S comme le Syndrôme Serpillère

Femme_qui_pleureJe suis très forte sur le syndrôme serpillère. D’ailleurs j’envisage de postuler pour les championnats de France. Hélas il n’y en a pô…  🙁

Si vous ne savez pas ce qu’est le syndrôme serpillère, je m’en vais vous l’expliquer vite fait.

Je reçois une mauvaise nouvelle :

  • Une lettre : « madame, nous avons le plaisir immense de vous annoncer que vous nous êtes redevable au titre de l’impôt sur le revenu de la somme de 25 000 000 F (oui j’ai bien écrit vingt cinq millions de francs) majorée de 100 % » (véridique, j’étais co-solidaire d’Albert au départ),

  • Albert m’annonce « je te quitte j’en aime une autre »

  • Un mauvais coup de fil « ton père vient de partir avec le Samu » (sa spécialité en dehors de la moussaka),

  • Un mail : « j’ai lu la « valise infernale » tout est terminé entre nous » (signé tatie chérie)

A ce moment très précis (le choc quoi) se produit un phénomène étrange :

  • Je reçois comme une boule dans le coeur qui s’y plante et décide d’y rester. D’ailleurs il palpite à mort (mon coeur, suivez un peu)  (d’où son surnom : le palpitant), menaçant de s’arrêter pour cause de surmenage (m’en fous, je veux mourir)

  • Mon cerveau se vide et vient se loger via deux autres boules, une au niveau de la gorge et l’autre au niveau du sternum. Pourquoi ? Ben pour faire de la place dans le crane, parce qu’il faut engranger de quoi pleurer pendant des heures (vous ne vous êtes jamais demandé d’où venaient les larmes ?)

  • La boule du sternum fait immédiatement un petit qui vient lui se loger au niveau du nombril. Tout ceci en 1 minute moins 20 secondes.

  • La boule de la gorge m’empêche d’avaler autre chose que de l’eau (et encore)

  • Les boules sternum et nombril décident de me bloquer la respiration

  •  

    La boule du nombril explose et se répand dans mes deux jambes : impossible de marcher, tout se dérobe sous mes pieds, d’ailleurs je n’ai plus de cuisses (c’est ennuyeux pour se déplacer)

  • Du côté de la tuyauterie cela se déglingue (évidemment, avec toutes ces boules…)

  • Tout à coup je me mets à pleurer, vu que ma boîte craniène enfin complètement vide de neurones (ce qui ne la change pas beaucoup) s’est remplie d’un liquide salé qui doit absolument s’écouler quelque part : on choisit les yeux pour l’élimination. Impossible d’enrayer le flot. Je suffoque, je cherche un couteau pour m’ouvrir les veines (j’ai bien précisé que le cerveau s’était vidé de sa substance première), mais impossible de me repérer : je n’y vois plus rien.

Comme je ne peux plus marcher (jambes en Louis XV, rapport à l’explosion de la boule du nombril dans mes cuisses contenant un anesthésique radical), respirer (le nez se bouche rapidement quand on pleure, en tous cas chez moi), raisonner (si toutefois je raisonne parfois) il me faut trouver de l’aide ABSOLUMENT.

Mes meilleures amies sont en ligne ou injoignables, sur mon blog tout le monde s’en fout et a bien raison,  maman n’est pas dispo, surtout quand c’est papa qui fait la une de l’urgence. Je peux appeler les filles mais elles n’aiment pas n’étant pas ma mère et me remonter le moral les déstabilisant… Généralement, cramponnée à mon téléphone, j’appelle en dernier recours SOS détresse amitié qui me suggère d’appuyer sur le bouton… Comme je n’ai pas de révolver, TVB… (n° à faire en cas extrême, j’ai testé, ils sont très bien : et quelle patience !)

Je m’écroule donc sur le canapé ou le fauteuil, façon serpillère, un rouleau de sopalin à la main pour éponger les fuites de mes petits yeux.

C’est après la désertion d’Albert, alors que je pleurais pleurais à n’en plus finir (la chienne n’en pouvait plus de me consoler et ne m’a effectivement ELLE jamais trahie), que je me suis visualisée dans le fauteuil.

Je me suis dit « ma pauvre tu ressembes à une serpillère ». Une vieille serpillère en plus, bien moche. Du coup je me suis relevée et à moi l’avenir ! Comme quoi se moquer de soi cela peut aider.

Depuis j’appelle cela le syndrôme serpillère. Et vous, vous faites comment quand l’orage crève et que c’est vous la pauvre pomme qui chiale comme un bébé ?

J’ajoute que généralement je regrette d’avoir joué les serpillères quand je me réveille le lendemain matin avec des yeux de grenouille de Poméranie… A 20 ans avoir pleuré la veille bride juste un peu les yeux. A 30 cela fait nettement « toi tu as mal dormi ». Passé les 35, se trouver une méga allergie pour expliquer le regard qui tue…

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