Bienvenue sur le blog de la Gentille sorcière.

Archive pour novembre, 2008

A découvrir ou à relire…

J’ai rencontré le héros j’avais 14 ans. Mon arrière grand père en avait 4 tomes dans sa bibliothèque, dans la collection Nelson dont il avait une horrible quantité de livres (il m’avait déjà refilé l’intégrale de Victor Hugo, j’étais ravie). Au 4ème tome on pouvait penser que c’était la fin de la saga. Mais celle-ci m’avait mieux plus que “les misérables” (allez savoir pourquoi…)

LE MOURON ROUGE
Auteur : la Baronne Orcsy, dont on sait tout de suite ce qu’elle pense des républicains et de Napoléon. D’un autre côté si on relit l’histoire des massacres de septembre et certaines périodes noires de la révolution, on peut la comprendre. La baronne…

Le héros est un anglais qui a décidé de sauver un maximum de “ci-devant aristo” de la guillotine, pendant la terreur avec un groupe d’amis à lui. Avec des ruses incroyables, et un flegme tout britannique. Et il réussit son coup à chaque fois, ce qui met Robespierre en colère, et c’était le genre de mec à ne pas énerver…

Et le mec à ne pas énerver met sur sa piste “Chauvelin”. Dans le premier tome, Chauvelin contacte une actrice française partie en Angleterre pour épouser un lord anglais. Il l’oblige à enquêter sur ce fameux mouron rouge qui est anglais, ayant des preuves de non patriotisme concernant son frère, ces preuves pouvant emmener le frère à la guillotine, même s’il est pote à mort avec St Just (et s’appelant de même) .

L’identité du mouron rouge est connue à la fin du premier tome, par les lecteurs, et par Chauvelin lui même à ses dépens d’ailleurs, c’est à mourir de rire. J’avoue que j’ai galéré un peu sur l’identité du chef de bande, mais on est égarés volontairement, comme Chauvelin… Sauf que, frustration, on comprend qu’il sait alors que nous n’avons pas tout compris pendant deux ou trois chapitres (bon j’étais très jeune tout de même, mais avec honnêteté je dois reconnaître que même adulte je me serais faite avoir…)

Quelle ne fut pas ma surprise un jour, de trouver chez un VRAIMENT BON LIBRAIRE, la série “mouron rouge” chez “Presses de la Cité dans la collection « Omnibus » (à savoir plusieurs livres en un, j’ai “les semailles et les moissons en un seul tome, dans la collection bouquin)

Et de découvrir qu’il n’y avait pas 4 tomes mais 9

  • Le mouron rouge
  • Le serment (mon préféré de A à Z, dans l’histoire et dans le déroulement de l’histoire, la manière dont les promis à la guillotine sont délivrée étant vraiment extraordinaire, le mouron rouge menant LA FOULE EN COLERE)
  • Les nouveaux exploits du mouron rouge
  • La capture du mouron rouge
  • Les vengeances de Sir Percy
  • Les métamorphoses du mouron rouge
  • Le rire du mouron rouge
  • Le triomphe du mouron rouge
  • Le mouron rouge conduit le bal.

J’avais 40 berges bien sonnées quand j’ai découvert la suite des aventures du mouron rouge. Après “le serment”, j’ai adoré l’épisode où Chauvelin (qui suit bien sûr le mouron rouge de A à Z, en échappant toujours à la guillotine), a besoin de ce dernier pour sauver sa propre fille. Et que la vengeance du mouron rouge est de sauver la fille de Chauvelin (qui le méritait bien)

J’adore l’ensemble. Sur le plan historique il y a beaucoup beaucoup de vrai. Cela se lit tout seul, c’est bien écrit. Les personnages sont attachants sans être des caricatures. Le héros ne se sent pas comme tel : il s’occupe et s’amuse un peu, c’est un peu le britannique flegmatique type. Il tentera de sauver le dauphin. C’est de la grande aventure, toujours renouvelée, aucun sauvetage ne ressemblant jamais à un autre.

Pour moi c’est à découvrir, à lire, distrayant, pas prise de tête, et donnant envie d’en connaître plus sur cette période noire que fut réellement la terreur (le mouron rouge sans mourir, cessera d’exister après le 9 thermidor).

Si cela vous tente…

Je sais qu’il y a eu un film de fait mais j’ai trop peur d’être décue en le voyant…

Est-il ici ?
Est-il donc là ?
Les français tremblent quand il bouge
Satan lui-même le créa
L’insaisissable mouron rouge…

Posté le 30 novembre '08 par , dans J'aime bien l'histoire. Pas de commentaire.

Une soirée de votre sorcière sur la dernière ligne droite…

Je parle du concours… Grand merci à ceux qui viennent me donner un coup de main d’ailleurs, mon éternelle reconnaissance.

Donc, votre sorcière rentre, à l’avance découragée chez elle. Il est 17 H 15.

Elle prend sa douche, se met en tenue de combat confortable (sexy, je vous raconte : un vieux pull qui doit avoir 20 ans (si !) et un caleçon qui s’est transformé tout seul en sarouel, mais que je n’oserai pas porter dehors malgré la tendance sarouel de cet hiver).

Démaquillée, crêmée, lavée, habillée, elle s’installe devant l’ordi.

En premier lieu, répondre aux commentaires sur le blog.

Puis la séance horrible commence : connexion sur holala, pour constater qu’elle ne remonte pas dans la liste des tops auteurs.

Répondre aux commentaires. Il y en a. Il y a une troupe de filles qui passent leur journée sur le site et vont commenter partout, voire même faire forum.

Il y a aussi les commentaires des amis qui viennent essayer de m’aider à remonter la pente. Plus agréable à répondre à ceux-là qu’aux autres gorgones.

Et après, passer, les uns après les autres TOUS mes articles pour aller voter pour moi.

  • Accueil
  • Coraline parlotte CLIC !
  • Article
  • Je vote et je vérifie s’il n’y a pas un nouveau commentaire. Si oui, je réponds.
  • Accueil
  • Coraline parlotte CLIC !
  • Article suivant
  • Je vote et je vérifie s’il n’y a pas un nouveau commentaire. Si oui, je réponds.
  • Accueil
  • Coraline parlotte CLIC !
  • Etc…

Le problème c’est que j’ai écrit un max d’articles depuis le début du site. Ca fait 3 pages en fait (oui, quand vous avez terminé de voter pour moi, ce n’est pas fini, il vous reste la page 2 et la page 3 à aller visiter, comme ça, par hasard, en passant…)

Et comme actuellement je poste tous les jours, parfois 2 fois par jour, la liste des articles pour lesquels voter et aller vérifier les commentaires, s’allonge à chaque fois. J’appréhende l’arrivée de la page 4.

  • Je rouspète auprès de Pulchérie, ma chef de rubrique, parce que j’ai des articles qui n’apparaissent pas. Ils sont bien dans le back up, mais ne sont pas lisibles pour un nouveau lecteur qui aurait le courage d’aller jusqu’au bout.
  • Donc je m’insurge
  • Ca l’énerve que je m’insurge
  • Je m’insurge aussi contre les filles qui font forum : ce n’est pas juste que cela leur rapporte plein de points. Est-ce que je fais forum moi ?
  • Ca l’énerve que je m’insurge contre les filles qui font forum.
  • Elle n’y peut rien c’est comme ça.
  • Maman reste calme ! (jamais ! elle le comprendra un jour ? Elle reste calme elle ?)
  • Quand j’ai fini tout bien comme il faut, et que j’ai terminé de m’insurger, il est 20 H et j’ai les yeux qui clignotent.
  • Et la mère vampire qui se remet aux claquettes en faisant cuire du chou…
  • Et ce n’est pas le tout, il faut penser au blog aussi et préparer le prochain article, parce que j’ai le respect de mes fidèles.

Voilà, c’est fait j’ai bien pensé à vous en parlant de moi… Au hasard, si vous avez du temps à perdre, je suis coraline parlotte sur holala (rajoutez des accents sur les a, je feinte gogole…). Et c’est point ch… Et n’allez pas visiter mes concurrentes ça leur donne des points, ni surtout pas leur mettre un 1 en notation, idem… Si vous voulez leur répondre, faites le sur un commentaire qu’elles m’ont laissé…

Méprisez les. Déjà que je suis obligée de leur répondre pour gagner des points, merci bien !

J’ai juste dit cela en passant…

La vie n’est qu’un long calvaire. Quand je m’étais pétée une cuisse en loupant un saut de poutre en gymnastique je m’étais dit “les concours plus jamais”, j’aurais mieux fait de m’y tenir… Je sens que je vais passer un agréable dimanche…

La prochaine fois qu’on me parle “concours”, je me palperai la cuisse gauche dans laquelle j’ai un muscle coupé et donc un trou (il n’y a que moi pour le voir, mais aussi que moi pour me souvenir de la chute sur la poutre et de l’horrible douleur) et me méfier surtout…

De toutes manières je devrais savoir que la vie n’est qu’un long calvaire (bis repetita placent)

Edit du vendredi soir (espoir) : 3 commentaires, je suis contente, cela prouve que tout le monde est parti voter pour moi. HI HI !

Posté le 28 novembre '08 par , dans Crise de nerf. Pas de commentaire.

Les odieuses vengeances de Madame Vampire…

Madame Vampire a parfaitement compris qu’elle n’était pas appréciée de ses voisins. Pour cela elle montre une once de lucidité.

Par contre, elle semble persuadée être victime d’un affreux et injuste complot. Je l’ai compris l’autre soir, alors qu’elle braillait dans le téléphone à sa fille que ses voisins s’étaient coalisés injustement contre elle. Oui je l’ai entendue car elle hurle dans son téléphone qui est dans l’entrée et donc toute la cage d’escalier résonne de ses lamentations. Ce ne fait jamais qu’un bruit de plus me direz-vous.

Il ne lui vient bien évidemment pas à l’esprit que si tous ses voisins lui ont gentiment (en premier lieu), puis un peu plus sèchement, fait remarquer qu’elle était bruyante comme pas possible, c’est qu’il y avait peut-être une raison…

Non. Nous sommes tous des cons. Parfaitement, je l’ai entendu.

Donc elle a ses vengeances.

  • Maintenant elle ne dit plus du tout bonjour, et ne nous répond pas. Bien fait pour nous !
  • Elle claque la porte séparant l’entrée de la cage d’escalier, au moment où vous allez la suivre après avoir refermé votre boîte aux lettres… le temps que vous vous serviez de la serrure…
  • Elle décolle avec l’ascenseur sous votre nez. Là elle montre bien qu’elle vous a vu et qu’elle le fait exprès
  • Elle s’arrange en se garant avec son art habituel, pour me coincer moi sur ma place de parking ou mon voisin de pallier (puisque sa place est entre les deux nôtres). A chacun notre tour. Comme elle manoeuvre comme moi je sais faire voler un air bus, ça lui prends 1 plombe, mais elle est contente : elle s’est collée à mon pare choc avant ou au pare choc arrière du voisin. Elle doit se demander comment on arrive à sortir.
  • Elle garde soigneusement toutes ses publicités pour en inonder au hasard une boîte aux lettres un beau jour. Elle a été prise en flagrant délit par son voisin de pallier, qui lui non plus ne supporte pas son robinet de cuisine et qui descendait relever sa boîte alors qu’elle accomplissait son forfait.
  • Quand elle descend promener son chien désormais sans queue, le matin, elle détraque tous les rétroviseurs. Là c’est moi qui l’ai surprise, partant avec 5 minutes de retard (enfin en retard de 5 minutes sur mes 15 minutes d’avance)

MAIS IL Y A LE TOP DU TOP ! Que vous n’auriez pas imaginé.

  • Elle fait cuire du chou et du chou fleur tous les jours. Ca c’est vraiment mesquin, on se croirait dans un immeuble en Allemagne de l’Est dans les années 50/60…. Et cette certitude, c’est le résultat d’une petite conversation entre voisins qui eux, s’entendent bien. Tout le monde a le droit de faire cuire du chou ou du chou fleur c’est entendu, mais il semblait suspect à celui qui fait gaines communes avec elle que cette odeur immonde (oui ça puire vraiment…) l’infeste tous les jours tout à coup et pour le restant de la journée. Tout le monde trouvait bien que ça puirait dans la cage d’escalier de toutes manières…
  • Alors comme il est à la retraite aussi, il l’a espionnée pendant qu’elle faisait ses courses à Rampion (et là je me marre, parce que c’est trop drôle aussi), pour découvrir qu’elle achetait choux et choux fleurs d’une manière suspecte pour quelqu’un vivant seul…
  • Poursuivant son enquête, à chaque fois qu’il a entendu madame Vampire descendre son sac poubelle, il est allé vérifier le contenu des poubelles (et là j’avais du mal à ne pas me coucher par terre pour rigoler, parce que c’est quand même une enquête de malade…)
  • Pour constater qu’elle jetait du chou ou chou fleur cuit en grandes quantités, ce qui infeste également le local poubelles…
  • Et qu’il n’y a pas de règlement de copropriété contre ça…

Donc je me marre. Moi je m’en fous j’ai du poil au pattes, quand je m’ennuie je leur fais des petites nattes, elle ne fait plus de bruit la nuit et son téléphone ne m’enquiquine plus depuis que je ne suis plus à la maison toute la journée. C’est vrai que le chou ça puire vraiment, mais bon, j’utilise des huiles essentielles pour contrer l’odeur quand elle est vraiment trop envahissante…

Mais j’imagine tous les retraités par ailleurs charmants, qui ne la supportent plus parce qu’eux ils n’ont pas retrouvé de boulot, et qui la pistent pour tout savoir…

Parce que le coup du chou, faut tout de même être vicieux…

Ou alors elle a des actions dans une boîte vendant des parfums d’intérieur…

Posté le 26 novembre '08 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire, Histoire de sorcière. 20 Commentaires.

Les petits trucs de la famille…

Ces petits trucs qui font que nous sommes bien de la même gens… (en latin dans le texte)

  • Impossibilité de supporter d’avoir les avants bras recouverts. Ca commence avec le BB qui dès 9 mois tire sur ses manches d’un air indigné, et toute la descendance de papa, avec les avants bras découverts, mon frère s’achetant des chemises pour que maman les lui transforme en chemisette. Et tiens, comme par hasard, mes filles avec les avants bras découverts… Et leur père les recouvrant scrupuleusement pour qu’elles n’aient pas froid quand elles étaient petites… (le père indigne et ne le sachant pas)
  • Moi avec tous mes pulls déformés, parce que définitivement retroussés jusqu’au dessus des coudes (et je me demande comment supporter mon manteau)
  • Invivable à Helsinki un 1er janvier par -25°, je signale juste.
  • Invivable également au boulot quand j’indique qu’il fait froid et qu’on me répond qu’il faut que je rabatte mes manches. Ca ne va pas la tête ? Ce ne sont pas les avants bras qui réchauffent !
  • Toujours une chanson qui trotte dans la tête. Quand ce n’est pas la même, c’est la guerre. Et c’est toujours papa qui nous énerve parce qu’il connaît les plus vieilles et nous les refile. Et tout le monde de chantonner lalalèreu… Jusqu’au bout de minuit..! Et les filles sont capables de m’appeler pour me demander ce que c’est que ce HOLALA qu’elles serinent depuis le matin (“L’arlésienne” “C’est quoi ?” “t’occupes, je t’ai bien élevée”). A moi l’Arlésienne pour le restant de la journée (faut que ça musique dans ma tête)
  • La manie des odeurs. Tout le monde sait qui est allé aux toilettes avant… Et quasi tout le monde a les mêmes répulsions en ce qui concerne les parfums…
  • La manie de ne pas la boucler : tout le monde s’en fiche de savoir qui est passé aux toilettes avant, mais cela semble être une information essentielle…
  • Une capacité abominafreuse à connaître une nombre de chansons impressionnant… Même des chanteurs que vous ne connaissez pas que je pourrais vous citer… Musique, paroles, tout !
  • La capacité de maman à préciser “si tu crois que j’écoute ce que tu me dis…” Qu’elle a refilé à tout le monde. D’un autre côté, c’est une réplique facile.
  • L’horripilante manie d’aller chercher le dictionnaire, l’encyclopédie, le littré, le n’importe quoi qui prouvera que…
  • Le fait que personne ne supporte un col roulé. Une écharpe on veut bien, mais à la dernière extrémité… Un col roulé ce n’est pas possible, on passe son temps à tirer dessus pour en faire un col en V. C’est le même problème que les avants bras recouverts. Même gravité…
  • Tout le monde est donc contre les manches longues ET le cou serré… Et tout le monde chantonne dans sa tête…
  • Bref des petits trucs de famille qu’on refilera aux derniers avant notre mort !!!!

Et vous c’est quoi le fait que vous apparteniez à la GENS ?

Posté le 24 novembre '08 par , dans Histoire de sorcière. Pas de commentaire.

Nettoyage de clavier…

“Demain je nettoie mon clavier d’ordi” me disais-je depuis un an environ. J’ai eu le temps, mais justement, n’allez pas vous imaginer que je suis du genre à profiter de mon temps libre imposé pour faire ce que j’ai à faire.

Samedi 30 août (déjà comme le temps passe !) l’été est enfin là pour deux jours, c’est une journée pour aller se baigner. Sauf que je n’aime pas aller à la plage (oui il y a une baignade avec plage à 5 minutes de chez moi) toute seule, et que ceux susceptibles de m’accompagner ne sont pas disponibles. Tous des rats…

Rauchan c’est l’horreur, difficile de se garer. Bon sang mais c’est bien sûr, les imprévoyants comme je l’étais jadis rapport à la rentrée des classes, se gâchent le WE à faire les courses de la rentrée.

Je suis seule au monde en attendant la soirée en perspective, avec mon clavier qui me fait de l’oeil.

Détestant l’odeur de l’alcool à brûler, je prends généralement de l’eau de cologne. Ca fait le même effet et comme je suis distraite, pendant plusieurs jours après le nettoyage, je me demande pourquoi cela sent si bon près de l’ordi. Cotons tiges ? en place. Rondelles de coton non peluchantes ? En place. Coraline, tu n’y coupera pas.

Nettoyer un clavier c’est faire des constatations intéressantes :

Les touches les plus usées par exemple :

  • Le E a perdu ses barres horizontales. On dirait un I mal centré. C’était pareil chez Truchon. Cela l’énervait quand il venait me faire un cour (j’en ricanais, et Dom en ferait un cactus dans le myocarde à force de rire) sur l’art et la manière de se servir d’un ordinateur “il est où votre E, putain de bordel de merde, vous ne pouvez pas changer de clavier ?”. Soit je lui répondais que j’acceptais son offre de m’offrir un clavier neuf, et ça l’énervait, soit je lui répondais que je n’avais pas besoin de lire mon clavier, le connaissant sur le bout des doigts, ce qui l’énervait également… J’avais le choix entre être virée pour tel ou tel énervement…
  • Le M a perdu un chapeau
  • Le N a perdu une barre verticale
  • Il manque au S la partie arrondie en bas et à droite.
  • J’en déduis donc finement que ce sont les lettres les plus utilisées quand on parle français, car mon W et mon Y sont intacts, comme neufs…
  • Quant au !§ il n’en reste que le § et encore, car je dois abuser fortement du ! Oui c’est vrai !!!

Je découvre l’utilité de 2 touches que je n’ai jamais utilisées et qui servent à aller afficher le “démarrer” de XP sans y aller avec la souris. Je suis ravie de l’apprendre.

La barre d’espacement est usée : vous avez bien lu : U-SEE. Quelque part dans le milieu, elle se creuse. Elle est bien crade en plus, elle sert beaucoup trop : jevaisdésormaisvousécriresansespacesetàvousdevousyretrouver.

Tiens le à, le é, et le è, sont légèrement usés quoique lisibles. Je suis bonne en participe passé et autre, je m’applaudis en passant le coton tige, sans me le flanquer dans l’oeil, c’est un exploit.

Le clavier numérique n’a besoin que d’une petite révision. Cela me rappelle que j’ai galéré pour me créer un fichier EXcel pour tenir mes comptes à jour. Cela n’a en tous cas pas épuisé le clavier numérique (bourrique) d’un iota (ha ha !). D’ailleurs le fichier est vierge et n’a subit aucune modification depuis le jour de sa création en septembre 2004 (poils aux pattes)

Les F de F1 à F12 sont juste crades : pas de trace de mes petites mimines dessus. C’est grave docteur ? En tous cas ça se nettoie bien…

Il y a des touches à nettoyer que je ne sais même pas à quoi elles servent… Enfin si, un peu, mais je ne les sens pas utiles pour moi…

Une fois que tout est bien nettoyé, je me dis que cela ne va pas changer grand chose, sauf sur le plan artistique. Léonard aurait rêvé de peindre mon clavier… Sinon je colle toujours mes doigts dessus et en avant… Caractères bien lisibles ou pas. J’ai juste à sentir les touches guides et à laisser courir mon imagination.

Le problème c’est le mulot à décrasser à son tour, alors que théoriquement ces bêtes là sont comme les chats et se démerdent toutes seules…

Maintenant que j’ai fait le clavier, faut pas rêver, la musaraigne pourra attendre un peu…

Bon, je ne veux pas passer pour une femme indigne, rapport au campagnole qui se morfond du coup, car ce jour là, j’ai aussi nettoyé l’écran et récupéré 2/10ème de vision, ce qui n’est pas rien, à mon âge…

Posté le 21 novembre '08 par , dans Histoire de sorcière. Pas de commentaire.

On ne se méfie jamais assez… MAIS !

Pour ceux qui auraient vraiment suivi, j’ai dit un jour que j’avais mal à l’épaule. Farpaitement, vous n’aviez qu’à suivre mon blog depuis le début d’abord (bon courage !)

Je parlais bien évidemment de l’épaule gauche, car pour la droite j’ai déjà donné et toute ma famille aussi. Depuis 1996 quand une personne me touche vaguement l’épaule droite, elle s’excuse aussitôt, à genoux, et en demandant pardon (même pas que je pardonne), avec des fleurs et une bouteille de champagne, même si depuis 1998 on a le droit de toucher. Si mon épaule droite avait été une zone érogène, je me serais suicidée.

Donc, souffrant le martyr de l’épaule GAUCHE et attendant QUE CELA PASSE, il y a eu un moment où je me suis fait une raison, au bout de 6 mois. Cela ne passerait pas, c’était l”évidence.

Le docteur Acromion alerté par cette épaule m’empêchant de dormir la nuit, TOUTE la nuit, et me faisant préférer tirer la porte plutôt que de la poucher, et me pourrissant la vie globalement, m’a fait un mot sympathique d’introduction pour une sympathique rhumatologue qui allait résorber sympathiquement mon problème, sans douleur (et mon cul c’est du poulet ?).

Plus (+ et non pas -) de douleur de toutes manières, j’avais précisé que je ne pourrais que penser à mon épaule droite et le saouler avec, et cette idée l’a tétanisé légèrement : l’évocation de mon épaule droite et de ses 20 mois de complications lui donne l’envie de s’ouvrir les veines du côté sinistra et de regretter de n’avoir pas donné dans le dinosaure qui lui, ne se plaint jamais, et pour cause.

Donc j’ai eu RV avec la sympathique rhumatologue pour dans 3 mois, le temps d’achever un embryon pour démarrer le stade foetal, mais sans progrès aucun de cette saloperie d’épaule, vu que je n’ai plus le temps de procréer. Je n’ai donc pas pu annuler mon RV et je m’y suis même rendue en gambadant brûlant la moitié du salaire d’un smicard en essence. Comme je l’ai précisé dans mon titre : on ne se méfie jamais assez…

J’étais au chômage, j’avais tout le temps. On m’avait prévenue que j’allais attendre et donc me préparer psychologiquement à la visite et même pas vrai d’abord, j’ai à peine eu le temps d’ouvrir mon polar que la sympathique rhumatologue a ouvert la porte en aboyant me précisant que j’étais attendue pas loin. J’étais légèrement scandalisée, car mon livre est uniquement destiné à attendre chez les médecins, dont le Dr Acromion est le champion, et que du coup, je devais encore attendre pour connaître l’identité du tueur en série.

J’ai donc vu débouler un petit bout de bonne femme. Je vous arrête tout de suite : la taille n’a aucune importance pour moi, en ce qui concerne les femmes (pour le reste, cela reste personnel). Pulchérie par exemple, est un ravissant petit bout de bonne femme. Delphine fait au moins 5 cm de plus que moi, ce qui ne l’empêche pas d’être ravissante également, tout en étant un abominable scandale ambulant. Quant à moi, j’assume mon 1,65 m depuis mon adolescence et ne suis nullement raciste à l’égard de plus petit ou plus grand, quand il s’agit d’une femme, sauf quand elle fait 1m90 car là je me gausse (en la plaignant si elle n’habite pas la Hollande).

Sauf que, le petit bout de bonne femme marchait légèrement vrillée vers la droite. A mon avis cela vient des lombaires et pour un rhumato cela fait désordre, il faudrait qu’il ait son squelette (d’ailleurs affiché dans la salle d’attente), en bon état. En plus, elle boitait (le genou ???), et se servait de son bras droit de manière curieuse (le coude ???).

Elle m’a demandé ce qui m’avait amenée chez elle, et je lui ai dignement montré les 72 points douloureux se répartissant entre mon épaule, l’omoplate, le biceps, le triceps, les cervicales, et je vous en passe, z’avez qu’à connaître votre anatomie d’abord. Elle ne m’a pas crue, elle a voulu sympathiquement vérifier.

Donc ce petit bout de bonne femme cette naine m’a fait assoir sur un tabouret et m’a trituré le bras de manière insupportable, me demandant si j’avais vraiment mal dans cette position , ou si je me levais de mon tabouret en hurlant juste pour faire passer une crampe du mollet. Les mollets, ça la connaît, mais j’ai préféré ne pas lui parler de mon genou, tout le monde me comprendra. Et puis comme ça vous avez mal où ? Aaaahhhh là ? et lààààà ça fait quoi ? Elle savait bien que je ne pouvais pas l’étrangler sans préavis, vu qu’elle m’avait niqué en apparence ce qu’il me restait de valide dans mon épaule GAUCHE.

Elle a voulu psychanalyser mon épaule droite et a compatit. Rupture de la coiffe ? Mais c’est bon pour une femme de 85 ans minimum, et j’en avais juste 38 à l’époque ! (merci d’appuyer le chirurgien dans sa théorie de mon rajeunissement). Mais bon, j’ai autre chose à gauche (je le sais, une rupture de la coiffe des rotateur, ça ne se loupe pas), elle n’en démordra pas. Et d’ailleurs mon ex généraliste qui m’a infiltré l’épaule droite était un âne (je l’ai su trop tard, j’étais ravie qu’elle confirme !).

Pour mieux traiter ce qui lui semblait être effectivement douloureux (mon bras gauche pendouillant désormais lamentablement après ses manipulations), elle a voulu avoir des analyses.

Donc nous avons dit : une radio de l’épaule gauche + une échographie et que si je pouvais retrouver le compte rendu opératoire de l’épaule droite, je serais vraiment sympa, pour qu’elle sache si j’ai ou non des agrafes qui se promènent au niveau de l’acromion (quelle horreur !). Sauf qu’elle ne sait pas quel désordre régit mes papiers, parce que, et c’est bien dommage, elle n’est pas psy (la mienne se serait déjà pendue si elle n’était pas cool d’apparence).

L’état de son bureau croulant sous une pile de 40 cm de papiers au sommet de laquelle trônait une déclaration de revenus (un 18 juin) m’a fait entrevoir que je pourrais trouver en elle une âme compatissante, mais elle m’a précisé avant toute remarque désobligeante de ma part, que ne pas garder ses comptes rendus opératoires était le signe d’un grand désordre affectif (qu’est-ce que j’en ai foutu, je sais que je l’ai gardé mais où ???)

Et puis donc nous avons dit : radio, échographie, et puis la recherche d’un marqueur biologique de je ne sais quoi pour dépister une éventuelle maladie inflammatoire qui ne se soigne pas. A quoi bon savoir ? Elle veut savoir. Pour mieux me shooter à la morphine je pense ou bien me revendre de la cocaïne, c’est l’usage de cette drogue qui lui a vrillé le squelette, c’est évident. Or, que faut-il faire pour dépister un marqueur biologique ?

Donc nous avons dit : une prise de sang pour trouver ou non ce fameux marqueur qui révèle une maladie qui ne se soigne pas, et pourquoi que la science n’arrête pas de progresser ?

Cette femme est une sadique !

D’un autre côté 3 jours après ses manipulations, la douleur (atroce) a curieusement disparu pour apparaître chez Mrs Bibelot.

MERCI MAMAN ! (qui est guérie depuis, sinon je n’ironiserais pas…)

Le MAIS : c’est que tout de même j’ai bien l’impression que ce sont les manipulations successives, douloureuses et tout et tout, qui ont fait cesser ce douloureux désordre… Elle a dû remettre en place sans le faire exprès un bout de cartilage qui se promenait n’importe où…

Posté le 19 novembre '08 par , dans Dans la série Diabolique, Histoire de sorcière. Pas de commentaire.

L’histoire troublante de Delphine…

estelleElle a été un bébé sérieux, appliqué, sans problème aucun, vraiment l’idéal à souhaiter à tous les parents. Les sourires c’était pour les proches (ça faisait tout de même du monde). Je me souviens très bien du jour où j’ai pris cette photo : elle était impressionnée par l’appareil et ne voulait pas le montrer malgré la petite inquiétude qui pointe dans son regard. Sauf que sourire, ce n’était pas possible. J’ai 30 clichés de ce jour là, et sur aucun elle ne sourit…

Pourtant que de sourires, de câlins, d’amour en elle. Comme pour sa soeur, totalement différente, toujours rigolant sur toutes les photos, j’espère avoir répondu à leur demande d’amour.

Et que de mystères aussi pour Delphine…

Quel âge avait-elle ? 2 ans et demi à vue de nez vu l’endroit où nous habitions, et sa prochaine rentrée en première année de maternelle prévue pour notre emménagement dans notre maison en travaux, à Rambouillet.

Avant de vous indigner, sachez que Delphine n’a jamais pris un petit déjeuner normal. J’avais bien suivi les consignes “faire ingurgiter un vrai petit déjeuner à votre enfant le matin”.

Comme elle n’aimait aucune boisson chaude “j’aime pas le lait” (merci le furoncle de l’avoir dégoutée du lait en lui en faisant boire du tourné !), je me résignais pour le jus d’orange + du variable.

  • Rillettes sur brioche vendéenne. Il paraît que c’est top !
  • Un quart de “babert” : du camembert, tout le monde aura compris
  • Du nana blanc
  • Du saucisson bien sec de préférence
  • N’importe quoi, sauf tout ce que tout le monde prend au petit déjeuner le matin…

Donc ce matin là (là là là), elle terminait avec plaisir le reste de tomates farcies de la veille au soir. Froides, c’est comme ça qu’elle les aimait.

Et tout en mangeant en arrosant les tomates d’un coup de rouge de jus d’orange…, je vous le donne en mille, elle me déclare, avec son air toujours sérieux.

  • Quand j’étais chien, les hommes avaient des chapeaux comme ça, et des barbes comme ça (description étrange mais réaliste), et je m’appelais “Hamalaram” (ne pas vérifier l’orthographe, je retranscris juste un nom donné par une enfant de moins de 3 ans)

La journée n’allait pas se passer comme ça. Il pleuvait, et je regardais la pelouse pousser alors que c’était à moi de la tondre (Albert a toujours eu tous les motifs possibles et imaginables pour ne pas tondre la pelouse)

  • Quand j’étais chien, il ne pleuvait jamais ou pas souvent. Il y avait du sable partout, quelques endroits où l’on pouvait boire, mais ce n’était pas vert comme ça. (D’un autre côté vu la famille dont elle est issue, il était normal qu’elle parle couramment…)

Le coup du “quand j’étais chien” a duré 3 mois. Cela intriguait tout le monde et tout le monde avait interdiction de l’interroger : il fallait que cela sorte tout seul. Et ça sortait régulièrement. Particulièrement quand elle allait se coucher volontairement dans le panier du chien de mes parents, qui se demandait (le chien), pourquoi on venait le faire chier dans son panier.

Quand elle était chien, il n’y avait pas beaucoup d’eau, mais les dattes étaient bonnes. Réglé le jour où elle a mangé la première datte de sa vie. Du coup le lendemain j’ai acheté des figues, et bien c’était pareil que quand elle était chien. Pour les poireaux ben non, elle n’en mangeait jamais quand elle était chien.

Et quand elle était chien, elle s’appelait “hamalaram”.

Nous nous étions tous habitués à ce qu’elle ait été chien dans une vie antérieure. Pourquoi pas ? Et puis un beau jour nous étions en train de feuilleter ma soeur et moi, les vieux “Tout l’univers” que mes parents venaient de me léguer, sachant qu’ils seraient respectés.

Et nous voici sur un article sur les Babyloniens, avec des barbes comme ça et des chapeaux comme ça. Avec dessin à l’appui, et là, Delphine sur qui nous enquêtions tout de même, s’est excitée tout à coup :

  • Maman, Tatie ! Ils étaient comme ça les messieurs quand j’étais chien ! Tu vois, il n’y avait pas de forêts comme ici, pas d’eau, ils avaient des barbes et de beaux chapeaux. ET JE M’APPELAIS HAMALARAM !

Elle s’est sentie fatiguée, est partie se coucher sans manger, ce qui a pétrifié tout le monde (parce que Delphine dès sa naissance a toujours été branchée très bouffe).

Depuis ce soir là, elle ne s’est jamais rappelé avoir été chien et s’être appelée Hamalaram…

Elle nous croit quand nous lui en parlons, mais elle n’a vraiment aucun souvenir…

Etrange non ?

En 1991, alors que je pleurais sans me cacher, sur la mort de Mrs Tricot, elle m’a serrée dans ses bras.

  • Ne pleure pas maman. Elle reviendra. Nous revenons tous, pour réussir ce que nous avons loupé dans notre vie précédente. Moi je suis ici pour être riche ou pour aider les autres. Si je ne peux faire qu’une chose sur les deux, je reviendrai… Ne pleure pas maman, elle reviendra, ou bien elle est enfin en paix.

Elle avait 7 ans, et elle y croyait. Alors que nous n’avions jamais parlé d’une vie après la mort, de réincarnation, ou autres choses de ce genre…

Et quand nous en parlons toutes les deux, c’est toujours pour conclure “étrange non ?”

Posté le 17 novembre '08 par , dans Faites des gosses !. 21 Commentaires.

"Des grives aux loups", "Les palombes ne passeront plus"

Je n’avais pas lu ces deux livres depuis combien de temps ? 15 ans. L’envie frénétique de les relire m’a prise il y a 3 semaines. Jean Poirotte et Mrs Bibelot en ont décidé de ranger leurs bibliothèques pour me les retrouver (souhaitez leur bon courage pour le rangement total, le nombre de livres qu’ils ont est inimaginable, un peu comme chez moi, mais avec 20 ans de plus… et en comptant que je leur emprunte de la lecture que je n’achète donc pas).

Les deux livres sont retrouvés, avec le 3ème tome, que je n’ai jamais lu. Je déteste quand le personnage principal change, j’ai le droit d’être une lectrice emmerdante.

Je ne sais pas au fond pourquoi j’aime ce livre, les deux tomes n’en formant qu’un. J’ai toujours aimé les histoires sentant bon le terroir.

Bien sûr je n’aimerais pas avoir vécu la vie des héros telle qu’il l’on vécue. C’est l’histoire de l’amour de la terre avant tout, et de ce qu’elle produit, des animaux d’élevage, qui ne laissent aucun WE, c’est l’histoire d’une vie qui va de soi, sans révolte contre sa condition qui est le propre de ceux qui côtoient la nature sans révolte. Cette condition est celle d’une certaine résignation face à certains évènements que l’homme ne maîtrise pas. Celui qui cultive la terre peut toujours être victime du gel précoce, de la grêle, de la pluie trop longue, des attaques de parasites. Il se résigne et se bat année après année.

C’est l’histoire d’un couple qui s’aime jusqu’au bout.

C’est l’histoire de la mort du patriarcat pressenti dès le début de l’histoire, mais affirmé par le passage de la guerre de 14/18. Avec cette guerre, c’est également un changement de mentalité, et une façon d’aborder cette horrible guerre.

C’est l’histoire de la fin d’une époque où une ferme de 10 hectares pouvait vivre d’elle-même. C’est l’histoire de la mort de l’agriculture dans un pays agricole, malgré ceux qui se battent.

C’est une histoire à lire pour comprendre ce qui a pu se passer dans le monde agricole, entre 1900 et maintenant.

Et à méditer… Parce qu’il y a beaucoup à y réfléchir. Nous avons baissé tous nos quotas, nous payons nos agriculteurs pour laisser en friche… Jusqu’au jour, et c’est déjà maintenant, où l’on se rendra compte que pour ne plus dépendre des autres, il faudra du temps…

Cette crise, qui se vit dans ce livre, nous la vivons encore, vraiment, aujourd’hui…

Le style est coulé, agréable à lire, les personnages attachants, et l’auteur sait vraiment de quoi il parle car son premier livre a été “j’ai choisi la terre”…

Claude Michelet : pour vivre ou revivre les souvenirs du passé de nos grands-parents et arrières-grands parents…

Posté le 15 novembre '08 par , dans Histoire de sorcière. 13 Commentaires.

L'évolution sans Darwin (part 2)…

  • Gouzi gouzi c’est maman ! ma-man !

  • Il faut aller faire dodo maintenant !

  • C’est comme ça et pas autrement !

  • Tu me réponds encore comme ça et c’est la claque !

  • Montre moi ton cahier de devoirs.

  • Récite moi ta leçon, j’écoute

  • Mais qu’est-ce que c’est que ces notes ?

  • Privée d’argent de poche pendant 2 semaines

  • Pas de mobylette, tu as des mollets, il faut qu’ils servent

  • C’est quoi cette lampe de poche dans ton lit ? l’extinction des feux, c’est 21 H

  • Bon vu ton âge maintenant, c’est 22 H

  • Bravo pour ton bac ! Du coup on va au restaurant !

  • Bravo pour ce premier emploi !

  • C’est un garçon charmant

  • Enceinte de combien ? 21 jours ? Comment tu peux savoir cela aussi précisément ?

  • Une fille ? Chic !

  • Le coup de la respiration, je te préviens c’est du pipeau

  • Allô passez moi ma fille sinon j’arrive et vous allez voir si l’accouchement traîne encore !

  • Allô ma chérie puisque tu conduis désormais tu n’aurais pas par hasard envie d’aller traîner à Carrouf et d’y emmener ta mère ? Hein ? Non j’ai juste un match à regarder et comme ta mère ne conduit pas…

  • Allô ma chérie ça te dirait d’aller traîner à Versailles ? Hein ?

  • Encore une fille ? Chic !

  • Tu peux me confier la petite, je sais comment ça marche. Gouzi Gouzi, c’est mamiiiiie !

  • Tu n’as pas la recette du tarama fait maison ?

  • Est-ce que tu peux nous emmener ton père et moi pour son intervention de la cataracte ?

  • Tu m’emmène à l’hôpital pour mon opération de demain ? bénigne certes, mais ils veulent me faire jeûner ces rats.

  • Allô ma chérie, le SAMU vient de partir avec ton père, tu peux m’emmener, je ne me sens pas en état de conduire !

  • Je viens d’aller voir les concessions au cimetière, il manque plein de noms à graver avec les dates, tu peux m’aider que je passe commande à cet escroqueur de graveur dans le marbre ?

  • Bon à notre place, tu prendrais quoi comme convention obsèque ?

Au secours !!!!!

Posté le 13 novembre '08 par , dans Ah ces parents !. Pas de commentaire.

Verdun. Le fatal 11 novembre de votre sorcière…

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  • Il y a deux semaines : en déménageant une bibliothèque qui n’avait pas été bougée depuis des décennies, il y a eu un clic clic et nous avons trouvé ces deux objets.
    Les photos ne donnant rien, j’ai fait un scan, mais bon, c’est moyen… Sur l’un des objets, il est inscrit “bois de mort mare 1916″. Sur l’autre “1914 – 1915″. Au dos de chaque couteau travaillé, de jolies ciselures…
  • Il y a déjà un petit moment, mais finalement pas si longtemps, hier quoi… Pulchérie est rentrée un beau jour de sa classe de 4ème toute contente : le prof d’histoire organisait une journée à Verdun. Une excursion donc, et une excursion de toute une journée, même lorsque l’on est bon élève, c’est toujours bon à prendre. Pas de maths, pas de français, rien d’autre qu’une super journée à se la couler douce avec du car aller et retour, et une petite promenade quelque part.Je ne lui avais pas spécialement parlé de Verdun à ce moment là. Elle avait quelque part dans sa mémoire ce 11 novembre de CM2 où elle avait été totalement volontaire pour se lever tôt un jour férié, afin de déposer une gerbe ronde au pied du monument aux morts, avec dignité et une petite génuflexion qui avait fait plaisir au maître. (Delphine n’avait pas eu l’occasion de faire de même, nous étions parties je ne sais plus où…). Je lui avais préparé en silence un pique nique pour Verdun et Delphine éructait que sa soeur était la seule à faire des choses intéressantes. Déjà, j’avais emmené Pulchérie voir la Liste de Schindler alors qu’elle était en CM2. Delphine l’avait vu depuis, ce film, et chialé à la fin, mais elle n’en pensait pas moins : Pulchérie et moi n’arrêtions pas de nous bidonner à longueur de temps et c’était d’une injustice flagrante.Donc là, excursion pour le moins poilante et je ne savais pas trop comment aborder le sujet avec Pulchérie, n’ayant jamais fait cette poilante excursion. J’avais encore en tête le moment crucial où en 5ème j’avais découvert l’existence des camps de la mort pendant la dernière guerre mondiale. Le prof d’histoire nous avait apporté des livres pleins de photos illustrant l’horreur, et j’avais été traumatisée. Trop pour en parler aux parents, et ces images m’avaient hantée pendant trop longtemps, sans qu’ils ne prêtent trop attention à mes silences forcément de mauvais augure, et mes cauchemars nocturnes trop fréquents. J’avais trop le souvenir de mes nuits passées à scruter la vitre de ma chambre en y voyant se refléter les images des morts vivants, j’avais trop sur le coeur une absence de questions de mes parents. Etait-ce leur faute ? Je ne sais pas. Je n’ai jamais seulement osé le leur dire ce dont on avait parlé en histoire, sauf qu’à l’époque, commémoration et autres, on ne parlait que de ça, même eux.
  • Pulchérie est rentrée le soir de son excursion, un peu silencieuse et c’était déjà mauvais signe, vu qu’elle charabiatait depuis sa naissance. Sa soeur essayait de savoir ce qui avait été super pendant cette journée, et s’était faite envoyer aux pelotes. Pulchérie s’était enfermée dans sa chambre avec le chat, refusant de diner et de parler. J’étais donc aux aguets, des pâtes à la carbonara en réserve au caz’où.Et puis, sa soeur couchée, Pulchérie est arrivée sur le canapé alors que comme de coutume j’occupais j’étais vautrée dans le fauteuil. Elle avait l’air dans le vague et j’attendais, me disant que moi je n’avais jamais osé aller me poser dans le salon pour parler à mes parents. Elle se mangeait encore les ongles et là, il lui restait à attaquer la lunule. Je sentais qu’elle allait craquer et déborder, elle était venue là pour ça, et je remercie le ciel : jamais mes filles ne se sont posées à proximité de moi le soir, comme ça, pour se taire. J’en veux encore à mes parents de mes silences parce que “pense à autre chose ma chérie !”
  • Tu veux que je te fasse réchauffer des pâtes ma chérie ?
  • Maman…
  • Maman… il y a la-bas une grande grande tour avec des crânes dedans…
  • … (je sentais l’image devenue obsession tout à coup, l’image qui hante, qui va hanter longtemps, et la voix était vraiment angoissée, et là, on souffre pour notre enfant)
  • Que des crânes dans cette grande tour maman ! Ca fait combien de morts ?
  • Je ne sais pas vraiment ma chérie. Beaucoup c’est certain…
  • Ce sont tous les morts de Verdun maman ? Tu te rends compte ? Tous ces crânes !! Elle est si haute cette tour, je me sentais toute petite à côté !!!
  • Non ma puce, tous les morts ne sont pas là… Il en a eu tellement !
  • Nous avons pensé un peu que c’était les crânes de tous les hommes morts pendant cette guerre…
  • Non ma puce. C’est un mémorial, et ils ne sont pas tous là…
  • C’est vrai, il y a aussi un cimetière avec tellement de croix. Pourquoi tous ces morts maman ? Le prof nous a dit qu’il fallait les compter par millions. Ca fait combien de tours maman, avec uniquement des crânes dedans ?
  • Je ne sais pas ma chérie. C’est l’absurdité de la guerre.
  • Alors pour un homme qui vivait il ne reste que son crâne dans une tour ?
  • Parfois oui… Parfois il est enterré quelque part. Parfois on ne l’a pas retrouvé, on en retrouve encore de nos jours…
  • Maman…
  • Oui ma chérie…
  • Tu peux me serrer très fort dans tes bras ?
  • Oui ma puce.
  • Et le mari de mémé Georgette il était là-bas ?
  • Oui, mais il est rentré lui.
  • Et ses cousins, ses frères ?
  • Non, ils sont restés là-bas.
  • Et leurs crânes sont dans le mémorial ? Maman ça m’a fait tellement peur ! Personne ne peut les regarder et les reconnaître. Je ne veux pas être un jour juste un crâne que l’on ne reconnaîtra pas !
  • Je comprends ma chérie. Tu étais peut-être un peu jeune pour aller à Verdun.
  • Non. Le prof avait raison, personne n’a chanté dans le car en revenant. Seulement je voudrais juste pouvoir dormir avec toi, pour ne plus avoir peur. Ca fait peur tous ces crânes qui ont été des hommes, qui ont aimé et espéré, et qui pensaient avoir une vie entière à vivre.
  • Maman… C’est écrit quelque part si ma vie doit s’arrêter trop tôt ?
  • Oui ma puce, certainement. Mais je ne veux pas savoir où et ne cherche pas à savoir… Tout ce que j’ai à te dire de la Bible c’est “tu ne connaîtras ni le jour ni l’heure”. Pour le reste tu la liras toi-même pour y croire ou non, critiquer ou non…

Et c’est ainsi que l’on passe une nuit à trois dans un grand lit, pour juguler une peur que même la petite soeur a voulu exorciser, car bien entendu elle était venue nous rejoindre pour apprendre que l’expédition Verdun, ce n’était pas top. Quand cela a été programmé pour elle, elle a eu mal au ventre et je l’ai dispensée. Elle savait déjà…

IL Y A MAINTENANT LONGTEMPS : un homme qui était de toute évidence ciseleur, artiste, a tué le temps plutôt que de tuer des hommes, dans sa tranchée, pour forger des couteaux un peu de style Bowie, dans des douilles d’obus. C’est gravé avec précision, le travail d’artiste est magnifique, les décorations sur la face A sont superbes, et il y a les dates de l’autre côté, traumatisante quand on sait “1914 1915″ et “1916″. Il restait encore du temps à passer avant la fin…

Nous n’avons qu’une certitude : si ces objets sont chez mes parents, c’est parce que mon arrière grand père les a récupérés. Parce que celui qui les a créés est mort.

Nous essayerons de les transmettre aux générations futures le plus longtemps possible. Qu’au dernier qui ne sera pas quoi en faire : ne jamais les jeter. Il existe des musées pour ce genre d’objet.

Et aujourd’hui encore, comme pour tous les 11 novembre : hommages à ceux qui sont morts si stupidement, à leur vie affreuse dans les tranchées, à leur courage, à leur attente d’une permission si rare, à leurs veuves, leurs mères désespérées, leurs enfants orphelins. A leurs fiancées qui ne les ont jamais remplacés, aux femmes qui ont souffert une attente horrible pour parfois ne récolter que le désespoir, à celles qui ont préféré mourir que de survivre sans eux.

C’est férié, mais rappelez vous que c’est parce que des millions de gens sont morts que finalement vous bénéficiez d’une grasse matinée…

D’après Maritza, il reste un survivant en Angleterre (109 ans tout de même), mais je ne sais pas si le rescapé canadien de l’année dernière, est toujours là. Nous savons que nous n’avons plus de “poilus” en vie en France.

Et ce qui me fait peur, c’est que le cauchemar en s’éloignant peut faire oublier les horreurs de la guerre…

In memoriam à tous ces hommes et toutes ces femmes qui ont vécu le pire du pire, dans des conditions abominables, en pensant que c’était tellement atroce qu’après eux PLUS JAMAIS…. LA DER DES DER. Ca fait mal dans le fond de la gorge quand on y pense…

A voir ou revoir : un long dimanche de fiançaille, les sentiers de la gloire (mes préférés, qui évoquent les mutinés et les mutilés volontaires, et montrent bien ce que c’était)
A lire ou a relire : A l’ouest rien de nouveau, Les semailles et les moissons, Des grives au loup, et tant d’autres livres consacrés à cette guerre.

Et surtout, à faire : transmettre le plus possible à ceux qui nous suivent, les souvenirs que nous avons parfois eu la chance de récolter, l’histoire de cette guerre. Et également conserver les lettres de l’arrière arrière grand père, tout ce que l’on a pu trouver sur cette période. Jeter ce serait un crime (il y a des musées pour cela…)

Posté le 11 novembre '08 par , dans 1914/1918, J'aime bien l'histoire. 27 Commentaires.