Les mousquetaires…

mousquetairesIl y a une photo planquée quelque part par maman, des mousquetaires de sa jeunesse : papa et ses 3 meilleurs amis.

Comme elle ne la retrouve pas immédiatement et sans délais, je ne risque pas de la scanner, d’autant que mon imprimante scanner n’est toujours par réinstallée sur l’ordi… Coraline pratique la procrastination si elle veut d’abord (faut dire que le disque d’installation merde et que le téléchargement sur le site demande 5 plombes).

Le jour de mon mariage avec Albert, les mousquetaires ont posé à la demande de maman pour la photo « 20 ans après (une fête) », dans le même ordre et quasi le même costume, la cravate en moins, car c’était l’heure où les cravates étaient tombées…

De gauche à droite sur les deux photos il y a Philippe mon parrain, Jean Poirotte, le parrain de ma soeur, et mon désormais ex oncle.

4 amis de jeunesse qui s’étaient baptisés « les mousquetaires ». Personne ne sait qui était l’un ou l’autre de la légende Dumas, mon parrain pouvant être un Athos parfait…

Entre la première photo où ils avaient 18 ans maximum, et celle de mon mariage, 3 avaient pris du confort… Seul mon parrain était resté mince, étant plutôt maigroulet dans sa jeunesse.

Ils étaient « les mousquetaires ». Ils ont fait des tas de choses ensemble, camping, WE à la mer, voile, vélo, sorties extraordinaires, des projets terribles, des projets de jeunesse pure et dure.

Dont un : remonter l’Amazone en pirogue, un jour. Papa, 25 ans après m’avoir raconté ce projet, m’a dit que j’avais mal compris, qu’il n’avait jamais été question de cela, et dieu merci, mon parrain en visite un beau jour s’est très bien souvenu de ce projet, qu’ils avaient commencé à mettre par écrit, car la logistique d’une telle opération ne se fait pas comme ça.

Et puis, je suis née la première, sans avoir demandé à ce que mes parents forniquent en Espagne pendant les vacances, en faisant croire à leurs parents qu’ils faisaient tentes séparées dans un village de vacances (les filles m’auraient raconté un truc comme ça, j’aurais ricané légèrement, mais le pire est que même Mrs Morgan y a cru…).

Et puis après, rapidement, petit à petit, les 3 autres mousquetaires se sont mariés et retrouvés pères de famille à leur tour. Les liens restaient tissés via parrain de l’un ou de l’autre des enfants de l’un ou de l’autre.

Ils ne se sont jamais perdus de vue, malgré l’hostilité évidente entre deux de leurs femmes.

Et puis là le destin, étrange comme de coutume, a remis mon parrain sur notre route.

Plus de nouvelles depuis 18 mois. Le téléphone ne répondait jamais. Sa femme gravement malade ? On le savait. Mais pour lui ? Un accident ? Mes parents avaient renoncé à le joindre. Leur dernière visite remontait à octobre 2007 juste après mon licenciement, et je cherchais partout l’adresse mail de mon parrain, qui vit de manière officieuse, séparé de sa femme. Je l’avais notée sur un post it, et naturellement je paume les post-it surtout quand je suis perturbée, tendance à rajouter sur une nature désorganisée…

Je ne sais pas quelles pensées papa a envoyées depuis son lit d’hôpital. Mais mon parrain a tout a coup retrouvé le numéro de téléphone de mes parents qu’il avait rayé pour le remplacer par leur numéro de portable (dont ils avaient changé depuis). Il n’avait pas tout compris. Mais tout à coup l’urgence était là, de prendre des nouvelles, de se rassurer, de savoir.

Comme par hasard. Mon parrain venait prendre des nouvelles après 18 mois de silence. Comme il se sépare de sa femme (odieuse) personne n’a envie de tomber sur elle en téléphonant, d’où des renoncements faciles.

Après avoir eu maman longuement, il m’a appelée. Il reste mon parrain, s’inquiétait de mon chômage en m’envoyant de bonnes ondes. Pour moi il est l’un des mousquetaires, et je savais que si nous pouvions lui en faire la surprise, papa aurait été capable de faire une crise cardiaque en le voyant se pointer.

Heu non, une indigestion cela suffisait vu les circonstances… Mon parrain a juste appelé longuement papa, régulièrement, et je pense que cela a beaucoup compté pour son moral.

Souvent la vie parfois, nous donne des hasards curieux, nous fait nous poser des questions. Pourquoi maintenant ? Pourquoi a-t-il appelé à ce moment crucial et pas un mois avant ? C’est la vraie question…

Quels liens nous relient-ils à ceux qui nous sont chers, dont nous n’avons pas conscience, mais que parfois nous activons sans le savoir ?

Car si nous savions comment faire, cela changerait beaucoup de choses.

Et ce n’est pas Delphine avec qui j’entretiens une relation « télépathique » depuis sa plus tendre enfance, qui viendra vous dire le contraire… Nous acceptons cette relation l »une et l’autre, cela marche à tous les coups. On pense l’une à l’autre, et le téléphone de l’une ou l’autre sonne dans les 3 minutes : c’est l’autre. Ou c’est un mail que l’on se fait et l’autre qui téléphone pendant sa rédaction. On le reconnait, on se dit « c’est comme ça », et c’est comme ça…

Et c’est magique… Je sais que si cela ne marche pas avec Pulchérie c’est qu’elle est trop cartésienne pour accepter d’y croire…

Et ça existe, et donc cela peut se cultiver. Nous apprenons à lire, ne pouvons nous pas apprendre à décrypter les images pensées ?

Parce que là j’en suis certaine : Jean Poirotte, sans le savoir, du fond de sa détresse qu’il nous cachait qu’il croyait, a envoyé des pensées à son mousquetaire de copain, qui du coup a mis internet à feu et à sang pour retrouver les numéros de téléphone.

la transmission de pensée a-t-elle des détracteurs scientifiques contre elle ? Ainsi que les intuitions ?

Je sais qu’on y travaille. Les mousquetaires l’ont fait, donc nous pouvons le faire…

Pour les 2 autres mousquetaires, le problème est différent, l’un en veut à mon père d’avoir divorcé de sa soeur, et le second n’est pas maître chez lui, c’est sa femme qui gouverne… Je pense pourtant que leurs pensées se croisent parfois, au coeur d’une nuit noire, où les sentiments des jeunes qu’ils étaient, dominent tout…

12 réponses sur “Les mousquetaires…”

  1. C’est une bonne chose que l’on ne sache pas envoyer des pensées sur commande, il y aurait toujours des personnes pour en mesuser. J’aime l’idée qu’on puisse se retrouver dans un état d’esprit passé ou encore se projeter dans un moment spécial. C’est très facile quand il n’y a pas d’amertume pour les gâcher. Mais s’il n’y a pas d’indifférence, le hasard peut encore rapprocher des amis qui se sont blessés (surtout quand il est aidé!). 🙂

  2. Émouvante cette histoire de mousquetaires ! C’est bien de garder des relations avec nos amis quand on vieillit, le temps se charge tellement de faire le vide ! J’espère que Jean Poirotte et ce mousquetaire se verront plus souvent à l’avenir !

    1. Il n’y a pas que le temps qui se charge de faire le vide… Certains conjoints font cela très bien !
      Maintenant que ce mousquetaire est quasi débarrassé de sa mégère qu’il ne voulait pas imposer à tout le monde, il est certain qu’on le verra plus !

  3. ps : pour tes histoires de pc compliqués, le jour où je change de PC fixe, je te file le mien et je t’installe tout, ça te fera moins de sujet de billet, mais au moins ça marchera !

    1. C’est gentil.
      Pour mon imprimante scanner il faut juste que j’aille sur le site (le CD Rom d’installation refuse de fonctionner), et la première fois cela avait pris 5 H !
      La flemme quoi…

  4. En meme temps, les mousquetaires de Dumas, ils se sont trouvés dans deux camps séparés après…

    Pour ce qui est de la télépathie, je pense aussi que c’est un domaine plein de surprises, quand on sait que le cerveau fonctionne à l’électricité, enfin je dis ca…

    1. Pour les mousquetaires, c’est un peu le cas…

      Et quant à la télépathie, je suis d’accord avec toi : nous avons certainement des ressources que nous méprisons et dont nous ne savons pas nous servir ! (tant qu’on ne s’électrocute pas en pensant, c’est déjà bien :-))

  5. Cela m’évoque victor Hugo :
    Lui, songe à sa Jeannie au sein des mers glacées,
    Et Jeannie en pleurant l’appelle ; et leurs pensées
    Se croisent dans la nuit, divins oiseaux du coeur.

    Amicalement

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