Les ravages de Don Quichotte…

Nul ne peut jurer qu’il ne sera jamais victime du syndrome de Don Quichotte, via lui même ou, le plus pénible, via une personne de sa connaissance.

On trouve trace de ce syndrome quand on pratique l’astrologie, j’ai cherché vainement en psycho sans trop m’y attarder toutefois.

En gros il s’agit d’une personne qui SAIT. Qu’importe la vérité, elle a la SIENNE, seule valable et elle n’enquêtera jamais pour savoir si elle a raison, puisque pour elle c’est une évidence, et rien ne l’en fera déroger. C’est ainsi qu’elle prendra des moulins à vent pour des ennemis à combattre.

La première fois que j’ai vu ce syndrome, c’était une collègue et amie qui en était victime.

Son père, veuf, perdait un peu la boule depuis la mort de sa femme, en gros il déprimait simplement. Il habitait Brest et donc ma collègue ne pouvait aller le voir que le WE.

Après chaque WE il y avait un drame avec son frère. Quelque chose avait disparu dans la maison (qu’elle avait dû prendre) ou pire, de l’argent manquait sur le compte et des retraits avaient été faits via la carte bancaire, sans traces de l’argent retiré qu’elle avait du prendre. Cela la retournait et chaque mardi elle n’était pas à prendre avec des pincettes.

Le frère accusait très directement sa soeur, lui, ne venant voir, on ne sait pourquoi son père qu’en semaine, habitant juste à côté, mais allant en WE dans sa belle famille. Les relations se sont envenimées jusqu’à la brouille et la mort subite du père (mort en bonne santé, certains ont de la chance…)

Où l’on a découvert que les objets disparus, c’était le père qui les avait donnés à une voisine ravie qui ne s’en est pas cachée, et que l’argent était planqué dans un endroit biscornu.

Argent retrouvé PAR LE FRERE, qui n’a jamais voulu en démordre : c’était sa soeur qui, paniquée avait mis le fric là…

Logique :

  • Elle avait voulu voler son père
  • Elle n’avait toutefois pas dépensé l’argent alors que les jours du géniteur n’étaient pas en danger
  • Du coup après sa mort subite et non programmée, elle avait planqué les billets.
  • La voisine mentait pour couvrir sa soeur
  • Etc…

Elle en pleurait, jusqu’à ce qu’elle découvre que le frère avait répandu dans la famille des bruits calomnieux contre elle, mais il y a toujours quelqu’un qui vend la mèche, parce qu’il n’y croit pas, ou qu’il gaffe. Elle a tout à coup compris la froideur de certains, ses non invitations à des  fêtes de famille, etc…

Mais sur son lit de mort, le frère n’a jamais voulu la voir, la revoir :  c’était elle, cela ne pouvait être qu’elle, la voisine avait menti, elle avait planqué le fric, etc…

Seulement vous pouvez toujours calomnier, il en restera toujours quelque chose. Sauf si vous démentez, et Don Quichotte ne le fait jamais, parce que SA vérité est LA vérité.

Cela peut à tous nous arriver : nous retrouver dans le colimateur d’un malade atteint de ce syndrome.

Collègue, voisin, ami (les vrais, c’est plus rare), famille, nous pouvons tous nous retrouver un jour victime d’un Don Quichotte qui a SES vérités et n’en acceptera jamais aucune autre, quelques soient les preuves que l’on pourra lui fournir, qu’il ne vérifiera jamais parce qu’elles sont forcément truquées (les banques, l’état, ce qu’on lui a dit tout cela c’est de la merde), et qui fera tout pour nous détruire et nous isoler des autres avec la certitude d’agir pour le bien de tout le monde.

Preuves qu’il ne vérifiera réellement jamais car il aurait trop peur de constater qu’il s’est trompé, ce qui ferait s’écrouler son édifice psychologique ou autre…

Ce qui nous mène à une conclusion évidente : Don Quichotte sait qu’il ment, qu’il exagère, que ce sont des moulins à vent, mais ce sont les siens et il y s’y accroche.

Vous pouvez tous un jour ou l’autre vous trouver victime d’un ou d’une malade qui n’aura qu’une idée en tête : avoir votre peau pour une raison ou une autre, qui vous accusera loin de vos oreilles, de tous les crimes, avec en pire, la meilleure conscience du monde : IL/ELLE a raison et détient la vérité absolue. Et si une accusation vous revient, vous aurez beau lui demander de vérifier, la personne ne le fera jamais ou si elle le fait, elle n’acceptera jamais avoir eu tort.

Le patron, la copine, la famille ou autres, complotent simplement pour vous dédouaner, c’est tout simple, car vous êtes coupable. La personne atteinte de ce syndrome ne recule devant rien : pas même vous accuser devant vos propres enfants alors que par ailleurs elle parle de la chair de sa chair et du sang de son sang (votre chair et votre sang ne sont que pollués sans doute)

La seule consolation, c’est qu’une fois la personne qui vous démolit lâchement dans  votre dos, démasquée (cela peut dans certains cas prendre du temps, il m’a fallu 8 ans pour démasquer Truchon),  vous pourrez un jour vous venger, en prenant votre temps. Surtout, prenez-le, sauf si vous avez l’occasion de contrer, preuves à l’appui, les accusations portées contre vous (à laquelle la personne ne croira jamais, ne rêvez pas…), devant témoins dignes de foi (notaire, ou juge) (important, mais vous les avez bien eus, tous des cons et vous avec, IL/ELLE l’avait bien dit…)

SA vérité est LA vérité. Ne l’oubliez jamais. Devant la folie cachée il faut rester sage.

Mais :

  • Prenez votre temps car la vengeance est un plat qui se mange froid
  • Prenez votre temps car l’autre est persuadé être dans le vrai. C’est le pire à combattre, comme un virus qui émerge soudain et que l’on ne peut identifier tout de suite. C’est le SIDA ou l’EBOLA psychologique qui vous atteint.
  • Qu’il n’y a qu’un médecin pour soigner un malade.

Mais prenez votre temps car :

Prends garde au grand fleuve qui jamais ne se presse
Qui va dans son errance et sous les vents paresse
Et crains qu’il ne devance l’appétence de guerre
Car l’eau inexorable, toujours vaincra le fer
(Fred Vargas : « Dans les bois éternels »

Devant Don Quichotte, soyons l’eau et jamais le fer.

Et surtout pesons la question : la personne est-elle malade ou pleinement consciente, jalouse tout simplement, intéressée, profitant de votre innocence, voulant capter tout l’amour que l’on vous porte ?

C’est une grande question. Syndrome ou Machiavélisme ?

Parce que la seconde option, est plus ardue à résoudre…

La vie n’est qu’un long calvaire…

 

 

2 réponses sur “Les ravages de Don Quichotte…”

  1. Eh bien! quelle chance j’ai! je crois bien n’avoir jamais eu affaire à ce genre de personne! Ou étant une imbécile complète, je ne m’en suis jamais rendu compte! Ce qui n’est pas plus mal.

    1. Angele : merci de ta présence. On a tous des gens de ce style dans notre vie, mais on les détecte parfois trop tard.
      L’inverse (celui qui défend conte vents et marées le vrai coupable) n’est pas agréable NON PLUS !

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