P comme Parent d’élève…

Parents_d__l_vesVous étiez parents tout court, et puis un beau jour le petit ou la petite passe le seuil de l’école maternelle, et vous voilà parents d’élève…

Vous allez devoir affronter des instituteurs successifs, avec lesquels le courant ne passera pas forcément (mais pour le bien de l’élève on la boucle), des bulletins qui se seront pas tous glorieux, et puis surtout, surtout, d’autres parents d’élèves.

Je faisais partie de ceux qui n’ont pas trop de questions à poser à la réunion fatale du début d’année : l’instituteur va se charger de nous mettre au courant. D’autres le devancent tout de suite avec une liste de 3 pages car ils n’ont que des questions et des objections à tout : repérez les, ils vous gonfleront pour toutes les réunions à venir, si vous ne déménagez pas. Les enfants en effet se suivent généralement d’une classe a l’autre.

Pulchérie avait une copine de CM2, (pendant que Delphine débutait son CE1 dans cette école où elle allait faire tout son primaire) dont la mère m’a pourrit la vie pendant toute l’année scolaire. A savoir qu’elle était en compétition, via sa fille, avec tous les autres parents d’élèves. Pas de chance pour elle, la classe était dominée depuis le CP (Pulchérie tombait là tout à coup) par deux têtes d’exception que sa fille n’avait aucune chance de battre. Je savais par contre par Pulchérie, toujours honnête et outrée par la triche, que Ludivine copiait plus que largement sur une des deux têtes d’où une baisse de résultats si une grippe venait à terrasser l’autre.

La seule conversation de cette femme était « combien Pulchérie a-t-elle eu à sa compo de maths ? 17 ? Ludivine a eu 1/2 point de plus » (m’en fous). « Jusqu’à quelle heure Pulchérie travaille-t-elle le soir ? Ah mon dieu, Ludivine révise jusqu’à 22 heures » (m’en fous toujours). Elle prenait la parole dès le début d’une réunion et ne la rendait à l’instituteur qu’après l’intervention exaspérée d’un autre parent (elle était brouillée quasiment avec tous, d’où son affection pour moi, fraîchement débarquée « en CM2 »).

Passage en sixième, Pulchérie échappe à Ludivine qui se retrouve dans une autre classe, sans les grosses têtes. Je me croyais débarassée de la mère : j’avais tort. Je me suis toujours demandé si elle n’avait pas placé des micros espions dans ma voiture, voire même la maison de mes parents, pour savoir quand j’en sortirais. Je la voyais surgir, poussant la poussette de son 4ème pour me raconter les déboires de Ludivine travaillant jusqu’à minuit à s’en user les yeux (bien fait la copieuse) et s’enquérir des (bons) résultats de Pulchérie qui la consternaient dans la mesure où elle s’était traînée derrière l’autre avc 1/2 point de retard pendant le CM2. Il m’a fallu lui préciser un jour « les résultats scolaires de Ludivine ne m’intéressent pas du tout, d’ailleurs demandez-vous pourquoi elle s’en sort mal sans Charlène à proximité » pour en être débarrassée (je sais ce n’est pas charitable, mais il faut ce qu’il faut, je n’allais pas me l’appuyer une année de plus). Elle m’a quittée ce jour là rouge comme une framboise et outrée, mais bon c’était pour une bonne cause (la mienne).

Il y a plusieurs sortes de parents d’élèves, que l’on retrouve partout :

  • Ceux qui trouvent qu’il y a trop de devoirs

  • Ceux qui trouvent qu’il n’y a pas assez de devoirs

  • Les lèves tôt qui étaient pour le maintien de la classe le samedi matin pour filer faire leur plein à l’hypermarché sans la compagnie de leurs têtes blondes (ou brunes)

  • Ceux qui étaient contre le maintien de la classe le même jour, car ils ont des milliers de choses à faire dès le vendredi soir, y compris filer en province (maintenant c’est de l’histoire ancienne)

  • Ceux qui prennent l’école pour une garderie et y envoient leurs enfants avec une maladie bien contagieuse. Exaspération de l’instit qui voit les rangs se creuser.

  • Ceux dont les enfants n’attraperont jamais un pou, donc, ils ne leur regardent pas la tête et ils ont tort : c’est leur gamin non traîté qui en refile régulièrement aux autres, merci pour les parents qui traîtent leurs enfants (là c’est le terrain miné par excellence)

  • Ceux qui vous toisent parce que leur môme a 1/2 point de plus que le vôtre nananèreu !

  • Ceux qui sous prétexte que vous êtes au chômage donc disponibles, vous refilent leur pétition à faire circuler (que l’on benne vu qu’on n’est pas d’accord avec le samedi non libéré).

  • Ceux qui militent contre l’instit excellent qui est trop sévère, à l’ancienne qui exige du respect non mais, ils rêvent, pour militer l’année d’après contre l’instit qui remplace le précédent cité qui est parti à la retraite et a été remplacé par un jeune franchement trop cool : ils rêvent encore. Ceux là ne seront jamais contents de l’instit sans se poser de question sur leur môme dont ce n’est forcément pas la faute s’il galère parce qu’il n’en glande pas une.

  • Ceux dont l’enfant n’est qu’un pauvre bouchon innocent, alors que votre môme n’est qu’une teigne infâme, même si le bouchon innocent lui a ruiné le tibia droit.

Bon courage à tous et vous saurez pourquoi la vie n’est qu’un long calvaire, car quand le trésor adoré rentre à la maternelle, vous en avez pris pour 15 ans s’il n’y a pas de loupé.

La vie n’est qu’un long calvaire…

T comme Téléphone : moi, 2 filles et 1 seul téléphone

Adolescente_au_t_l_phoneEpoque préhistorique où le portable faisait une timide percée et où je me suis retrouvée dans mon appartement avec Pulchérie et Delphine en pleine crise d’adolescence et seulement une ligne et un téléphone.

Téléphone bien sûr avec cordon…

Je pensais que ce téléphone était ma propriété, puisque j’en réglais la facture. J’avais tort.

A la première sonnerie, bruit de cataclysme dans la chambre des filles (zut tout s’écroule), ouverture sauvage de la porte et double précipitation sur l’appareil à grand coup de « c’est moi ! » « non c’est moi connasse ! » (sinon elles s’entendaient bien et s’entendent toujours bien). J’arrivais toujours trop tard. Quand c’était pour moi, elles me tendaient l’appareil avec réprobation et retournaient faire semblant de faire leurs devoirs.

Malheur à moi si je m’attardais à compatir aux malheurs de Fernande pendant 2 heures. Regardant d’un oeil la télé et me jetant l’autre très noir, elles me faisaient bien comprendre qu’elles attendaient elles aussi éventuellement un appel, voire même plusieurs.

Cas n° 1, appel pour Pulchérie. Delphine retournait dans sa chambre éplucher un kiwi en claquant la porte (les voisiiiinnnnsss !!!!). Pulchérie utilisait un langage codé que je comprenais parfaitement, ayant eu le même avec ma meilleure amie, Mrs Bibelot n°2. Du coup l’ayant compris elle m’enfermait dans la cuisine, s’asseyait par terre, coincée par la longueur du fil (oui, ce n’était même pas un sans fil, ayant eu des déboires avec le premier, antique, j’étais contre), chuchotait à m’en faire rappeler les locomotives à vapeur de mon enfance, et raccrochait au bout de 2 heures. Elle trouvait donc le repas froid et sa soeur hystérique qui avait dû louper au moins 4 appels. S’ensuivaient des échanges délicieux dont les voisins pouvaient profiter (curieusement je ne les entendais plus s’engueuler…).

Cas n° 2, appel pour Delphine. Pulchérie retournait dans sa chambre potasser ses maths en claquant la porte. Delphine s’allongeait par terre et chuchotait à son tour, tout en changeant de position toutes les 30 secondes à peu près. A plat ventre, sur le côté en se grattant le pied, sur le dos les jambes en l’air, reptations illimitées, pour terminer les jambes en l’air appuyées sur le mur (d’où la photo d’illustration). Elle raccrochait au bout de 2 heures et retrouvait sa soeur hystérique et le repas froid elle aussi. Elle s’en fichait totalement, mangeant de tout, à l’époque, et dans tous les états. Bien évidemment elle rétorquait à sa soeur et en faisait profiter les voisins, mais je m’en fichais, le film ayant commencé.

Delphine était la championne toute catégorie du « je me précipite sur le téléphone sitôt rentrée à la maison », (comme moi jadis et cela tapait sur le système de maman, je ne me demande plus pourquoi).

A savoir que Delphine était partie pour le collège le matin avec Marine. Qu’elle y avait passé la journée, toujours avec Marine, qu’elles rentraient ensembles, l’autre habitant quasi en face, parlottaient 2 heures en bas de l’immeuble. Le temps de monter l’escalier, de se poser (compter 1 minute 60 maximum), elle se ruait sur le téléphone pour appeler Marine et commençait sa gymnastique.

Ayant besoin de l’appareil pour mon propre usage, j’étais dans l’obligation de tourner à la mère indigne et d’exiger un « raccroche immédiatement où c’est la baffe, j’ai besoin du téléphone », quand j’attendais un appel ou éprouvait le besoin d’en passer un.

Elles raccrochaient donc, l’une et l’autre me fusillant du regard et quittant la pièce avec un air de princesse outragée très au point. Je prenais donc le téléphone, m’apprêtais à décrocher quand drrriiiiinnnnng !

L’appel attendu ? Non Mrs Bibelot me signalant que ma ligne avait été en dérangement pendant 3 heures, où cela avait sonné occupé pour elle tout le temps. « Mais puisque je t’ai en ligne ma chérie »…

Les deux filles se rongeant les poings dans leur chambre…

1 téléphone par personne de sexe féminin, c’est un minimum…

Est venue l’époque du portable où seule Delphine demeurait à la maison (snif). Hors à l’époque appeler un portable d’un fixe c’était la ruine garantie. J’ai d’ailleurs reçu une note de 1 500 F un jour et demandé à France Télécom « j’exige des explications ». J’ai reçu la facture détaillée et crisé à la vue du nombre d’appels que Delphine avait pu passer sur des portables. Facturation détaillée donc, et achat d’un sans fil que je pouvais coder pour interdire l’accès à certains numéros (je n’ai jamais réussi à bloquer le fatidique 06, mais la facture a fait une chute libre quand j’ai précisé à Delphine qu’il y avait un espionneur de numéros composés sur ce téléphone).

Pas grave, munie du sans fil, quand on l’appelait, elle pouvait faire les pieds au mur ou la chandelle dans sa chambre pendant des heures, à l’abri d’oreilles indiscrètes (moi) (d’où la photographie d’illustration) jusqu’à complet déchargement des batteries.

Maintenant je n’ai bien évidement plus la facturation détaillée… mais tout de même, ma facture a dégringolé significativement après le départ de ma dernière fille…

La vie n’est qu’un long calvaire…

T comme Téléphone : l’homme et le téléphone : l’homme qui adore téléphoner

t_l_phone_r_troJe ne vous referai pas le coup des croisades. Une autre fois peut-être mais pour un autre sujet.

Donc nous avons laissé là Albert et sa phobie du téléphone pour rencontrer l’homme qui aime bien téléphoner. Comme une femme quoi et c’est lassant ! Usant ! Flippant !

C’est Charles Hubert m’appelant 15 fois par jour (au boulot c’est  mieux) pour me dire :

  • Rien de spécial (!)

  • Le facteur est passé, pas de courrier…

  • Au fait j’ai oublié de te dire… (liste non exhaustive de ce qui peut attendre le soir)

  • Comment ça je te dérange ?

  • J’en ai marre d’être au chômage et de devoir t’appeler à ton boulot

  • Je te prends des carottes râpées ? il n’y en a plus (ben il me les prendra de toutes manières)

  • Je viens d’avoir Pulchérie, elle te rappelle au boulot. Ah tu es déjà en ligne avec elle ? Je voulais juste te prévenir

  • Rien sur les petites annonces Internet. Ah je te dérange encore ? On voit bien que tu ne sais pas ce que c’est qu’être au chômage (ben si j’ai su)

  • Comment on fait avec l’aspirateur ? Le brancher ? Oui bien sûr…

  • Qu’appelle-tu exactement : passer la serpillère dans la cuisine ? J’ai pris un torchon et le balais, c’est un peu mouillé mais quand tu rentreras ce sera sec. Quel produit ? Non j’ai juste pris de l’eau

  • Le chat n’arrête pas de miauler je ne sais pas quoi faire. Non il n’a pas l’air malade.

  • Toujours rien de spécial

Le pire c’est l’accro du téléphone au boulot. Il a 3 portables (?) et sa ligne fixe sur laquelle je peux lui transférer ses appels. S’il pouvait se faire greffer un portable à la place du bras gauche, il serait volontaire pour l’expérience (sa femme s’insurge et ses gosses aussi).

Mon ancien patron qui depuis à pris sa retraite (Dieu soit loué, Allah agbar (ne pas me reprendre sur l’orthographe je ne maîtrise que 3 phrases en arabe et non écrites), par Toutatis et tout le tralala)) ne pouvait absolument pas se passer de son portable. Il m’appelait pour un truc bien sûr supra urgent, et passait sous mes yeux éberlués tout en continuant à me causer dans le téléphone : en fait il avait décidé de m’appeler alors qu’il se garait en bas des locaux de la boîte, ne pouvant attendre 15 secondes pour me dire le truc urgent. Et moi le croyant loin, et le voyant passer « au secours le v’là ! Pitié ! A l’aide ! » (je goupillais ses voyages pour qu’il parte bien tôt et revienne bien tard, il s’est toujours étonné de la surcharge dans les trains, avions et autres, à des heures décentes).

Le collègue aux 3 portables avait une spécialité : il filait dans le stock pour vérifier un truc urgent également (c’est toujours urgent, un jour la terre s’arrêtera de tourner) en oubliant ses portables qui bien évidemment en son absence vont bourdonner comme des malades (il aimait bien le mode vibreur pour s’épargner les tympans quand il était déjà en ligne), sauf pour un qui reproduisait l’antique sonnerie du téléphone des années 60 : drrrrrinnnnnng !). Remontant pour prendre connaissance de mes nombreux messages sur le fixe, il prenait connaissance des autres et était in-joi-gnable pendant le reste de la journée. Pour une chantier à 1 million d’Euros, je pardonnais , pour un joint à 10 je m’insurgeais .

Pour le devis à 1 million à traiter en urgence, il était injoignable, ses trois portables me renvoyant sur le répondeur « déjà en ligne ». Il n’avait que deux oreilles et deux bras, à moins que quelque chose ne m’ait échappé.

A la maison (donc on quitte mon chef, et mon collègue déjanté) c’est l’homme qui se précipite sur le fixe (conservé au caz’où) avant nous, ce qui est humiliant parce qu’il nous coiffe toujours au poteau. Pour raccrocher au nez de notre meilleure amie : il attend un appel important rapport à son chantier en cours alors n’est-ce pas…  Qu’elle rappelle dans deux mois… Et son portable bourdonne jusqu’à 23 heures et dès 7 heures du mat.

On reprend le téléphone fixe quand il est parti forer la mer du nord à la recherche de pétrole (original), pour découvrir qu’on en a perdu le mode d’emploi (c’est ballot, mais il a acheté le plus compliqué qu’il pouvait, à lui aucun téléphone ne résiste)

C’est diabolique un homme qui squatte le téléphone…

Et la vie n’est qu’un long calvaire

T comme Téléphone : l’homme et le téléphone : l’homme qui n’aime pas téléphoner

Moyen__geIl y a eu toute une longue histoire sans téléphone. Maintenant on n’imagine même pas que cela ait pu ne pas exister, alors que si l’on regarde de près, dans l’histoire humaine, on vient juste de le découvrir.

Au moyen âge par exemple, Tristan s’en allait pour les croisades en abandonnant Iseult la blonde qui n’attendait que peu de nouvelles, car Tristan devait faire appel à un chevaucheur pour la joindre la poste toute bête n’existant pas non plus.

A savoir que parti depuis 4 mois du Pas de Calais et enfin arrivé à Aigues Mortes pour embarquer vers une terre sainte, Tristan réalisait qu’il n’avait pas dit l’essentiel à Iseult. Il dépêchait donc un chevaucheur à la belle et n’attendait que peu de réponse :

  • Parce que le chevaucheur pouvait croiser une épidémie de peste et s’arrêter là

  • Parce que le même pouvait très bien ne jamais arriver à bon port, les routes n’étant pas sûres (exit le doux billet « ma doulce amie je vous aime » piétiné par un brigand)

  • Parce que si le chevaucheur arrivait à bon port, la réponse d’Iseult (« moi de même mon bel ami, j’ai grande crainte pour votre vie et vous attends avec hâte » (bête en plus la belle, comme s’il pouvait revenir comme cela) pouvait ne jamais parvenir à Tristan pour les raisons suivantes :

  • Parce que Tristan avait laissé une indication vague au chevaucheur « je serai avec les armées du roi » et que le chevaucheur enfin arrivé à bon port au bout d’un an, comme tout homme qui se respecte se refusait à s’enquérir du chemin à suivre. Sinon il aurait sû que Tristan était coincé en crête suite à un détournement de navire et que le roi l’attendait justement et pouvait se charger de la missive.

  • Parce que les dangers étaient les mêmes pour le chevaucheur au retour vers Tristan, avec le courrier précieux (peste, bandits de grands chemin)

Sur l’image c’est Tristan qui revient des croisades au bout de 7 ans, et Iseult en cloque pour la 4ème fois du baron pas fou qui, lui n’était pas parti et lui a fait une cour assidue (Iseult à cédé : le chevaucheur n’était pas arrivé).

Aujourd’hui les routes sont sûres (qu’on croit), et une histoire pareille est à dormir debout, parce qu’il y a le téléphone !

Tristan ayant pris le TGV vous appelle de Marseille (Aigues Mortes est dans les terres maintenant, rapport au Rhône capricieux et son delta) 5 heures après être parti et vous hurle dans les tympans « Je t’aime, j’arrive !). Ceci pour le cas où il n’aurait pas de portable, sinon tout le wagon aurait profité de son amour fou (se déclarant au départ du train et il est coincé dedans jusqu’à Nîmes).

Albert était un champion toutes catégories du « j’aime pas le téléphone ». A notre époque lointaine, il n’y avait que le fixe qu’il décrochait le moins souvent possible. D’ailleurs je m’en chargeais, comme toutes les femmes j’adore le téléphone (sauf au bureau bien sûr, mais c’est pour moi du passé). Et puis, toujours à cette époque lointaine, pas de signal d’appel, pas de sans fil : qui appelait c’était toujours la surprise, et on était coincés sur une chaise l’engin fiché dans l’oreille tout le temps de la conversation.

Parfois Albert était obligé de décrocher l’appareil, moi étant prise ailleurs (tétée, change, bain du bébé, toutes choses qu’on ne peut pas lâcher sur l’heure pour se ruer sur l’engin, les escalopes pouvant bien brûler). Au son de sa voix je savais que cela pouvait être ma mère (une heure, occupes toi des escalopes), ma meilleure amie (deux heures, va voir les escalopes), une copine déprimée (nuit foutue les escalopes aussi). Il haussait le son de la télévision régulièrement pour me rappeler à l’ordre et me demandait exaspéré après raccrochage « mais qu’est-ce que vous pouvez bien avoir à dire pendant des heures !!!! (alors qu’il avait tout entendu)

Parfois il tombait sur son père. S’ensuivait une conversation extraordinaire et grandiose :

  • « Ah papa ! Ca va ?

  • « Ca va et toi ça va ?

  • « Ca va

  • « Bon bah tant mieux, tiens je te passe ta mère »

S’ensuivait un long calvaire pour Albert qui subissait sa mère et essayait de me la refourguer malgré mes dénégations fanatiques (j’aime bien parlotter au téléphone mais pas avec belle maman).

S’il m’appelait c’était pour une urgence extrême : guerre nucléaire, alerte au cyclone, préavis de peste bubonique ou pulmonaire. Sinon, il ne voyait pas l’intérêt du téléphone… Donc il ne s’usait pas l’oreille (sauf quand il agonisait dans son lit et que j’avais eu l’audace de le laisser seul pour aller bosser. Là il pouvait m’appeler 15 fois pour que je suive l’évolution des symptômes et rapplique avec un prêtre)

Il paraît qu’il a un portable maintenant (dixit les filles). Moi j’y crois pô…

La vie n’est qu’un long calvaire…

« V » comme « vlabadaboum » (2)

Mal de têteLe dimanche matin, le téléphone sonne sur les coups de 10 H 45, et mon petit doigt me dit que c’est maman.

Gagné, sans passer par la case départ et sans empocher 20 000 Euros…

« Ma chérie me dit-elle d’une voix mourante, je ne peux marcher qu’avec le déambulateur, j’ai cru que je ne pourrais jamais me lever, je n’ai même pas pu aller faire mes petites courses ».

Continuer la lecture de « « V » comme « vlabadaboum » (2) »

P comme… Pince à épiler

Pince____pilerCertains l’ont sans doute remarqué (15 qui suivent) : j’ai des déboires avec les pinces à épiler qui ont traversé mon existence. En fait j’ai arrêté de les compter…

Ma première épilait super bien. Je l’avais empruntée à ma grand mère au cours d’un WE passé chez elle, durant lequel elle n’avait pas arrêté de me seriner, la malheureuse : « arrête avec ma pince à épiler, tu vas la perdre sur la pelouse » ce qui s’est effectivement produit. Pince à épiler égarée dans le gazon où je me faisais les jambes super nettes sur une serviette de bain.

Ma meilleure amie tenait la sienne de sa grand mère également. Il faut ce qu’il faut. Sauf qu’elle l’a toujours. D’accord elle a 3 fils pour 1 fille, cela joue, mais 1 fille cela suffit. D’ailleurs à la naissance de ses jumeaux (enfin une fille), elle a commencé à chercher des cachettes pour sa pince à épiler qui théoriquement est planquée dans le congélateur derrière les épinards que sa fille déteste (donc impossible pour elle de la trouver, elle ne prendra pas la barquette d’épinards qui n’a pas bougé depuis 10 ans, ce qui ne la tarabuste pas).

Ma première pince précieuse (que je planquais à chaque visite de Mrs Morgan, en ayant acheté une bien naze pour donner le change, car elle adorait visiter mes étagères de salle de bain et constater que je me soignais bien la peau), fut un jour saisie par Albert qui avait décidé de faire une maquette et un Messerschmitt (je ne sais toujours pas comment cela cela s’écrit). J’étais absente, il pensa qu’une pince à épiler serait très pratique pour tenir les tout petits morceaux à enduire de colle, et prit la bonne et non pas la naze, ayant autant d’intuition qu’un cric (le truc pour changer la roue crevée sur les vieilles bagnoles, maintenant il y a plein d’inventions modernes, bilan : il faut racheter une roue).

A mon retour il était trop tard : la pince à épiler était enduite de colle indécollable (j’ai tout essayé y compris la faire bouillir pendant de longues heures), et Albert dû se faire à manger tout seul parce que je boudais grave (il s’en fichait, il adorait les patates et s’en fit donc des à l’eau ce qui était le sommet de son art culinaire, mais il ne savait pas que je pouvais bouder aussi au plumard).

Après de multiples tentatives (7 pinces, le pharmacien me déroulant le tapis rouge), je trouvais la pince à épiler parfaite. Albert avait compris qu’il lui était interdit d’y toucher sous peine de… D’ailleurs il avait renoncé aux maquettes, son avion ressemblant à un croisement entre le Concorde et une planche à voile. Pulchérie était petite et Delphine tétait encore avec application, j’ai relâché ma méfiance et oublié de surveiller la pince à épiler pendant de longues années.

Divorce d’avec Albert, petit retour (4 ans) chez papa et maman, dont la pince épilait super bien (la mienne restait rangée), puis fin du tunel et emménagement chez moi, où je suis encore (malgré le fisc et le syndic) seule après une longue période où j’étais encore avec mes deux filles… Vous voyez le drame pointer et vous n’avez pas tort.

Disparition de la pince à épiler un beau matin. Air innocent des filles : très bien réussi, mais ça ne prend pas. Récupération de la pince sur le bureau de Pulchérie après quelques minutes de recherches. Air outragé de fille aînée : ce n’est pas moi. Comme ce n’était pas Delphine non plus, j’en ai déduit que la pince à épiler était venue là toute seule avec ses petites papates. Je l’ai planquée dans ma chambre. OK je la prête, mais on me la demande et on me la rend contre signature.

Problème. Je planque, Pulchérie planque, mais Delphine cherche et finit toujours par trouver. Exit ma pince à épiler que j’eusse dû emmener avec moi au boulot (on n’est jamais trop méfiante)… 9 pinces à épiler minimum ont disparu mystérieusement (il paraît qu’un jour je vais les retrouver étant brouillon et tête en l’air, mais j’ai déjà déplacé tous les meubles et niet…)

Arrive mari n° 2 (quelle idée aussi de se remarier !). Lui avait 2 mains gauches et était droitier, je ne me suis donc pas méfiée non plus. Ce n’est pas lui qui aurait l’idée de faire des modèles réduits ou autres. Sauf qu’il aimait faire des revues de presse (enfin une) et que pour tenir le papier (découpé avec mes ciseaux pour cheveux, donc fichus également)  tout en l’encollant il lui fallait bien quelque chose. L’idée de se servir de la pince à cornichons ne l’a pas touché de sa grâce. Alors il m’a ruiné deux pinces étant plus têtu qu’Albert (tout en ayant fait moins d’usage, mais il s’agissait d’autres problèmes).

Achats non compulsifs d’autres pinces qui disparaîtront à leur tour dans des circonstances dramatiques (pour moi, pas pour celles qui en ont hérité et qui les ont perdues) et mystérieuses (ce n’était jamais personne). J’ai pu noter d’ailleurs lors de ma première visite chez Pulchérie (6 étages, Paris, la mort pour moi à cette époque « chambre de bonne ») en jetant un oeil dans ses placards dont elle me montrait l’ordonnance, qu’elle n’avait pas de pince à épiler (la mienne, planquée avant mon arrivée).

Actuellement, Delphine partie à son tour un beau jour (snif), avec…  j’en ai 3. Aucune n’épile correctement tout ce que l’on veut retirer, y compris une que j’ai payée une fortune : elle arrache bien le duvet (mais on ne se retire pas le duvet) et fait grève pour le poil véritable… Je pense que bientôt j’en aurais une quatrième…

Pour l’instant mes 3 pinces nazes restent bien à leur place, en vue dans la salle de bain, c’est dire qu’elles ne méritent pas que l’on s’y attarde (et aussi que je vis seule, ce qui fait que ma méfiance est totalement relâchée)…

Quant à la quatrième si elle épile vraiment top nickel, je demande à être enterrée avec (NA !)…

La vie n’est qu’un long calvaire… (les vendeurs de pince à épiler tous des escrocs, et les filles fort dangereuses pour le matériel « beauté » de leur mââââman….).

Ce post de septembre 2006 est réédité suite à une forte demande, si l’on peut considérer que 2 commentaires mi-juillet, puisse être une forte demande

Si les problèmes « poils » en intéressent certaines, j’ai donné également à l’époque…

A… comme Architectes…

psychose

Certaines personnes sont poursuivies par des architectes infâmes depuis leur plus tendre enfance.

Les architectes adorent concevoir des immeubles, bâtiments, etc… originaux, mais dans lesquels ils n’iront jamais vivre : pas si bêtes.

Cela leur permet de faire sortir du sol de grands ensembles immondes dont Sarcelle a été longtemps la vedette.


J’ai quant à moi commencé ma modeste existence dans un grand ensemble, dans un appartement chauffé par le sol. Belle invention très vite reprise (inutile de se demander où mettre les radiateurs). Cela peut vous ruiner les jambes à tout jamais, rapport à une circulation défectueuse.

Dans l’appartement de mon enfance, la salle de bain donnait dans la cuisine. L’architecte s’en fichait : lui habitait dans un hôtel particulier du quartier « résidentiel »

J’ai une prédilection particulière pour celui qui a conçu mon appartement actuel. En rétrécissant bêtement un placard, il a pu créer une alcôve assez grande dans mon entrée pour y loger la Victoire de Samothrace. Comme celle-ci est au Louvre, je n’ai eu qu’un choix : faire un autre placard moi-même (enfin c’est papa qui s’en est chargé). C’est ce que tout le monde a fait dans l’immeuble, en se demandant le pourquoi de cette alcôve. Sauf ceux qui ont des statues de valeur à y loger : il est bien connu que les riches collectionneurs logent dans des 4/5 pièces en banlieue parisienne : merci d’avoir pensé à eux.

Nous avons deux grandes baies dans le séjour/salon qui fait 10 mètres de long. Entendons nous bien : il y a une petite porte fenêtre à droite et une petite porte fenêtre à gauche. Faire de grandes baies OK, mais surtout pas de panneaux coulissants qui permettraient d’aérer en grand, l’été (encore que depuis quelques années on en éprouve moins le besoin). Non. On n’aère pas EN GRAND l’été, surtout quand on donne plein sud. Dès que la température extérieure dépasse les 25°, il faut descendre les stores et vivre dans une pénombre sépulcrale pour éviter d’étouffer. Car ce ne sont pas les deux petites portes fenêtre qui donnent de l’air. Quant aux baies proprement dites, ce sont des vitres fixes, de 3 mètres de larges par 2 mètres de haut : agréables certes et peu onéreuses à changer en cas de bris de glace.

Les concepteurs de locaux « à usage industriel » font aussi ma joie, et j’aimerais rencontrer l’architecte qui a conçu l’endroit où j’ai travaillé pendant 9 ans, chez Truchon, pour lui dire ma façon de penser, car il avait fait la totale.

Pour commencer, un escalier de taille immense qui réduit de moitié la surface habitable des trois étages : pratique en cas d’incendie et d’évacuation d’environ 10 personnes. Tout au long des murs : d’étranges tuyaux sans doute décoratifs, qui empêchent de mettre des étagères et armoires. Nous adorions ces tuyaux qui décorent (!) sans avoir la classe d’un tableau de Botticelli.

Plein sud, une façade en briques de verre, laissant bien passer la chaleur dès qu’il y a un brin de soleil, surtout l’été. Dès midi quand on posait la main sur la façade on avait l’impression de la poser sur un radiateur bien bouillant par moins 10° en février. Se tenir devant, juste où était placé le copieur, était un coup à tomber raide d’un coup de chaleur…

Au rez de chaussé, il faisait 2° de plus qu’à l’extérieur, et on prenait 3° par étage. Quand il fait 35 dehors, la comptabilité (au troisième) et le directeur, avaient l’impression d’être dans un four : il pouvait faire jusqu’à 43° voire pire (2003) et j’ai gardé un souvenir ému de cette canicule.

Pour couronner le tout, les fenêtres ne s’ouvrent que peu. Elle s’entrouvrent par le bas : impossible d’aérer. Il faut cuire tranquille. Et pour avoir des carreaux propres, faire appel à une entreprise spécialisée.

L’hiver par contre, on gelait. Apparemment la brique de verre laisse passer la chaleur dans les deux sens. Et pour avoir un 19° correct, il fallait mettre la société au bord du dépôt de bilan en mettant les radiateurs électriques à fond : la trésorerie avec laquelle finalement Truchon s’est barré un jour, ne pouvait pas y résister à l’entendre.

Nos locaux d’avant étaient du même acabit : on s’y gelait l’hiver et on transpirait l’été.

Quelques plaintes multiples glanées ça et là :

  • Les murs et cloisons dans lesquels on ne peut pas planter de clous et qui laissent filtrer le moindre soupir : éviter les tableaux de maître et les voisines nymphomanes.

  • Les murs qui ne laissent rien filtrer sur le plan bruit, mais qui attirent les moisissures en résistant toujours aux clous (prévoir un marteau piqueur pour accrocher la toile de maître).

  • Les portes mal placées : exemple : dans un certain nombre d’appartement on peut, en se débrouillant bien et en ouvrant les portes au bon moment, faire entrer directement les invités dans les toilettes au moment de leur arrivée (les y enfermer c’est plus drôle).

  • Ne parlons pas des portes qui s’ouvrent vers l’intérieur en faisant perdre une place de rangement, et qui nous empêchent d’aller porter secours à l’oncle Albert qui fait un infarctus dans les toilettes.

  • Il y a aussi les constructions modernes et décoratives. Comme la pyramide du Louvre à laquelle je ne me ferai jamais, et Beaubourg, généralement qualifié d’horreur. Surtout pour ceux qui le découvrent avec vision parallèle sur Notre Dame de Paris. (Je me demande si l’architecte de Beaubourg a une vue imprenable dessus. Cela m’étonnerait).

Merci Messieurs les Architectes.

La vie n’est qu’un long calvaire…

(Réédition d’un post de l’été 2006)