de solitude. Pas de commentaire.

Ma première soirée blog…

Ma_premi_re_soir_e_blog_2__AB05370J’avais vu passer au boulot en vitesse, une annonce d’Hélène pour une soirée troc le 28 octobre. Je savais bien que rentrant chez moi le soir je ne pourrais pas m’inscrire ou bien trop tard, genre dans la file d’attente, 172ème position.

Du boulot en effet, je ne blogue pas, je ne réponds pas sur les blogs des autres ou le mien, même pendant la pause déjeuner où théoriquement je fais ce que je veux. Il suffit que Truchon apprenne que je vais sur canalblog et il pensera forcément que j’y passe ma journée, alors que je n’ai pas assez de 8 heures pour faire mon boulot.

Et voici Pulchérie qui m’envoie un mail au boulot toujours, bravant Truchon, “je t’ai inscrite pour la soirée troc”. Mince, me voilà inscrite : émotion… Deuxième émotion : j’irai pas toute seule j’ose pas. Pas de soucis, elle s’est inscrite aussi, je dormirai chez elle, elle va me cornaquer pour cette soirée et s’il le faut viendra me chercher chez moi avec un harpon pour m’y traîner (on aurait eu l’air chouettes !).

Ne pensant pas utile d’en arriver là je dis OK. Grosse crise d’angoisse. Je pourrais être grand mère (d’ailleurs je le suis, faut suivre), mes fréquentations parisiennes sur blog sont des jeunesses, qu’est-ce que je vais bien faire là dedans ?

Stupéfaction : on a envie de me rencontrer m’assure Pulchérie, j’en suis rouge. Je vide mes placards, je charge une valise à mort pour la soirée troc, et je quitte mon appartement qui ressemble à Berlin en mai 1945 après mon tri. Je découvre au passage qu’il est hallucinant que je puisse avoir autant de fringues noires et je me mets un post it sur ma carte bleue “ne pas acheter de noir avant l’an 3000″. Me voilou partie avec ma valise contenant en plus du reste un litre de sangria, et dans mon sac un pain à l’ail. A la maison cela sentait bon, pendant 45 minutes dans le train on m’a regardée d’un drôle d’air, du coup j’ai pris l’air soupçonneux également (c’est pas moi, qui cela peut-il être ?).

Pas le temps d’appréhender, arrivée à la bonne station grâce à Pulchérie (sinon je pense que je tournerai encore vers porte des Lilas avec mon litron et mon pain à l’ail, l’air hagard), nous voici rejointes par une blogueuse connue de Pulchérie et de moi également mais juste via blog pour moi… Présentations. Je me sens mieux, tout ira bien. Arrivée pour découvrir Hélène en train de se ruiner l’index avec du saucisson et les autres, petit à petit… Quelle gentillesse, quelle spontanéité, quelle féminité ! Et moi avec ma mémoire en vrac, impossible d’en remettre plus de 3 ou 4, donc je ne citerai personne pour n’en vexer aucune qui ne le mérite pas !

Cela a été SUPER ! Moi voyez vous, je suis arrivée à 48 ans en me disant que les femmes sont peut-être des chieuses, mais que dans la vie la solidarité féminine joue toujours à fond et qu’on n’est jamais mieux qu’entre femmes (ou filles).  Et les réunions féminines j’adore. Parce qu’on a peut-être l’air futile et tout, mais en tendant bien l’oreille on en entend des choses intelligentes après le “ce gloss est à tomber”.

Moment exhaltant où tous les produits de beauté et de maquillage sont tombés sur le sol. Fouille discrète. J’ai beau savoir que j’ai le droit de prendre ce qui me tente, je n’ai pas envie d’en voler une autre. J’espère avoir apporté ce qui fera plaisir (je n’ai retrouvé que peu de mon arrivage d’origine). Pour les fringues j’hésite à chercher, je préfère les discussions autour de la table basse. J’arrive en fin de parcours, certaine de ne voler personne (je n’ai pas l’air mais ma timidité me tuera). J’ai une soeur handicapée mentale qui vit dans un centre très bien, mais avec des personnes qui parfois n’ont pas de famille et pas grand chose pour se fringuer. Je donne régulièrement et là du coup, je repars avec ma valise pleine à craquer.

Je me suis ruinée les deux bras et les jambes dans les couloirs du métro avec ma valise 15 tonnes, mais cela valait le coup. En plus je n’ai rencontré que des personnes sympas.

Les filles, les blogs de filles, c’est top !

Par contre en France se déplacer dans le métro ou les transports en commun tout court, avec un poussette, un fauteuil handicapé, cela doit être l’horreur, on est vraiment nuls et ça c’est pas top ! (je ne me plains pas pour moi, ma valise je l’ai choisie…)

Posté le 30 octobre '06 par , dans Trucs de filles. Pas de commentaire.

C comme Comment chier une pastèque part 2

Accouchement_57210942Pour Delphine, ma gynéco et moi avions choisi une autre maternité (enfin elle, j’avais eu trop de problèmes dans la première, je vous raconterai).

J’avais été prise en main dès mon 4ème mois par un accoucheur de choc. Comme pour Pulchérie je faisais de l’hypertension dite gravidique (gravide est relatif à grossesse : un utérus gravide = vous êtes en cloque) et c’est grave. C’est ce qui provoquait ces crises d’éclampsie fatales qui ont tué tant de mamans (et certainement encore actuellement dans beaucoup de pays). Pour Pulchérie, l’accoucheuse cette garce, m’avait donné un traitement sans que la tension baisse et sans qu’elle ne moufte. Là, l’accoucheur me changea le traitement illico qui me transforma pour le reste de ma grossesse en endive trop cuite avec une tension normale (je ne sais pas si vous visualisez bien l’énergie du légume, pour la couleur je suis toujours plutôt pâle ayant autant de mélanine qu’un yahourt…).

Bonne nouvelle, la péridurale n’était toujours pas remboursée par la SS (la sécu, ne nous égarons pas) sauf si elle était prescrite par l’accoucheur, et elle l’était d’office dans mon cas, faisant baisser la tension de manière significative pendant l’accouchement (j’ai sû à ce moment là que j’avais frôlé l’éclampsie 3 fois pendant mon précédent accouchement sans qu’on ne fasse quoi que ce soit, car il avait fait rapatrier mon dossier et soupiré devant la longueur du monitoring et l’absence de traitement).

Donc péridurale prévue, visite chez l’anesthésiste avec joie. Delphine prévue pour le 22 octobre, me voici saisie malgré ma légumisation, par le syndrôme du nid, le 9 octobre.

Le syndrôme du nid (pour les nullipares qui se demandent si je suis folle), est un syndrôme qui n’attaque pas toutes les femmes, mais qui fait que tout à coup on a une énergie débordante et l’envie de tout ranger, laver, aligner au cordeau + faire des provisions. En fait, c’est un instinct ancestral qui pousse la maman à tout mettre en ordre avant qu’elle ne soit ratatinée sur son lit pour plusieurs jours. Albert est rentré le 9 au soir pour me trouver sur un escabeau à récurer une applique, alors que la veille je faisais la baleine échouée sur la banquise, sur le canapé, à regarder Dorothée avec Pulchérie, Pulchérie me tenant l’éponge pour se sentir utile et ne pas grimper dans les plantes vertes. Il a illico appelé Mrs Bibelot (après m’avoir intimé l’ordre de descendre de là et terminé l’applique) qui s’est pointée le lendemain matin, sans savoir (elle n’avait pas connu le syndrôme du nid, elle, mais aurait dû se méfier vu que je lui avais fait le coup pour Pulchérie) qu’elle se ferait réquisitionner pour laver et dégivrer le frigo et faire 62 lessives et le repassage qui allait avec pendant que j’allais à Carouf remplir le congélateur et les placards de bouffe pour 6 mois. Mrs Bibelot opérant bien naturellement avec Pulchérie grimpant dans les plantes vertes… (ce trésor !)

L’instinct étant très sûr, le 11 octobre à 12 H 18 (vous noterez l’exactitude des heures et dates, mais ces moments sont tels qu’on ne peut les oublier, et en plus j’avais une montre à affichage digital), alors que je rangeais le dernier poney rose de Pulchérie sur l’étagère ad hoc, dans un appartement reluisant, j’ai ressentis la première contraction. Putain, elle faisait mal d’office celle-là et bien évidemment comme toutes les femmes, je ne me souvenais pas que cela faisait mal à ce point là dans le ressenti. Deuxième contraction 1/2 heure plus tard, Pulchérie ayant terminé de ne pas manger ses nouilles et son oeuf coque, ni la crème au chocolat (faut suivre).

A 15 heures avec des contractions tous les 1/4 d’heure, naïve, j’ai appelé ma grand mère chargée de venir s’occuper de la petite et du père en mon absence pour qu’elle rapplique vite fait (ce qu’elle a fait le lendemain matin, récupérant Pulchérie chez mes parents), et je me suis rapatriée chez Mrs Bibelot et Jean Poirotte pour ne pas accoucher toute seule dans ma salle de bain avec Pulchérie faisant bouillir de l’eau. Je me disais qu’ayant déjà eu un enfant, forcément, là, ça irait tout seul (quand je vous le dis que j’avais une nature optimiste !).

Jean Poirotte a fait à Pulchérie l’intégrale de ses livres d’enfants avec le ton, pendant que, reprenant mes bonnes habitudes, je déambulais dans le salon à chaque contraction en respirant moyen fort pour ne pas traumatiser l’aînée (non elle ça allait, c’était mon père qui était traumatisé, ma mère lui ayant donné l’habitude de s’avachir dans un fauteuil en réclamant un prêtre ou qu’il l’achève tout de suite). Assistée par ma mère qui en sait des choses et que ce n’est pas pour rien que l’on accouchait debout avant que les hommes y mettent leur nez (ben oui, le bébé appuyant sur le col, accélère le travail. Couchée c’est pas top, surtout qu’on vous couche avec le bas du corps surélevé ce qui fait qu’en plus de chier une pastèque, faut la propulser dans l’espace en méprisant la gravité…(et qu’on en césarise des femmes parce que le bébé ne descend pas, forcément vu qu’il doit monter, faites lever la mère à 8 cm, vous verrez s’il ne descend pas…))

Albert rôdé débarqua tranquillement du boulot à 19 heures pour me trouver la bave aux lèvres (déjà ?), pointant du doigt la valise et les deux sacs d’un air peu aimable. Arrivée à la maternité à 20 heures (il avait mangé un petit morceau, enfin de la potée, pour prendre des forces et du coup grillé tous les feux rouges, en espérant des motards pour lui ouvrir la route) pour m’entendre dire que le col n’était même pas en voie d’effacement… Là j’ai pris mon air le plus aimable, signalé que l’on était au cinquième, et que je ne revivrais JAMAIS ce que j’avais vécu pour Pulchérie. La sage femme charmante, m’a déclaré que c’était hors de question, mais que l’anesthésite n’intervenait qu’une fois le col effacé. C’est quoi cette connerie ? L’effacement du col c’est aussi douloureux que sa dilatation ! Voyant ma mine aimable, elle condamna les fenêtres, me refila un petit cachet de rien du tout pour me détendre, et j’ai pu dormir jusqu’à 23 H 30 en rêvant que j’accouchais, c’est le pire cauchemar que j’ai fait de ma vie…

23 H 30, bien sûr, je sonne comme une débile. Arrivée immédiate, flanquage d’Albert à la porte (pauvre bouchon il dormait sous une couverture de sécurité dans un fauteuil pendant que je souffrais en dormant), examen : à l’ouest rien de nouveau. Sauf qu’elle va faire venir l’anesthésiste quand même parce qu’elle doit me mettre une perf pour accélérer le travail et que sans péridurale je vais vivre un martyr (merci madame !). Départ vers la salle de travail à 23 H 40 avec Albert baillant, à qui l’on épargna la charlotte (mais pas les chaussons verts et la blouse…)

Arrivée de l’anesthésiste à 24 H en salle de travail (il était temps, j’envisageais sereinement de tuer Albert à coup de flacon de perf déjà posée). Ejection d’Albert pour la mise en place de la péridurale avec mille précautions (les anesthésistes débutaient un peu sur ce coup là). C’est très facile de se tenir sans bouger pendant une contraction… Mais j’ai pu. Et puis là, miracle. Tout à coup, plus de jambes, mais plus mal du tout du tout, je respire, je sens que je retrouve mes couleurs, j’aime tout le monde. L’homme de l’art me laisse un cathéter en place pour venir en remettre une dose à 4 heures du matin, promis juré, il revient, il m’aide à m’allonger et fait rentrer Albert en partant…

Minuit donc, je n’ai plus mal, la sage femme a ouvert la perf à fond car je ne sens plus rien, et se barre vu qu’apparement une emmerdeuse accouche également dans la salle d’à côté (on n’entend rien, ça change). Albert regarde le monitoring et commente comme pour Pulchérie  “attention en voilà une” (ça s’annonce sur le monitoring avant qu’on ne la sente) “la voilà !” “Oh elle était forte”. M’en fous je ne sens rien, je regrette de ne pas pouvoir faire un scrable et lui flanquer mes 7 lettres sur mot compte triple. La sage femme passe sur le coup de 0 H 45 et m’annonce “5 cm”. Déjà ? Je ne sais pas comment elle s’est faite avoir sur ce coup là, mais passer en 3/4 d’heure de même pas effacé à 5 cm de dilatation, c’était classe (à 10 cm on va expulser pour peu qu’on pousse).

1 H 15. Albert s’affole un peu devant la fréquence et la force des contractions qui lui rappellent vaguement quelque chose. M’en fous, je ne sens rien, je veux faire un scrable ou continuer à dire du mal de sa tante (impossible de croire que j’accouche). Il sonne. Personne. Il sonne à nouveau frénétique, la sage femme arrive en catastrophe (je la revois encore), me sourit gentiment, m’examine, se fige genre congélation instantanée et va réveiller la puéricultrice “allez chercher le docteur Trumphy ! Vite ! J’ai dit vite !”

Oui ça urgeait, pour une fois Albert avait été à la hauteur et pour un peu Delphine tombait par terre. Trumphy n’était pas là qu’elle m’installait les jambes dans les gouttières ad hoc (je ne sentais rien et ne pouvais surtout pas bouger les jambes), me disait “essayez de pousser” “n’essayez rien, vous poussez toute seule” AAAAHHHHHH chouette, je pousse toute seule et je ne sens rien, youpeee ! Un “COUAC” dans la salle. C’était quoi ? Ben c’était le bébé, Delphine, qui a rouspété dès qu’elle a eu mis le nez dehors (moi je ne sentais rien et c’est Albert qui à mon “c’est quoi ?” a répondu “c’est le bébé”). Je précise que curieusement elle n’a jamais été rouspéteuse de nature alors que Pulchérie qui l’avait bouclé en naissant, si…

L’accoucheur s’est pointé en même temps que Delphine avec un synchronisme hallucinant, pendant que la sage femme terminait le travail (m’en fous, je ne sentais rien, mais bon j’avais oublié le scrable). Il se réveillait apparement, et l’a laissé terminer (la sage femme). Il était 1 H 35 très exactement quand on m’a posé ma crevette sur le ventre qui s’est mise à pleurer en cherchant le sein (c’était bien elle : j’ai faim !). Albert était ravi : ses mains étaient intactes. La sage femme y allait de sa petite larme et hop, on m’a piqué ma fille pour son premier bain (il paraît que cela ne se fait plus, c’est dangereux) donné par un père en pleine forme.

Retour de fille cadette endormie par le bain. Baisse de température du bouchon car l’accouchement avait été trop rapide, mise en couveuse (à plat ventre, c’était la mode) et Albert constatant qu’elle était plus grande que sa soeur et faisait au moins 60 cm.

Eclat de rire dans la salle. Non. Delphine faisait bien les 260 grammes de plus que sa soeur, annoncés par l’accoucheur à la palpation (on l’admire) mais comme l’aînée, faisait son petit 50 cm.

J’ai récupéré mes jambes et toutes mes facultés vers 4 heures du matin (on admire aussi l’anesthésiste), sans fourmis, sans rien, et pu prendre ma fille contre moi dès qu’elle faisait un couac, c’est à dire que je la gardais contre moi pour qu’elle ne couaque pas (comme pour sa soeur qui a passé sa première nuit sur moi, je n’arrivais pas à dormir malgré ma fatigue), sans alerter la puéricultrice. Et le lendemain matin, l’anesthésiste venu me retirer son cathéter inutile, à qui je demandais si “la péridurale c’était toujours aussi chouette ?”, me répondit “pas de manière aussi carricaturale que chez vous”.

Chic ! pour une fois que je faisais tout bien… La vie n’est pas qu’un long calvaire (encore qu’entre 12 H et 24 H j’avais été tout de même une tueuse psychopate potentielle de première).

J’aurais bien eu une troisième fille mais celui qui roupille là haut, en a décidé autrement…

La péridurale c’est top. Et même si on sent pour certaines, un petit quelque chose, ce n’est certainement rien à côté de l’accouchement à l’ancienne…

Posté le 28 octobre '06 par , dans Dictionnaire d'une civilisation tordue. Pas de commentaire.

C comme Comment chier une pastèque part 1

Accouchement_57210942Une certaine demande se manifestant, je m’en vais vous raconter comment j’ai mis au monde Pulchérie à l’âge de pierre, c’est à dire en 1981 alors que la péridurale on en parlait vaguement. Ca va être long, vous êtes prévenus, j’ai la flemme de faire 10 posts… (d’un autre côté vous z’avez le WE… vu que samedi je ne suis pas là…)

J’étais à l’époque d’une nature optimiste. Je passe sur la grossesse (qui mérite son post à elle toute seule naturellement) pour en arriver tout de suite à la fin (le début d’une grande aventure).

La sage femme m’avait tout bien expliqué pendant les cours d’accouchement sans douleur. La douleur vient de la peur, c’est tout bête. Il ne faut pas avoir peur, et il faut savoir respirer. On me l’avait dit et répété. Ma mère m’avait dit que c’était l’enfer, (sa mère idem et toutes les femmes de ma connaissance), mais elle avait une grand tante qui avait accouché 4 fois dans les toilettes en croyant qu’elle avait envie de faire pipi. Non, c’était la tête du bébé déjà sortie. Sûr, je tenais d’elle, obligé, et Albert avait bien regardé dans les bouquins achetés au kilo, comment m’assister dans cette épreuve en attendant l’arrivée de ma mère et des pompiers (à 5 minutes maxi) après la ponte par moi de la côtelette sans douleur aucune (en fait il avait juste à m’apporter une serviette propre et même pas à faire bouillir d’eau).

Pas d’appréhension particulière donc. D’autant que j’avais des contractions très régulières, non douloureuses depuis le début de mon 8ème mois : les contractions ? Pffuit ! de la petite bière !

Pulchérie avait été prévue pour le 25 décembre. Toute la famille avait dû faire des neuvaines ou jeter des sorts pour qu’elle ne naisse pas le jour de Noël, je ne sais pas trop, mais le mardi 15 décembre sur le coup de 18 heures, je ressens une vague douleur dans les reins en même temps qu’une contraction. Pour le soir est programmé “la tour infernale” (ça ne s’oublie pas !) et un plateau TV. A 18 H 30 re-douleur un peu plus forte mais très supportable et j’appelle Mrs Bibelot qui à l’écoute des symptômes pronostique que le “travail” est commencé. 20 minutes après 3ème contraction, ça se rapproche déjà sacrément, chic, je vais faire cela avant demain midi.

C’est trèèèès supportable et je ricane en songeant aux films dans lesquelles il y a forcément une emmerdeuse qui accouche en plein exode, en pleine bataille, en plein assaut des méchants assiégeants ou en pleine attaque des indiens. Moi je ne serais jamais inondée de sueur, hurlante, grimaçante, réclamant l’extrême onction ou que l’on m’achève. Je vais faire cela avec le sourire, rose et pimpante et fraîche, non mais, je sais respirer MOI ! D’ailleurs je m’en vais faire ma toilette et me remaquiller un petit coup…

Je prépare le plateau TV pour Albert. Obéissante je ne vais pas dîner, c’est défendu quand le travail est commencé au cas où une anesthésie serait nécessaire (ou comment perdre 9 kg, jamais diffusé par “Elle”). J’ai juste droit à de la flotte et encore, j’hésite.

La tour infernale commence et je commence à me lever du canapé sur lequel je suis théoriquement vautrée (je ne sais pas m’asseoir dans un canapé) pour déambuler dans la pièce sous l’oeil torve d’Albert que rien ne perturbait, car :

  • Je ne supporte pas les contractions en position allongée

  • Les contractions sont de plus en plus fortes

  • Les contractions sont de plus en plus douloureuses

  • Albert m’emmerde de plus en plus à regarder la tour flamber au lieu de marcher avec moi en faisant le “petit chien”.

  • Les contractions sont de plus en plus rapprochées.

Le film terminé (à l’époque 22 H 30) Albert part se coucher pour prendre des forces. A deux heures du matin je m’en vas le réveiller cet abruti ! J’ai des contractions toutes les 5 minutes, la neige commence à tomber, il est grand temps de rallier la maternité pour que j’y accouche dans la dignité (enfin presque, là j’ai des petits doutes). Je secoue Albert, je lui dit “Chéri il faut que tu m’emmène”. “Où ça ?” répond le (crétin) trésor adoré, et je commence à faire l’exorcisme en lui arrachant la couette et en lui intimant l’ordre de se lever illico, faute de quoi je lui coupe les couilles (ben oui finalement je pouvais m’inspirer d’un film, mais je ne pensais pas à celui là du tout, j’avais tort).

Arrivée à la maternité à 3 heures du matin. Je me précipite vers l’infirmière de garde, Albert traînant une énorme valise + un sac tout aussi énorme. L’infirmière me demande si ce sont des triplés, et devant mon regard de serial killer et ma bave aux lèvres, en l’absence d’un exorciste compétent m’emmène immédiatement dans la salle de travail pendant qu’Albert se dépatouille pour trouver un ascenseur (pour y coincer la valise et la ruiner en plus).

Tout cela pour apprendre que NENNI, le travail est bien commencé, mais que le col n’est même pas en voie d’effacement ! (saloperie de col, connard d’Adam qui a bouffé la pomme ce crétin, et où est ce crétin d’Albert avec MES bagages ?)

On m’installe dans ma chambre particulière et on renvoit Albert : ce n’est pas pour tout de suite il va pouvoir dormir le trésor.

Je passe la fin de la nuit à déambuler dans la chambre. J’ai de plus en plus mal. La journée se passe, avec examens réguliers : le col s’obstine. Maman aussi au téléphone à qui Albert revenu vers 11 heures répond qu’à l’ouest, rien de nouveau. Vers 17 H, la sage femme me fait une petite piqûre pour arrêter le travail et mes périgrinations dans la chambre (une contraction me jette à bas du lit pour marcher, je me demande pourquoi je me recouche) afin que je me repose et je m’endors aussi sec devant Albert qui trouve que finalement un accouchement c’est cool et me réveille pour un bisous au moment de partir à 20 H 30 pour aller manger la potée faite par belle maman (moi je suis toujours à l’eau claire).

Le travail reprend spontanément le jeudi matin à 2 H (déjà jeudi) et me jette à bas du lit. J’appelle la sage femme. Les contractions sont plus fortes, je souffre le martyr, et en plus j’ai un genre de glaire rougeâtre dans ma culotte : le bébé est en train de mourir, il faut me faire une césarienne d’urgence sivoupléééé !

AAAAAHHHHH Fait la sage femme sadique, ce n’est rien c’est le bouchon muqueux, le col bouge enfin (qu’il se grouille ce col, on dirait Albert !). Elle m’examine. Effectivement il s’est un peu effacé… Elle me dit que j’en ai encore pour un bout de temps (vieille peau celle-là) et je crois lui avoir dit quelque chose de très grossier (moi ? oui ! un truc en … ulée, je ne suis plus certaine mais elle est repartie l’air pincé.

Elle me laisse déambuler dans la chambre en m’intimant de ne pas l’appeler toutes les cinq minutes : elle a un accouchement, un vrai, en train. Je sais, ma chambre donne sur la salle de travail et je profite de tout. C’est le troisième auquel “j’assiste” depuis mon arrivée. J’ai droit aux cris, aux serments pathétiques (“plus jamais ! plus jamais ! je me fais nonne !”), aux “poussez madame”, et enfin aux pleurs du bébé. La non insonorisation de cette salle m’encourage grandement pour la suite. Je sauterais bien par la fenêtre pour en finir tout de suite et ne plus souffrir, mais nous ne sommes qu’au premier étage et douée comme je suis je me ruinerais juste la rotule… Je déambule toujours, rictus façon “je suis possédée par un démon” aux lèvres, je pisse vert et j’éructe des bulles fluo du plus mauvais effet. Début d’après midi du jeudi, re piqûre pour que je me repose et petit cachet pour que je n’emmerde personne. Albert persiste à trouver que l’accouchement c’est long, mais cool, et maman joue l’exorciste à son tour dans le téléphone en menaçant de débarquer pour que l’on s’occupe vraiment de sa fille (j’aurais voulu tiens, comment qu’elle aurait fait chier tout le monde, surtout la vieille peau !)

Le travail reprend spontanément le vendredi matin à 2 heures. Me jetant à nouveau à bas du lit toutes les 5 minutes. Entre deux contractions j’essaye de dormir. Je souffre horriblement, je ne pensais pas que c’était possible, dans les films ils sont sympas et minimisent…, je pleure, je veux mourir mais voir mon bébé, je ne sais plus qui je suis et en plus je crève de faim.

La nouvelle équipe me trouve en larmes le vendredi matin à 7 heures, debout, cramponnée à je ne sais plus quoi (si je me souviens, les rideaux, j’ai ruiné la tringle). Nouvelle sage femme, adorable cette fois-ci qui téléphone à Albert de rappliquer et qu’elle s’en fout qu’il soit 7 heures, et rameute l’accoucheur. Un homme qui ne me connaît pas (j’avais choisi sa collègue femme forcément plus compréhensive…)  et s’indigne. C’est quoi ce travail ? Comment elle est là depuis mercredi 2 heures du mat ? Pourquoi on a arrêté le travail au lieu de le renforcer ? (ben oui pourquoi, mais achevez moi et sauvez mon bébé tout de suite !). Il m’examine, marmonne quelque chose contre sa collègue et m’annonce que l’on va me poser une perfusion qui va accélérer considérablement les choses : le bébé sera là vers midi. Plus que 4 heures à attendre, vu que l’on me pose la perfusion dès l’arrivée d’Albert à 8 heures (toujours rapide).

Là, dès la pose de la perf, je sens nettement la différence. Je souffre encore plus. Chaque contraction est un long martyr et je ne peux plus me lever coincée par la perf. Je me contente de broyer la main d’Albert qui mange tout de même des trippes pour son déjeuner (véridique, je n’en supporte plus l’odeur). Premier examen au bout d’une heure : hop, la sage femme augmente le débit de la perf. La douleur augmente également, cela s’arrêtera où cette torture ? Régulièrement la sage femme vient m’examiner, compatit, et remet un petit coup de perf. A 15 heures enfin (Pulchérie a déjà 3 heures de retard sur le pronostic “vers midi”), j’en suis à 6 cm et on m’emmène dans la salle de travail. Albert met une blouse et une charlotte, il est ravissant.

Début de l’épisode “j’ai envie de pousser mais il ne faut pas”. Respiration du petit chien. Albert change de main. A 16 H 30 enfin, les 10 cm sont là, je peux pousser. Et cela soulage de pousser pendant la contraction. J’y mets tout mon coeur. D’ailleurs tout le monde pousse dans la salle : Albert, l’accoucheur arrivé, la sage femme et la puéricultrice (je me demande toujours s’il n’y avait pas un peintre égaré dans la salle, ou un plombier)… Leurs efforts sont 100 % vain… Pour accélérer un peu les choses l’accoucheur perce la poche des eaux qui pointe, s’éclipse pour nettoyer ses lunettes, revient tout en continuant à essuyer ses verres. Puis après 1/2 heure à pousser (moi, je précise, les autres c’était du pipeau), il m’annonce qu’il voit la tête et que zut elle est mal orientée. Pulchérie se présente tête en l’air (c’est bien elle). L’accoucheur empoigne alors un genre de pinces à asperges, me précise qu’il va me faire mal mais pas longtemps, le temps qu’il positionne bien la tête. Ca s’appelle un forceps et là j’ai cru crever, Albert aussi (sentant encore sa main, ce pauvre bouchon, je lui ai ruiné les carpiens). Puis il empoigne la tête (l’accoucheur, Albert en étant incapable) qui est sortie (ouf) et tire. Albert devient tout blanc, moi aussi sans doute, car j’ai l’impression que l’on est en train de me vider complètement le ventre. A priori vu ce que je ressens, l’estomac va sortir aussi avec le cervelet comme accompagnement…

Et tout à coup elle est là ma fille, sur mon ventre, les yeux grand ouverts, toute rose et lisse après cette épreuve à laquelle elle a participé, l’air étonné. Elle ne pleure pas est-ce normal ? (d’autant que son père et moi pleurons et toute la salle avec). Oui ils attendent un peu pour couper le cordon qu’elle prenne sa respiration tranquillement. L’accoucheur a eu le temps de voir qu’elle a les petits pieds qui rentrent un peu et demande une radio des hanches, envoie du sang de cordon au labo (incompatibilité rhésus) La sage femme tend des cisailles à  Albert pour qu’il coupe le cordon, le fait elle même devant sa couleur. Puis on me pique ma fille pour le premier bain avec le papa qui titube un peu.

L’accoucheur procède à la délivrance (une contraction de plus, de la petite bière), me précise qu’il n’a pas eu besoin de me faire une épisiotomie. OUF.

Prochain épisode : Delphine avec péridurale : moi arrivant à la maternité avec un fusil à canon scié, un cran d’arrêt et une grenade pour que l’anesthésiste ne tarde pas…

Deux anecdotes :
Ma meilleure amie à 8 cm de dilatation descendant soudain de la table en précisant “je n’en peux plus, vous finirez sans moi”, rattrapée de justesse dans le couloir : la fuite de la future mère n’étant pas prévue.
Une amie de ma mère à qui l’accoucheur serinait de se tenir un peu bon sang, lui hurlant dans les tympans “docteur, vous avez déjà essayé de chier une pastèque ?” Accoucheur calmé (et expression passée à la postérité).

Cette merveilleuse image, c’est tout à fait cela… La vie n’est qu’un long calvaire.

Posté le 27 octobre '06 par , dans Dictionnaire d'une civilisation tordue. Pas de commentaire.

Chérie où sont mes chaussures ?

Ch_rie_o__sont_53273170Une porte de placard a été ouverte, et refermée avec violence 1/8ème de seconde plus tard, ou bien le frigo, ou un meuble de cuisine. Vient la phrase fatidique :

Chérie où :

  • Sont mes chaussures ?
  • Sont mes chaussettes ?
  • Sont mes caleçons ?
  • Est le beurre ?
  • Est ma confiture d’abricot ?
  • Sont les clefs de ma voiture ?
  • …Répondre invariablement, sans se lasser : “dans le sucrier avec le peigne” (dégonflée !) (cette citation est de Jean Poirotte, droits d’auteur exige)

Chérie qu’as-tu fais de :

  • Liste non exhaustive, c’est toujours de la faute de celle qui range quand l’homme n’est pas porté sur le rangement. Et il a forcément tout perdu même si c’est toujours rangé à la même place (il ne se souvient pas).

  • Répondre invariablement : “je crois l’avoir descendu aux poubelles ce matin, trop tard les éboueurs ont fait leur métier” (toujours dégonflée !)

Le non rangeur laisse ses chaussures dans l’entrée pour les retrouver le lendemain, met son manteau sur la chaise du bureau de l’entrée pour la même raison, et garde à portée de vue tout ce qui lui est utile. C’est la raison pour laquelle il s’est assis sur la télécommande et la cherche partout, sans lever ses fesses du canapé (il lui semblait bien l’avoir laissée dans le secteur, mais surtout pas sur la table basse c’est trop loin de sa portée)…

Nous avons donc rangé les chaussures dans le placard à chaussures, les chaussettes dans le tiroir à chaussettes et ses caleçons dans le compartiment du frigo ad hoc. Sauf qu’il voulait le rouge. Le rouge est rangé sous le bleu et il ne lui viendra jamais à l’idée de soulever le bleu pour voir ce qu’il y a en dessous, surtout dans le frigo que l’on teste pour voir… Le caleçon tout en dessous de la pile est une réserve en cas de guerre, car il ne sert jamais…. Si ce qu’il cherche ne lui tombe pas sous les yeux dans le 8/ème de seconde, l’homme ne trouve pas et nous appelle “chériiiiie”. Lui répondre “cherche” passé 3 mois d’attendrissement, est du pur masochisme et un cas de rupture, vous êtes prévenues. De toutes manières il vous faudra bien vous déplacer et prendre 2 secondes pour retrouver la paire de chaussure, légèrement à droite dans le placard, même si vous êtes en train de faire la respiration “petit chien” en attendant qu’il se chausse pour vous emmener à la maternité où vous allez devoir chier une pastèque (et lui pas, il écrit en plus à Dieu pour le remercier et ne retrouve pas le papier à lettre, ni les timbres, ni les enveloppes).

On lui explique une fois de plus que le beurre ne lui tombe pas sous le regard avec sa vision en tunnel de merde vu qu’il est dans la contre porte du réfrigérateur, dans la boîte prévue par le fabricant pour qu’il ne soit pas trop dur. Il se fait une tartine et remet le beurre bien en vue (de la sienne en tous cas) où vous le retrouverez pétrifié le lendemain matin : c’est l’arme du crime parfaite si vous voulez occire Albert avec un objet bien dur et qu’on ne retrouve jamais la dite arme laissée à dégouliner sur le four après le forfait.

On lui parle gentiment pour lui préciser qu’à se promener en regardant le plafond il ne risque pas de trouver ses chaussons ou ses chaussures, à moins de mettre les pieds dedans par hasard (le hasard ne l’aide que rarement). Le fait est là, il ne trouve rien, pas même son chemin quand il conduit et que le GPS est en panne. La dernière fois qu’il a trouvé le café, c’est parce qu’il l’avait mal rangé et que le bocal lui est tombé sur la tête quand il a ouvert le placard. Sinon, vous dissimulez sadiquement le café soluble avec votre thé en vrac, donc il ne trouve rien. Les placards de cuisine sont ses pires ennemis, car on a tendance à en mettre sur au moins trois niveaux : pousser le niveau premier plan pour regarder derrière ne l’effleure jamais, quant à ce qu’il aille visiter le troisième niveau c’est de la pure science fiction et c’est donc l’endroit idéal pour planquer les lettres enflammées d’un amant torride…

Quand il range, généralement sa conception du rangement n’est pas la même que la nôtre. IL aime bien la technique du tas, ou du bordel organisé. Charles Hubert par exemple, rangeait tout dans des sacs plastiques qu’il laissait dans le salon jusqu’au jour où je le menaçais de descendre les sacs à la poubelle. En soupirant il sortait 8 livres qu’il ne lirait jamais (tas n° 1), les acheter suffisant à le rendre plus cultivé, 8 paires de chaussettes neuves qu’il allait mettre dans son placard (tas n° 2) qu’il gérait lui même (en faisant s’écrouler la penderie, malgré mes avis : une barre qui se tord c’est mauvais signe) : donc il utilisait toujours les mêmes vieilles chaussettes ayant perdu de vu le tas n° 2. Par contre avantage : il ne rangeait jamais mes affaires et je ne risquais donc pas de retrouver un soutien gorge dans le frigo avec les radis…

Un spécialiste du “je ne cherche pas, d’ailleurs je ne sais pas”, c’est Jean Poirotte, apostrophant un jour Mrs Bibelot “chériiiiiie, qu’as-tu fait du piment ?”. Ma mère après 37 ans de mariage à l’époque s’est levée de son fauteuil avec résignation pour trouver son mari rouge de colère et ouvrant le placard en précisant “je l’avais pourtant rangé là ! (geste à l’appui)… Bon bah il y est toujours…”.

On peut éventuellement se déconnecter de la réalité et prendre la bonne résolution de ne plus jamais se déplacer quand il cherche quelque chose. Je sais, c’est difficile car il insiste. Mais dites vous bien que si c’est urgent, il finira bien par trouver, même en vociférant que c’est dingue d’avoir une femme sourde, et que si ça ne l’est pas, il reportera au lendemain (sauf pour la télécommande qui lui appartient de droit…).

Vous pouvez aussi choisir de vivre seule chez vous et lui chez lui et de vous rendre mutuellement visite, c’est le top du top (regardez où vous posez votre postérieur chez lui tout de même, une télécommande incrustée dans la cuisse n’étant pas top glamour…)

La vie n’est qu’un long calvaire, le seul homme aimant chercher et trouvant étant généralement un détective ou un flic obstiné alors qu’on est la coupable…

Posté le 26 octobre '06 par , dans Notre vie quotidienne à nous les femmes. Pas de commentaire.

Me voilà grand mère c'est trop affreux !

Georges_7659722Ca me pendait au nez bien évidemment, vu mon grand âge (quasi canonique), mais je ne pensais pas que cela me tomberait dessus du jour au lendemain, c’est le cas de le dire.

Grossesse dissimulée à sa mère ? Accouchement dans le salon de maman qui s’attendait à tout sauf à ça en plein repas dominical après la messe (hum) ? Hospitalisation pour un deuxième appendice à retirer (les médecins étant tous des ânes dixit Albert) se révélant être un accouchement de jumeaux et l’aérophagie une vaste blague ?

Vous avez une imagination débordante…

Ma méchante et son gentil ont eu des problèmes avec des souris visitant leur appartement. Il faut les empoisonner, les tuer, les gluer (les souris) bref, c’est l’horreur et du sadisme. Ce n’est pas qu’ils détestent les souris (finalement c’est plutôt mimi), c’est tout simplement que ces visiteuses du soir apparement, semaient des petites crottes partout et mangeaient le chocolat ce qui est crimininel, et se promenaient dans l’appart sans compexe, se faisant fugitivement passer pour des mygales (dans l’ombre). Hors le répulsif tout bête pour souris n’existe pas. Il faut les tuer (ça fend le coeur (A la méchante et au Gentil !), les moyens mis à disposition étant sadiques) ou les supporter (les souris !)

Pulchérie a toujours adoré les chats et en a toujours eu (enfin moi sa mère, du  coup elle au passage, bêtement on habitaient ensembles) et en deux temps trois mouvements, a décidé d’en prendre un, dans la mesure où l’on dit que l’odeur des chats fait fuir les souris (ce qui fait ricaner Jean Poirotte alors que Mrs Bibelot est d’accord avec l’adage, ce qui fait que je les ai quitté hier soir au bord du divorce pour discuter de ce passionnant problème !) et qu’en plus elle en voulait un depuis leur déménagement (Pulchérie bien sûr, Mrs Bibelot ayant terrassé Jean Poirotte avec une soupe au potiron, ou avec la louche, je ne sais plus).

Quand Pulchérie veut quelque chose c’est exactement comme quand elle ne veut pas, c’est dire ! (d’autres sont pareils, faites moi penser à faire un T comme têtu et un O comme obstiné dans mon dictionnaire… (le B comme buté étant réservé à Albert)) (je prends des notes et je reviens).

Renseignements pris chez de gentils bloggeurs le mercredi soir, décision prise jeudi, re-renseignements pris le vendredi et le samedi via une annonce, et les voici débarquant dimanche pour aller à la SPA de Plaisir (où l’on évite de trop regarder toutes ces pauvres bêtes abandonnées, je ne le répèterai jamais assez : c’est une honte (d’abandonner un animal, vous êtes fatigants, la méchante et le gentil n’étant pas en cause !).

Ceci dans le but de revenir avec un chat et non pas une souris (précision pour les distraits). Pulchérie l’a avoué après : elle ne serait pas repartie sans un chat ce jour là chaton ou pas, et quel que soit son âge (d’où le refus de bien regarder avant d’avoir fait le tour avec la personne en charge des chats, pour ne pas avoir de remords après et je la comprends (j’ai eu Diabolos à la SPA et j’ai encore sur le coeur de ne pas en avoir pris deux ce jours là qui s’entendaient si bien…))

Bien évidemment, car nous n’étions pas encore trop avancés en saison, il y avait encore du chaton et il y en avait un bien trop mignon, câlin comme elle aime (elle a été habituée à des glues ne pouvant dormir ailleurs que dans les bras d’un humain) (les intervenants sont vraiment à la hauteur pour évaluer le caractère d’un animal, et ne souhaitant pas louper une adoption, ne pousseront jamais à prendre un animal qui ne nous conviendra pas et réciproquement), avec une petite tête triangulaire de voyou curieux et l’air bien déluré.

Donc le petit mâle qui tenait dans la main (elle voulait une femelle) a séduit toute la famille (le gentil se coltinant sa belle doche le pauvre, mais c’était ma voiture et mon panier à chat), a fait signer des tas de papiers, et a servi de klaxon dans la voiture pendant le retour, avec arrêt obligatoire chez Jardilande pour acheter son nécessaire de survie (alors : un jouet, un griffoir, un panier à litière, un panier à voyage, des croquettes, c’est joli cette cabane en coton, cette fausse souris est admirable, le jouet avec des grelots est terrible, et tu pense qu’il voudra d’un arbre à chat ?) (je sais, j’exagère mais sinon c’est pas drôle, tout en n’étant pas loin de la vérité absolue, car l’arbre à chat était en rupture de stock).

Donc mon premier petit enfant est un petit fils noir et blanc, il a une mignonne tête de coquin avec un nez rose, et je les ai vu repartir (la méchante et le gentil ! pas une souris et un chat !) avec un pinçon au coeur en les voyant avec leur premier, alors qu’ils ondulaient de la toiture et gagataient à mort,  comme n’importe quel amoureux des animaux en faisant coutiou coutiou au mayou…, croulant sous le nécessaire à la survie de la crevette anti souris qui venait de grever le budget chocolat…

Quand je l’ai pris le trésor, dans mes mains en attendant le train (dans la voiture bien sûr !)  en lui disant “c’est mamiiie !!!!” pour le gratouiller sous le cou, je me suis sentie devenir (pourquoi devenir vous direz-vous ?) complètement tarte. Je n’ose penser à ce que je dirai de beau à mon premier petit enfant sans poil : une tirade de chèquespiiiire certainement !

Une sorcière gâteuse… (n’empêche qu’un premier animal pour un jeune couple, c’est une page de tournée et pour les parents idem…) (j’m'ouvre pas les veines, j’écris, c’est l’avantage de ce blog idiot !)

PS : sur la photo, avec l’aimable autorisation de sa môman, voici Georges. Oui, comme le roi d’Angleterre ! Lequel ? J’sais plus. Ou alors c’était un prétendant au trône et moi l’histoire d’Angleterre…

Posté le 25 octobre '06 par , dans Nos grands moments de solitude. Pas de commentaire.

Les mensonges des filles…

Mensonge_la9980_001Ce qui va suivre est dit d’un air totalement innocent (ou outragé, le temps passant), alors que les parents ont aussi pris leurs parents pour des imbéciles…

  • C’est pas moi qui ai fait pipi dans ma culotte, c’est Chloée (la chienne)

  • A pas touché la plante (pot brisé)

  • A pas touché le téléphone (décroché)

  • Papa l’a dit que je pouvais faire pipi dans ma culotte

  • Je n’ai pas touché les clefs c’est Delphine (clefs retrouvées dans les chaussures de Pulchérie avec la carte bleue d’Albert)

  • Je n’ai pas touché au robinet de la baignoire (qui déborde)

  • La boulangère nous avait donné une toute petite baguette

  • Un crouton est tombé dans le caniveau et un gros chien noir a mangé l’autre

  • Je suis en retard parce que la maman d’Aurélie m’empêchait de sortir de chez elle

  • Non nous n’avons pas joué en route, il y avait 100 personnes avant nous à la boulangerie !

  • Non je n’ai pas entamé la tablette de chocolat c’est une souris (je veux un chaaaat !)

  • Ta montre doit avancer : regarde la mienne ! tu as deux heures d’avance !

  • Ce n’est pas moi qui ai jeté mon vélo par terre. La chienne a dû le bousculer.

  • Je n’ai certainement pas terminé le fromage. D’ailleurs je déteste le fromage (double mensonge)

  • Je ne comprends pas ce que tu veux dire. Qu’entends tu par “qu’as-tu fait de mon tarot ?”

  • Touché à ton mascara ? Moi ???

  • Non je n’ai pas déplacé ce meuble

  • Les étagères ? elles sont tombées toutes seules

  • Oui je me suis brossée les dents

  • Je n’ai pas pris ta pince à épiler. Pour quoi faire d’ailleurs ?

  • Non je n’ai pas traitée Pulchérie de “grosse mémée poilue”, elle n’avait pas le droit de me flanquer une tarte

  • Le coupe ongles ? Non je ne te l’ai pas emprunté non plus… Cela doit être Pulchérie (qui se ronge les ongles)

  • Je ne t’emprunte jamais de CD : ta musique est tarte

  • Je n’ai appelé aucun portable je ne suis pas folle, cela doit être toi. Ou alors j’ai fait bis malencontreusement 50 fois.

  • J’ai égaré ma dissertation à te faire signer. Tu peux signer le carnet ? En marquant “lu, vu et controlé”

  • Non on ne téléphonait pas, la ligne était certainement en dérangement.

  • Ce n’est pas nous qui avons trempé les serviettes dans la salle de bain

  • Ouiiiiii on a fait le ménage (aleeeeerrrrte elle rentre) et vidé le lave vaisselle. Prends ton temps ma maman chérie.

  • Les jumelles de papy ? Pour faire quoi ?

  • Je ne mets jamais les pieds dans ta chambre en ton absence

  • Je ne fouille pas dans tes affaires, surtout de maquillage : tu te maquille comme une mongole

  • On rentre à minuit au plus tard ma maman chérie…

  • Un jeune homme qui t’aide à vider ton coffre ? je ne vois vraiment pas qui cela peut être, un détraqué certainement…

  • Non je n’ai pas de petit ami…

Posté le 24 octobre '06 par , dans Faites des gosses !. Pas de commentaire.

La préhistoire – 1

Le_miroir_de_la_femme_eux_aussi_nous__criventJe suis heureuse avec l’homme et la femme de ma caverne. Un homme d’une autre caverne me regarde quand je vais chercher l’eau. Chaque fois j’ai peur de lui, et envie de je ne sais quoi. Si je me laisse prendre, qui cherchera l’eau pour ceux de ma caverne ? Mais si je me refuse, qui me fera peur et envie ? La nuit, je dors mal et je regarde les étoiles. Aidez-moi, je crois que je suis malade et que je vais mourir (Seule dans la nuit)
Il n’est pas bon que vous soyez seule, même le jour. L’étranger, bientôt sera pour vous ce qu’est l’homme de votre caverne pour la femme de votre caverne. Et il ne sera plus étranger pour vous, vous ne serez plus étrangère pour lui. Et il vous fera longtemps peur et envie, et vous aurez des petits pour vous chercher votre eau.

J’ai un homme. Il chasse bien. Mais il y a un autre homme à côté qui chasse mieux. J’ai dit au mien que tous les deux pouvaient chasser pour moi. Il m’a battue. L’autre veut le tuer. Que faire ? (Inquiète)
Faites comme tout le monde, restez avec celui qui vous nourrit. Et pensez à celles qui n’en ont pas.

Mes soeurs vivent toutes avec des hommes de ma caverne. Ai-je le droit d’en prendre un à l’extérieur ? (Aventureuse)
Trouvez-le d’abord. A vous ensuite d’assurer la bonne entente entre tous.

PIN, POLLEN ET PETALES

Pour rougir les lèvres, PRENEZ des pétales d’anémones rouges bien épanouies et écrasez-les sur vos lèvres. Elles deviendront semblables au pétale même de la fleur.

Pour ombrer les yeux, RECUEILLEZ du bout de l’index le pollen de la fleur de pavot : il est d’un beau noir profond et bleuâtre. Passez votre doigt sur et sous votre paupière : elle acquerrera ainsi une ombre qui rendra vos yeux plus brillants.

Pour souligner vos cils, RECOLTEZ la résine qui coule des pins et des sapins sous la forme d’une grosse larme . Prenez cette larme dans vos doigts, léchez-là d’un coup de langue et retroussez vos cils supérieurs à l’aide de cette gomme. Au bout de quelques instants ils seront gracieusement recourbés pour toute la journée.

TROC

  • Perclus, échange caverne vaste et ombragée contre plage ensoleillée
  • Silex taillés tous usages contre femme courageuse.
  • Cherche chasseur reconnaissant champignons comestibles contre flûte dans tibia très musicales
  • Ordinateur d’il y a 3 ans perturbé à mort, contre neuf avec disque extérieur pour sauvegarder actuel disque dur (oui c’est moi, il faut que j’en profite…)

Posté le 23 octobre '06 par , dans Histoire de sorcière. Pas de commentaire.

Halloween droit devant !

Halloween_droit_devant_57210813Je vous le fais dans la même foulée que les fêtes, j’ai failli l’oublier, je m’en serais ouvert les veines…

Droit devant voici Halloween et le cortège de récriminations ou idioties qui vont avec (m’en fous je suis en congés du 27 au soir au 2 au matin et pouêt !!!! et comment que je vais aller extorquer des bonbons aux voisins pour les échanger contre du pâté et me manger du potiron avec mon balais !).

(Je signale au lecteur débarquant ici ou n’ayant pas tout suivi que le “pouêt” est généralement réservé à Pulchérie, mais que vu qu’elle me l’a piqué, je le lui pique à mon tour, on referme la parenthèse, faites un tour chez Hélène ou Jo, vous comprendrez (Pulchérie merci de faire les liens tu sais que ta vieille mère est nulle et ça t’amuse en plus)).

Je ne voudrais dire du mal de personne et Jean Poirotte a été dûment consulté : j’ai le droit de le citer ici. D’ailleurs je ne dis pas de mal, je parle d’une vérité. Il déteste Halloween qui est pour lui une coutume américaine et les américains il les emmerde (comme beaucoup d’européens d’ailleurs), c’est simple. Donc tous les ans il nous fait son discours sur Halloween, il en est rasoir, mais il assume, persiste et signe sur ce blog.

Enfin quand je dis qu’il déteste : ça l’énerve profondément de devoir creuser un potiron (c’est hyper dur, c’est depuis que j’ai essayé que je lui ai refilé la tronçonneuse), se manger la soupe au potiron qu’il déteste, voir le potiron trôner devant sa porte avec une bougie dedans, et Mrs Bibelot lui faire une boîte après la soupe au potiron car elle a oublié de lui acheter à dîner vu qu’elle achetait des bonbons pour les enfants (le temps approche où elle va planter ses potirons elle-même dans le fond du jardin et l’envoyer les arroser, on n’ose y croire)

Donc “nouvelle coutume” ? c’est-y stupide et publicitaire ? (publicitaire certainement ne rêvons pas, stupide, pas plus que tellement de croyances…), trop neuf ? Du rebouillus ?

Même pas besoin de consulter gogole, j’ai pu me renseigner chez les anciens avant qu’ils ne me faussent compagnie.

Mon grand père maternel ne détestait pas Halloween, à l’exception du battage publicitaire qui allait avec. Il se souvenait que quand il était enfant, on creusait des légumes variés (du potiron au navet, voire même des choux et de grosses carottes), pour mettre des bougies dedans, et que l’on posait ces décorations partout devant les maisons. A l’époque c”était la lumière d’avant Noël. Les gens chez qui on venait sonner, donnaient ce qu’ils avaient fait pour ce jour là, parfois un bol de soupe, sinon des gâteaux ou des caramels maison. Le grand père d’Albert disait la même chose. Les enfants se déguisaient et avaient le droit ce soir là de tout faire sauf trop les zouaves, à l’époque fallait pas pousser non plus avec le style “je suis une bande jeune à moi tout seul…”

Ces coutumes connues par les anciens, sont parties aux USA avec les émigrants à l’avant siècle dernier (ben voui…). Et sur l’europe est passée la grande guerre. Le 11 novembre ce n’est pas top. Le 1er novembre qui précède tout juste est la fête de tous les saints et non pas celle des morts (qui a lieu le lendemain). Mais en souvenir de ces millions d’hommes happés par cette guerre affreuse, dans l’esprit populaire sage, l’amalgame s’est fait entre la fin d’une guerre et cette période où le temps n’est pas béni et les jours bien courts…

Le chrysanthème a fait les frais de cette période avec la fête : en France c’est la fleur des morts. La seule à mettre sur une tombe en souvenir d’un homme disparu pendant l’hécatombe, car la seule vivace à cette époque. On revois de jolis chrysantèmes depuis quelques années, que l’on a envie de mettre chez soi et de garder jusqu’à l’arrivée des cloches. Personne n’en est à offrir un chrysanthème à une maîtresse de maison comme dans les pays anglo-saxons… (c’est dommage j’adore les jolis à petites fleurs, jaunes de préférence ou rouge (c’est est un message subliminal))

Et un beau jour des marchands ont décidé de nous faire fêter Halloween à nouveau, mais en nous présentant cette fête comme une fête américaine qu’il était honteux qu’on ne fête point. Une vieille fête celtique en fait, venue d’une époque lointaine où l’on pensait que les esprits des morts revenaient pendant une nuit. Pour les calmer et leur faire plaisir on leur mettait des friandises, à manger, sur le pas de la porte. Les enfants décidèrent de se servir et de se déguiser en esprits ou fantômes pour abuser le généreux donateur. La tradition a survécu dans les campagnes malgré le christianisme et nous est revenue telle qu’elle était avant : une vraie fête, mais avec ses pubs et son fric à claquer (avec les fêtes qui se pointent juste après les impôts, c’est duraille).

Maintenant s’il faut aller travailler avec un chapeau de sorcière, un faux nez et un masque le 31 octobre, je dis non (d’ailleurs j’ai posé 2 RTT). S’il faut claquer des fortunes pour un masque en potiron, une fausse araignée et une citrouille électrique, je dis non également : c’est tout de même plus amusant de faire son horrible masque soi-même non ? Comment voulez-vous que nos enfants soient créatifs ? (regardez, Pulchérie et Delphine se dessinaient des toiles d’araignées avec mon crayon khol, elles n’en sont pas mortes !) S’il faut allumer une bougie et recevoir les enfants avec le sourire, je dis oui, pourvu qu’ils ne m’arrachent pas le sac en me traitant de salope qui a oublié le réglisse qu’ils adorent (ou qui en a pris et ils détestent)…

Et bon courage à papa pour le découpage et le mangeage de potiron…

Je préfère ne retenir que le convivial de cette fête, les rencontres, les sourires et les rires, et je suis volontaire pour la soupe au potiron. J’aime à croire également que les esprits de nos proches reviennent nous contempler cette nuit là. Je vous quitte, je préviens mes parents chéris que j’y serai, (avec une boîte de tripes pour Jean Poirotte pour pallier le manque de dîner), une cape de vampire pour Mrs Bibelot et moi, car il faut toujours savoir s’amuser…

La vie ne sera qu’un long calvaire pour ceux qui vont me croiser ce soir là… (j’adore faire le vampire sur une route de campagne la nuit, je sais c’est idiot, mais les voitures ralentissent, ben voui j’ai testé…)

Posté le 21 octobre '06 par , dans J'aime bien l'histoire. Pas de commentaire.

Z'êtes prêts pour les FETES ?

Les_f_tes_approchent_53271930Vous vous dites sans doute que j’ai perdu la tête, à venir vous parler des fêtes de fin d’année à la mi-octobre. Une sorcière vous pensez bien, la pauvre, il y a longtemps qu’elle a perdu son si peu et le reste avec !

Je suis navrée de vous décevoir, mais je m’étais promis de devancer les premières guirlandes de noël en plein milieu de mon bourg ou ailleurs.

Or, on nous les sort de plus en plus tôt (les guirlandes). Un jour, le père noël et ses aides vous distribueront vos tickets de péage un premier juillet sur l’autoroute de peur qu’on les loupe en décembre (on ne sait jamais, une distraction…).

On n’est jamais assez prudent, je fais le post sur les fêtes fin octobre et voilà (et puis en plus je fais ce que je veux c’est mon blog).

Donc, prochaine perspective (outre le quart de siècle de Pulchérie qui a eu la courtoisie suprême (à souligner) de pointer son nez le 18 décembre au lieu du 25 prévu par le grand ponte du terme de la grossesse, manquait plus que cela que je joue la vierge pas vierge et d’une fille en plus (z’avez vu un prophète fille ?! même si ça cause ?) : les fêtes de fin d’année.

Je déteste les fêtes de fin d’année, et que personne ne vienne me dire que je suis folle, je ne suis pas la seule, seulement personne n’ose le dire. C’est aussi mauvais genre que la frange (suivez, je ne le répèterais jamais assez, je suis désolée pour les nouveaux arrivés mais il faut TOUT LIRE).

Je ferais un post sur les noëls de mon enfance, dans la rubrique ad hoc. Pour l’instant je constate que je ne suis plus une gamine et que les fêtes de fin d’année me saoulent grave depuis déjà un bon moment. En fait depuis que les filles sont grandes, jamais là ou si peu pour ces fêtes de fin d’année, depuis que trop de gens ont quitté ma vie à ce moment là (y compris Albert qui a décidé de vivre sa vie sans moi un premier janvier).

Déjà c’est la fête obligatoire (voire même les fêtes), donc c’est ambiance gaie et heureuse obligatoire toujours. Pour commencer on sort les guirlandes, on décore partout (on édite des catalogues pour jouets, bijoux, parfums et autres, faut forcément y laisser un mois de salaire, c’est ceux qui touchent votre salaire ce mois là qui le disent). Je ne peux pas dire que je trouve cela moche (les guirlandes). Je trouve simplement que la lumière qui illumine du rien ne sert à rien et ne vous rendra pas la vie meilleure si vous n’allez pas bien. Les deux dernières années je n’ai pas fait de sapin alors que pour moi c’était sacré, même avant la naissance de l’équipe de fer. Des guirlandes lumineuses partout c’est même horrible à contempler quand on est dans le 36ème dessous ou que l’on sort de la guirlande mortuaire par exemple.

Car figurez-vous qu’il y a des gens qui ont assez mauvais esprit pour mourir juste avant les fêtes de fin d’année (ou même le 25 décembre, 1er janvier), genre novembre, décembre (parfois octobre, franchement on hallucine, le décès devrait être interdit en dernier trimestre, aux alentours de pâques, au printemps et pendant les congés d’été). Leurs proches sont priés de sourire tout de même car c’est la fête, on vous l’a dit et répété. Et puis si tous les ans vous avez le cafard à partir d’octobre, personne ne comprend : il y a plein de trucs à acheter (pour les autres en se plantant forcément, pour nous aussi, mais on n’a pas de sous et pas l’envie d’en dépenser), de la belle musique dans les magasins, les fêtes approchent : on est heu-reux et ra-vi ! Les moutons de Panurge étaient peut-être abrutis, mais on doit l’être encore plus !

Arrive l’holocauste du sapin qui peut crever dans l’indifférence générale. Dès le premier décembre les grands magasins ont leur stand sapins crevés et tout le monde peut avoir des aiguilles plein les pieds le 25 décembre (zut il est vraiment mort, ben oui depuis un mois, c’est obligé). Je sais c’est joli un arbre mort avec ses décorations. Personnellement j’en ai un faux, très bien imité. Il faut juste deux heures pour lui donner une tête de vrai arbre et une bombe de parfum pour qu’il sente le sapin, mais curieusement je ne culpabilise pas (j’ai testé le Nordman en pot, acheté in extemis, devant terminer ses jours dans le fond du jardin des parents : il n’a pas résisté à mon appart surchauffé, malgré mes arrosages et rien n’est plus déprimant qu’un Nordman qui meurt. Il ne perd pas ses aiguilles : il s’effondre vers le bas (ceci pour un prix prohibitif, mais je m’égare)).

Il y a les cadeaux à faire. Je n’ai rien contre le concept du cadeau, mais le moment obligatoire (là encore) où il faut mettre la main dans une poche vide, je suis contre (les impôts se pointent juste avant les fêtes, c’est un don chez eux). Fort heureusement ma soeur fort sage, a décrété un beau jour que trop c’était trop. Elle en était à deux enfants, 8 neveux et nièces (mon beau frère ayant une soeur ayant des enfants, c’est scandaleux), les parents, les beaux parents plus tout le bataclan (les frères et soeurs par exemple, dont moi (et le beau frère ayant une soeur ! on rêve tout debout !)). Même en mettant un bémol sur le prix, par personne, c’était un mois de salaire de parti que les impôts auraient quand même et elle n’en pouvait plus, souhaitant privilégier ses petits, a tiré la sonnette d’alarme pour découvrir qu’elle n’était pas la seule dans son cas.

Depuis cette mise au point fort sage et approuvée par tous, les parents sont OK : rien pour eux (d’ailleurs ils ont tout, et plutôt à donner, surtout à leurs petits enfants, on comprend (mais on leur amène tout de même des chocolats pour critiquer leur cholestérol). Bien sûr j’ai les filles à couvrir d’or (ou un erzatz), et sinon les petits qui y croient encore (aux fêtes de fin d’année !!!!). Ou qui sont trop petits pour ne pas avoir de cadeaux en comprenant. Pour ceux qui ne rentrent pas dans la catégorie restreinte pré-citée : je peux m’abstenir sans passer pour une barbare moyenne comme ma soeur qui restreint également. Tout le monde se sent mieux, c’est affreux comme cela pesait avant. En plus tout le monde dépensait du fric pour offrir une daube “oh !!!! Une serpillère !!!! Thérèse je suis ravi !!!!”.

En plus il faut MANGER, c’est obligé. Si vous êtes accros aux pâtes à la carbonara, vous vous ouvrez les veines dès maintenant parce que pour les fêtes de fin d’année c’est :

  • Des huitres (massacrées comme les sapins)

  • Du foie gras (on se fout de l’état d’âme des oies et canards, ce n’est que de la volaille)

  • Du saumon fumé (ce n’est même pas une bête, c’est un poisson)

  • De la dinde si l’on est fauché (comme les sapins quoi)

  • Si on a les moyens : poularde, chapon ou autre volatile donnant joyeusement sa vie après avoir donné ses organes de reproduction, pour réjouir la nôtre. J’allais oublier le gibier, les mignonnes biches et les gentils chevreuils : le gibier c’est classe pour noël.

  • Du chocolat

  • Du marron (moi j’adore, mais beaucoup détestent)
  • Du champagne et plein de vin… C’est monstrueux ce que l’on peut boire dans ces périodes là…
  • DE LA BUCHE avec des nains débiles et des champignons en meringue. (Berk….)

Si vous passez les fêtes de fin d’année sans crise de foie et sans vous ruiner, vous avez forcément un problème.

  • Vous êtes seuls et avez perdu tout le monde, c’est honteux, dans une civilisation décente on vous supprimerait, vous foutez le bourdon !
  • Vous n’aimez pas la dinde aux marrons (perso, j’adore, et comme je n’en mange qu’une fois par an, je n’arrive pas à me lasser, mais on a le droit de ne pas aimer).
  • Vous n’avez pas d’argent à dépenser : qu’attendez vous pour travailler ?

  • Ou changer d’emploi ? pour un mieux rémunéré ? ca grouille partout des petites annonces pour travailler moins et gagner plus…

  • Vous n’avez pas d’enfants, le père noël forcément vous oublie, on n’a pas idée de ne pas avoir d’enfants ! (trompes bouchées ? je ne veux pas le savoir !)

Je sais de source certaine qu’à cette période (les fêtes de fin d’année !!!) il y a un pic dans la statistique “suicide”.

On se demande franchement pouquoi les gens n’appellent pas SOS Détresse amitié plutôt que d’en finir avec une vie si belle en ces moments là (les fêtes de fin d’année !!!)

Ben oui ça m’énerve déjà (vous z’aviez remarqué ?)… Je pense que je reviendrais dessus après vos avis toujours si pertinents, genre vers mi décembre… (j’ai appris que les filles étaient là cette année, donc je suis ravie, mais entre le père, les parents des gendres, faut qu’ils s’entendent… seule pour les 5 ans à venir et je pense qu’entre bloggeurs seuls on pourra peut-être faire quelque chose de décent…)

La vie n’est qu’un long calvaire et les fêtes un de plus…

Posté le 20 octobre '06 par , dans Je m'insurge. Pas de commentaire.