Bienvenue sur le blog de la Gentille sorcière.

Comment se prendre le chou pour des livres… (mode d’emploi à ne pas suivre).

Mal de têteJ’ai toujours connu mes parents en train de lire (nous n’avons eu la télévision que tardivement, je devais être en 4ème) et j’ai toujours moi-même beaucoup lu. Il est vrai que vu mon grand âge, je n’avais pas d’internet, d’ordi, de smartmachin, ou autre, pour m’occuper (ni 36 chaînes TV).

Lorsque nous habitions Antony, mes parents avaient deux bibliothèques bien garnies, avec les livres les plus petits sur deux épaisseurs. Quand ils ont emménagé à Rambouillet, papa a fabriqué d’autres bibliothèques pour nos chambres. Et puis le temps a passé…

Quand il m’a fallu secouer maman qui avait vendu sa maison (signature le 7 décembre), mais ne semblait pas se préoccuper plus que cela du déménagement dans une maison de transit, je m’y suis prise comme un manche.

Far-pai-te-ment ! COMME UN MANCHE !

Car dans la maison de 200 m2 il y avait :

  • Deux bibliothèques dans le couloir en bas
  • La vieille bibliothèque de mon grand-père pleine à craquer (d’ailleurs elle a craqué quand l’antiquaire a voulu la démonter, vide bien sûr)
  • Deux bibliothèques pleines à craquer sur le pallier de l’étage,
  • Deux autres dans les chambres.

Comme une andouille, j’ai demandé à maman de faire le tri dans les bibliothèques du bas, avec la question fatale “à garder ou pas ? Ne pas oublier que tu ne retrouveras pas aussi grand” ! Et là, comme une conne, j’ai mis de côté les livres dont elle m’assurait qu’elle ne les relirait JAMAIS.  Et toujours comme une andouille, au lieu de faire un peu de place dans le séjour/salon qui faisait 50 m2 pour y entasser le “à jeter”, j’ai monté à l’étage les livres à ne pas garder, dans des cabas, j’en ai encore mal aux jambes et aux bras.

Puis il m’a fallu faire monter maman et la faire asseoir sur une chaise pour dégager le haut. C’est là que j’ai découvert qu’elle avait ramené de chez sa mère plus de 40 “Harlequin” tout cela pour que le fils de son beau-père ne les ait pas. Nous avons retrouvé également des livres que papa avait cherchés partout, sans penser trop à regarder dans la couche du fond, et des livres en triple ou quadruple exemplaires. Bref, en tout, après tri, j’ai emmené à la déchèterie, plus de 1500 livres à vue de nez, une fois la bibliothèque de mon grand-père vidée (et aucun antiquaire n’étant intéressé par de vieilles éditions) en chargeant chaque jour le coffre à fond, APRES avoir descendu le “à jeter” dans des cabas (j’en ai encore mal aux jambes et aux bras), et après avoir descendu ce que maman voulait garder dans des cabas également, pour lui organiser ses bibliothèques du bas (j’en ai encore mal aux genoux et aux coudes).

Mon rangement ne lui plaisait pas trop, des livres sur deux épaisseurs c’est fastidieux, mais je lui avais promis que je rangerai les livres après son déménagement en lui faisant un petit plan.

Hélas, rien ne se déroule comme on le veut, et là, il a fallu recommencer, et donc, pour moi, sérieusement trier mes propres livres (j’en ai même sous mon lit).

Pas d’états d’âmes ce coup-ci.  J’ai commencé par le dessous de mon lit (c’est fou ce que ça prend la poussière les bouquins), et j’ai commencé à emporter des cabas de MES livres à U. D’où ils disparaissaient rapidement. Dans le même temps, après la mort de maman, j’allais chez elle trier les cartons de livres : à donner, ou pour moi, mon frère, les autres se récusant (tatie chérie par exemple, a déjà trop de livres, malgré tri après déménagement).

Ce qui est chez maman partira à la “ressourcerie” qui nous a déjà rendu pas mal de services “débarras”, là c’est eux qui emballent et qui trimballent. Mais ce qu’il y a chez moi, je dois le dégager au plus vite, pour ranger correctement ce que je ramène de chez maman.

J’ai ainsi passé mon dimanche après midi à vérifier tous les Tagada Christine que j’avais ramenés de chez elle, pour mettre en cabas ceux que j’avais déjà. Parfois, avec une pointe de nostalgie je vois un nom d’écrit, l’écriture de papa ou de maman, et je garde le vieux pour me débarrasser de celui qui est quasi neuf. J’arrive à presque 50 livres, ce n’est pas mal du tout…

Hier lundi, je me suis attaquée à mes étagères : l’intégrale des Jack Higgins par exemple : je ne les relis jamais, je les gardais pour papa qui aimait bien les relire à l ‘hôpital : cabas. Tel livre que je ne relirai jamais : cabas. Etc… “la vie des français sous l’occupation” par exemple, cela va une fois, pas deux : cabas. D’ailleurs je la connais la vie des français sous l’occupation : ON m’en a tellement parlé… ETC…

Aujourd’hui, je suis partie faire mon dernier tri chez maman, en déposant avant, deux cabas de livres à  moi à U, donc chargée comme un baudet. Livres de poche sauf une exception, donc cela faisait beaucoup. Mais mon tri après, chez maman a été vite fait, les Louis Pergaud intéressant mon frère mais pas moi, le reste n’intéressant personne Je suis revenue avec 4 bouquins seulement, et je me suis dit que tant qu’à faire, autant repasser par U pour m’acheter du lait et du PQ. Cela m’évitera de sortir demain, pour finir définitivement mon tri personnel et le rangement du tout (enfin quelque chose de rangé).

Et là : j’ai eu ma première crise de fou rire depuis la mort de maman.

  • Dans l’entrée, là où j’avais laissé sur deux fauteuils tous mes bouquins du jour, j’ai vu qu’il n’en restait pas bien lourd (c’est jour de marché, les gens en profitent pour aller à U également), et un homme qui tenait deux livres à la  main en criant “chérie, “l’aigle s’est envolé” et “l’aigle a disparu” (Jack Higgins) sont là tous les deux  !”. Réponse de chérie, qui était à la caisse : “chic alors, garde les bien !”
  • Et là arrive un autre homme : furieux le bonhomme. “Monsieur rendez-moi ces deux livres, je viens d’embarquer le reste des Jack Higgins et d’autres livres, il ne me manquait plus que ces deux là, mais je n’ai que deux bras et un cabas” (on peut très bien avoir deux bras et deux cabas : la preuve : moi)
  • “Je m’en fous monsieur. Je les tiens, je les garde ! Vous n’aviez qu’à ne pas prendre d’autres livres”
  • “Vous êtes un malhonnête Monsieur. Venez voir dans ma voiture, j’ai tout le reste de Jack Higgins. J’ai eu tout simplement peur que les Ken Follet ne m’échappent”
  • Le nom de l’autre auteur a semblé empirer les choses. “Je m’en fous, prenez donc les “Bernard Lenteric” qui sont là, ou les Tagada Christine, moi je garde ces deux là”.
  • Arrive “chérie” : “oh chic, les deux seuls qui me manquaient”.
  • “Madame, j’avais temporairement laissé ces livres pour revenir les prendre ! Ils vont manquer à ma collection”
  • “Monsieur je ne vous connais pas, c’est à donner, on prend, point barre !” Puis à son mari “pas d’Exbrayat aujourd’hui ?” Non ? quel dommage.

Je me suis mise à rire comme une folle, regardant les 7 livres qui restaient, et qui vont partir, j’en suis certaine.

  • L’homme qui tenait, serrés contre son coeur les aigles qui se sont envolés avant de disparaitre m’a regardé d’un sale oeil. “Vous avez un problème ?”
  • “Oui, c’est moi qui dépose depuis plus de deux semaines, alors vous m’amusez. Car quand on met une petite annonce, on n’obtient jamais de réponse, même pour 1 Euro le livre. Laissez-moi rigoler, vous êtes pitoyables… Quand c’est gratuit c’est bon, mais pour le reste…”

Ils m’ont couru après, “chérie”, et “l’homme à qui l’on a piqué les aigles”, pour me donner leurs cartes de visite afin que je les tienne informés de ce que j’allais encore jeter, mais grandiose (pour une fois) j’ai dit non, d’un air ironique. Si j’ai leurs coordonnées il faudra peut-être que je les livre (jeu de mot atroce)…

A eux de venir voir régulièrement. Dommage peut-être pour les “Robert Gaillard” que j’avais cherché en vain à caser il y a des siècles, avant la maladie et la mort de maman (et qui ont tous finis à la déchèterie eux…).

Peut-être que si j’en avais laissé un avec mes coordonnées à l’intérieur et la liste qui allait avec, j’aurais pu avoir quelques euros pour aller voir un ostéopathe…

Parce que j’ai mal aux genoux, et aux coudes.

:-)

PS : il est totalement hallucinant de voir à quel point ON se précipite sur ce qui est à donner, que l’on cherche parfois, et à quel point les petites annonces même bien visibles, ailleurs que sur Internet ne servent à RIEN !

 

 

 

Posté le 19 septembre '17 par , dans A lire, à relire, à découvrir, Ah je l'aurai méritée ma place au Sénat !, Chroniques d'une vie ordinaire.
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4 commentaires »

Comment par Angele2b Subscribed to comments via email
2017-09-23 08:26:19

Tu as raison, quand on veut vendre un truc, même pas cher, personne, mais dès qu’on donne il y a foule à demander. Cela a toujours été comme ça…
Mais bon… cela débarrasse nos placards et nos armoires…
Pour l’instant, mon mari refuse de donner et préfère mettre des cartons de bouquins sans valeur à la cave… Bon courage les enfants pour quand nous ne serons plus là!

 
Comment par Calpurnia
2017-09-25 22:18:56

Angele : le comble c’est tout de même de manquer de se foutre sur la gueule pour du gratuit pour lequel on ne se serait pas dérangé….

 
Comment par Oppermann
2017-10-02 14:44:05

En effect, papa etant decede, j’ai passe deux semaines a vider le grenier. Il reste deux garages, une caravane, un bureau une bibliotheque a vider. Des semaines de travail en perspective. Merci les
parents.

 
Comment par Calpurnia
2017-10-02 19:45:27

Oppermann : sans aller jusqu’à la rancune, je me souviens de maman me disant un jour de thé qu’elle prenait de bonne humeur “je vous plains quand il faudra vider cette maison après notre mort”.
Hélas il a fallu le faire après la mort de papa et elle toujours vivante…
Chaque papier de 1956 lui déchirait les tripes…

 
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