Les sales gosses

Sales_m_mes_50672514Etant pourvue de deux filles adorables, juste un peu vivantes et imaginatives, me restait à affronter les enfants des autres qui sont généralement infernaux, comme chacun sait, et mal élevés.

Au moins, les miennes, je pouvais les confier à n’importe qui et les récupérer avec des compliments (même du Furoncle, ma belle mère n° 1° (suivez), car elles me réservaient leur vivacité et leur imaginatif débordant (surtout celui de Pulchérie, Delphine suivant avec plaisir, sauf pour les fugues) (suivez toujours).

Avec Albert après notre séparation, elles ont fait bon nombre de bêtises avec un dénommé Grégory (le fils de la pét…. copine de leur père) qui les entrainait volontier, étant plus vieux qu’elles. Albert n’en a jamais rien su mais quand elles me racontaient à leur retour leurs exploits j’en frémissais d’horreur. Nuits passées au Père Lachaise après être sorties par la fenêtre, sur un toit d’hôtel, dans une piscine d’hôtel la nuit… A moi les sermons interminables (elles s’en sont sorties) et les engueulades avec le père pour défaut de surveillance.

Dans la série sales mômes, j’avais une nièce du côté d’Albert (que j’ai donc perdue de vue) qui par exemple ne pleurait jamais. Elle meuglait carrément avec une force insoutenable pour des oreilles normales. Même un taureau serait parti en galopant sans vérifier si oui ou non… Elle vrillait les oreilles de tout le monde, sauf celles de sa mère qui ne semblait pas l’entendre. J’ai vu cette charmante enfant se rouler par terre après avoir y avoir fait pipi, et mon ex belle soeur, touiller sa crème anglaise sans moufter autre chose qu’un « tu vas voir ». Comme l’enfant ne voyait jamais rien, elle meuglait à qui mieux mieux environ 25 heures par jour en plus.

Je me suis toujours demandé si sa première claque sur les fesses n’avait pas été du ressort d’Albert. Nous l’avions pris pour une semaine entre Noël et le jour de l’an, sa mère n’allant guère bien à cette période de l’année, le père s’étant suicidé un 25 décembre de l’année précédente. Pulchérie n’arrêtait pas de tyraniser sa cousine (elle avait 2 ans, l’autre 5), en retirant la bonde de la baignoire pendant qu’elles prenaient leur bain ensemble, lui faisait répandre du talc ou du shampoing dans tout l’appartement et la sommait de lui raconter Blanche Neige en mettant le ton. D’où meuglements répétés qui nous ont rapidement lassés car Pulchérie était peut-être à surveiller mais ne meuglait jamais. La claque (martyriser un enfant quelle horreur) fut le remède miracle et interrompit instantanément le cri qui tue le taureau. La charmante enfant en perdit ses cordes vocales et tout se passat bien jusqu’à l’arrivée de sa mère où elle recommençat à se rouler par terre en hurlant, mais ce n’était plus notre problème, vu qu’elle n’avait pas fait pipi avant sur notre moquette.

Le record du sale gosse revient au cousin de Pulchérie avec qui elle avait un mois d’écart. Celui là, non seulement on ne lui disait jamais rien (car il ne faut pas croire, mais Pulchérie « on lui causait souvent »), mais il faisait ce qu’il voulait. S’il décidait de faire sa sieste à 19 H on le laissait dormir religieusement jusqu’à 21 H et on passait la nuit à essayer de l’endormir. Par contre s’il avait décidé de se réveiller à 5 heures du matin (quelle horreur !), on le laissait réveiller toute la famille au son de cet ignoble adage qui dit que la vie appartient à ceux qui se lèvent tôt (Pulchérie émergeant très vaguement à 9 H et pouvant pioncer jusqu’à 11 H).

En pension chez moi, c’était « non il n’est pas l’heure de se lever ». Moralité le pauvret se rendormait jusqu’à 9 H ce qui manquait à chaque fois flanquer de l’urticaire à son père qui prenait ironiquement des nouvelles, heureux à l’idée que je lui annonce que je m’étais levée à 5 heures pour donner un biberon à ce gamin insupportable (moi me faire lever à 5 heures, il faut une guerre et encore, à cette heure là un gosse ça dort et ça fiche la paix, même en exode).

Ce pauvre chiard était sujet aux crises d’asthme, et un beau jour ma belle soeur qui me détestait (sauf quand je pouvais lui rendre service) me demandat de le garder alors qu’il faisait une crise. OK pour le prendre, ça occuperait Pulchérie, mais à condition que le plus gros de la crise soit passée, sinon niet, qu’elle se trouve une autre poire. Comme on m’avait reproché d’avoir une fille avec une luxation des hanches, j’avais le droit de critiquer l’asthme et l’exéma n’est-ce pas ? et de refuser d’avoir le n° des pompiers scotché sur ma table de nuit en surveillant avec angoisse une respiration chancelante…

Voilà le guéri à la maison en train de ranger la chambre avec sa cousine (un jour je mettrais une photo authentique). Tout à coup, râles atroces. Je me précipite et retrouve un mourant couché par terre la bave aux lèvres, étouffant, Pulchérie pas très fière. Je me demande tout haut si les pompiers arriveront rapidement et tout à coup le mourant se redresse.

« HA HA Tatie, je voulais voir si tu courais vite ! »

Je ne sais pas si je courais vite, mais je sais que c’est la première claque à lui dévisser la tête qu’il s’est prise de sa vie… (oui je sais, je suis une méchante sorcière…)

La vie n’est qu’un long calvaire.

L'adulte piégé

Enfant_innocent_tlp524959Outre « les filles » et leur « cousiiiine », j’ai également 3 neveux et 2 autres nièces de mon côté (du côté des filles j’ai été perdue de recherche).

L’aîné des garçons (qu’on appelera Bertrand pour respecter son anonymat) nous a un jour feintées Mrs Bibelot et moi même.

Venu passer quelques jours chez mes parents, il squattait pas mal la cuisine, étant comme Delphine terriblement intéressé par tout ce qui touchait à son estomac toujours vide.

Pendant que sa soeur et ses cousiiiines construisaient une cabane dans le jardin, et la meublaient, à grand renfort de tapis persans 100 % authentiques et de bibelots de valeur (un oeil très sûr pour ne pas prendre le moche que l’on peut casser) après avoir recouvert le toit du gazon religieusement entretenu par leur grand mère, Bertrand venait donc tailler une bavette avec sa tante et sa grand mère dans la cuisine et récurait les casseroles avec ou sans bout de pain.

C’était un enfant assez silencieux, donc quand il se mettait à parler, on l’écoutait religieusement.

C’est ainsi qu’un après midi de mousse au chocolat en préparation, il nous a fait part de ses passions.

  • « Moi j’aime Michaël Angelo, Raphaëlo, Léonardo, et Donatello ».

  • « Tu te rends compte ! me dit Mrs Bibelot enthousiasmée, la maternelle maintenant c’est quelque chose, il connaît les peintres italiens de la renaissance ! Et tu préfère lequel mon chéri ? »

  • « Moi c’est Michaël Angelo… »

Léchage du chocolat dans la casserole + le saladier…

  • « Moi tu sais mamie, les tortues Ninja, je les connais toutes« .

Je sais qu’elles sont passées de mode, mais ce mot d’enfant valait un petit post… Dommage qu’il n’y ait pas de photographie de nos têtes au moment de la suprême révélation.

La cousine débarque !

Filles_chahutantJe vous avais caché jusqu’à présent l’existence d’une cousine germaine aux filles (entre autres, mais celle-ci est la cousine). Il faut absolument que vous connaissiez son existence, sinon des posts à venir vous échapperont totalement…

Cosette, la fille aînée de mon frère, s’intercalait pile poil entre les deux filles : c’était la cousine rêvée. D’ailleurs elles s’entendaient comme larrons en foire et les avoir toutes les trois en même temps dans la même pièce, relève toujours de la haute voltige à leur âge (je ne sais pas comment gendres n° 1 et 2 font).

Donc une cousine. Que je prenais régulièrement pour les vacances scolaires (à charge de revanche, voui mais on n’en prend qu’une, pourquoi diable ?), dans la mesure où j’avais cessé toute activité salariée pour me consacrer aux filles.

Le premier jour c’était chahut et compagnie, disputes également, trois étant un mauvais chiffre. Soit les deux grandes se liguaient contre Delphine, soit les deux plus jeune tyranisaient Pulchérie, soit les deux soeurs snobaient la cousine. Généralement je transformais une des deux chambres de fille en dortoir, pour éviter les disputes destinées à savoir avec qui Cosette dormirait. L’autre chambre était pompeusement rebaptisée « salle de jeux »…

Les vacances de la Toussaint étaient toujours grandioses, le temps étant rarement souriant à cette période de l’année. Et moi en mère indigne, je ne voyais pas la nécessité de sortir les enfants sous une pluie battante (d’autant qu’il me fallait les accompagner, et même la chienne se refusait parfois à mettre le museau dehors) sous prétexte qu’il faut les aérer tous les jours. Ca jouait dans tous les coins, à nous les parties de 7 familles devant la cheminée crépitante et la confection de crêpes. La « salle de jeux » était jonchée de jouets multiples et Chantal Goya persécutait les oreilles de la chienne et de la chatte qui se réfugiaient dans les pattes l’une de l’autre. Seul le retour d’Albert calmait un peu le jeu après le bain du soir (trouble fête !). Là, elles s’installaient dans l’escalier, Pulchérie coiffant Cosette qui coiffait Delphine qui coiffait la tête à coiffer…

Cosette me faisait fatalement un coup de drame un soir ou un autre, consécutif généralement à une réflexion méritée de son oncle (ça marquait plus que moi qui pourtant ne la ménageait pas). A pâques une belle année, après une belle journée passée à Thoiry, elle nous a fait le coup, assise sur le siège des toilettes (relevée pour la 4ème fois en 15 minutes) d’un « j’en peux plus, c’est plus possible, je veux mon père ma mère et mon petit frèèèèère, ils m’ont mêêême emmenée au zoo, et j’ai mangé des crêêpes ! » (en larmes c’est mieux) (d’où le surnom). Comme les vacances duraient deux semaines, ses parents sont venus la récupérer le vendredi soir pour me la ramener le samedi au lieu du dimanche. Ils avaient craqué face au « je veux mes cousiiiiiines ! » et la mine défaite et boudeuse de leur ainée (très forte également pour l’air pas aimable).

Le dernier jour était un grand jour, l’arrivée des parents de Cosette la précipitant sous un lit (dès fois qu’on ne pense pas à la chercher), ses cousines camouflant la cache. Puis les trois cousines en larmes, dans les bras les unes des autres « on a pas eu le temps de joueeeeeer ! », Cosette précisant « je veux resteeerrrr avec mes cousiiiines ! ». Généralement après son départ un silence de mort régnait dans la maison, les filles allant bouder vainement pour le retour de leur chère copine de jeux.

Je précise que ces pauvres enfants n’avaient effectivement pas eu le temps de jouer du tout. Je leur avait fait récurer la maison du grenier à la cave et les malheureuses n’avaient pu souffler qu’en se couchant le soir (et en chahutant jusqu’à pas d’heure, ce qui me permettait de dormir un peu le matin). La salle de jeux disait le contraire, l’intégralité des jouets jonchant le sol, mais bon. Ouf le lendemain c’était la rentrée, j’allais pouvoir me reposer (après avoir rangé les chambres).

D’un autre côté je le voulais bien aussi…  D’ailleurs, Cosette venait souvent en vacances pour occuper ses cousiiiiines (une autre histoire). Il y a eu aussi cette équipe de fer qui commençait à draguer… Ce n’était pas triste non plus, chacune ayant sa technique, et trois jolies filles ensemble attirant autre chose qu’une mamy en panne d’affection…

Trucs de filles

56715772ATTENTION, planquez vous TOUTES quand elles disent :

  • Je peux te coiffer ? (la réponse est oui, j’adore qu’on me tripote les cheveux), tu vas voir je ne vais pas te rater (effectivement vu le résultat on peut dire qu’elle ne m’a pas ratée, Dracula lui même serait parti en courant et sans besoin d’ail) : en fait on se retrouve avec 4 couettes débiles

  • J’peux m’épiler ? C’est quand que la température de la cire est bonne ? l’épilacire fonctionne plein tube et elle a déjà une brulure 3ème degré

  • C’est vrai que l’huile d’olive c’est bon pour les cheveux ? je peux prendre ton huile de chez fanchon à la truffe ? Non ? Trop tard

  • Comment ça je parle mal ? Précises que je cause pas comme il faut, que j’cause pas beau cé koi ce dikat tu bien koser ?

  • Bouges pas, je vais te mettre de la crème sur les jambes (un pot de Nivéa foutu). Et on ne bouge pas vu que l’autre est en train de ne pas nous rater. On se retrouve avec les jambes grasses à mort ce qui nous rappelle qu’il faudrait que l’on perde un peu de gras

  • Cette chambre manque de décoration (je vais y remédier j’ai trois posters de Titanic et de la colle à papier)

  • Ce papier peint est immonde ! tu es certaine que c’est nous qui l’avons choisi ? On va le recouvrir de posters

  • Ce jaune dans la cuisine c’est immonde, tu n’aimes pas le vert ? On te prépare une surprise pour ton anniversaire

  • Tu crois en la magie blanche ? ELLE y croit

  • Tu peux m’expliquer comment tu as vu la mort de Senna dans les cartes ? Elle va me piquer mon tarot (et elle l’a fait, je ne l’ai jamais retrouvé, et un tarot CA NE SE TOUCHE PAS PAR D’AUTRES, et la mort de SENNA a été mon grand moment de voyance)

  • J’ai un poilt sur le menton c’est normal ? (adieu ma pince à épiler)

  • Je n’ai pas de vagin tu m’as loupée (elle a essayé le tampax au mieux, ou bien son copan et elle… au pire)

  • J’ai fais des plantations, surprise !!!! (ne touche pas c’est un sort magie blanche  pour rencontrer l’amour et tes plantes de bourges peuvent crever)

  • Je t’aime ma petite maman chérie, ma mouth adorée (tu peux venir me chercher chez Marine demain à 4 heures du matin ?)

  • Il va sortir par où le bébé ? (vous expliquez longuement, vous faites lire le livre et Pulchérie se pointe à la maternité, admire la petite soeur, et pose votre main sur votre ventre en posant LA question « ben il est où le bébé ? Echec total d’une éducation réfléchie)

  • Tu n’as pas des jumelles (non, elle piquera celles de son grand père pour admirer le voisin du fond en prétextant s’être éprise des martins pêcheurs)

  • C’est quoi un martin pêcheur ? (elle me prend pour une conne)

  • Tu en as des affaires ! (adieu mes T shirts préférés)

  • Tu te sers de cette poudre ? (non, je l’avais achetée comme collector pour la revendre, mais comme tu l’as ouverte…)

  • Je suis désolée mais… (je vais t’annoncer que j’ai définitivement ruiné le lave linge et l’épilacire ma maman adorée que j’aime tant…)