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J’aime bien mon médecin…

Visite_chez_le_m_decin_53272152Quand Acromion a décidé de préparer sa retraite, il a sélectionné deux de ses anciens internes pour en faire ses associés. Au départ, j’avais choisi n°1 qui rassurait tant papa, qui est parti et donc maintenant je suis avec n° 2 depuis un petit moment.

Acromion ne pouvait que choisir un médecin taillé sur le même modèle que lui, qui ne regarde jamais sa montre, prend le temps de palper les problèmes psy éventuels, etc… Il  a pris de la rallonge par rapport à sa retraite, mais on sent bien que le 2ème associé pointe bien son nez (une femme, il l’a fait exprès, côté gynéco…)N° 2 me connais par coeur, connaissait maman, et avant, papa, donc une histoire familiale. En décembre, constatant la Xème bronchite grave de maman, il m’avait carrément dit que j’avais une tête de  décavée, et besoin de repos (ho…. Quelle drôle d’idée). Ceci avec une mère qu’il fallait assister nuit et jour pour cause de bras droit cassé, une infection urinaire NOUS réveillant toutes les 2 H, et des cloches vous réveillant à 8 H du matin, à 50 mètres de là. Je préfère passer pour l’instant sur cette période affreuse à vivre particulièrement sur le plan du manque de sommeil.

La SS voulant faire  des économies, il y a certains médicaments qui ne peuvent être délivrés que pour un mois. Un mois pour la SS c’est 28 jours, c’est  comme ça, c’est février toute l’année et cela peut poser des problèmes aux personnes qui ont à aller voir une fille à l’autre bout du monde, pour deux mois…. (j’en connais une qui triche du coup avec le pharmacien).

Et c’est comme cela que, pour faire faire des économies à tout le monde je dois  aller chez mon médecin tous les 28 jours, pour m’éviter des crises de somnambulisme graves (la dernière a failli me tuer, je ne plaisante pas, j’étais tellement perturbée par les annonces médicales concernant maman, que je n’avais pas pris mon traitement). (mais c’est une autre histoire…)

Donc là, je suis allée le voir jeudi dernier (mon médecin), demandant toujours le premier  RV de l’après midi (15 H). Je suis arrivée en avance, évidemment, étant incapable d’être en retard, avec des palpitations, car depuis la mort de maman je souffre d’agoraphobie. Je sais que c’est transitoire, j’avais eu les mêmes crises après le départ d’Albert.  Ce qui fait que quand n°2 est arrivé je faisais un malaise vagal dans le couloir d’attente, avec un coeur palpitant à 60, ma moyenne étant de 50, ce qui l’embarrasse fort, comme tous les médecins avant lui, car personne ne comprend d’où vient le problème (à mon avis mon coeur a décidé de battre à 50 pulsations minutes et point barre).

On avait découvert ce problème quand j’ai été opérée de l’appendicite à 10 ans (sans température), et on m’avait fait toute une batterie d’examens, ce coeur à 50 semblant anormal à tout le monde. Quand je me sens bien c’est pire, il est à 45 et moi très euphorique…

Là j’étais à 40 ce qui n’était plus tout à fait normal, d’autant que ma tension restait normale, donc ne compensant pas, d’où le malaise. Il m’a fait une injection de je ne sais quoi, et je me suis sentie un peu mieux.

Donc n° 2 qui avait eu le plaisir de revenir de vacances pour constater la mort de maman le jour même, m’a fait le coup du sermon bien placé, alors que je titubais pour aller  enfin m’asseoir (la position allongée, jambes en l’air ne me convenant pas, cas médical on est et on le reste, merde alors !).

  • QUOI ? Vous avez enterré votre mère il y a tout juste deux semaines et vous ne vous sentez pas bien ?
  • QUOI ? Aller dans l’appartement de votre mère pour trier livres  et photos vous met au bord du malaise ? Sortir de chez vous aussi ?
  • QUOI  ? Aller faire vos courses vous met les jambes en fulmicoton ?
  • QUOI ? Vous avez assisté à l’agonie et la mort de votre mère et vous ne sautez pas de joie  ?
  • QUOI ? VOUS VOUS FICHEZ DE MOI MADAME ! (en fait il m’appelle Coraline et je l’appelle Guillaume, car c’est son prénom).

Il m’a tout expliqué sur ce que j’avais vu de l’agonie de maman et puis de sa mort proprement dite. Elle n’avait pas souffert. Certains malades parait-il, attendent une présence pour mourir, d’autre font le contraire “la mort dans l’heure qui suit le départ des visites, c’est courant”.  J’ai donc parlé du prisonnier, et compris que certainement ce dernier avait attendu le départ de sa femme pour s’en aller, pour  l’épargner, elle, ou pour s’épargner lui, on ne saura jamais…

Maman attendait quelqu’un, et elle a tenu jusqu’à mon arrivée, se laissant définitivement aller pour l’arrivée de l’Arlésienne. Mais elle n’a pas souffert, il me l’a craché par terre.

Elle n’avait pas souffert et quelque part au fond de son trou, elle savait que nous étions là. J’ai senti comme une énorme bulle se dégonfler dans ma poitrine. J’ai oublié l’image qu’elle donnait dans la mort, j’ai retrouvé mes jambes…

  • Coraline, faites moi plaisir : n’oubliez plus vos médicaments du soir. Il faudra voir un ORL pour vos cordes vocales (ma chute nocturne m’ayant rendue aphone, j’ai juste eu un traitement éclair et retrouvé une voix de fausset)
  • Et puisque vous y croyez, pensez que vos parents sont à nouveau ensemble…
  • N’hésitez pas à revenir me voir, même  si je n’ai rien à vous prescrire…

Il faut dire que j’ai fait la totale après la mort de maman. Mes cordes vocales en prenant un coup de plus, un zona, un herpès génital (comme après le mort de papa), + de l’agoraphobie, ce qui est le top du top (rien que de descendre chercher mon courrier j’étais mal). Sans compter les cauchemars atroces, et la loi de l’emmerdement maximum qui joue sur la chasse d’eau,  etc…

Mais tout guérit, je vous rassure.

Ma bulle d’angoisse semble définitivement partie, le zona semble avoir pris congé, et j’ai passé un bon dimanche, destiné à n’en rien faire, pour finalement trier cette fois, définitivement tous mes livres, et ranger ceux de maman.

Reste encore deux ou trois tris. J’irai quand je le pourrai.

A l’impossible, nul n’est tenu. Mon impossible à moi peut vous sembler égoïste et vain.

C’est le mien, je ne demande à personne de le partager avec moi.

La vie n’est qu’un long calvaire, mais chacun porte le sien…

 

Posté le 18 septembre '17 par , dans Ah ces parents !, Ah je l'aurai méritée ma place au Sénat !, Chroniques d'une vie ordinaire, Coup de blues.
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5 commentaires »

Comment par Louisianne
2017-09-19 08:52:27

Le zona je connais, ma mère en a eu un. Cela arrive sur les organismes affaiblis et en effet rien d’étonnant à ce que tu sois affaiblie… Courage sorcière !

 
Comment par Angele2b Subscribed to comments via email
2017-09-22 16:06:49

Courage, Coraline!
Tu as une force incroyable. Je pense très souvent à toi et t’envoie toutes mes pensées les plus positives.
Bien amicalement,

 
Comment par Calpurnia
2017-09-22 20:44:55

Louisianne : j’ai remarqué sur moi et d’autres que le stress jouait énormément pour cette saleté. Il est en voie de guérison, mais j’ai vraiment fait la totale !

 
Comment par Calpurnia
2017-09-22 20:47:07

Angele : c’est difficile parce que certains ne voient que les faiblesses et jamais la force. J’ai eu le tort de faire une dépression un jour, alors du coup je suis cataloguée dans la série “bonne pour la casse”. Sauf que j’en connais qu’il faudra ramasser un beau jour. Sans moi : pitié pour mon dos :-)

 
Comment par Gisèle Subscribed to comments via email
2017-11-27 00:06:16

J’ai aussi déclenché un zona le lendemain de la mort de maman qui au contraire de la tienne a attendu que je ne sois plus auprès d’elle pour s’en aller.
Je l’avais en hospitalisation à domicile depuis 5 mois et demi (après 3 mois et demi de réanimation), quasiment tétraplégique (ça s’appelle tétra-parésie de réanimation), dans un coma de stade 2 (dixit le médecin) depuis 15 jours quand une place s’est libérée en soins palliatifs.
Pendant ces 5 mois et demi j’ai été près d’elle 17h/jour et 24h/24 le week-end.
Quand on l’a mise dans l’ambulance elle a ouvert les yeux et m’a regardée : coma de stade 2 ?
Je l’ai accompagnée à l’hôpital où je l’ai laissée en de bonnes mains, je suis rentrée chez moi dans la soirée… à 9h le lendemain matin on m’a téléphoné pour me dire qu’elle était morte, je me préparais à aller passer la journée près d’elle.
La psy qui m’a reçue à l’hôpital m’a dit qu’elle attendait probablement que je ne sois plus à côté d’elle pour partir…
Le lendemain je me suis réveillée avec le zona…
Maman m’avait eue à 17 ans, nous étions très très proches…
Elle est morte suite à un accident médical… “on” lui a perforé la rate en lui faisant une coloscopie… elle a agonisé 9 mois.

 
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