La Grande Motte 2012 (2)

scene-de-menage1Le livre de cuisine bien en main, Jean-Poirotte trouvait toutes les recettes tentantes…

Y compris les plus compliquées…

Je ne m’imaginais pas une seule minute qu’il puisse choisir une recette s’apparentant de près ou de loin à une recette qu’il maîtrise parfaitement.

Non. Il voulait innover. Comme mes filles débutant en cuisine à douze ans, et s’attaquant direct à un dessert demandant quatre heures de préparation et l’utilisation de l’intégralité de la batterie de cuisine.

Son choix s’est arrêté sur un gratin d’aubergines au lard et autres, dont l’intitulé débutait bien évidemment par les ingrédients.

  • Il ne fallait pas des aubergines normales mais tigrées.
  • Il ne fallait des tomates tout venant, mais d’autres.
  • Il ne fallait pas du lard ordinaire mais en tranches fines
  • Une épice, je ne sais plus laquelle, qu’on ne trouve pas partout
  • En bref il ne fallait pas de ce que l’on trouve où nous allons faire nos courses tous les jours (avec ma mère c’est tout les jours).
  • Nous devions donc aller en centre ville où aller à deux est obligatoire : pour se garer en double file vu qu’il n’y a jamais de place…

Maman adorant faire les courses, c’est moi qui me colle en double file. De toutes manières, depuis l’année dernière, elle avait pris le pli de me laisser conduire.

J’ai vécu une heure extraordinaire, garée en double file donc, dans le centre de la Grande Motte, à voir :

  • Ma mère entrer chez le marchand de légumes,
  • Ma mère sortir de chez le marchand de légume,
  • Ma mère traversant sous mes yeux pour aller je ne svaais où,
  • Ma mère retraversant derrière la voiture (mais je l’ai repérée grâce au rétroviseur) pour se rendre je ne savais où,
  • Ma mère traversant à nouveau pour se rendre au Crédit Vinicole
  • Ma mère retraversant puis partant d’un pas martial vers je ne sais quel magasin.

J’ai envisagé sereinement à un moment donné qu’elle puisse avoir un sosie, puis je me suis dis que ce sosie était vraiment une copie conforme et qu’il fallait que je le choppe pour mettre les deux femmes face à face…

Au bout d’une heure, elle est revenue enfin à la voiture (et une heure c’est long quand on guette plus ou moins les flics), pour me faire le bilan des courses.

  • Personne n’avait d’aubergines tigrées : les gens ne les achètent pas. Elle s’était donc résignée à acheter des aubergines normales
  • Personne n’avait les tomates truc machin, elle en avait donc pris d’autres, qui sont délicieuses mais coutent la peau des fesses. Maintenant si vous voulez manger de vraies tomates, poussant dans de la vraie terre, il faudrait presque vendre un rein.
  • Elle avait eu du mal à trouver du bacon « à l’anglaise », jusqu’au 3ème boucher qui avait compris qu’en fait elle voulait du lard en tranche.
  • Je ne sais plus quelle épice l’avait obligée à faire deux supérette, d’où ses passages successifs devant et derrière la voiture (toujours garée en double file).

Nous sommes rentrées contrites, avec tout ce qu’il ne fallait pas prendre, mais mon père philosophe s’est dit qu’il ferait avec.

Nous recevions le vendredi soir et fort heureusement, il s’y est mis le jeudi après midi parce que le premier pas hilarant de la recette était :

  • Découpez les tomates en lanières fines
  • Epongez les lanières
  • FAITES SECHER LES TOMATES AU FOUR pendant 4 à 5 heures à 120° maximum en SURVEILLANT.

Alors que mon père ne maîtrisait à ce moment là, pas du tout le fonctionnement du four…

Je me suis donc installée à proximité de la cuisine (de toutes manières il faisait un vent froid à décorner les cocus, donc terrasse interdite), à lire un polar merdique (c’était mieux qu’il le soit, cela me dérangerait moins de me déranger), prête à le seconder.

Ce qui n’a pas loupé car la vie n’est qu’un long calvaire…

0 réponse sur “La Grande Motte 2012 (2)”

  1. Pas mal déjà le début de la recette… je suis curieuse de savoir si à l’arrivée le plat était aussi bon que ma recette d’aubergines bohémiennes… certainement beaucoup plus facile à préparer.

  2. MDR !!! Ben ça commence bien , avec les lanières de tomates (sauvée: t’as pas vendu ton rein^^) à faire sécher au four quelques heurs en SURVEILLANT.
    Je confirme que l’avantage des aubergines tigrées, ( ah bon je remue le couteau dans la plaie ?) est qu’elles ont plus de goût et qu’elles sont également moins aqueuses, mais va t’en trouver ça à l’épicerie lambda …….

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