La chance…

6222-000049C’est le truc à m’engueuler avec Pulchérie à mort : le sujet de la chance.

Pour certains, la chance n’est pas un facteur (pour elle donc, qui rejoint l’héroïne du film « Abyss »). Pour moi, si. Peut-être parce que je suis une malchanceuse assez chronique et que papa me disait depuis mes 30 ans « ma pauvre puce, tu es née sous une mauvaise étoile », alors que celle qui n’est pas comme les autres n’a pas vraiment été vernie, bien pire que moi.

Je dois reconnaître en toute honnêteté que ma malchance ne va pas jusqu’au plus grave, mais on me dit souvent « oh bah, il a fallu que cela tombe sur toi, C’EST TOUT TOI !  »

La chance existe, il faut l’admettre, la malchance chronique également : il y a un français qui aurait carrément le record du monde entre toute ses fractures, incendies, accidents, etc….

  • Chance de la naissance : quel sexe et dans quel pays. Naître fille au Cachemire ou en Afghanistan ce n’est pas naître fille en France ou dans un pays assez développé, même si nous ne sommes pas débarrassés du sexisme chronique.
  • Toujours chance de la naissance :  dans quel genre de famille. Venir au monde d’une mère alcoolique tabassée par le père (en débutant, PAS DE CHANCE, par un sevrage, pour le reste des dégâts, on verra après), où dans une famille aisée, cultivée, aimante, ce n’est pas la  même chose.
  • Le choix des chromosomes, tout à fait aléatoire, qui fait par exemple que je suis la seule de ma fratrie à ne pas avoir les yeux clairs dont j’aurais certainement su tirer partie. La beauté naturelle n’est pas rien, le regard bleu qui tue non plus. C’est toujours mieux que d’être moche comme un pou, et de dépenser des fortunes à se faire refaire le nez, le menton, un maximum… Pour mes deux filles, elles ont eu DE LA CHANCE, en héritant du meilleur et non pas du pire, mais elles ne le savent pas, me reprochant mon double menton que je tiens de mon arrière arrière grand-mère (coup de bol dont je la remercie…)
  • Dans la catégorie chromosomes, il y a aussi l’intelligence, sa forme, le fonctionnement de la boîte à mémoire. Certains ne se souviennent jamais de rien, n’ont ni l’esprit matheux, ni artistique, ni rien… Ils sont bien obligés de faire avec : on ne peut pas tout refaire.
  • La chance rapport à la famille où l’on nait (bis) : des parents aimants, affectueux, voulant le meilleur pour leur enfant sans rien imposer, pouvant soutenir les efforts scolaires c’est autre chose que de se prendre des coups parce qu’on ne sert à rien, que l’on pleure, qu’il faut nous nourrir et qu’on a autre chose à foutre que de vous aider à faire vos devoirs.
  • Chance d’avoir un corps qui ne donne pas de soucis : cela existe, comme le cycliste qui passé 100 ans a réduit sa cadence de 100 km/jour à 50… La chance d’avoir un corps parfait surmonté d’une tête parfaite à l’intérieur comme à l’extérieur, cela existe aussi. J’ai eu une copine de classe comme cela en première et terminale :  belle vraiment, bien foutue, première dans toutes les matières, avec du fric car ses parents étaient riches : nous l’envions toutes. Je ne sais pas ce qu’elle est devenue, mais elle avait vraiment TOUT pour elle.
  • Après bien sûr, il y a ce que nous faisons avec ce que l’on nous a donné… Mais la tendance à être mince en bouffant ce que l’on veut c’est actuellement une CHANCE par rapport à celui ou celle qui prend 1 kg rien qu’à regarder un croissant…
  • Il y a la chance d’avoir un don, un vrai, et la malchance d’avoir un parent qui vous pourrit la vie pour que vous l’exploitiez
  • ETC…

Mais laissons notre naissance, notre hérédité, notre  milieu pour parler de la vraie chance :

  • L’apiculteur, en Afrique du nord avant l’armistice de 40 ou peu après. Un copain aspirant comme lui, d’un autre régiment, lui demande un échange pour la mission à venir.  Mon grand-père n’avait aucune raison de refuser, ce qui permettait à son copain de St  Cyr  d’aller voir sa femme et ses deux gosses, je ne sais plus où. Le régiment entier a été anéanti par les troupes de Rommel. C’est grâce à cet échange que l’apiculteur eut la vie sauve. C’est quoi pour vous : LE HASARD (qui est le nom que prend Dieu quand il  veut rester anonyme) ou LA CHANCE ? Son ordonnance, algérienne, lui avait dit « toi tu as la baraka »
  • L’avion que vous loupez et qui va s’écraser quelque part où on ne le retrouvera jamais.
  • Un ex collègue à moi, qui, surprenant au restaurant une conversation entre Truchon et son directeur technique, s’est permis de se présenter pour le poste dont il venait d’entendre parler : il a été embauché…
  • Inversement, votre ponctualité qui vous rend infernal, qui vous fait éviter donc sans le savoir tous les matins en voiture un fou du volant que vous verrez un jour : il s’est tué, en tuant la personne d’en face malheureusement, personne qui aurait pu être vous si vous aviez eu 2 mn de retard.
  • Etc
  • Ces chances là ont leurs malchances opposées : celui qui prend son avion au dernier moment en en oubliant ses bagages et dont l’avion s’écrase, ou celui qui s’est fait emplafonner par le fou du volant parce qu’il était pour une fois à l’heure.

Cette chance là, sauf pour les trois premiers exemples, nous ne la connaissons pas. Nous ne savons pas quels rouages étranges nous ont fait éviter le pire, ou bien nous amènerons au pire.

J’ai une petite histoire de galette à vous raconter.

Je vois généralement mon médecin le mardi, premier RV de l’après midi. Il y a deux semaines c’était le cas (j’aurais pu m’endormir dans la salle d’attente, étant en mode « hibernation » ). En sortant, je vais faire mes courses à U, c’est mon habitude.

Et là il y avait un type qui voulait, QUI VOULAIT, LA galette des rois juste en haut de la pile. Celle-là et pas celle plus basse de la pile d’à côté. Moi je regardais des prix, et quand je me suis relevée, lui, victorieux, descendait sa galette avec l’impression d’avoir réussi un exploit… en me flanquant son coude dans l’oeil  droit…

Bilan : un oeil au beurre noir (le deuxième en moins d’un an, au cours de toute une vie), mais moins conséquent que celui de la nuit où j’avais déambulé la nuit… Pourtant on m’avait apporté (deux vendeuses), des compresses froides, pendant que le monsieur se demandait comment il avait bien pu faire son compte (j’attends toujours son SMS pour quand il aura trouvé).

  • « C’est bien ta chance habituelle m’a dit tatie, quand je lui ai raconté le truc de la galette ». Pour elle comme pour papa, globalement je n’ai pas de chance…

Peut-être… Mais je ne sais pas ce que j’aurais croisé sans ce truc qui m’a fait perdre 15 minutes… Alors je vais me résigner (sauf pour la couleur des yeux et le double menton, encore qu’il me faut reconnaître que je n’ai pas trop le choix).

Avez-vous des exemples flagrants où la chance à joué pour vous, ou contre vous (ou l’un de vos proches…) ?

Vu que la vie n’est qu’un long calvaire…

Pour l’inconnu restons dedans : nous ne saurons jamais 🙂

6 réponses sur “La chance…”

  1. Coucou chère Calpurnia,

    Mises à part les chances de naissances – tu as raison, on n’y peut rien – j’aime penser que la chance se provoque (aussi), ou plutôt, qu’elle s’attrape par le bout des cheveux, comme pour ton ex-collègue.

    Pour moi elle a souvent joué, oui, en ma faveur: la publication Facebook qui me mène du chômage à un job en trois jours. Le contrat « pour dépanner » une connaissance qui se transforme en une expatriation de longue durée. Le contrat d’intérim pour des tâches très basiques qui se transforme en un poste à long terme ultra-intéressant, le meilleur sans doute que j’ai pu avoir jusqu’à présent.
    Plus anecdotique, le bus manqué, je peste et je rentre dans le bureau de presse pour acheter un magazine et « puisque c’est comme ça, un Banco ». Banco graté, 500 francs de gagnés. 🙂
    La décision d’adopter un chat abandonné, et quelques jours plus tard la copine qui poste sur Facebook (toujours) des photos des chatons de la rue dont la mère vient de mourir: quelques semaines plus tard, deux boules de bonheur envahissent nos vies… c’est l’accord parfait. 🙂

  2. Princesse : c’est compliqué tout cela. J’ai vécu la même chose que mon ex collègue en allant en 2008 à une brocante (je n’y vais jamais). J’y rencontre la veuve d’un de mes ex patrons qui me signale que dans la boîte où elle est on va avoir besoin d’une secrétaire : je saute sur l’occasion, le contrat se signe pour 6 mois. Contre chance : j’ignorais que le patron ne voulait pas me garder^, attendant de prendre une amie de sa femme. Et contre contre chance : avec la prime qu’il m’avait versée rapport à sa mauvaise conscience, j’avais droit aux Assedics à 4 centimes de plus par jour qu’après mon départ de chez Truchon… Cela primait donc sur mon précédent licenciement (on accordait le plus avantageux), à une chose près : j’avais du coup droit à 100 jours de moins d’indemnités…
    C’est la raison pour laquelle je trouve que la chance joue beaucoup…

  3. Je n’ai pas d’avis très tranché sur le sujet, à savoir s’il existe oui ou non des veinards et des malchanceux dans la vie. Je pense un peu comme Princesse Strudel, à ceci près que plutôt que de parler de provoquer la chance, je dirais que notre perception des choses joue ! D’ailleurs je crois qu’on voit plus facilement la chance chez les autres. Je pense que pour certaines personnes tu as de la chance, peut-être parce qu’elles ne connaissent pas bien ta vie et qu’elles s’arrêtent à ce qu’elle a d’enviable (par exemple parce que tu as deux filles, je pense ici à celles qui ne peuvent pas avoir d’enfant).
    En tout cas je crois en la gymnastique du cerveau qui nous permet de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Ce qui m’amène à la réflexion suivante : hormis les chances de naissance dont tu as parlé, les plus chanceux ne seraient-ils pas ceux qui naissent avec cette prédisposition à prendre les choses du bon côté, et donc avec un capital bonheur ?

  4. Julie : tu as tout à fait raison, on voit plus facilement la chance chez les autres.D’ailleurs en règle générale on croit toujours que tout va bien chez certains, et un jour on tombe de haut ! Il faut savoir aussi saisir la chance, mais pour cela il faut qu’elle passe !
    C’est un sujet très vaste, et un blog n’y suffirait pas !

  5. « Il faut savoir aussi saisir la chance, mais pour cela il faut qu’elle passe ! » : j’adore cette formule ! Je te la pique et je la replacerai un de ces jours dans une conversation, hihi !

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