Bienvenue sur le blog de la Gentille sorcière.

Archive pour mai, 2007

Fait ou pas ?

SourireRécupéré chez les ménagères qui le tenaient de Okatarinabella ce que j’ai fait (en bleu) ou non… (j’adore les tests)

1 – Payer votre tournée dans un bar : (je ne rentre dans un bar qu’accompagnée ou quand il fait aussi “tabac”)
2 – Nager avec des dauphins dans l’océan (mon rêve)
3 – Escalader une montagne (une montagnette) : (contrainte et forcée, je déteste la montagne)
4 – Conduire une Ferrari (pour me tuer ?)
5 – Visiter les Grandes Pyramides : (ça valait le coup mais que de monde et quelle chaleur !)
6 – Porter une tarentule (ça ne va pas la tête ? une toute petite araignée déclenche déjà chez moi une crise de panique absurde)
7 – Prendre un bain avec quelqu’un à la lumière des bougies (ça me regarde)
8 – Dire « Je t’aime » en le pensant vraiment, chaque fois… (ben non, parfois on ne le pense pas vraiment…)
9 – Prendre un arbre dans vos bras (oui je sais c’est ballot, mais j’adore ce chêne)
10 – Sauter à l’élastique (…)
11 – Visiter Paris (faut déjà que j’aille y voir les filles !)
12 – Regarder un orage sur la mer (pas eu trop le choix, mais ça valait le coup)
13 – Rester éveillée toute la nuit pour regarder le lever du soleil (quelle idée saugrenue !)
14 – Voir une aurore boréale (hélas non !)
15 – Aller dans un grand événement sportif (Pulchérie faisait de la GRS et elle a eu la médaille d’or intra départementale)
16 – Monter les marches de l’Oratoire Saint Joseph (c’est où ?) (je sais maintenant, j’irai pas tout de suite…)
17 – Faire pousser et manger vos propres légumes (j’aimerais bien)
18 – Toucher un iceberg (comme je regrette de ne pas avoir étée sur le Titanic…)
19 – Dormir sous les étoiles (avec la porte de la tente ouverte pour admirer)
20 – Changer la couche d’un bébé (des milliers de fois, et de plusieurs bébés)
21 – Faire un voyage en montgolfière (pour tomber ? douée comme je suis…)
22 – Voir des étoiles filantes (voui, une nuit des étoiles filantes, installée dans un transat sous une couette, avec Mrs Bibelot en jacassant comme deux pies. Aucun voeu ne s’est réalisé)
23 – Être grisé(e) par le champagne (ou par autre chose)
24- Donner plus que vous ne pouviez à une œuvre caritative (je suis monstrueuse, je ne donne qu’à l’Unicef)
25 – Observer la nuit avec un télescope (c’est magique)
26 – Participer à un record du monde (je laisse le record du monde de la connerie à d’autres)
27 – Faire une bataille avec de la nourriture (et ben non, je n’ai jamais mangé à la cantine de ma vie étant petite !)
28 – Parier sur le cheval gagnant (c’est truqué, mon frère me l’a dit…)
29 – Demander votre chemin à un étranger (souvent, quand on est perdue on n’a pas le choix)
30 – Faire une bataille de boules de neige (évidemment !!!)
31 – Crier aussi fort que vous le pouvez (oui, dies irae)
32 – Porter un agneau (pour faire quoi ?)
33 – Voir une éclipse totale (non j’ai loupé la dernière, mon patron m’ayant refusé ma journée de congés alors que j’étais déterminée à aller dans la zone du total vrai)
34 – Escalader une dune (on ne m’y reprendra pas j’avais les mollets ruinés)
35 – Écraser un animal en voiture (un idiot de lapin qui a déboulé, rien pu faire, un mignon écureuil idem)
36 – Danser comme un fou sans se soucier de qui vous regarde (enfin bon, rarement tout de même et plutôt quand j’étais ado)
37 – Adopter un accent pour une journée entière (non mais c’est une idée à retenir, je fais très bien l’accent espagnol (alors que je n’en ai jamais fait)
38 – Se sentir vraiment heureux, même un court moment (oui et on ne sait même pas pourquoi en plus)
39 – Avoir deux disques durs sur votre ordinateur (ça me fait penser qu’il faut que j’en achète un de secours)
40 – Prendre soin de quelqu’un qui est ivre (je sais prendre soin de moi de temps à autres…)
41 – Danser avec un inconnu (si on ne dansait qu’avec les gens que l’on connait on ne rencontrerait pas grand monde)
42 – Observer les baleines dans l’océan (on fait ça tous les jours ou bien on est nul…)
43 – Voler un panneau (j’aurais du piquer un sens interdit à poser sur la porte de ma chambre quand les filles étaient encore là, mais cela les aurait-elles découragées)
44 – Voyager « sac au dos » au Canada (ou en Finlande, pourquoi pas…)
45 – Entreprendre un long voyage sur la route (800 bornes avec deux gamines et un chien hystériques, c’est un long voyage)
46 – Escalader des rochers 
47 – Faire une balade de minuit sur la plage (et se faire surprendre par la marée montante dans je ne vous raconte pas quelle position)
48 – Faire du parapente (pfuiit)
49 – Visiter l’Irlande (c’est zoli, dommage, j’avais le furoncle et ses commentaires)
50 – Avoir le cœur brisé plus longtemps que vous n’aviez été amoureux (hélas oui)
51 – Au restaurant, vous asseoir à une table d’inconnus et manger avec eux
52 – Visiter le Japon (ça ne me tente pas)
53 – Traire une vache et aussi des chèvres (et pourquoi pas un bouc, comme dans “Hatari” ?)
54 – Trier vos CD par ordre alphabétique (ça ne vas pas la tête ? Je les classe par genre)
56 – Chanter dans un karaoké (oui expérience qui ne sera pas reconduite)
57 – Traîner au lit toute une journée (oui, sans être malade)
58 – Jouer au football (sans commentaire…)
59 – Faire de la plongée sous-marine (j’ai immergé le tuba et bien respiré, d’où l’arrêt de la chose)
60 – S’embrasser sous la pluie (faut dire qu’on s’embrassaient n’importe où avec Albert)
61 – Jouer dans la boue (ma mère était ravie)
62 – Jouer sous la pluie (jétais ravie que les filles aient eu cette idée)
63 – Être dans un théâtre de plein air( Hamlett y reste moyen même en Arles)
64 – Visiter la grande Muraille de Chine (l’Asie ne me tente pas)
65 – Créer votre entreprise (ressembler un jour à Truchon non plus)
66 – Tomber amoureux sans avoir le cœur brisé (ça peut peut-être m’arriver encore ?)
67 – Visiter d’anciens monuments (j’adore)
68 – Suivre un cours d’arts martiaux (c’est Kill Bill ou rien…)
69 – Jouer à la XBox pendant 6h d’affilée (non, mais au spider solitaire si…)
70 – Être mariée (deux fois !)
71 – Tourner dans un film
72 – Organiser une fête surprise
73 – Être divorcé (deux fois !)
74 – Ne pas manger pendant 5 jours (j’avais perdu l’appétit complètement)
75 – Faire des biscuits à partir d’un sachet tout prêt (même pas bons on a cru que c’était de moi…)
76 – Gagner le premier prix à un concours de déguisement (j’avais 3 ans, j’étais déguisée en hortensia géant, et j’ai eu une trouille bleue quand le monsieur m’a prise dans ses bras pour me présenter à la foule)
77 – Conduire une gondole à Venise
78 – Être tatouée (eye liner sur les paupières supérieures, devait tenir 3 ans, est toujours là depuis 1993)
79 – Faire du canoë-kayak
80 – Être interviewée à la télévision
81 – Recevoir des fleurs sans raison particulière (si une fois, mais c’était pour l’anniversaire de la voisine partie en vacances…)
82 – Jouer sur une scène (gala de danse annuel)
83 – Être à Las Vegas (je ne suis pas Joé dans Friends)
84 – Enregistrer de la musique (passons sur cet épisode peu glorieux)
85 – Manger du requin (quand on voyage beaucoup…)
86 – S’embrasser dès le premier rendez-vous (ben quoi, faut préparer l’avenir…)
87 – Être en Thaïlande (l’Asie j’ai dit non)
88 – Acheter une maison (je pourrais vous raconter le coup des travaux un jour…)
89 – Enterrer un de vos parents (je ne suis pas pressée)
90 – Faire une croisière (en fait 4)
91 – Parler plus d’une langue couramment
92 – Élever des enfants (2 = 20)
93 – Suivre votre chanteur favori en tournée
94 – Faire une randonnée en vélo dans un pays étranger
95 – Déménager dans une autre ville pour une nouvelle vie (la vie n’est jamais nouvelle, elle continue tout simplement)
96 – Manger des fourmis (je suis allergique)
97 – Marcher sur le Golden Gate Bridge
98 – Chanter à tue-tête dans votre voiture et ne pas avoir arrêté alors que vous saviez qu’on vous regarde
99 – Subir de la chirurgie esthétique (honnêtement si je pouvais je me ferais rectifier une ou deux bricoles)
100 – Survivre à un accident auquel vous auriez pu ne pas survivre (je jette du sel par dessus mon épaule)
101 – Écrire des articles pour une grande publication
102 – Perdre plus de 18 kg
103 – Soutenir quelqu’un qui perdait connaissance (vachement évident quand c’est un grand gaillard d’1m90 100 kg…)
104 – Piloter un avion
105 – Toucher une raie vivante (quand elle est morte la pauvre bête je l’aime bien au beurre blanc)
106 – Briser le cœur de quelqu’un (ça arrive à tout le monde un jour)
107 – Aider un animal à donner naissance (et on pleure comme pour un humain, on est très bête)
108 – Gagner de l’argent à un jeu télévisé
109 – Vous casser un os (le chirurgien s’en est chargé lui-même pour me rectifier une épaule)
110 – Percer une autre partie de votre visage que les oreilles
111 – Utiliser un revolver ou autre arme à feu (élevée dans une famille de chasseurs)
112 – Manger des champignons que vous aviez récoltés (sans mourir et sans garder le mortel pour beau papa, l’exploit du siècle)
113 – Monter un cheval (pauvre bête)
114 – Subir une importante opération
115 – Avoir un serpent comme animal de compagnie (non j’ai un chat, mais à y bien réfléchir, un serpent c’est peut-être moins chiant)
116 – Dormir plus de 30h d’affilée (on aurait mis 20 H j’avais tout bon)
117 – Visiter tous les continents
118 – Faire une randonnée en canoë de plus de 2 jours
119 – Manger du kangourou (non mais j’ai mangé du crocodile au “carnivore” à Nairobi)
120 – Manger des sushis (le pire c’est que je n’aime pas)
121 – Avoir votre photo dans le journal
122 – Changer l’opinion de quelqu’un à propos de quelque chose qui vous tenait vraiment à cœur (l’autre était bourré)
123 – Reprendre vos études
124 – Faire du parachute
125 – Porter un serpent (au Maroc, pendant une distraction club med… Je n’étais pas fière mais bon c’est faisable pas comme l’araignée)
126 – Construire votre PC à partir de différents morceaux (quels morceaux ?)
127 – Vendre une de vos créations à quelqu’un qui ne vous connaissait pas
128 – Teindre vos cheveux
129 – Raser votre tête (non mais ça va la tête ?)
130 – Sauver la vie de quelqu’un (sans doute un jour, mais je ne le sais pas, il paraît que l’on sauve tous une vie un jour, sans le savoir)
131 – Voler quelque chose (un CD à une époque de vaches très très maigres, et même pas honte mais tellement peur que plus jamais…)
132 – Louer un avion
133 – Vivre dans un pays placé sous la protection des Casques Bleus
134 – Dire oui lorsqu’on a envie de dire non (j’ai épousé Charles Hubert et renoncé devant la foule…) 
135 – Travailler à l’étranger pour une courte durée
136 – Lire un roman en une journée (là dessus je suis imbattable)
137 – Skier dans la poudreuse (je hais la montagne, sa neige, et surtout le ski sur lequel je ne sais pas tenir)
138 – Allaiter son bébé (les deux)
139 – Accrocher un asticot au bout d’un hameçon
140 – Prendre un cours de cuisine auprès d’un professionnel
141 – Tricher à un examen (trop peur de me faire prendre, et puis j’étais bonne élève nananèreu)
142 – Aller dans un lieu nudiste 

 

A qui le tour ?

Posté le 28 mai '07 par , dans Trucs de filles. 1 Commentaire.

Quand j'étais jeune fille…

Je_revais___l_avenir_53329550Si j’avais été aussi jolie…

J’étais jeune fille désormais, cela se voyait partout et je n’étais même plus “autorisée” à me faire une queue de cheval, étant théoriquement libre de m’habiller et coiffer comme je le voulais (sans frange tout de même, c’était mauvais genre), jusqu’à ce que papa décrète que je l’énervais en pantalon au mois de juin.

Mrs Bibelot me ressortit une vieille jupe à carreaux et les soquettes allant avec, confisquant mes deux pantalons (oui notre garde robe était assez pauvre, mais c’était pour tous pareil). J’ai compris plus tard que maman avait vraiment du mal à voir ses enfants grandir et était ravie de m’habiller encore en petite fille. Le traumatisme fut tel que jamais je n’ai imposé à mes propres filles de s’habiller comme je le voulais. En effet, arriver à ce qu’on appelait “le lycée” en jupe à carreaux et soquettes c’était 15000 personnes minimum se foutant de votre tronche. Mes filles ont peut-être été certes ridicules parfois, mais de leur propre gré et avec l’agrément du collège… Assez de motifs de conflits pour ne pas en rajouter un inutile (d’un autre côté elles n’ont jamais exigé de se mettre des épingles à nourrice dans les oreilles et de s’habiller péri-esthéticienne (dixit Delphine – 8 ans)).

Meilleure amie arrivait donc le matin au volant de sa mobylette, avec un jean à elle, dans la cave où je rangeais la mienne (de mobylette) pour sauver mon honneur. J’enfilais le jean et sortais par derrière l’immeuble. Le soir je réapparaissais, méprisante et boudeuse, en jupe à carreaux ET socquettes blanches. Mon père cédat après 3 semaines d’air outragé et de bouderie au repas du soir (tout de même)

Passage important dans la vie que de devenir “jeune fille”, maman se croyant obligée de préciser même au poissonnier : “c’est une jeune fille maintenant“. Compliments de tout le monde et nous l’envie de rentrer sous terre et de creuser après… Toute la famille était avertie de ce moment crucial qu’on aurait voulu taire, via le téléphone et pour ceux qui ne l’avaient pas : un télégramme (disparu depuis) “Coraline formée stop, bisous à tout le monde”. Retour de télégramme “heureux, stop, aurait pu attendre dimanche” (on payait au mot, jamais compris le pourquoi de la réponse…) (j’ai épargné aux filles les commentaires en précisant “vous ne savez-rien-je-ne-vous-ai-rien-dit” (elles m’ont toutes les deux fait cela chez ma soeur et téléphoné immédiatement bien sûr, mais pourquoi diable toutes les deux chez ma soeur ?).

Je rêvais à l’avenir, écrivant mon journal (un cahier trafiqué pour faire cahier de maths qui a pu y croire ?…), songeant à ce qui allait m’arriver de super (oubliant bien évidemment au passage toutes les merdes qui pouvaient parsemer mon chemin). Naturellement j’étais amoureuse et l’élu de mon coeur faisait la une du dit journal avec des coeurs dessinés en gros, en bleu comme les yeux de l’élu et écrit en gros “Dominique je t’aimeuuu et je t’aimerai toujouuuurs”. Pendant ce temps là meilleure amie gribouillait en vert (comme les yeux de l’élu) en disant à peu près la même chose sauf que le prénom était différent. Aucune imagination (et nos lectures n’y enclinaient pas) (Je précise que meilleure amie a tout de même épousé son premier amour, moi pas…)

Nos échanges quotidiens par courrier (écrits au stylo plume, mis sous enveloppe, et trimbrés, le moyen âge juste après le chevaucheur) pendant les vacances étaient une rengaine extraordinaire “je l’aimeuu” “je l’aimeuu” “je n’aimerai jamais que luiiii” “moi aussiiii”. Et à part ça la santé ? et le thé sur les jambes et le concombre sur la figure ? Ca rend bien merci. On tartinait 3 pages par jour parce qu’il y avait autre chose à raconter, en particulier à quel point nos parents étaient emmerdants.

Jusqu’au jour où il nous fut impossible de passer nos vacances l’une sans l’autre. Mes parents se résignèrent à ce que nous squattions la maison de mes arrières grands parents à la campagne, (les parents de meilleure amie ayant la même chose mais en Bretagne : trop loin), las qu’ils étaient de traîner avec eux une martyre sans meilleure amie à la campagne. Las qu’étaient également les parents de meilleure amie de l’entendre pleurer sans moi le soir dans sa chambre…

La maison était sans chauffage central, sans eau chaude, avec juste un poêle à charbon et les toilettes dans le fond du jardin + un poêle à mazout dans la chambre.. Papa venait vérifier tous les jours que nous ne risquions pas de nous intoxiquer au monoxyde de carbone (et rallumait donc les poêles, nous étions nulles). Nous prenions nos vélos pour aller faire les courses. On écoutait de la musique plein pot sur mon vieil “électrophone” (c’est quoi tatie un électrophone ?), et notre occupation favorite était de parlotter jusqu’à des heures indues et d’écrire notre journal. La grande joie du soir etait de nous laver les dents en crachant l’eau de rinçage par la fenêtre, ce qui faisait hurler le chien du voisin à 22 H, à la campagne ça craignait à l’époque… Nous étions mal vues avec notre musique plein pot et les crachages nocturnes.

A J – 5 plus rien à manger et plus un centime. Mon arrière grand mère (l’autre) (mes parents étaient quand même juste à 200 mètres, chez elle) nous refilat donc en douce des parents heureux de nous prouver que nous ne pouvions pas nous débrouiller sans eux, des bocaux de lapins en sauce et de poulet en blanquette, trois pots de confiture + du pain destiné normalement aux poules, pour assurer notre survie (dieu la bénisse cette sainte femme qui rigolait bien !).

Consternation des parents : nous nous en étions sorties. Des mitaines aux mains pour gribouiller notre journal avec des coeurs partout tous les soirs, en écoutant Demis Roussos sur mon “toune disque” + les beatles. Question des neveux et nièces : c’est quoi un disque et pourquoi il tournait ? Renoncer à expliquer.

On essayait de se faire belles en copiant les stars d’après guerre et Brigitte Bardot, à grand renfort de recettes de grands mères et avions ruiné notre argent en concombres… (je vous ferai un post excusif là dessus, vous aller rire, mais meilleure amie est OK pour se ridiculiser avec moi (je précise c’est important)

A partir de ces vacances là, nous avons squatté la maison des arrières grands parents régulièrement. Nous maitrisions les poêles à mazout ou à charbon, et courageuses, nous nous lavions au jet d’eau (à Pâques c’est super), dans la cour, ignorant que le vieux voisin nous mattait. Nous avons été dans cette maison, les plus heureuses jeunes filles du monde, avec que de l’espoir et des certitudes…

Comme me l’a dit un jour meilleure amie : qu’est-ce qu’on étaient heureuses. Et on ne le savait pas (c’est le problème du bonheur qui est souvent le passé…) Car après quand on sait, c’est que la vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 25 mai '07 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire. Pas de commentaire.

Tante Alphonsine à l'hôtel Lutécia…

Alphonsine_accouche

4 fils. Tous les 4 dans la résistance sans lui en avoir jamais parlé bien entendu. Fort heureusement, elle protégeait déjà l’oncle Jules qui avait son réseau mais faisait léger (deux ou trois messages de temps à autre, sinon il était privé de sel, elle avait trop peur). Elle n’a jamais été inquiétée : elle prenait l’air tellement niais quand on l’interrogeait vaguement… Elle pensait naïvement et vraiment que ses fils étaient en dehors de tout cela… Alors que tous les mâles de la famille étaient en plein dedans, dont l’un aura son post à part parce qu’il était à part…

4 fils arrêtés un beau jour (pas le même mais à peu d’intervalle et deux par deux) et partis pour elle ne savait où. Une prison certainement. 2 seulement, de ce qu’elle en savait, étaient passés par le siège de la Gestapo et ça lui foutait tout de même les jetons. Pour les deux autres, elle ne savait pas, sauf qu’ils avaient été arrêtés ensemble, et que la maison avait été perquisitionnée en vain heureusement.

Elle a envoyé des colis semaine après semaine, elle assiégeait le mari de sa soeur de missives incendiaires pour qu’il se rappelle qu’il fabriquait du beurre, du camenbert, et tuait le port 365 jours par an. Il lui fallait de tout pour ses fils. Qu’elle envoyait à une adresse qu’on lui avait donnée avec des missives comme les écrivent les mamans aimantes. Les allemands ont bien mangé et jeté les lettres bien entendu.

Et puis le premier communiqué sur “certains prisonniers rentrant d’Allemagne” à l’hôtel Lutécia… Elle s’y est précipitée pour voir 10 morts vivants débarquer. Elle leur a posé juste une question “combien de temps avez-vous survécu ?”. Elle a fait ses comptes. Elle a eu peur, elle savait… Elle a déclaré à Mrs Morgan avoir vomi à n’en plus finir après ces premiers vagues entretiens, et avoir perdu le sommeil pendant une éternité…

Bien avant le 8 mai 1945, les choses vont vite, les libérations ont précédé l’armistice, petit à petit… On sait où étaient parties certaines personnes. D’où ils revenaient… Elle savait finalement qu’ils ne pouvaient revenir d’autre part ses fils… Ils étaient partis dans des camps de la mort, et point barre. Déterminée, elle y allait tous les jours tout de même à l’hôtel Lutécia, muette et résignée à faire partie des meubles, en attendant le rescapé au grand désespoir de l’Oncle Jules qui ne croyait plus à rien…

  • Retour de Louis. Ce n’est pas elle qui l’a reconnu, c’est lui qui a vu sa maman et lui a sauté dessus en lui faisant peur, qu’elle a ramené en pleurant et en se privant de manger et l’oncles Jules avec (le ticket d’alimentation était toujours en vigueur). Le médecin qui soutenait ce fantôme ambulant lui avait précisé qu’on avait fait le maximum pour lui mais qu’il n’était pas sorti d’affaire. Elle avait un oeuf coque par jour à lui donner rapport au voisin compatissant qui avait des poules et pas l’envie sur ce coup là d’en profiter un max (et qu’Alphonsine le dégomme un jour par hasard avec un 24)

  • Retour de Léon, en pire état que son frère. Les services sanitaires de son camp avaient été trop débordés pour le soigner assez longtemps. 3 mois pour le tirer d’affaire et récolter de quoi le nourrir aux voisins et amis. Là je ne sais pas ce qu’elle a fait. Je sais simplement que mon arrière grand père l’apiculteur lui a apporté lui même 10 kg de miel. Pas envie qu’un affamé de la poste (ça existe), chourre le colis précieux. Je sais aussi qu’elle avait du lait assez facilement en prenant son vélo et en faisant 20 km en dehors de Paris qu’une amie d’enfance lui donnait pour ses fils.

  • Retour des autres ? Jamais ! Jamais ils ne sont revenus. Elle n’a jamais su et l’oncle Jules non plus où ils avaient terminé leur vie, dans quelles conditions, et quand. Leur vie semble s’être arrêtée le jour de leur arrestation. Toutes les enquêtes sont restées vaines. Où sont-ils morts ? Quand ? Où aller se recueillir ?

Deux fils sur quatre de revenus, quelque part elle s’estimait heureuse, ils n’auraient pas tenu un mois de plus. Mais elle le disait toujours “le pire c’est de ne pas savoir”. On imagine tout ce qui a pu lui passer par l’esprit quand tout s’est sû, petit à petit…

Le plus extraordinaire est qu’un des survivants est toujours de ce monde et approche des 100 ans, avec toute sa tête… Je l’ai interrogé un jour, quand j’avais 18 ans, et lui ai demandé s’il regrettait.

  • Nous savions que nous prenions des risques, mais pas vraiment lesquels, pas à quel point. Si j’avais sû, honnêtement, et bien comme je n’ai rien d’un héros, je ne serais jamais rentré dans la résistance. Oh oui je regrette, Léon l’a toujours regretté aussi. Quant à Georges et Edouard, je pense malheureusement qu’ils ont vécu le pire. Là on voudrait revenir en arrière, mais c’est impossible… Oui je regrette…

Sinon, il n’en parlait jamais, ou au hasard des enfants refusant de manger, ce qui le révoltait toujours, lui qui pendant longtemps à récupéré les miettes de pain sur la table. Il a dicté ses mémoires à son fils il y a 15 ans : c’est pour la famille quand il aura rejoint les siens…

Alphonsine en avait vécu d’autres avec Oradour sur Glane, mais c’est une autre histoire…

La vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 23 mai '07 par , dans J'aime bien l'histoire. Pas de commentaire.

Les pompiers à la maison

Pompiers_HJ6333_001Avec les filles, ces adorables créatures divinement réussies, j’ai eu les pompiers à la maison deux fois. Une fois pour l’aînée, une fois pour la cadette.

Arrêtez de fantasmer les filles, je n’ai vu aucun beau mec débarquer, preuve sans doute que je suis maudite (car les pompiers ont une sacré réputation, ou bien je ne suis pas touchée par le syndrôme de l’uniforme) (ou alors, autre possibilité, j’étais tellement inquiète que je n’ai rien vu du tout)

N° 1 : Pulchérie. Je préparais ma soirée d’anniversaire pour le lendemain. J’étais hyper débordée comme il se doit. Nous étions vendredi et j’avais tout faux comme de coutume. Albert rigolait doucement ce rat, parce que j’ai toujours tout bon avec 3 heures d’avance.

Il avait la garde du trésor, j’avais des poubelles à sortir, et je pose un petit sac sur le piano + le carton de produit lave-vaisselle vide (non la pastille n’existait pas !). Je retourne dans la cuisine prendre le deuxième sac, ignorant qu’Albert était allé aux toilettes (un homme n’attend jamais 15 secondes pour aller pisser, c’est dingue) et là j’entends un hurlement.

Il avait fallu très exactement 8 secondes à Pulchérie pour échapper à la surveillance de son père, escalader le tabouret du piano, s’emparer du carton vide, l’ouvrir, et ingurgiter quelques grains de lessive lave vaisselle. D’où le hurlement : apparement, ça brûle.

  • Je me précipite sur le combiné et j’écoute avec impatience le répondeur me disant que l’on va donner suite à mon appel.

  • Albert se rembraguette comme il le peut car je l’incendie en écoutant le répondeur et qu’il a peur (pour sa fille, et de moi)

  • On me répond. Ne rien donner à boire au trésor, mais en attendant l’arrivée des secours qui sont en train de partir, lui nettoyer la bouche avec un gant de toilette humide (facile avec Pulchérie qui a un jour mordu le dentiste au sang)

  • Arrivée de 7 hommes en uniforme qui m’ont dégueulassé ma moquette. L’un d’eux s’est précipité sur mon trésor en sucre rose pour l’examiner (c’était le médecin)

  • Pulchérie lui a hurlé “patate !!!!!” (désolée Madame Patate, c’était son insulte de prédilection) pendant qu’il lui examinait la bouche avec une loupiotte pour repérer les dégâts. Puis il s’essuya le pouce mordu au sang après m’avoir demandé du sopalin et du désinfectant. De ce qu’il avait pu voir, elle n’avait rien et semblait en forme, mais ils allaient tout de même l’emmener à l’hôpital pour en être certains.

  • Me voici partie avec la petite, dans la voiture des pompiers. Elle pêtait la forme. Dès qu’ils ont mis la sirène en route, elle s’est mise à chanter “pompiers, pompiers”, avec le ton.

  • Le médecin des urgences (l’avait qu’à mettre des gants mapppa) m’a assuré qu’elle se portait bien.

  • Elle se portait bien et n’avait avalé aucun granulé malsain de toute évidence. Je pense qu’il n’avait pas envie de pousser ses explorations trop loin.

  • Contrôle le lendemain (le jour de la fête), avec le pédiatre des urgences à 16 H 15 (super quand on attend tout le monde à 19 H) Elle l’a traité aussi de patate et a manqué lui crever un oeil en jouant avec le stéthoscope qu’il lui avait inconsciemment confié pour l’occuper… Puis elle s’est mise à hurler parce qu’elle voulait garder l’engin pour palper ses poupées…

Delphine maintenant. J’étais en train de détartrer le fer à repasser. Les enfants sont d’une rapidité dialolique, j’étais au courant pourtant. Elle arrive en disant “a foif maman”, s’empare du truc machin fait exprès dans lequel j’avais dilué le détartrant, et à peine le temps de me coucher sur la planche à repasser en me ruinant une vertèbre pour l’empêcher de s’en emparer, elle avale ça cul sec.

  • J’appelle les pompiers

  • J’interpelle les voisins à qui je vais refourguer Pulchérie qui pour une fois se tenais tranquille.

  • J’enfile des chaussures sur mon jogging (oui c’était un mercredi matin, tôt : 10 H)

  • Les pompiers arrivent à 9. Le médecin me demande quel produit ma fille a ingurgité, je lui tends la bouteille en pleurant

  • Tout est écrit en allemand sur le flacon rescapé de la poubelle. On part (moi avec) avec le mode d’emploi, le médecin en ligne avec le centre anti-poison, un autre la gardant consciente “comment tu t’appelles mon trésor” “?”, “tu te sens bien” “?” “c’est normal qu’elle ne réponde pas madame” “oui c’est normal elle est timide”.

  • Réponse du centre anti poison au moment où nous arrivons aux urgences de l’hôpital de Versailles “ce produit est absolument inoffensif”. Les 9 pompiers me lourdent aux urgences avec ma gamine qui a “faim maman”, en jogging, sans sac à main, et une vague paire de chaussures dépareillées. Et quand je dis “ils me lourdent”, c’est très réel, tout juste s’ils ne se sont pas servi d’un siège éjectable.

  • Obligée d’appeler Mrs Bibelot pour qu’elle vienne me récupérer (3/4 d’heure) et me ramener à la maison. Ceci parce que la secrétaire des urgences était vraiment gentille et m’avait autorisé à utiliser son téléphone, sinon, basta je faisais la route du retour à pied…

  • On récupère Pulchérie qui s’est gavée de beignets en attendant le décès de sa soeur en pleurant

  • Merde, j’avais oublié de débrancher le fer…

  • Merde, Pulchérie ne digère toujours pas les beignets…

La vie n’est qu’un long calvaire et avoir des enfants un choix absolu…

Posté le 21 mai '07 par , dans Faites des gosses !. Pas de commentaire.

La grande réussite d'Albert…

Albert_repr_sentant_10079627Non je ne vais pas vous coller une photo des filles. D’ailleurs nous étions deux pour réussir ces purs chefs d’oeuvres…

Albert croyait qu’il était fait pour le commerce. Il avait fait une école spéciale. Il vendait de tout d’ailleurs, parce que la vente ce n’était finalement pas son truc et qu’il changeait de secteur régulièrement.

Il a vendu des appartements à la montagne, des aspirateurs, des je ne sais plus quoi d’ailleurs… Puis il rejoignit Jean Poirotte pour le seconder dans son entreprise (ne jamais travailler en famille, ce qu’Albert persista à faire en s’installant après avec son beau frère (et en plus ça rime))

Il était déjà avec Jean Poirotte, mais il lui restait 2 aspirateurs à fourguer quand un beau samedi, dring à la porte. Je me souviens qu’il s’emmerdait vaguement devant un match de rugby qu’il regardait parce que cela fait mec et que Pulchérie bien remise par sa sieste à elle l’empêchait lui d’envisager une sieste crapuleuse (l’avait qu’à s’y prendre plus tôt)…

C’était l’époque où ils se promenaient à deux pour nous annoncer la fin du monde (maintenant qu’elle n’a pas eu lieu on les voit nettement moins). Les témoins de Jéotruc qui refusent les transfusions et autres… J’ouvre la porte, Pulchérie charabiatant à mort accrochée à mes jupes mon caleçon bien moche du samedi “je glande”. Moi en voyant le couple je me fige. Pas le temps d’en placer une sur le “oh le beau bébé il est à vous ?” (non je l’ai emprunté à la voisine pour occuper mon samedi) que voici Albert prêt à les lourder gentiment j’imagine (restons civilisés).

Ben non, il les fait entrer et les installe dans le salon. Ils sont ravis. Ils ont tort. Mais généralement on leur claque la porte au nez sous un prétexte fallacieux et là, ils sont reçus. Ils sont coincés, ils ne sortiront pas comme ça…

Albert alla jusqu’à faire du café et à le servir avec des petits gâteaux qu’il trouva sans mon aide, pendant que je donnais le bain à la petite, ce qui me prenais un moment (c’est igolo l’eau maman). Ca blablatait ferme dans le salon (surtout Albert). Les témoins de l’apocalypse futur ignoraient qu’ils étaient tombés sur le bavard du siècle. Si si, il arrivait à me clouer le bec, c’est dire (coucou Dom !). Je tends l’oreille, ça cause religion et bible et les malheureux ne sont pas sortis de l’auberge, même un jésuite ne tiendrait pas la route face à Albert… (alors que dire de bénévoles non formés à la dialectique, parce qu’un jésuite on peut dire ce qu’on veut, ça tient la route sur le plan conversation…)

Après le bain de Pulchérie qui charabiate (quelle hérédité a cette petite, c’est consternant), quelques rangements, je commence à préparer le repas en passant donc devant le salon et souriant hypocritement à un homme et une femme légèrement crispés, cela se sent nettement… Ils m’évoquent vaguement un insecte englué dans une glue quelconque et qui se débat désespérément pour s’échapper…

2 heures 60 minutes à discuter avec Albert. Tout ça pour quoi ? Je vous le donne en mille. Pour repartir avec un aspirateur sans l’avoir échangé contre une bible, ni surtout converti Albert… De dos, ils faisaient peine avec leur démarche anéantie..

On ne les a jamais revus… ils ont déserté le quartier… Je pense qu’ils se sont suicidés en rentrant chez eux… Ils l’avaient assez dit que la fin du monde approchait. C’était la leur…

La vie n’est pas qu’un long calvaire, j’étais morte de rire… Mais bon, Albert ne pouvait pas passer 3 heures à chaque client pour faire fortune dans les aspirateurs… D’où sa reconversion un jour sur les cours de la bourse…

Posté le 19 mai '07 par , dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.

L'hérédité c'est curieux…

L_h_r_dit__c_est_curieux_53369318Ce truc bidule chose très artistique, c’est de l’ADN… C’est là que s’inscrit tout ce que l’on va être, via les gènes multiples récoltés ça et là depuis des générations.

C’est là qu’il est écrit quand on aura ses ragnagnas pour la première fois (mesdames et mesdemoiselles), quand on commencera à perdre ses cheveux (messieurs et mes damoiseaux), quand on commencera à avoir du poil aux pattes ou au menton, et quand exactement l’arthrite nous attaquera ou autre chose de bien sournois légué par nos ancêtres.

C’est là qu’il est écrit que les yeux sont de telle ou telle couleur, que le sang sera de tel groupe qui pourra peut-être changer en cours de vie (sauf si l’on est O négatif).

Pour moi l’hérédité c’est autre chose que mes yeux marrons verdâtres, alors que tout le monde a les yeux bleus dans la famille (mes parents étaient vraiment non concentrés).

Non, ce sont des ressemblances curieuses ayant sauté plein de générations, des réparties identiques, des caractères (de merde, je précise) qui viennent d’il y a très longtemps, on l’apprend par hasard.

Exemple : Pulchérie. Pulchérie a les pieds de ma grand mère maternelle. A tel point dit-elle que quand elle s’est glissée dans toutes les paires de chaussures de luxe que lui a refourguées Mrs Bibelot, elle s’y est sentie “comme chez elle”. Formidable non ? Le plus formidable c’est d’avoir retrouvé une photographie de mon arrière arrière grand mère, décédée à 38 ans (la mère de Mrs Morgan, celles dont les chaussures vont à ravir à Pulchérie) : portrait craché de ma fille dont je pensais qu’elle ressemblait plutôt à mon ex belle mère… (ouf !). Maintenant elle tourne plus vers ma mère…

Et puis vint un jour, en visite chez Mrs Bibelot, un survivant de l’époque (96 ans tout de même et toute sa tête), se souvenant très bien de l’arrière arrière grand mère de Pulchérie et nous parlant d’elle. Ma fille chiée ! Elle lui ressemble et en plus elle en a le caractère…

Elle a débuté dans l’existence (Pulchérie), avec une marotte très marquée pour les petites boites et les petits paquets. Elle les collectionnait. Cela apparement elle le tenait d’une autre arrière arrière grand mère, qui avait terminé sa vie en faisant des petits paquets qu’elle semait partout…

Autre exemple. Un bel été de 1977 en vacances, Mrs Tricot pose une question à son mari, “le prisonnier”

  • “Chéri dis moi, tu supporte bien ton nouvel appareil ?” (dentaire)

  • Lui, ne levant même pas la tête de ses mots croisés “je le supporte très très bien, il est dans le fond de ma malette noire…” (avec sa caméra à flamands roses)

Moi Il y 2 deux ans appelant Delphine qui m’avait ruiné la santé et le portefeuille pour avoir des lunettes avec lesquelles elle se trouvait divine (elle l’était) (je précise que Delphine n’a pas connu “le prisonnier” qui est mort avant que je ne rencontre son père).

  • “Ma puce, tes lunettes te vont toujours bien ? Pas de soucis avec tes yeux ?”

  • “Aucun problème avec mes lunettes mouth, elles sont chez toi dans le tiroir de droite de mon bureau, ça fait 2 ans que je ne les porte plus”. (Du coup je les ai récupérées, les lunettes de repos vont très bien à ma pressetruchose naissante)

Les oiseaux maintenant. Le prisonnier était un passionné des oiseaux, un chevronné. Il avait décidé de connaître tous les oiseaux du monde, devant l’ouvrage avait décidé de se cantonner à l’europe et finalement de se contenter de la France. Il avait plein de livres sur les oiseaux et son truc était de partir au petit matin avec des jumelles, espionner les oiseaux, où que nous soyons. Pendant les vacances il passait un temps fou ailleurs, à chercher l’oiseau rare. Jean Poirotte a hérité de cette marotte et a tous les livres de son père. Et puis un beau jour, le fils de ma soeur, admirant les oiseaux dans le jardin de mes parents. Ils les nourrissent l’hiver et il y a vraiment de quoi faire.

  • “Moi je les aime les oiseaux… C’est quoi celui là papy ?

  • “Un bouvreuil mon chéri. Et lui c’est un pinson, regarde : un pic !”

  • “Moi je les aime les oiseaux”.

Du coup il est reparti avec un des livres de mon grand père, qu’il lisait religieusement en nous expliquant les commentaires “là tatie tu vois, ça veut dire qu’ils nichent en France mais qu’après ils repartent ailleurs”. “Là tu vois, le papa de papy a mis une croix, ça veut dire qu’il l’a vu cet oiseau”. Soupir en refermant le livre “j’espère que je les verrais tous…”

Bien sûr comme tout petit garçon il a été rattrapé par d’autres choses, mais l’amour des oiseaux, le vrai, celui du prisonnier est à jamais en lui.

Il a hérité aussi un trait très particulier de son grand père maternel. Quand il se met à neiger vous pouvez être certain qu’à trois km l’un de l’autre, ils sortent régulièrement avec une règle pour mesurer combien ça fait… Cela sans s’être jamais concertés… Il y a Jean Poirotte qui peut attester sur l’honneur qu’il en est tombé 10 cm, et son petit fils qui en a mesuré 15 (y’a de l’herbe)

Pour moi, c’est cela l’hérédité. La belle, qui ne ressemble pas à une spirale parfaite sur laquelle trop de choses mauvaises se balladent pour nous pourrir un jour la vie.

C’est le sens de la répartie, la même à des années de distance, la marotte, la collectionnite aigüe (que Mrs Bibelot a refilé à Pulchérie), mon amour du piano qui vient de mon arrière grand mère, et j’en passe.

Et vous, vous tenez quoi de qui, de particulier vraiment ?

Posté le 17 mai '07 par , dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.

Mon fond d'écran…

Fond_d__cran_CalpurniaDéfi relevé chez Madame Patate : montrer son fond de culotte son fond d’écran à tout le monde (je reconnais qu’elle était odieusement facile celle-là).

Je précise que pour garder mon anonymat j’ai tout de même modifié les noms… Peut-être pouvez-vous agrandir la photo, je ne sais pas, débrouillez-vous…

Alors les commentaires.

Qui que cela peut-il bien être dans le centre du fond d’écran ? Celui qui trouvera aura le droit de descendre un pot de Nutella. Dom tu peux te rabattre sur du Tobleronne c’est autorisé… Ceux qui n’aiment pas le Nutella peuvent terminer le pot de ce qu’ils veulent. Le défi est grand ! Pour le corser un peu, je pose une question : où cela se passe-t-il ?

Moi qui suis quelqu’un de désordonné de nature, il y a un truc avec lequel je ne plaisante pas, c’est mon écran ordi. Là dessus je suis maniaque au possible. Les filles arrêtez de ricaner, c’est vrai !

  • En bas, tout en bas, il faut que cela soit toujours dans le même ordre… En partant de la gauche : lecteur Windowss médiaa, wanadooo. Normalement spider ne devrait pas se trouver là, mais la capture écran a été faite dans l’urgence (j’étais rappelée à l’ordre par Madame Patate). Au bureau c’est toujours le même ordre également et l’informaticien qui me désintègre la barre du bas va se faire désintégrer un jour, faut que celà soit toujours dans le même ordre… Pour ce qui est tout en bas à droite je ne maîtrise pas et je ne regarde d’ailleurs jamais…

  • En haut maintenant : toujours de gauche à droite : la corbeille vide, comme il se doit. A quoi bon mettre un truc à la poubelle si on ne la vide pas après ?. Puis “sauvegarde blog” pas mis à jour depuis septembre, pas bien, privée de dessert. Puis “comptes.xls” : ça c’est un fichier que j’ai préparé un jour de délire où je pensais tenir mes comptes sur l’ordi… N’empêche que ça fait bien et sérieux, donc je le garde et puis on ne sait jamais dès fois que le virus de la compta ne me rattrape… Microsoft autoroute installé là par un chéri qui ignorait que sauf sous la menace d’un commando terroriste je ne prendrais pas l’autoroute avec titine qui a des rhumatismes.

  • Juste en dessous, toujours de gauche à droite (je ne préciserai plus) : “raccourci bureau N”. Je ne sais pas ce que c’est, ça date de Charles Hubert. J’ai peur de piéger l’ordi en supprimant ce dossier qui m’insupporte. “Maman”, dossier installé là par Pulchérie (en fait 52 photos sur 2 desquelles je suis passable), “Calpurnia” : ça c’est mon dossier perso dont le nom est bien entendu un pseudonyme, je ne sais même pas ce qu’il y a dedans, je n’y vais jamais (c’est donc très utile)… “blog de mouth” : c’est le dossier que m’a recopié Pulchérie après avoir fait ma mise en forme il y a des mois et dans lequel j’entrepose toutes les photos que je mets sur mon blog.

  • Etages en dessous (5 étages) : tout ce qui concerne internet dont Mozilla truc chouette qui ne fonctionne pas… et l’imprimante qui ne fonctionne plus qu’en mode “scan”. C’est peut-être rangé, mais ça fonctionne comme ça peut…

  • A droite, du haut en bas : ma déclaration de revenus 2005 (en deux exmplaires, vu les problèmes que je pressentais avec raison), une image rigolotte envoyée par Pulchérie, la photo du meuble qu’elle a magnifiquement réussi comme créateur (et l’article qui va avec), et deux captures écran de quand Pulchérie était favorite chez Canalblog (depuis, j’ai renoncé sous peine de trop envahirla photo du milieu).

Celui qui me change mes icones de place en aura terminé avec la vie…

Merci à Madame Patate de m’avoir fait découvrir que l’on pouvait être maniaque tout de même (le “tout de même” a le mérite d’être réel…).

Comme je culpabilise un peu de voir cet ordre et cet alignement, je m’en vas aligner mes produits dans la salle de bain… Et je passe le relais à ma méchante, Dom, Manou, Missrainette…

Posté le 15 mai '07 par , dans Nos grands moments de solitude. Pas de commentaire.

La sous préfecture…

Visite_sous_pr_fectureJ’ai bien évidemment profité de mes congés pour faire ça et là quelques paperasses et autres démarches administrative.

Vendredi 11 mai, armée jusqu’aux dents de justificatifs de toutes sortes, me voici partie à la sous préfecture puis (que je croyais) aux impôts, avec un munster dans un sac plastique à poser sur son guichet pour accélérer la dame des impôts.

Pour la sous préfecture, je roulais en toute illégalité depuis un petit moment. Ma carte grise était à l’adresse de mes parents ce qui n’était pas un souci, sauf qu’ils ont changé d’adresse et de facteur depuis peu (l’ancien leur remettant les courriers égarés à l’ancienne adresse, même si le “suivi” n’était plus d’actualité), donc fallait aller faire refaire ma carte grise (c’est gratuit, normalement on aurait dû me payer). Car là, il n’était plus certain du tout qu’une prune éventuelle ou une amende quelconque ne m’arrive. Ce n’est pas que j’y tienne, mais bon je préfère éviter les problèmes et j’évite les prunes de toutes manières En cas de truc grave je pense qu’ils me retrouveraient avec les assurances, mais bon, je voulais être en règle.

  • J’arrive à l’ouverture. Tout le monde a eu la même idée…

  • Je prends mon ticket, je constate que j’ai de la paperasse à remplir et je ne trouve pas les lunettes de repos de Delphine dont j’ai vraiment besoin maintenant. Damned, la vie n’est qu’un long calvaire !

  • Je remplis le papier d’une écriture de cochon, vu que je n’y vois pas grand chose et j’attends mon tour. Je précise que je mets mon adresse complète

  • Une dame peu aimable finit par appeler mon numéro après un temps très très long, termine de compléter le formulaire quand je lui déclare que j’ai oublié mes lunettes et que c’est tout juste si je la vois (bien sûr que je la vois, mais les caractères gris sur blanc écrits en tout petit, nettement moins bien).

  • Elle fait une photocopie de mon justificatif de domicile qui précise le bâtiment, le hall et le numéro d’appartement (vive l’EDF)

  • Elle fait une photocopie de ma pièce d’identité  dont l’adresse est complète

  • Vous sentez venir l’embrouille, mais j’ai laissé des indices

  • On m’appelle à la caisse pour me remettre ma nouvelle carte grise. Je cligne un peu de l’oeil pour vérifier que…, mais l’autre, derrière sa caisse, à qui ne je dois rien, me précise qu’on est vendredi, qu’il est 15 H 45 et que ça va fermer et que 3 malheureux attendent derrière moi…

  • Je prends la carte grise. Je file vers les impôts… Pas de place. On ne plaisante pas dans le secteur avec le stationnement illicite. Les impôts pour une raison qui m’échappe, sont placés entre le commissariat de police et la gendarmerie.

  • Je reviendrai mardi, je suis en congés youpee !!!

  • J’arrive à la maison, une connasse m’a pris ma place réservée. Je klaxonne pour récupérer ma place pour laquelle je paye impôts locaux et taxe d’habitation. Je ne supporte pas qu’on me prenne ma place…

  • Je pose mon sac, je récupère les lunettes de repos de Delphine pour admirer ma nouvelle carte grise, grâce à laquelle je suis en règle…

  • ARGGGG. L’adresse est incomplète. Il manque le numéro du bâtiment, indispensable. Me revoici comme avec les impôts pendant 5 ans…

M’en fous j’y retourne pas. En cas de problème j’exigerai que l’on exhume les papiers dûment conservés, sur lesquels l’adresse était complète, le formulaire dûment complété et signé de ma blanche main, et la pièce d’identité au point…

De toute évidence et pour une raison obscure, l’administration ne croit pas utile de préciser “batiment B6″. Sauf l’EDF et France Télécom qui rajoutent même mon numéro d’appartement.

Ne venez pas me dire le contraire : la vie n’est qu’un long calvaire… et cette histoire 100 % véridique !

Posté le 13 mai '07 par , dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.

Le fisc et moi…

Le_fisc_et_moi_tlp528869Mes premières relations avec le fisc ont été supers. Si si, je ne plaisante pas.

Albert avait la bougeotte, donc nous n’arrêtions pas de déménager. Les 3 premières années nous avons réglé scrupuleusement nos tiers provisionnels à la bonne adresse. Au moment de payer le solde, nous avions déménagé et on nous demandait l’intégralité de l’impôt à notre nouveau domicile. Nous répondions gentiment que nous avions payé les tiers ailleurs et on s’excusait de nous avoir dérangés. 3 années de suite nous avons été remboursés des tiers payés “inutilement” aux anciennes adresses, sans que les nouvelles ne nous demandent de comptes (c’est à cause de nous que la France est en déficit) et en plus, nous avons été remboursés du solde de la dette par la nouvelle adresse sous prétexte qu’elle avait été perçue par l’ancienne adresse (archi faux, nous avons vérifié à chaque fois et gardé soigneusement le courrier depuis 1979 et autres, il y a largement prescription).

C’était super : remboursement des tiers reçus + du reste. En bref, nous n’avons pas payé d’impôts pendant 3 ans (faut dire que cela ne faisait pas lourd non plus). Le fisc je le trouvais plutôt sympa…

Nous avons arrêté de déménager du coup il n’a pas perdu nos coordonnées (le fisc). Il paraît que cela arrive à une vingtaine de contribuables par an : le fisc les perd : à qui se fier ? Je vous le demande.

Arriva l’époque où Albert monta sa boîte dans des conditions très particulières. C’est simple : vous montiez votre propre boîte dans un domaine qui vous était auparavant inconnu et vous étiez défiscalisé à 100 % pendant 3 ans et à 50 % les 2 années suivantes. Que fit le fisc ? Il attendit 3 ans, pour sauter tel un vampire sur le contribuable défiscalisé afin de prouver qu’il avait abusé de la loi (combien se sont fait avoir sur ce truc ?).

La lutte fut chaude. Pour Albert qui avait bel et bien débuté en bourse, c’est tout juste si le fait de savoir avant de monter sa boîte qu’elle existait ne l’empêchait pas d’avoir “débuté”. Je me souviens de la salope (pas d’autre terme) qui se pointat à la maison pour vampiriser Albert. Manque de bol il m’avait quittée deux mois avant. Elle était tout de même pêteuse, sans oublier toutefois de me préciser que j’étais solidaire de mon mari et qu’avec les amendes (quelles amendes ?) je devais 4 millions de francs lourds aux impôts… Je vous laisse imaginer l’état dans lequel me retrouva Jean Poirotte qui me fit un vin chaud.

Albert affrontat le contrôle fiscal, un pote sympa à moi (des impôts et contrôleur lui même, en ayant ras le bol de traquer la minuscule fraude) me fit faire une lettre de désolidération justifiée (je n’avais pas d’intérêt dans la société, nous étions mariés sous le régime de la séparation de biens, etc…)

Le temps passe et me voilà chez papa et maman pour quelques mois (en fait 4 ans) et j’achète mon appart. Là le fisc me rattrape.

Il ne connait pas ma bonne adresse, elle est incomplète… Et comme je n’ai jamais payé de taxe foncière de ma vie (oui pour causes de travaux nous en étions exonérés pour 5 ans avec Albert pour notre baraque), je ne remarque pas qu’elle n’arrive pas en temps et en heure…. 5 ans de luttes pour avoir une adresse complète.

Je complique tout, je me remarie. Je n’ai jamais demandé à porter le nom de mon mari, mais le fisc le fait systématiquement (ce qui est illégal, chaque femme a le droit de porter son nom patronymique, mariage ou pas). Du coup quand on se sépare avec Charles Hubert, ils m’envoient les avis à la bonne adresse (enfin !), mais au mauvais nom…

A moi de justifier de la reprise de “votre nom de jeune fille”. Hors quand je veux faire con, je fais con. Je n’ai pas à justifier de la reprise de mon nom patronymique et il est hors de question d’envoyer au trésor public mon jugement de divorce qui comprend des paragraphes très personnels. Le seul cas où l’on doit l’envoyer c’est quand le juge précise que la femme garde le nom de son mari… Mais les impôts veulent le jugement. L’auront pas. J’irais m’ouvrir les veines sur leurs escaliers mais je veux mon nom patronymique (le mien, l’unique, le seul)

Là cette année c’est la totale. Ils m’écrivent (apparement) sous mon nom d’épouse, en ayant retrouvé la mauvaise adresse (incomplète), en transformant mon 4 pièces en 5 pièces et en oubliant les filles étudiantes en hautes études (d’où tout de même une réduction d’impôts importante, de quoi ne rien payer quoi, vu ma fortune)

C’est simple, je les hais. Je suis en congés deux semaines, lundi, je m’y pointe avec une mitrailleuse lourde. A moins que je ne retrouve la recette de la nitro glycérine. Pulchérie avait ça quelque part (cette délicieuse enfant) et que je n’aille tout faire sauter.

Parce que là ils me gavent grave. 5 ans qu’ils me font des ATD pour me rembourser les frais (mais bon qui se choppe la déprime ? Hein ? non, pas eux…). Je veux y rentrer aux impôts, j’y ferais mon boulot et je serais compatissante, ça je peux le jurer… Je suis trop vieille, l’état ne veut pas des gens passés la quarantaine (donnez l’exemple)

La vie n’est qu’un long calvaire et l’administration inhumaine…

Posté le 11 mai '07 par , dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.

La surprise… (suite et fin)

Surprise_3_55949044Donc le lundi 7 mai, me voici débarquant à Paris.

Voyage en train bien passé, j’étais sereine. J’allais l’avoir ma surprise, j’était totalement décontractée… (si, vraiment)

Delphine est venue me récupérer Place des Vosges dès qu’elle a pu, et rendez-vous avec Pulchérie vers Beaubourg (mon dieu que ce centre est moche, je ne le dirai jamais assez !). Elles m’ont fait traîner un peu, le rendez-vous (mais lequel ???) étant pris pour 20 H 15. J’aurais pu prendre le train d’après, mais bon, pas grave… J’étais avec mes amours, mes petits bébés, même si Pulchérie précise toujours qu’elle n’est pas mon bébé (désolée, mentalement je lui talque toujours les petites fesses…)

J’y avais fugitivement pensé (croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer), sans m’y attarder trop, car Pulchérie m’avait parlé “du noir” en m’indiquant qu’elle “m’égarait”, et j’ai bel et bien débarqué dans ce restaurant de Paris où l’on mange dans le noir… J’en avais entendu parler et j’avais trouvé le concept original. Sauf que là j’étais en plein dans le concept, et qu’en attendant de pénétrer dans la salle après avoir reçu les instructions de rigueur, je me suis mise à carrément flipper même si cela restait original. Original je veux bien, mais pas pour moi

  • Donc on se débarrasse de tout ce qui est source lumineuse. Lâchement j’avais gardé mes clopes comme si j’allais pouvoir sortir un petit coup (pour ne jamais re-rentrer, inutile d’espérer)… Et puis j’avais mon briquet. On range tout dans un casier fermant à clefs et on attend de passer sa commande. Je flippe à mort.

  • Celui qui prend la commande conseille le menu surprise : dans le noir, il est très difficile de savoir finalement ce que l’on mange, et de reconnaître tous les goûts (sauf ceux que l’on déteste vraiment, donc Pulchérie supporte les asperges, et moi résolument pas le melon…). Il explique le concept du “dans le noir”. On sait tous ce qu’est le noir et j’avais dit que je n’en avais pas peur (sauf que le total je n’avais jamais vécu et que j’ai commencé à flipper quand il à expliqué ce que c’était vraiment). Il nous demande nos allergies éventuelles et ce que nous ne mangerons jamais pour cause de conviction ou autre… Je flippe tellement que je ne pense à rien de particulier… comme si j’aimais tout. Pulchérie prend le menu surprise, Delphine se déballonne pour prendre quelque chose qu’elle connaît, je suis Pulchérie dans cette aventure.

  • Quand vient notre tour, notre guide aveugle (je déteste l’expression : “non voyant”, je trouve cela hypocrite) appelle deux tables : celle de Vladimir et de Pulchérie. Le premier de la file met ses mains sur les épaules de la guide, et ainsi de suite. J’ai Delphine juste derrière moi et une fois passé deux rideaux, c’est le noir total le noir absolu… On ne voit absolument rien, rien du tout !.

  • Je ne flippe plus, j’ai vraiment peur. Une peur panique que la guide entend très bien quand je la chuchotte à Delphine… On ne distingue absolument rien, et vainement on écarquille les yeux. On analysera la panique après, mais pour l’instant je veux sortir, et je ne peux pas, car je ne sais même pas où est la sortie, ni d’où je viens. Je vais mourir là, j’ai peur, je tremble. Dephine me rassure, la guide me prend par la main, sent que je tremble et m’installe à une table en m’assurant que tout va bien se passer, Delphine en face de moi (de ce que j’entends et sens quand elle cherche ma main et me parle doucement pour me rassurer) sent également que je tremble… Ca doit faire drôle une maman qui tremble, mais je ne peux pas juguler mon angoisse et j’écarquille les yeux au maximum… Pourquoi je ne distingue rien ?

  • Arrive Pulchérie apparement, elle, décontractée, que la guide a laissé attendre 2 ou 3 minutes seule. Elle a très bien senti ceux qui flippaient ou pas. Qu’avait-elle à nous dire qu’elle n’a pas dit ? Je sens que Pulchérie flippe : pour moi. Pourvu que cette surprise ne tourne pas mal. Moi, j’ai du mal à parler, j’ai la gorge coincée, j’essaye vainement de voir quelque chose, je suis incapable de parlotter (vous sentez le malaise vrai…) Les filles me demandent de dire quelque chose “maman, parle nous !”, mais tout se coince dans ma gorge, j’ai mal, je souffre, je me sens oppressée, je veux m’en aller d’ici, tout de suite, immédiatement. Je suis incapable de dire ce que je ressens réellement, ce que je pense vraiment. Mon voisin de droite m’adresse gentiment la parole : il est content d’avoir du monde à côté de lui, celui de gauche aussi. Delphine ne me lâche pas la main. Elle m’avouera après qu’elle flippait également mais s’est donnée comme priorité de me rassurer.

  • La peur me lâche un peu quand Pulchérie nous affirme que cette salle peut s’allumer en un clin d’oeil en cas de pépin, dans la mesure où elle n’est pas toujours “noire”. Elle nous rappelle que nous sommes filmés infra rouges et qu’en cas de problème (une crise de n’importe quoi), les pompiers n’interviendront pas dans le noir. Notre guide vient me rassurer à 2 reprises, elle est adorable et affectueuse,  et m’apporte mon verre de vin pris avec l’entrée (j’ai choisi l’option : un verre par plat = 3). Je tiens mon verre comme une désespérée. Les filles veulent y goûter : elles vont tout me renverser. Non ça se passe bien, mais ce noir absolu, l’absence de tout repère visuel m’est insupportable… Il y en a qui vivent cela tous les jours. Comme tous les serveurs dans ce restaurant… J’ai beau adorer la musique je persiste et signe : je préfère devenir sourde.

  • Impossible de se rendre compte, même au brouhaha, de la taille de la salle. J’ai du mal à visualiser Pulchérie, il y a comme un angle dans les tables que je tâte. Au fur et à mesure que la soirée passera j’aurais sans cesse l’impression qu’elle se déplace vers sa soeur, plus en face de moi qu’à gauche…

  • L’entrée arrive, je planque mon verre. On fait comment avec les couverts ? On se sert un peu de ses doigts pour “voir” ce qu’il y a dans l’assiette. Je mets le doigt dans de la sauce évidemment. Je m’essuie discrètement, ce qui est totalement inutile car personne ne peut me voir… Pulchérie annonce haut et clair, qu’elle se met sa serviette autour du cou, on trouve l’iidée bonne. De nous avoir donné de grandes serviettes également, car apparement un peu partout on mange beaucoup avec les doigts, difficile de se servir de couverts d’emblée…  Dans le centre de l’assiette, nous sommes prévenus, un petit verre. Je goûte : c’est du nectar de melon, je suis formelle. Je le refile à Delphine qui attend son plat (elle n’a pas pris d’entrée) en tâtonnant. Nous essayons tous d’identifier ce que nous mangeons, au nez, au goût… Le goût fait défaut, on s’en apercevra à la sortie. Moi j’ai plutôt un bon nez pour une fumeuse, mais je panique encore trop pour lui faire confiance…

  • J’identifie une ou deux asperges, de la crevette en beignet, du je ne sais quoi, bon mais je ne mets pas le nom dessus. Tout est délicieux, mais si cela se trouve je suis en train de manger de la cervelle même si l’on m’a dit “pas d’abats”. J’essaye de me servir un verre d’eau en suivant le conseil donné “mettre un doigt dans le verre pour mesurer le niveau”. Difficile, j’en ai plein les pieds et peu dans mon verre.

  • Je ne sais pas si Delphine a réussi à se servir en eau, mais elle repose mal la carafe, pête le petit verre de nectar de melon qu’elle ne m’a pas rendu malgré la consigne de le remettre dans l’assiette au centre. La carafe s’écroule et j’en ai plein les jambes cette fois-ci. Mon assiette (vide, j’espère) est pleine de flotte et déborde. La serveuse est catastrophée, en 5 minutes c’est le 3ème bris de verre brisé dans son secteur. J’ai mal pour elle qui ne peut pas allumer la lumière pour résoudre le problème…

  • La peur s’estompe petit à petit. Je me résigne à n’y rien voir. La discussion se fait avec les filles et nous rigolons bien (comme à l’ordinaire : 3 gamines dont moi). Finalement le petit coup de rouge sur le plat de résistance qui a un peu tardé à venir, finit de me détendre… Telle une de mes lointaines ancêtres, je renonce à couper la viande et je mange l’agneau à la main (j’ai eu une serviette propre, la première étant inondée). Tout le monde en fait autant. Pour la purée et les légumes c’est plus difficile. Pulchérie et moi avons demandé “sans légume vert”, donc j’ignore si finalement je les aurais mangés avec délectation. J’annonce de la purée de carottes avec peut-être un peu de potimaron ou autre, du coup Pulchérie n’aime pas parce qu’elle déteste la purée de carottes et les marrons encore plus. Là aussi, tout faux (c’était de la purée d’olive verte). Je vérifie que je n’ai plus rien dans mon assiette avec la main. Tout le monde slurpe ses doigts avant de s’essuyer sur la serviette. Delphine goûte dans l’assiette de sa soeur, regrette d’avoir choisit son plat qu’elle ne reconnaît pas finalement. elle aurait dû faire comme nous : prendre le menu dégustation.

  • Pulchérie fait goûter à sa soeur la purée. Delphine aura tout faux également. Elles trouvent un os. Dangereux quand on n’y voit rien. En fait Pulchérie éclate de rire tout à coup “j’ai une pince à linge dans mon assiette !” (dont elle est persuadée qu’elle était verte, la pince). Notre “guide” et serveuse est mortifiée : cette pince était un point de repère pour elle pour l’assiette sans légume vert, et elle est tombée dans l’assiette. On la fusille quand la malheureuse ?

  • Vient le dessert. Exquis, mais là encore on cherche. C’est fait exprès en plus, les arômes sont subtilement mélangés… Seul le chocolat est reconnu par tous à l’unanimité… J’écarquille toujours les yeux, mais je suis détendue et j’ai bien identifié le 3ème verre du dessert : du Chardonnay, exquis.

  • Delphine demande à la guide si nous pouvons sortir. Elle nous demande si tout c’est bien passé… Oui finalement tout s’est bien passé, on ne lui en veut pas de la pince à linge et c’était un amour, courageux en plus… Mais je pose avec bonheur mes mains sur ses épaules pour revenir petit à petit vers la lumière (c’est graduel). Je pense à elle qui ne la voit pas… J’admire son courage que je n’aurais jamais : le deuxième service l’attend…

  • C’est bon je retrouve petit à petit la vue (ça reste flou quelques minutes)… La peur s’oublie, s’analyse. Souvenir des crises de somnambulisme d’enfant quand je me croyais à un endroit et était à un autre, complètement perdue. Peur de tous de perdre un jour la vue que j’ai tâtée vraiment un jour où j’ai perdu pendant une heure la vision de l’oeil gauche. Sauf que ce n’était pas noir. C’était neutre, dans les beiges, plutôt clair et très gênant quand je fermais l’oeil pour retrouver l’obscurité…

  • Analyse de cette obscurité qui nous agresse alors que nous n’avons aucun repère… Je regarde se déplacer pendant que les filles attendent pour payer, les serveurs… Leurs repères ils les ont et aucune hésitation… Ils nous ont demandé à tous en début de repas, de ne pas parler trop fort. Instinctivement, on hausse le ton quand on ne voit rien, mais eux, cela les perturbe.

  • 2 rats partent sans payer parce que le caissier est débordé. Pulchérie est outrée… Je n’en reviens pas non plus. Ils ont mangé excellement bien (car c’est très bon, je confirme), mais ne supportent pas d’attendre. Pensent-ils à ceux qui les ont servis, qui malgré leur handicap que l’on comprend soudain, travaillent ? Ils se prennent pour qui ? En attendant la note nous constatons avec surprise ce que nous avons mangé…

  • La purée de carotte était une purée d’olive verte. Le truc que personne ne reconnaissait était de l’avocat, etc… Tout le monde sourit, en clignant un peu les yeux.

  • Dehors : les cadeaux pour maman. Elles voulaient me les donner dans la salle, mais ce n’était pas possible : je les aurais reconnus à la main, c’est certain, mais aucun sac, aucun vêtement ne doit gêner les serveurs…

Me voici donc avec un joli chemisier blanc, des sels de bain, et un téléphone portable qui fait que je n’entamerais pas ma 50ème année à 17 H 55, comme une mémée.

Merci mes amours. Hier soir je me disais que je recommencerais pas cette expérience, et finalement je me dis : pourquoi pas ????

Jean Poirotte à qui Pulchérie avait dévoilé la chose, a tout de même été surpris… Pour lui “dans le noir”, c’est le noir que nous connaissons tous, dans lequel on voit tout de même vaguement quelque chose. Très important à savoir : il y a toujours une brève lueur à un moment ou à un autre, ou nous savons où nous sommes et comment allumer. Là, on ne peut pas. Comme certains ne peuvent pas faire la lumière et la vision sur leur vie…

Et c’était une super soirée, (ce que je ne pensais pas en tout début de repas) et qu’offrir de plus beau à sa maman que l’on aime, que de la fraternité avec ceux qui souffrent en silence d’un handicap que l’on ne peut comprendre que dans ce lieu finalement magique ? Car c’est aussi de l’amour.

Pour ceux que cela intéresse : http://www.danslenoir.com/

Encore merci mes amours… Et désolée pour ma panique du début, que j’ai réussi tout de même à surmonter. La panique est une chose très particulière et il y a quelques temps, avec Truchon dans la tête, j’aurais demandé à aller manger finalement dans la salle où l’on voit clair ou allumé mon briquet de trouille…

Et j’ajoute : cela restera finalement magique. C’est une soirée odeurs, goût, toucher… Sans rien de visuel. Comme un rêve finalement… C’est le noir absolu, les voix de mes filles, nos rires finalement qui reviennent toujours… quelque chose de jamais vécu… Ou de déjà vécu… Nos rires ? toujours !!!!

Posté le 9 mai '07 par , dans Faites des gosses !. Pas de commentaire.