Les filles et les chats

Enfant_et_chat_57210720Je suis d’une famille où l’on a toujours adoré les chats, et les chiens aussi d’ailleurs. Mrs Bibelot dit toujours que ce sont des bêtes à misère car on se transforme en serpillère quand ils nous quittent.

J’ai donc toujours aimé les chats, cet amour immodéré n’étant pas partagé par Albert qui ne les aimait pas, les trouvant hypocrites et trop indépendants, comme si lui n’était pas hypocrite et qu’être indépendant soit une tare immonde à éradiquer de la planète avant « pasteurella pestis » « ebola » et « HIV » (j’en oublie naturellement, je ne suis pas un dictionnaire médical non plus).

Je respecte toutefois le non amour des animaux, n’aimant pas particulièrement les mygales et les frelons, du moment qu’on ne leur fait pas volontairement de mal (encore qu’une mygale égarée chez moi ne bénéficiera d’aucune indulgence, elle est prévenue, le frelon idem). Je n’apprécie pas non plus vraiment le croque Odile qui n’a pas l’air très sympa, ni le black Mamba que théoriquement je ne risque pas de croiser dans ma cave. Mais bon, toute vie a droit au respect dans l’ordre des choses, et a son utilité (sauf l’homme en terme général parlant d’espèce, vu que nous sommes LE nuisible de la planète, mais je m’égare).

Pulchérie par contre, toute petite, adorait les chats tenant donc de sa mère au grand désespoir d’Albert. Comme elle a parlé très tôt, elle parlait comme elle pouvait tout de même à 12 mois, et un chat c’était un « miaaa ». Elle leur cavalait après ayant également marché très tôt, et était très décontenancée par la capacité du chat, pas si fou, à se carapater dans un buisson, hors d’atteinte (on n’est jamais trop prudent quand on est poursuivi par une poupée en manteau bleu qui crit « miaaa ! »).

Pas d’animal en appartement (règle sacro sainte), vint le jour où Albert fit « fortune » en bourse et où nous eûmes notre maison rien qu’à nous. Je voulais un chat, lui pas, il m’offrit donc une chienne malinoise de 2 mois adorable (avec l’idée tout de même qu’elle ferait chien de garde, ce qu’elle fit très bien), mais qui s’ennuyait un peu quand les filles étaient à l’école. Pulchérie voulait un chat et tous les soirs quand son père montait pour le « bisous papa », elle fondait en larmes avec un art consommé, et Albert se coltina 30 jours de sanglots agrémenté d’un « je veeeuuuux un chaaaat« . Sa culpabilité grandissait. Sournoisement, je rappelais d’ailleurs à Pulchérie qu’il ne fallait pas qu’elle oublie de préciser à son père qu’elle voulaiiiiiit un chat (oui je sais parfois, je suis une garce, mais pas souvent)

Puis Mrs Bibelot me signala un chaton adorable à donner, hébergé pour l’instant par la maison de retraite occupée par Tante Hortense. Jean Poirotte venu bricoler chez moi me signala un beau jour qu’il avait vu un rat gros comme ça sur la façade de ma maison (on peut admirer au passage ce qu’est une conspiration et comment Pulchérie avait pu également convaincre ses grands parents qu’elle voulait un chaaaaat). Mon sang ne fit qu’un tour car j’aime à peu près autant les rats que de la cervelle avec des épinards et les croques Odiles. Je partis donc à la maison de retraite sans avertir Albert et ramenais une petite chatte qui tenait dans la main, et qui était caline comme tout, ayant débuté sa carrière sur les genoux des petits vieux de la maison de retraite qui sont morts en rafale de son départ (d’un autre côté, il fallait la donner).

La cohabitation chien/chat fera l’objet d’un post exclusif. Pulchérie était ravie : elle avait son chat. Albert craquat devant la boule de poil tenant dans la main qui lui avait léchouillé la joue droite, et pour une fois pratique, émit quelques réserves sur la capacité de la crevette à poil à faire peur à un rat des champs au cours des mois à venir…

Pulchérie et Delphine adoraient bien évidemment Caline, notre premier chat, qui disparu un jour d’ouverture de la chasse, probablement dégommée par un con de chasseur qui accuse les chats de lui tuer son gibier qu’il veut tuer lui-même. Bref. Elles passaient leur temps à jouer avec la petite mignonne toujours d’accord, l’habillant, la promenant dans la poussette (je peux certifier qu’elles ne l’ont jamais maquillée). Un soir Albert s’indignat parce qu’un chat ce n’est pas un jouet. Il sortit l’animal de la poussette et de dessous son coussin, lui ôta sa robe et son chapeau, et lui rendit sa liberté. Caline indignée fila direct dans la chambre des filles en engueulant Albert, l’air intéressé par ce qui pouvait bien se passer maintenant dans la chambre naturellement bien rangée de ses bien aimées amies, et Albert renonça à défendre le chat contre des mauvais traitements qu’il adorait et se fit un kir.

Pulchérie causait au chat qui dormait sur son lit, lové en boule sur la couette et l’édredon (pauvre bête) pour chasser les vampires. Tout allait donc très bien jusqu’à la disparition du chat qui eut lieu 2 semaines après la défection d’Albert qui voulait vivre sa vie, hibernant sans doute avec moi et ses 2 filles (et le chat, et la chienne).

Je pris un autre chat (toujours une chatttte d’ailleurs, mais je veux égarer les moteurs de recherche porno), tricolore et absolument très mignonne également surtout avec les filles qu’elle adorait (j’ai du bol comme le dit mon vétérinaire, je ne suis tombée que sur des chats crème et mignons comme tout). Et revoici pour un tour les confidences de Pulchérie à son Eglantine chérie. Direction chez mes parents car le sort a ses revers comme le tennis.

Eglantine détestait profondément que les filles pleurent où qu’elles se fassent enguirlander (on se demande à quel sujet, ces petites chéries). On la voyait rappliquer dare dare au moindre ton un peu sec et larmes qui suivaient, elle nous engueulait en miaulant et grimpait sur les genoux des filles pour leur lécher les larmes. Généralement l’engueulade s’arrêtait là et les pleurs aussi (méthode très efficace). Puis Pulchérie partait avec son chat dans les bras en marmonnant « mon bébé d’amooouuur ». Jusqu’au jour où Jean Poirotte la mimat « ma pauvre Eglantine, y’a que toi qui m’aime dans cette maison snif, heureusement que tu es là snif, la vie n’est qu’un long calvaire snif, je ne sais pas ce que je ferais sans toi snif ».

Stupéfaction de Pulchérie « Comment tu le sais que j’étais en train de lui dire cela ? »

Ben nous aussi on a été petits et on a nous aussi raconté au chat qu’on avait certainement été adoptés et qu’heureusement qu’il était là… Elle a donc apprit que Jean Poirotte petit causait à son chat Bambi et qu’il envisageait même de fuguer en le mettant dans un balluchon, moi idem mais sans quart de pomme (faut suivre, je ne le répèterais jamais assez)…

Elle était dépitée, se croyant unique au monde. Mais la vie n’est qu’un long calvaire, surtout quand un abruti qui déteste les chats, écrase celui que l’on aime, volontairement, quitte à écraser un gosse avec (d’ailleurs il n’aime pas les mômes non plus). Le chat suivant était pot de colle et dormait carrément dans le lit des filles après avoir regardé la télévision avachie sur les deux (c’était mieux).

Aujourd’hui, l’histoire est quasi close pour moi. J’ai encore Diabolos, mais après lui, je n’aurais plus d’animal en appartement. Pulchérie reprendra un chat et pourra à nouveau lui raconter ses misères… (je hais ma mère)

Le sac à main de la mort…

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Je n’ai pas de passion particulière pour les sacs à main. J’en ai généralement 2 : un pour sortir (actuellement offert par mes collègues pour mon anniversaire), un pour la semaine.

Je ne suis pas « girlie » du tout sur le plan du sac à main. Celui en cours est généralement un immense fourre tout, où même moi je n’arrive pas à trouver mon porte-feuille sans une fouille détaillée. Tant pis pour les pick-pockets…

Je l’utilise jusqu’à ce qu’il agonise, et là je me traîne à reculons dans un magasin pour lui en trouver un de rechange…

Dedans, c’est fou ce que j’y trimballe, comme toutes les femmes. Un nécessaire de survie à tout le moins sur le plan médoc + une brosse à cheveux + un miroir + mes deux porte-feuilles (je fais ce que je veux avec les porte-feuilles d’abord) + de quoi me ravaler la façade, et j’en passe.

Ce jour là, j’étais bien décidée à aller faire les magasins avec Mrs Bibelot, à l’époque où j’habitais encore chez mes parents avec les filles. Et nous avions décidé de les laisser à Jean Poirotte, car faire les boutiques avec elles relevait du parcours du combattant. Elle s’ennuyaient, se disputaient, rentraient dans n’importe quelle boutique, donnaient un avis qu’on ne leur demandait pas (toujours plaisant le « t’es moche là dedans »), se perdaient pour le plaisir d’entendre leur voix dans un haut parleur, se crêpaient le chignon dans la voiture à l’aller et au retour, et j’en passe… Un cauchemar…

Jean Poirotte magnanime avait accepté de les surveiller ce beau samedi après midi… Je lui avais laissé la consigne qu’il connaissait déjà, ayant élevé 4 enfants : « si tu ne les entends pas, va voir ce qu’elles font et dis leur d’arrêter de le faire, et prends l’extincteur on ne sait jamais« … Nonobstant le fait que faire les boutiques avec nous étaient une corvée pour elles quand il ne s’agissait pas de les fringuer, elles voulaient ce jour là venir. Promis, juré, craché maman, on sera sages (tu parle, Edgar !).

Insensible à leurs supplications déchirantes, je partis donc avec Mrs Bibelot, en prenant mon sac du moment, un immense fourre tout en cuir que je voulais précisément changer, car la doublure en était déchirée, et la fermeture éclair moribonde. Il avait une large bretelle.

C’est incroyable ce que cela peut être lourd ces trucs là parfois. C’est la remarque que je me fis en allant jusqu’à la voiture, et en en descendant 20 km plus loin, au centre commercial que nous nous proposions de ratisser, Mrs Bibelot et moi…

Vraiment lourd. Abominable. Même les légionnaires n’en trimballaient pas autant. J’avais l’épaule droite sciée, et je n’arrêtais pas de me demander ce que diable j’avais bien pu fourrer là dedans, hormis la bouteille d’1/2 litres d’eau que je prends dans ces cas là pour survivre… Horrible…

Nous déambulions dans les galeries, moi hahanant comme une pauvre bête de somme sous le poids de ce maudit sac que je remettais en place à tout moment au risque de me coincer une vertèbre.

Son remplaçant fut trouvé, quelques fringues également, et nous voici allant prendre le thé avant de rentrer tranquillement. Ouf, le sac posé dans la voiture, me voici me massant l’épaule.

D’ordinaire, il me faut 8 à 10 jours pour me décider à me servir du nouveau sac, à savoir transvaser l’utile de l’ancien au nouveau, découvrir quelques pièces cachées, trier des papiers égarés dans le fond, et jeter ce qui aurait dû l’être il y a 2 ans. Parfois une découverte miraculeuse : mon mascara que je croyais perdu, coincé dans la doublure, une fois un billet conséquent dans une poche que je n’ouvrais jamais…

Le soir même pourtant j’étais avide de changer de sac tout de suite. Les filles dirent « bonsoir » spontanément pour aller se coucher sans injonction, étant fatiguées ces petites biches… (bien avant l’heure…)

Me voici vidant gentiment le contenu de mon sac sur la table de la cuisine et commençant le tri, et à tout ranger comme il faut dans le nouveau sac qui, celui là, sera toujours bien rangé (on peut toujours y croire). J’arrive dans le fond du sac et ma main sent quelque chose de curieux sous la doublure : un lingot d’or ?

Vous ne devinerez jamais ce que c’était ! Mrs Bibelot possède deux balances anciennes (à deux plateaux en cuivre), avec des poids de 1 kg, 500 g, 100 g, etc… qui lui viennent de sa famille. Très jolies balances. Mon regard tombe sur le range poids en bois dans lequel ne reste que les 1 g et 5 g… (je précise que ces balances servent toujours, quand il faut mesurer 5 g de sel pour un foie gras, elles sont irremplaçables)

Le reste des poids, soit 2,5 kg au total, était planqué dans la doublure de mon sac à main.

Encore une idée lumineuse des filles… On se venge comme on peut de ne pas aller s’ennuyer avec maman dans les magasins.

La vie n’est qu’un long calvaire…

Faites attention… Part 1

Faites_attention_56800983Il faut faire très attention à ce que l’on dit à un enfant : il va le répéter, parfois de travers… En règle générale il faut faire très attention à ce que l’on dit devant un enfant, car il comprend plus qu’on ne le croit.

Ca écoute et ça cause. Ca interprète, ça comprend. Je le répète ayant eu un exemplaire (Delphine), qui parlait peu mais comprenait tout bien pour le sortir au moment où l’on ne s’y attendait pas et devant qui il ne fallait pas

On se rend compte de la capacité d’écoute le jour où l’on dit « ah merde alors ! » et que dessous la table où le chérubin essayait d’avaler un rang de perles sort un « amedalow ». Regards échangés : ne plus dire de gros mots : ça va être dur (plus le temps passe et plus on est grossiers je ne sais pas si vous l’avez constaté, mais je devais avoir 16 ans quand j’ai entendu Jean Poirotte dire « merde » pour la première fois).

On découvre alors nos travers de parlotte. Albert s’est rendu compte qu’il disait « putain » tout le temps quand Pulchérie s’est mise à charabiater des « utain de véviette (serviette) » « utain de avon (savon) » « utain de cuillère qui tombe ! ». Moi c’était « bon alors ! » « bon alors tu dis quoi mamie ? » « bon alors tu veux quoi papy ? » « utainbon alors a pas faim »… C’est charmant ! On réalise qu’il va nous falloir environ 10 ans pour échanger notre infirmité de langage contre une autre…

Vient le temps où le chérubin boit nos paroles (ça reste bref). J’expliquais donc à Pulchérie que tante Hortense était une très vieille dame (95 ans tout de même) avec laquelle il fallait être gentille, vu qu’elle était très vieille. Très vieille c’est quoi : « ben elle va bientôt mourir, elle aime bien parler avec les enfants parce qu’elle n’en a jamais eu son fiancé étant mort à la guerre dans les tranchés, il faut être gentille » (son père et toute sa diplomatie et sa délicatesse légendaires).

Tante Hortense était une vieille dame poudrée, propre, sentant bon et toujours bien habillée, pas de quoi faire fuir à part la moustache que je ne sentais plus, mais que Pulchérie sentait bien. « C’est parce qu’elle est vieille ma chérie » réponse « je ne veux pas être vieille avec de la moustaaaaaache et je ne veux pas lui faire un bisouuuuuu » « mais non ma chérie, tu ne seras jamais vieille avec une moustache, et il faut lui faire un bisou (rappel de son père « elle est très vieille et toi aussi tu aimeras qu’on te fasse des bisous quand tu seras très vieille!!!! »)

Heureusement la pauvre femme était très dure d’oreille, car un dimanche passé en famille, Pulchérie faisant le zouave avec son cousin dans les pommiers alors que Delphine têtait avec application (c’est fou ce qu’elle a pu manger avec application), arriva le moment où il fallut raccompagner tante Hortense chez elle. Moment fatal du bisou et de l’au-revoir à l’aïeule. Rassemblement des trésors.

Et Pulchérie de faire la leçon à son cousin le doigt en l’air :

  • « Il faut être gentil avec tante Hortense et lui faire un bisou, parce que son fiancé est mort à la guerre dans une tranche chiée, et en plus elle va bientôt être morte et c’est pour ça qu’elle a de la moustache et qu’elle pique… »

Oui, heureusement qu’elle était sourde, la pauvre.

Sinon quel calvaire !!!!!

Les filles et la Toussaint…

Les_filles_et_la_Toussaint_10147881Quelle rapport entre cette photo et la toussaint vous direz-vous ?  c’est la fête de tous les saints donc celle des filles aussi (la fête des morts c’est le 2 novembre, mais comme ce n’est pas férié on profite du 1er pour aller au cimetière ce qui est toujours une sortie gaie).

La Toussaint étant passée, je peux en parler en regrettant ce merveilleux jour où je me suis levée vers 11 H 30… (on aura compris que je suis matinale de nature)

J’avais une grand mère qui était très croyante. Personne ne savait d’où cela lui venait, dans la mesure où ses parents ne l’étaient pas. Apparement elle avait fait un voeu pendant la dernière guerre (en Europe), et mon grand père étant revenu après 5 ans de captivité, elle a dû penser que dieu existait forcément.

Comme tous les convertis sincères, elle en faisait beaucoup trop. Elle a réussi à dégouter ses trois enfants de la religion. Pour ses petits enfants elle a fait de son mieux, et surtout tiré la tronche quand on lui a annoncé qu’on n’irait plus à la messe avec elle le dimanche, communion faite pour avoir plein de cadeaux (sauf pour mon frère et la dernière qui avaient été réfractaires). Elle n’a trop rien dit que je ne me marie pas à l’église et mette au monde mes deux filles dans le péché en plus de la douleur pour l’aînée.

Avec les filles elle a tenté le coup la malheureuse et cela a été un échec total.

C’était une arrière grand mère gâteaux avec les filles. Elle s’en occupait beaucoup, et nous la voyions souvent, surtout qu’elle passait le mois de juillet avec mes parents où je les retrouvais souvent + pas mal de WE mon grand père nous ayant hélas quitté bien trop tôt.

La maison louée années après années en Camargue donnait sur une place avec un christ en croix d’au moins 3 mètres de haut qui impressionnait beaucoup Pulchérie quand elle allait se faire payer une glace ou acheter le pain avec son arrière grand mère. Ma grand mère se fit donc une joie de lui expliquer le chemin de croix, le calvaire, pâques et les cloches, les saints, la trinité, la résurrection et tout le bataclan, avec l’impression d’avoir marqué un coup contre l’obscurantisme de sa descendance.

Pour noël je faisais une crèche car j’adore les santons et que cela faisait partie de mes noëls de petite fille, ma grand mère ne mettant le petit jésus qu’une fois que nous étions couchés, et c’était un miracle de constater qu’il était apparu dans la nuit du 24 au 25 décembre. Sinon je lisais plutôt aux filles mes bouquins d’enfance sur le père noël et son traineau et je zappais un peu le pourquoi de la crèche : on est content quand un enfant nait et celui là était un peu différent des autres, c’était un prophète (restons objectifs, c’en était un)… Comme mes santons sont de Provence, je leur faisais un petit cours sur le pays de Marcel Pagnol.

Alors que j’étais enceinte de Delphine jusqu’au menton (approximativement), au mois de juillet en vacances, Pulchérie demanda à ma grand mère de lui raconter l’histoire de Jésus à l’heure de l’apéro sacré des vacances. Ne voulant pas se faire prendre avec ses récits précédents devant témoins tous plus incroyants les uns que les autres, ma grand mère commençat avec la poésie de noël, pour être interrompue par Pulchérie indignée :

  • « Non pas cette histoire là mamie (oui c’était mamie aussi), celle où ils l’ont cloué ! »

Ceci d’un ton déterminé (voire même sadique, les enfants étant inconscients), très intéressé, et même pas impressionné. Mon père fit une petite grimace : cette enfant avait bien le temps d’apprendre que l’homme est un loup pour l’homme et sa mère était priée de se servir un coup à boire plutôt que de traumatiser (?) son arrière petite fille avec des récits sanglants à l’heure de l’apéritif (car c’est sanglant de A à Z)

Du coup la pauvre arrière grand mère se rabattit sur le cimetière à la Toussaint suivante avec Pulchérie (Delphine têtant toutes les 3 heures avec application) ne s’avouant pas vaincue. Dans ma famille on n’est pas très cimetière, voire même pas du tout, encore que celui du village où habitent mes parents soit ravissant et qu’on y ait plein de monde dedans (d’ailleurs c’est ma volonté, je veux y non être un jour). Bref ce n’est pas l’endroit où j’emmenais promener Pulchérie et quand j’y vais, c’est toute seule et en dehors des jours obligatoires, un jour de cafard gris, car je le trouve apaisant (et que c’est fou le monde que je connaissais vraiment qui y non est maintenant !). Ma grand mère y allait elle très souvent.

Donc visite au cimetière avec allusion au paradis où l’on va forcément un jour si l’on est sage (hem), parce que Jésus est mort sur la croix pour cela et tout le blabla. D’ailleurs toutes les personnes qu’elle lui faisait « visiter » la regardaient de là-haut et l’attendaient ce qui inquiéta la petite. Pulchérie nous demanda des précisions sur le sujet à son père et moi, grillant ainsi son arrière grand mère cette innocente… Seule réponse à faire à une enfant de 4 ans : « tu as bien le temps d’y réfléchir, tout ça ce sont des bêtises et je vais te lire Bambi (dont la mère… Non je vais te lire Merlin l’enchanteur) », car à 4 ans on est immortel. En plus on ne tenait pas spécialement à la voir entrer un jour dans les ordres, pour peu que la grand mère réussisse son coup… Des années auparavant elle avait terrorisé ma soeur en lui disant que si elle mourait elle deviendrait un ange : le mot « ange » fut interdit pendant de longs mois…

N’empêche que Pulchérie adoraaaiiit aller au cimetière tous les ans, plusieurs fois par an avec son arrière grand mère, avec une prédilection pour la Toussaint. « C’est joli maman, c’est plein de fleurs, je peux courir sur les tombes et me suspendre aux croix…. » (je la visualise pleinement en train de faire le zouave sur des tombes, ma grand mère ramassant les mauvaises herbes). Delphine était moins fan sur cette promenade là : rien à manger, et ce n’était pas elle qui aurait risqué de se casser un bras en faisant de la barre asymétrique sur une croix : on n’est jamais trop prudente devant les saints du paradis qui peuvent vous priver de desserts… Je me demande ce que font les enfants musulmans au cimetière : c’est la chose qui frappe le plus en pays musulman, cette absence de croix (de barres asymétriques où se surpendre). Je me demande également encore comment ma grand mère a pu laisser Pulchérie faire de la gymnastique dans le cimetière, mais elle n’a peut-être pas pu faire autrement : cette enfant adorait grimper partout et on arrivait souvent trop tard…

Les filles chez le médecin !

Les_filles_chez_le_m_decin_57210879Cette image idyllique est de l’intox !

Il faut bien emmener les chérubins chez le médecin (hélas !).

Pour des raisons diverses : angine qui pointe, otite qui persiste, vaccins à refaire, variole droit devant, peste à tribord, ou rubéole avec symptômes…

L’homme (ou la femme) de l’art ne se déplace pas toujours (3 fois hélas).

Pulchérie a débuté sa vie de malade avec des otites (j’ai fait un post là dessus). La pédiatre donc, fatalement, en cas de visite pour d’autres motifs (non, finalement,  toujours une otite), devait, la malheureuse, lui regarder les tympans dans le blanc des yeux pour vérifier que tout allait bien de ce côté là (réponse toujours négative, quelle innocente !).

A la vue de cette pauvre femme, Pulchérie se mettait à brailler avec force et application, là dessus elle a toujours été championne du décibel. Je partais donc équipée de Mrs Bibelot : 2 pour la tenir c’était un minimum. On la pesait braillant, la mesurait hurlant, lui testait les réflexes éructant en « charabia développé ». Jusqu’au jour où  je suggérais de lui regarder les tympans en premier lieu, et de passer au reste après…

Ce qui fut fait. Une fois l’appareil retiré des oreilles (on peut comprendre, ça fait mal quand l’oreille est purulente), Pulchérie retrouvait son sourire, arrachait le collier de la pédiatre + une boucle d’oreille et le lobe de l’oreille qui allait avec, en se marrant très fort car c’était une nature joyeuse, (sauf quand on lui regardait les tympans ou lui demandait de terminer son assiette (suivez, c’est obligé, je l’ai déjà dit !)).

Le temps passe et c’est infâme car on se retrouve au seuil de la vieillesse avant d’avoir eu le temps de dire ouf et…

Oui… Pulchérie devint une petite fille « raisonnable ». Enfin je n’arrêtais pas de le lui dire, sans la convaincre réellement. Elle voyait bien sa petite soeur assez raisonnable, elle, chez le médecin avec ses oreilles infectées ELLE AUSSI (Delphine était du genre à ne pas vouloir l’ouvrir cette petite biiiiiche (dixit sa soeur émerveillée), et me regardait pour savoir si elle avait le droit de pleurer). Pulchérie avait bien envie d’être encore plus raisonnable que sa petite soeur, mais…

Ben non, une piqûre c’était hors de question, je ne parle même pas des prises de sang. J’avais un voisin médecin, dont la fille fréquentait la même classe que Pulchérie. Naïve, je fis une infidélité à mon médecin traditionnel pour un rappel de vaccin, en pensant que devant le père de sa copine elle allait se tenir. En fait elle n’en avait rien à battre de la copine et de sa réputation dans la classe….

Je ne sais pas comment elle a sû qu’il y avait de la piqûre dans l’air. A peine rentrée dans le cabinet après 1 heure d’attente à jouer au trivial poursuite avec sa soeur, elle se réfugia sous le bureau du médecin médusé (je n’ai pas dit : elle se glissa en douce…) et se mit à hurler « au secours, à l’aide ! on torture un enfant innocent ici ! » (trois fois de suite) (quand je pense qu’elle a arrêté le théâtre !). Mrs Bibelot manquait, Pulchérie ayant assuré qu’elle était grande et raisonnable… Il fallut l’extirper de sous le bureau, repliée sur elle-même tellement elle était crispée. On sentait le médecin crispé aussi, regardant sa seringue d’un oeil torve en se demandant s’il n’allait pas aller planter de la brebis en Ardèche. Eut lieu LA piqûre avec hurlements atroces vidant la salle d’attente (Delphine était morte de rire). Puis le fatal « aaahhhh je n’ai rien sentit DU TOUT« . Je ne sais pas si elle aurait senti le coup de presse papier que visiblement le médecin-à-la-réputation-définitivement-ruinée était prêt à lui assèner trop tard bien sûr : il fallait commencer par celà.

Pour une prise de sang nous partions à trois. Pour la tenir…, le laborantin hésitant à rentrer dans les ordres boudhistes au moment précis où il devait excercer, le Tibet finalement c’est tout à côté… D’ailleurs le parcours menant au laboratoire était interdit sur mon GPS personnel n’existant pas à l’époque car Pulchérie se mettait à hurler « je leeee savvaiiiiis que tu allais me faire faaaaaiiiiire une prise de sannnnnng !) à la vue de la rue maudite, menant également au Monoprix…

Delphine n’aimait pas trop le médecin non plus, mais elle suçait son pouce, résignée. Coup de bol pour elle un beau jour elle avait un rappel à se faire faire et  MOI AUSSI. Je suis donc passée la première en rigolant (se faire piquer c’est tordant, il me fallait donner l’exemple). Elle a rigolé également (un peu jaune) et empoché 3 bonbons au lieu d’un… Cela compte dans une vie, surtout la sienne (Pulchérie étant totalement allergique au chantage bonbon, mourir de faim ne lui faisant pas peur)

D’un autre côté actuellement pour la prise de sang elles sont à égalité (quoi ? pour la pilule ? mais je l’ai faite il y a 22 ans !). Même pas à reculons au labo. Pas du tout du tout. Quant au médecin, il faut qu’elles soient à l’agonie, et encore. On (Delphine) m’appelle au boulot pour je trouve un médecin corvéable sur les pages jaunes… dans le Marais de préférence et qui puisse recevoir immédiatement. Et puis finalement on n’y va pô parce que cela va passer, on n’est pas la fille d’Albert pour rien… (j’en profite au passage pour leur signaler qu’elles ont des rappels à faire, ah on ricane moins !)

La vie n’est qu’un long calvaire…

Les mensonges des filles…

Mensonge_la9980_001Ce qui va suivre est dit d’un air totalement innocent (ou outragé, le temps passant), alors que les parents ont aussi pris leurs parents pour des imbéciles…

  • C’est pas moi qui ai fait pipi dans ma culotte, c’est Chloée (la chienne)

  • A pas touché la plante (pot brisé)

  • A pas touché le téléphone (décroché)

  • Papa l’a dit que je pouvais faire pipi dans ma culotte

  • Je n’ai pas touché les clefs c’est Delphine (clefs retrouvées dans les chaussures de Pulchérie avec la carte bleue d’Albert)

  • Je n’ai pas touché au robinet de la baignoire (qui déborde)

  • La boulangère nous avait donné une toute petite baguette

  • Un crouton est tombé dans le caniveau et un gros chien noir a mangé l’autre

  • Je suis en retard parce que la maman d’Aurélie m’empêchait de sortir de chez elle

  • Non nous n’avons pas joué en route, il y avait 100 personnes avant nous à la boulangerie !

  • Non je n’ai pas entamé la tablette de chocolat c’est une souris (je veux un chaaaat !)

  • Ta montre doit avancer : regarde la mienne ! tu as deux heures d’avance !

  • Ce n’est pas moi qui ai jeté mon vélo par terre. La chienne a dû le bousculer.

  • Je n’ai certainement pas terminé le fromage. D’ailleurs je déteste le fromage (double mensonge)

  • Je ne comprends pas ce que tu veux dire. Qu’entends tu par « qu’as-tu fait de mon tarot ? »

  • Touché à ton mascara ? Moi ???

  • Non je n’ai pas déplacé ce meuble

  • Les étagères ? elles sont tombées toutes seules

  • Oui je me suis brossée les dents

  • Je n’ai pas pris ta pince à épiler. Pour quoi faire d’ailleurs ?

  • Non je n’ai pas traitée Pulchérie de « grosse mémée poilue », elle n’avait pas le droit de me flanquer une tarte

  • Le coupe ongles ? Non je ne te l’ai pas emprunté non plus… Cela doit être Pulchérie (qui se ronge les ongles)

  • Je ne t’emprunte jamais de CD : ta musique est tarte

  • Je n’ai appelé aucun portable je ne suis pas folle, cela doit être toi. Ou alors j’ai fait bis malencontreusement 50 fois.

  • J’ai égaré ma dissertation à te faire signer. Tu peux signer le carnet ? En marquant « lu, vu et controlé »

  • Non on ne téléphonait pas, la ligne était certainement en dérangement.

  • Ce n’est pas nous qui avons trempé les serviettes dans la salle de bain

  • Ouiiiiii on a fait le ménage (aleeeeerrrrte elle rentre) et vidé le lave vaisselle. Prends ton temps ma maman chérie.

  • Les jumelles de papy ? Pour faire quoi ?

  • Je ne mets jamais les pieds dans ta chambre en ton absence

  • Je ne fouille pas dans tes affaires, surtout de maquillage : tu te maquille comme une mongole

  • On rentre à minuit au plus tard ma maman chérie…

  • Un jeune homme qui t’aide à vider ton coffre ? je ne vois vraiment pas qui cela peut être, un détraqué certainement…

  • Non je n’ai pas de petit ami…

Les filles ça cause !

Fille_faisant_chut_53272481Albert était plutôt bavard pour un homme, sauf quand il s’agissait d’aborder les problèmes graves qui le rendaient autiste (donc on ne parlait pas de sa famille qui a farpaitement réussi à nous séparer, on tire son chapeau à la famille d’Albert qui est hélas aussi la moitié de la famille des filles).

Pulchérie avec son hérédité (vu que je cause aussi, il me faut être honnête je suis une vraie pie) ne pouvait que parler bien et tôt, ce qu’elle fit, son premier aheuu aheu aheu émouvant ayant eu lieu alors qu’elle avait juste 1 mois et venait de faire sa première nuit. En fait elle saluait sa grand mère à qui elle avait fait un beau sourire en plus, avec 5 mois d’avance vu que les enfants ne sourient soit-disant pas vraiment avant 6 mois (…).

Alors qu’elle avait 9 mois, la pédiatre indiqua en gras et souligné dans le carnet de santé « charabia développé » ce qui était exact et apparement rare. C’était structuré même si on ne comprenait rien, et en plus elle mettait le ton : donc on était informés qu’elle n’était pas d’accord, elle contestait déjà.

A 12 mois elle se faisait comprendre (de la famille, ne pas compter sur un inconnu ne la pratiquant pas, pour tout saisir à part « non » et « aplou » avec coup dans la cuillère pour moucheter le méchant gaveur). A 18 mois elle tenait des conversations et pouvait se perdre, encore que je pense que la police aurait eu du mal à comprendre ce que voulais dire « pussérieabewon ». Mais à la manière dont elle disait « pipiiiiii » un chinois l’eut comprise.

Je travaillais à mi temps et Jean Poirotte et Mrs Bibelot se faisaient une joie de la faire parler le matin, son père et moi également, le soir. L’après midi elle dormait et ingurgitait le français pendant que je faisais avec joie ménage et repassage. Le robinet était ouvert : impossible de le refermer un jour l’illustration étant 100 % mensongère.

Delphine débuta également avec un certain charabia, mais elle était plus sérieuse que sa soeur, moins expansive petite et moins turbulente (ouf !). Elle ingurgita bien les mots nécessaires à sa survie « a faim » « a foif » « encore » « a plou » « bisous » et pour le reste charabiata très longtemps étant comprise par sa soeur qui faisait la traductrice même pas indulgente.

« Ayaoutouateau » répété 3 fois et Pulchérie s’indignait « mais maman elle te demande un gâteau ! ». Delphine était en admiration devant sa soeur et répétait… toutes les fins de phrase. J’ai encore un enregistrement de Pulchérie chantant avec sa soeur chantant à ses côtés et ne prononçant que la fin, mais avec conviction.

Puis Delphine sut enfin parler et là tout fut perdu fort l’honneur car elles causaient à longueur de temps Pulchérie n’étant plus dans l’obligation de faire la conversation pour deux, et même la nuit parfois dans leur sommeil. Le soir c’était à qui se glisserait dans la chambre de l’autre. Même pas discret. Un bourdonnement effréné me parvenait de l’étage après le départ d’Albert. Quand je m’indignais on me répondait « on parlotte ! » parlotter étant moins grave que bavarder pour elles.

Bien évidemment quand elles jouaient c’était les « je t’aurais dit » « tu m’aurais répondu » et « d’accord » en avant la parlotte infernale répétée donc deux fois (préliminaires du jeu, jeu en action).

Puis vinrent les blablabla blablabli dans le téléphone et toujours les parlottes du soir. Ma chambre étant devenue contigüe à la leur suite à des déménagements intempestifs, j’avais parfois l’impression d’entendre des tchou tchou tchou à longueur de temps et j’étais obligée de me gendarmer quand je voulais dormir, ne souhaitant pas rêver particulièrement aux locomotives à vapeur de mon enfance.

Fort heureusement quand elles viennent, que leur cousine est là, ou d’autres femmes de la famille, dans toutes les réunions de famille, nous savons toutes, suivre plusieurs conversations à la fois. Je ne sais pas comment font les hommes ces autistes du langage pour supporter nos bavardages intempestifs (ils s’isolent dans leur coin, et l’on peut constater des glissements de mâles vers l’autre bout de la pièce)… Même moi parfois, j’ai du mal quand elles sont là toutes les deux (j’ai perdu l’habitude) à rattraper le temps perdu avec leur vieille maman. C’est qu’on ne se voit pas si souvent (vive le téléphone, mais faut voir la trombine de la douloureuse et l’air mécontent du banquier qui pointe France Télécom).

Bon les filles ça cause et ce n’est pas un calvaire : faut s’exprimer dans la vie…

Les filles malades : à 2 c'est mieux (dernier épisode)

Infirmi_re_53272638Quelle femme n’a pas rêvé secrètement d’être une Florence Nightingale, ou bien une infirmière héroïne d’un livre de Slaughter (ben oui j’ai lu Slaughter dans ma jeunesse, ce qui me permet de savoir ce qu’est la « dure mère » et où est situé le pancréas, entre autres, ça vous évitera de ricaner bêtement), que le chirurgien aime en secret et qu’il épouse à la fin ? On peut aussi faire dans le Robin Cook spécialiste de l’horreur médicale (l’infirmière administrant l’anesthésique mortel étant du genre vieille givrée/moche peau et ayant dû normalement alerter le héros avec sa trombine de tueur psychopathe rescapé des photomatons) (faut vraiment suivre) (mais vous remarquerez que parfois les héros manquent cruellement de discernement, et oui, ça fait beaucoup de parenthèses).

Si vous êtes mère de famille vous aurez l’occasion de vous transformer en infirmière, mais je vous préviens que votre look sera nettement moins classe que celui de la photo ou alors vous avez du mérite et du métier.

Pour les maladies infantiles, temps d’incubation oblige, les filles étaient malades en rafale. Pulchérie rapportait les oreillons de l’école maternelle, se transformait en Louis Philippe pour un temps, et dès qu’elle avait repris le collier, c’était Delphine qui succombait à son tour à la maladie, ne résistant pas plus aux virus que sa soeur. Elles m’ont fait successivement les oreillons, la scarlatine, la roséole et la rubéole (passant théoriquement inaperçue mais pas chez Pulchérie) en 3 mois de temps, je me sentais un peu lasse…

Les angines (blanches ou rouges on a le choix), les otites, grippes vraies, anthrax, peste, petite vérole, choléra et rhumes divers par contre les attaquaient généralement ensemble, et je me retrouvais avec deux enfants malades mais pas de la même manière.

Pulchérie avec son bon 40,5° voulait jouer aux 7 familles alors que sa soeur avec son petit 38° était répandue au fond de son lit en prenant Bambi pour un monstre (j’ai toujours eu une passion perverse remontant à mon enfance pour les 7 familles de Disney, et nous nous battions toutes les trois pour avoir la famille Bambi et la famille Blanche Neige (heu… oui… même moi…)). Impossible donc de transformer une chambre en infirmerie avec les deux sous le regard à pioncer et moi à lire tranquillement un livre d’horreur médicale avec un look divin. L’une gênait l’autre, la cadette ne pouvant rester seule pour cause de délire, alors que l’aînée gambadait dans les escaliers avec tout de même une petite mine, pour aller se mettre Dorothée à la télévision à l’étage inférieur (faut toujours suivre) ou jouer avec le chat ravi.

Delphine malgré sa température avait toujours de l’appétit et encore plus faim qu’à l’ordinaire, Pulchérie profitant du moindre microbe pour entamer une ènième grève de la faim, surtout devant un litron de soupe et un oeuf coque avec mouillettes beurrées. Toutes les deux détestaient que je leur prenne la température et je passais mon temps à chercher le thermomètre que la plus valide (donc Pulchérie) planquait dans une poubelle quelconque. Je n’étais pas une acharnée du thermomètre, mais on m’avait dit tout de même « d’éviter » (j’aime le terme) que Pulchérie ne dépasse 40° (le ,5 étant obligatoire pour elle, sinon c’était une fausse maladie). « Chère madame, évitez qu’elle ne dépasse 40° » : je fais quoi : je la mets au congélateur ? Pendant que je pistais le thermomètre, Delphine en délire prenait sa soeur pour Dracula et lui flanquait une baffe monstrueuse, ce qui engendrait des hurlements à faire baver d’envie un loup de film d’horreur.

Je comptabilisais les cachets, suppositoires, gélules adroitement diluées dans de la confiture, cuillères de sirop répandues et recrachées par Delphine, doses multiples fatalement différentes vu leurs 3 années d’écart. Je passais mon temps à leur chevet (surtout celui de Delphine à lui assurer que tout allait bien) ou à courir derrière l’aînée en pestant, et testais « la journée pyjama » avec application et hâte que cela se termine en terminant la soupe froide de Pulchérie et un oeuf coque figé avec mouillette molle.

Elles adoraient toutes les deux par contre, se faire masser avec du vicks « vaporub » comme elles disaient et la maison toute entière empestait le camphre et moi avec, même quand il n’était d’aucune utilité : ça les rassurait et me rendait « gentille maman qui s’occupe bien de nous ».

Cette odeur d’ailleurs avait un effet curieux sur Albert. Il demandait en premier lieu « qu’est-ce qu’on mange ce soir ? », devant ma tête aimable enchaînait sur un « qu’est-ce que ça sent ici ? ». L’odeur du camphre finissait par le terrasser et la mauvaise nouvelle arrivait bien assez tôt.

« Chérie, je ne me sens pas bien ! Je crois que j’ai de la fièvre, où est le thermomètre ? » (bonne question).

Pour Albert prévoir deux infirmières… + un prêtre, tout ceci sous fond de filles gambadant, enfin guéries. Car la vie n’est qu’un long calvaire. D’ailleurs je reviendrai sur mon post d’Albert malade, car il me revient que j’en ai oublié…

En exclusivité pour vous ce week end…

dodieclownut

En exclusivité pour vous donc, ce week end (vu que je fais grève le dimanche), je vous présente
l’équipe de fer :

Voici Pulchérie (la méchante)  à gauche et Delphine (qui aura son blog un jour je pense) à droite.
Elles ont été photographiées au même endroit à 3 ans de distance, par une mère un peu gâteuse (moi donc), avec le même appareil, et le même éclairage (le scan de gauche n’est pas de moi et ne rend pas pareil, et j’en profite pour rappeler à Pulchérie qu’elle doit me ramener les photos qu’elle m’a empruntées pour les scanner, on passe rapidement à autre chose).

On leur donnerait le bon dieu sans confession non ?
Qu’y l’eut cru ?

Leurs aventures (et les miennes), méritaient bien une petite présentation de mes petites chéries… Et je les aiiiiiiimmmeuuu ! (la suite de leurs aventures aux prochains épisodes, z’avez pas fini de souffrir)

C’est moi qui les ai faites (les photos et les filles, bon pour les filles j’ai eu l’aide d’Albert au départ, aide totalement désintéressée, mais j’ai fait tout le boulot après, comme toutes les mères).

Pour me punir de ma fierté, je m’en vais faire 4 heures de repassage  !!!!!
(vous noterez au (re) passage mon sens du devoir et du péché mortel)

Les filles ça bricole (ça en fait des choses)

Fille_et_bricolageA ceux qui croyaient tout savoir après avoir lu mon billet « conseils utiles aux ignorants qui ont mis au monde des filles », je précise qu’ils ne savent pas encore tout (oh combien !). Exemple : les filles c’est comme les garçons, ça bricole en plus du reste, confondant au passage d’ailleurs le ciseaux à bois de leur grand père avec un tourne vis. L’un et l’autre ne s’en sont jamais remis (les menuisiers comprendront).

Le père des filles, Albert, était bricoleur, et c’est un vrai bonheur que d’avoir un mari qui bricole quand il ne décide pas de s’immoler un pouce avec le marteau ou de se planter la perceuse dans le pied, au son de « appelle le SAMU chérie merde ! je vais crever sinon ! ».

Pulchérie adorait « picoler » avec son papa (de quoi lui faire une réputation), d’autant que le WE, Albert étant plus matinal que moi, s’occupait d’elle jusqu’à ce que j’émerge. A savoir qu’ayant pris un biberon (mal) réchauffé par lui, elle recevait l’ordre absolu de ne pas le quitter d’une semelle. Un enfant ça ne se quitte pas d’un regard (surtout elle qui faisait de l’escalade dans les plantes vertes et sur le piano, et adorait répandre le liquide vaisselle sur la moquette ou même le boire, ce trésor chéri).

Pour l’occuper, tout en vaquant à ses occupations bricolesques, Albert refilait à sa fille des gros clous et une planche dans laquelle les planter avec un petit marteau (coup de bol elle ne mangea ni clou, ni planche, ni marteau et ne se planta rien dans le pied, ce qui est tout à fait admirable vu ses dons multiples). Les barbies et les poneys multicolores avaient donc leurs planches à clous pour le coup du fakir, et les voisins que du bonheur le samedi à 9 heures, Pulchérie ne pouvant pas planter des clous sans jacter en plus, comme de coutume (elle tient de moi, j’aime bien parlotter). Delphine montra moins d’empressement quand vint son tour car elle suçait son pouce droit en étant droitière, ce qui est ennuyeux pour planter des clous. Mais elle regardait quand même en attendant que je me réveille pour lui faire un second biberon vu qu’elle avait toujours jamais pas faim : un papa qui bricole c’est beau, surtout quand il y a du sang et que du coup maman va se lever plus tôt et faire à manger en appelant le SAMU.

Lorsqu’elles sont arrivées à l’adolescence, Albert parti depuis un moment, j’ai senti à un moment donné que les filles tenaient de leur père et peut-être du mien pour le côté « bricolage », et là on peut admirer ce qu’est l’atavisme.

Un beau vendredi soir de vacances scolaires, je suis rentrée de chez mon avocat tordu de l’époque (je ferai un post un jour rien que pour lui, promis), pour trouver leur chambre entièrement réorganisée (surprise maman chérie !) et tous mes outils par terre dans la chambre (où sont mes chaussures de sécurité ?).

Oui j’avais des outils, la vie d’une femme seule n’étant qu’un long calvaire, il me fallait bien planter mes clous toute seule et tuer les araignées moi-même. En plus quand j’ai un petit copain, il est toujours du style à se planter un clou dans la main, sans être le messie (pas de bol, je pourrais faire la Marie Madeleine sinon) (revieeeennnnnns Albert – non je plaisante, mais si tu veux on peut en causer…).

L’étagère basse que j’avais mise entre leurs deux lits sous la grande fenêtre pour délimiter le territoire et supporter leurs réveils, chaine stéréo et « autres », que j’avais montée à grand renfort de jurons contre le kit, avait été « réaménagée ». Comprendre que comme, prudente, je n’avais pas de scie circulaire, elles avaient pété deux ou trois lattes de pin pour dégager de l’espace vers le haut (ne cherchez pas à comprendre pourquoi ni comment, mais un marteau ne s’en est jamais remis non plus : les étagères étaient cuites).

Les bureaux à cylindres montés par Jean Poirotte et moi-même, toujours à grands renforts de jurons, avaient été débarrassés de leurs cylindres transformés en stores les empêchant de se voir (c’était la période : « je ne peux pas t’encadrer t’es trop con, et moche en plus, tu t’es vue, et gnagnagna »), montés habilement avec les planches cassées de l’étagère. C’était divin. Elles avaient plantés des clous dans les murs pour dissimuler les posters et accrocher de jolies étoffes (mes paréos dont je faisais collection), et également dans le plafond pour la même raison. Régulièrement elles se mettaient en grand bricolage, transformant les étagères en commode, les lits en pouf, et les bureaux en table de salon dès fois qu’elles reçoivent sans que je le sache.

Les tiroirs des bureaux ont connu 22 places (dans les étagères transformées), y compris la leur dans les bureaux. Quand ils dégageaient pour une étagère modifiée, leurs emplacement d’origine se transformaient en étagères prêtes à s’écrouler (grâce à une habile réutilisation des stores, car finalement elles s’adoraient et étaient « plus que belle, mais non c’est toi la plus belle, non j’insiste c’est toi, et gnagnagna »).

Pulchérie partie pour Paris avec l’intégralité de mes tourne-vis, ma pince coupante, + ma pince à épiler, Delphine se retrouva diaboliquement seule pour :

  • Transformer leurs deux lits en un canapé lit qui fit le tour de la chambre (montage des sommiers en angle droit : deux heures et 3 kg de fil de fer), (mise en place du dossier avec un angle confortable finalement : 4 heures et 3 kg de fil de fer : je ne sais pas où elle s’était procuré le dit fil, n’en ayant pas l’usage personnellement, mais ça tenait)

  • Démonter une grande étagère qu’elle m’avait fait acheter et monter 6 mois avant pour faire des « transformations », mes paréos étant devenus des rideaux masques bordels sur étagères avec plein de trous car elle ne savait que planter des clous (ou enrouler du fil de fer).

  • Récupérer les cylindres pour en faire des étagères décoratives mais qui penchaient légèrement sur la droite et ne semblaient pas bien solides (elle avait renoncé à dormir en dessous, j’ai bien reconnu là son tempérament non téméraire)

  • Monter une cabane pour le chat avec le bois perdu, où il ne mit jamais les pattes, préférant dormir en rond sur ses vêtements qui jonchaient le sol (manquant s’ouvrir la jugulaire sur un coupe ongles aussi facétieux qu’une pince à épiler, qui traînait par terre, on se demande pourquoi).

Quand Delphine est partie à son tour pour Paris avec mon ôte agrafes + ma pince à épiler, je n’ai pu rescaper qu’une seule étagère qui penche un peu, et est toujours couverte de son bordel qu’un de ces jours je vas mettre à la benne…

PS : je garde le post tel qu’il était au départ (j’écris autant que je parlotte) mais l’autre WE, Delphine a enfin benné elle-même son b… Bricolage. Mais je persiste : la boîte à outils est toujours vide et l’étagère ressemble à la tour de Pise. Je ferai bien payer pour qu’on la regarde…

La vie n’est qu’un long calvaire et la pince à épiler facétieuse…