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Archive pour avril, 2010

Les filles ça cuisine… (réédition du 10 août 2006)

Filles_et_cuisineVous pensiez tout savoir sur les filles avec mon billet de 3 km sur “conseils utiles aux ignorants…”, et les autres. Et bien NON. Et encore je suis loin de la fin !

Un jour où elle ne sait pas quoi faire “mamannn j’m'ennuuiiiie”, la fille décide de faire de la cuisine.

La première fut Pulchérie qui devait avoir 12 ans, et s’ennuyait mortellement pendant ses vacances, les occupations proposées par Mrs Bibelot et moi même étant ringardes comme de coutume, et sa meilleure amie partie.

La fille ne va pas se faire la main sur du bête pain perdu ou des oeufs sur le plat, ni même une salade de tomates. Elle attaque direct avec une recette de dessert de préférence, bien compliquée.

Munie de tous les ingrédients et du livre célèbre “la cuisine de Tante Hortense” que Mrs Bibelot tenait de sa grand mère et annoté de partout, Pulchérie s’est donc enfermée dans la cuisine pendant 3 longues heures, sa soeur regardant pour la 35ème fois “la folie des grandeurs” et ayant décidé de fuir la cuisine avec un instinct très sûr.

De la cuisine nous parvenaient des bruits de casseroles, de plats violemment posés sur la table, tout un remue ménage inquiétant, d’autant qu’aucun bruit d’eau ne venait nous rassurer sur l’état futur des ustensiles de cuisine qu’elle avait tous monopolisés.

Quand elle a émergé pour aller regarder une niaiserie à la télévision, la cuisine ressemblait à Berlin en mai 1945 et une superbe tarte aux fraises nous attendait. A nous le récurage des plats (il en faut autant pour faire une tarte ?) et de la cuisine.

Pour la tarte elle avait pris pour la pâte la recette de “la pâte à sablés” (le gâteau) et non pas la recette de la pâte sablée. La tarte était exquise (rendons lui cette justice), mais ne résistait pas au découpage, c’était dramatique et le grand père y a laissé sa réputation de découpeur hors pair.

Comme elle s’ennuyait ferme, nous avons eu droit aux éclairs au chocolat faits maison, à la tarte à la rhubarbe, à la bête mousse au chocolat, aux îles flottantes pralinées, à la crème renversée, à la tarte au citron meringuée, aux choux à la crème, à des charlottes multiples et variées. Il était temps que sa meilleure amie (Vivi) rentre de vacances, nous avions tous pris 3 kg.

Ne pas rentrer dans la cuisine pendant que la fille oeuvre, c’est dangereux :

  • Elle peut vous réquisitionner pour laver les plats et saladiers, vous avez tout le temps, toute la nuit devant vous

  • Vous lui faites peur : elle relève le fouet des blancs qu’elle bat en neige sans arrêter le batteur et vous vous retrouvez entièrement moucheté

  • Vous pouvez glisser sur une coquille d’oeuf : un accident est si vite arrivé

  • Elle vous demande l’oeil mauvais si les fraises sont fraîches : vous jouez avec votre vie.

Pulchérie était la reine du riz au lait. Elle mettait le riz au lait en route et l’oubliait. 4 casseroles de flinguées dé-fi-ti-vement… (j’ai tout essayé même le HCl pur et la soude caustique, pas en même temps, mais contre 5 cm de carbonisé, on ne peut rien…)

Delphine elle, a directement attaqué une salade ultra composée. On n’a jamais retrouvé la recette, elle avait fait des variantes délicieuses mais ne se souvenait plus lesquelles…

En règle générale elle préférait cuisiner du salé, ce qui est à remarquer car assez rare… Du coup, elle est assez bonne cuisinière ce qui n’est pas le cas de toutes les jeunes femmes filles de sa génération…

Quant au nettoyage de la cuisine après avoir oeuvré, elles ont mis du temps à s’y mettre… Une fille en cuisine c’est du boulot pour la mère, même si elle a fait le repas…

La vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 29 avril '10 par , dans Crise de nerf, Faites des gosses !. 10 Commentaires.

France j'te cause (l'histoire sans fin…)

femme-au-telephone-3Mes démêlés avec France Télécom sont une source inépuisable de rires (pour les autres).

Des mois que cela dure, qui finissent par faire 1 an et demi…

Le premier acte fut un jour la mise en service restreint de ma ligne pour cause de rejet du prélèvement automatique par mon ancienne banque… (dont j’ai été avertie quand j’ai découvert le service restreint…)

Règlement effectué par téléphone et carte bleue, et envoi d’un nouveau RIB pour régulariser la situation.

Jusque là, tout allait à peu près bien… Pour la suite je vous en épargne les 3/4 parce que je suis sympa (si si, j’insiste sur ce point)…

  • “Votre ligne a été mise en service restreint, car nous n’avons pas reçu votre paiement… Pour régulariser… Bip” 2 mois plus tard.
  • Appel : j’ai transmis un nouveau RIB. Oui mais c’est le service France Télécom qui bloque maintenant les prélèvements automatiques car il y a eu un incident une fois. Nouveau RIB : veut pas le savoir. Règlement en ligne à nouveau.
  • “Votre ligne a été mise en service restreint, car nous n’avons pas reçu votre paiement… Pour régulariser… Bip”
  • Appel : je n’ai pas reçu ma facture. T’inquiète pas ma bichette, je te complète ton adresse tout de suite sur l’ordinateur, et je prends ton règlement.
  • “Votre ligne a été mise en service restreint, car nous n’avons pas reçu votre paiement… Pour régulariser… Bip”
  • Appel : ah bah non finalement l’adresse n’a pas été complétée, c’est l’ordi… Bon je prends en compte votre règlement en ligne, mais je trouve que vous payez beaucoup. Voici le nouveau forfait que je vous propose.
  • Elle s’est mal exprimée, je crois qu’il s’agit de 2 MOIS, et j’accepte cette offre si intéressante.
  • Elle le note sur l’ordi, et complète mon adresse au passage (il est à noter que pour vous faire payer plus cher finalement, l’ordinateur fonctionne parfaitement, mais pas pour mettre à jour une adresse)
  • “Votre ligne a été mise en service restreint, car nous n’avons pas reçu votre paiement… Pour régulariser… Bip” : un mois après.
  • Appel : je n’ai pas reçu ma facture, j’ai payé il y a un mois, faut pas pousser mémé dans les orties, elle n’a pas de culotte et les orties ça pique.
  • Réponse : avec votre nouveau forfait, c’est payable mensuellement, ON a dû vous le dire (non).
  • Je ne percute pas tout de suite. Je paye, et je demande à nouveau que l’on complète mon adresse pour la facture qui s’égare je ne sais où…
  • Je n’ai en effet toujours pas reçu ma facture
  • Pas de souci, la dame s’en occupe immédiatement comme toutes les fois précédentes…
  • J’en passe. A chaque fois, on complète mon adresse immédiatement.
  • “Anne ma soeur Anne, monte en haut de la tour, hélas que Dieu me damne mais que mes frères soient là le facteur soit là avant la fin du jour. Anne ma soeur Anne ne vois-tu rien venir point une facture de France Télécom venir ?”
  • “je ne vois que le soleil qui flamboie et le facteur qui merdoie !” (ça le change tiens, celui-là !)
  • J’avais noté la date à laquelle j’avais réglé la dernière fois, ainsi que la référence du règlement (comme de coutume) et je m’étais donc promis d’appeler le lundi 26 avril, le temps que je retrouve mon post-it, dans les temps pour régler en ligne.
  • Le dimanche 25 : “Votre ligne a été mise en service restreint, car nous n’avons pas reçu votre paiement… Pour régulariser… Bip”
  • Là, je pique une crise. J’ai effectué mon dernier règlement il y a moins d’un mois, je n’ai bien évidemment pas reçu ma facture. Pas de bol, je suis de mauvaise humeur : un camion de déménagement bloque le parking pour la journée.
  • Appel. Règlement immédiat, et “passez-moi un commercial S’IL VOUS PLAIT, avec votre offre alléchante que j’ai acceptée en novembre, je paye plus qu’avant”.

L’offre était en effet alléchante, car elle se présentait pour 2 mois, alors que non, c’était pour 1 mois. 3 H de forfait (par mois) pour appels vers toute la CEE et les portables. Vérification faite par le commercial, pour la facture que je viens de régler, j’ai téléphoné en 1 mois : 32 minutes, le mois d’avant 1 H, celui d’avant 16 minutes, effectivement ce forfait n’est pas pour moi (le seul mois où cela a été valable a été quand je cherchais à joindre mon père sur le serveur vocal de la clinique dont-on-sait-ce-que-j’en-pense).

Si j’ai si peu de minutes d’appel, c’est que les 3/4 de mes correspondants ont les appels gratuits, et me rappellent toujours immédiatement.

Pour moitié moins cher (par mois), là on me propose 2 H de forfait (par mois), uniquement sur la France et la CEE (on ne sait jamais, Delphine va peut-être repartir à Berlin). Là, OK, c’est intéressant. J’accepte.

Vu le problème d’adresse à compléter sans doute jusqu’à ce que je change d’opérateur, le commercial me fait un avoir des frais de mise en service restreint. Ca fait tout de même 60 Euros… On peut avoir des soupçons : l’adresse n’est pas complétée, car cela permet de mettre la ligne en service restreint et de le facturer au client, alors qu’il suffit de faire un clic pour couper et un clac pour rétablir…

Et si on pouvait compléter mon adresse UNE FOIS DE PLUS ET POUR DE VRAI, pour faire cesser mes soupçons abominafreux dont je fais part au commercial un peu gêné, ce serait super, pour que je ne rate pas la prochaine facture (dans 25 jours je suppose…)

“Pas de problème madame, c’est fait”.

MAIS, je le sens bien, vu cet avoir de 60 Euros, mes trois prochaines factures (que je ne recevrai pas) seront de 0,00 Euros.

Et comme je vais oublier d’envoyer un chèque de 0,00 Euros, fatalement je vais avoir droit à :

  • “Votre ligne a été mise en service restreint, car nous n’avons pas reçu votre paiement… Pour régulariser… Bip”

La vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 27 avril '10 par , dans Je m'insurge, Nos grands moments de solitude. Pas de commentaire.

Conseils utiles aux ignorants qui ont mis au monde des filles

A une certaine époque, quand je voyais les fils de mes amis, j’avais l’impression de voir, dès l’adolescence, de grandes choses molles, à la voix qui mue, scotchées à leurs consoles de jeux, la télé, une paire de roller ou un skate board. Des mâles en puissance très intéressés par la moto, la voiture, le dernier jeu vidéo intéressant, le foot, la F1, et accessoirement les filles (le temps passant).

Alors que les filles ont des centres d’intérêt beaucoup plus diversifiés et sont pleine de vie, de ressources et de surprises.

Et d’un : les filles mûrissent plus vite que les garçon. C’est écrit partout. Il faut se le mettre dans la tête. Quand la petite a passé 8 ans, les parents ont mangé leur pain blanc.

A 10 ans, tout est cuit.

Quand elles rentrent en CM2, alors que les garçons de leur e (dans les zones privilégiées), sont uniquement préoccupés par leurs résultats scolaires après la liste énumérée ci-dessus (ne rêvons pas), les filles commencent à reluquer les dits garçons et à se demander si elles pourront les séduire un jour. Dans les zones non privilégiées ils ne s’occupent absolument pas de leurs résultats scolaires, mais les filles elles se préoccupent quand même des garçons…

Comme ils n’ont rien de bien attrayant, elles commencent à loucher sur la vedette du moment (Ah Léonardoooooo dans Titanic ! – je sais, je date) et repensent la décoration de leur chambre.

Leur père ou vous s’est échiné à refaire le papier peint de la chambre de « la petite » que la gamine à choisi il y a à peine un an. Et la dite « petite » redécore entièrement sa chambre avec des posters des 2 be free, Léonardo, Brad (je date toujours) Si deux filles partagent la même chambre : espérer qu’elles auront les mêmes goût en matière d’hommes virils et séduisants.

Pour faire tenir les posters, photos diverses, les filles ont plusieurs méthodes :

  •  Avec des punaises : parents chanceux si elles ont bien refermé la boîte de punaises après usage. Sinon on leur apprend avec autorité comment le faire après s’en être planté une dans le pied.
  • Avec du scotch  : parents devant rester sur leur garde. Quand elle en aura marre de Léonardo une partie du papier peint partira avec le scotch et elle mettra à la place du poster un autre poster PLUS PETIT pour que l’on voit bien les traces de scotch.
  • Avec de la colle à papier peint : avantage : ce sera une bricoleuse. Inconvénient : quand elle arrachera le poster tout viendra avec (un grand plâtras de 3,5 m2 qu’elle se refusera à recouvrir car elle trouve subitement le concept du poster « dépassé »).

Si j’ai un conseil à vous donner : NE JAMAIS POSER DE PAPIER PEINT dans la chambre d’une fille qui approche de la dizaine. 3 couches de peinture neutre, lessivable, et bien solide (ne pas lésiner sur le prix) feront parfaitement l’affaire.

Dans le même temps, comme elles trouvent les garçons séduisants, les filles se demandent si elles sont séduisantes.

Elles se préoccupent donc d’elles.

Leur mère leur donnant le mauvais exemple depuis leur plus tendre enfance en s’épilant, maquillant, crémant, exfoliant, etc…, les filles décident d’en faire autant.

De plus en plus tôt.

J’ai commencé à me maquiller à 14 ans. Et mes parents rouspétaient que j’étais trop jeune. Ma mère avait commencé à 18 ans, et mes jeunes tantes à 16. Maintenant si vous refusez un tube de mascara à une gamine de 11 ans, vous êtes une marâtre et il faut envoyer la petite chez un psy pour qu’elle s’en remette.

Bien évidemment, les filles vont essayer tous les trucs. Comme leur mère avant elles, et comme leurs filles par la suite.

Tout y passera :

  •  L’huile de ricin pour faire pousser et épaissir les cils
  • Le concombre pour astringer la peau
  • L’argile pour assainir
  • Le miel pour adoucir
  • Le blanc d’œuf contre les rides d’expression (à 12 ans pourquoi pas ?)
  • Le vinaigre pour faire briller les cheveux

Etc…

Et les produits de beauté de la mère, destinés à lui conserver le plus longtemps possible son teint et sa peau de jeune fille. Donc des produits chers, car la tâche est rude (pour la mère).

Si j’ai un conseil à vous donner : mettez vos produits de beauté et le maquillage coûteux dans une armoire fermée à clef, d’une vraie bonne clef.

Exit la serrure de la mallette achetée si cher dont on vous avoue 4 ans plus tard qu’elle s’ouvrait avec une épingle à cheveux, d’où la baisse des liposomes dans le pot de 20 g à 500 F (oui à mon époque s’en était encore…)

Quant à VOTRE pince à épiler que vous gardiez jalousement depuis vos 18 ans, qui épile si bien, dites lui adieu, si vous ne l’avez pas accrochée avec une chaîne qui tienne le coup, dans un mur en béton armé coulé par vous, avec une attache intouchable (genre chaîne d’ancre du Titanic). Cela limite le rayon d’action mais la pince à épiler ne disparaîtra jamais (en prévoir une de rechange pour les vacances).

Ne lésinez pas sur l’achat d’un cadenas qui sera amplement amorti par les économies que vous réaliserez en sauvant vos propres articles.

Autre conseil : à la naissance d’une fille, ne vous contentez pas de lui ouvrir un compte d’épargne « pour ses études ». Prévoir aussi l’achat futur de :

  • Produits anti-bouton pour le visage
  • Produits anti dartre pour le corps (quand on a mis au monde une emmerdeuse qui a la peau sèche en dessous du cou, et bien grasse sur le visage ou l’inverse)
  • Crème dépilatoire, cire chaude, cire froide, cire à faire fondre au micro-onde, filtres à cire
  • Masque pour la beauté du teint, anti teint brouillé, anti bouton, etc…
  • Pinces à épiler (l’adolescente peut en perdre 1 par semaine, de préférence celle que vous venez de vous acheter pour remplacer la précédente mystérieusement disparue)
  • Teintures à cheveux
  • Produits pour rescaper les cheveux teints car « ces salauds disent que la teinture n’abîme pas les cheveux alors que c’est même pas vrai… »
  • Auto bronzant
  • Décolorant à duvet et à auto bronzant qui a fait des marques genre “zèbre dans la savane”
  • Rasoirs multiples pour les retouches post épilatoires et les dessous de bras
  • Shampoings, après shampoings, huiles, ampoules diverses.
  • Tout le nécessaire à maquillage qui tiendra dans 3 grandes trousses de toilette (3 par fille)

Et j’en passe…

Prévoir également le coiffeur : l’adolescente a une prédilection particulière pour la coupe qui tient un mois à l’époque où vous vous résignez, faute de moyens, à laisser pousser vos cheveux.

Epargnez, épargnez… Vous n’en verrez jamais la fin, surtout si votre blonde s’aime en noir (racines à retoucher tous les mois) et si votre brune s’aime en blond (idem). L’idéal étant d’avoir les deux… Pour la troisième, espérer une rousse qui s’assumera…

De la même façon si vous avez plusieurs filles, (au moins deux), autant le savoir tout de suite : ELLES N’UTILISERONT JAMAIS LE MEME PRODUIT et surtout pas le même que le vôtre dans le cas tout bête du shampoing ou du gel douche. Elles auront LEUR dentifrice, LEUR shampoing, LEUR après shampoing, LEUR soin. Comme vous avez LES VOTRES, prévoir de grandes étagères dans la salle de bain, en laissant comme de coutume à l’homme une petite place pour sa bombe à raser, son après rasage, son rasoir et son déodorant.

L’époque étant toujours à la futilité : comment maigrir, comment rester mince, comment rester ferme et tonique, comment avoir un teint de rêve, les filles très rapidement, dès qu’elles s’intéressent à leur apparence, s’occupent également d’elles en se faisant des soins. C’est écrit partout : si vous n’êtes pas belle un minimum vous n’êtes pas une femme.

La mère peut s’être fatalement résignée elle à ne pas être parfaite, à l’époque où la fille se fait le serment de devenir une créature de rêve (et vu les gènes que vous lui avez refilés, ce n’est pas gagné).

Un samedi après midi idéal chez moi à une certaine époque se résumait de la manière suivante :

Pulchérie et Delphine avaient 14 et 17 ans. Période qui m’amuse aujourd’hui alors qu’à l’époque je ne rigolais pas.

  •  Pulchérie l’aînée : petite, mince (trop à son goût, on n’est jamais content de rien). Petits seins, peau sèche, cheveux châtain foncé très gras.
  • Delphine : grande, pulpeuse (trop à son goût). Gros seins et cuisses d’après elle trop grosses, mais taille fine, peau grasse à comédons. Cheveux très secs.

La vie est finalement bien faite : une seule aurait pu hériter du pire et l’autre du meilleur.

Toutes les deux ayant hérité du côté paternel d’une pilosité effrayante, elles mettaient l’épilacire à chauffer dès 14 heures, se refusant à filtrer la cire (c’est dégoûtant !) et la renouvelant constamment (la neuve étant achetée par maman).

L’aînée déambulait dans l’appartement, un henné neutre mélangé à de l’argile blanche sur les cheveux, en en semant partout car elle se refusait à porter un turban (ça fait NUL un turban maman), la peau tartinée d’un mélange de jaune d’œuf, d’huile d’olive première pression à froid de chez Fanchon et de miel (MON miel de tilleul de préférence). Avec deux bouteilles d’eau de 1 litre et demi pour faire altères à la main, en faisant des mouvements de gymnastique frénétiques pour faire grossir ses seins quand elle avait fini de s’épiler en poussant des cris de putois à chaque arrachage de bande (c’était une douillette).

Vous saisissez l’ambiance.

La cadette déambulait elle, un masque d’argile verte mélangée à de la pulpe de concombre et du jus de citron sur le visage, le cheveux dégoulinant de la même huile d’olive de chez Fanchon, toujours en en répandant partout, partageant le dégoût de sa sœur pour le turban, en faisant des fentes d’escrimeurs pendant des heures pour sculpter ses jambes qu’elle trouvait trop grosses, après s’être fait au moins une brûlure avec de la cire trop chaude : tempérament impatient. A moi de sortir pour acheter le tulle gras et à moi de l’appliquer après avoir vérifié que la brûlure restait superficielle.

Les deux sœurs en vieux caleçon troué post épilatoire, s’engueulant pendant toute la durée de la suite des soins pour savoir qui aurait la salle de bain la première (comptez une heure et demie par fille).

Le soir, je retrouvais la baignoire bouchée par l’argile et le henné, le robot pétrifié par les mélanges non rincés et de la cire plein la cuisine les jours où elles s’épilaient.

Le tout à nettoyer toute seule, ayant vu deux créatures divines s’esquiver vers 19 H 30, après s’être entièrement maquillées avec mes produits de maquillage. Elles refusaient en effet d’acheter les leurs pour économiser leur argent de poche et on peut les comprendre…

Puis je passais une heure à filtrer la cire utilisée qu’elles avaient jetée, pour leur faire croire que j’avais regarni l’épilacire avec de la cire neuve…

A l’époque j’étais seule. Je ne sais pas comment les pères font pour supporter cela. Comme le mien qui me contemplait dubitatif, les cheveux recouverts d’un turban (pour cacher le henné neutre), le visage recouvert d’argile diluée à l’eau de rose, tous les samedis après midi, en train de pédaler couchée sur le dos dans le salon pour avoir un ventre plat.

Il est à noter que pour avoir un corps sculptural, la fille n’envisage généralement pas une seconde de faire du sport pour lequel elle se fait régulièrement dispenser, ayant ses règles toutes les semaines quand le prof est un homme, et tous les 15 jours pour cause de kyste ovarien quand le prof est une femme.

Ne pas lui suggérer de s’inscrire « à la gym » ou d’aller à la piscine (le chlore a un effet déplorable sur sa tignasse).

Il est à noter également qu’il y a une période tout à fait glorieuse que ma mère avait baptisée la période de la « coquette sale ».

C’est l’époque où votre fille vous pique votre vernis à ongle pour recouvrir des ongles noirs. Où elle se démaquille soigneusement en oubliant de se laver le reste du corps jusqu’au jour où on lui fait remarquer qu’elle a de la CRASSE dans le cou et sur les poignets.

C’est l’époque où elle pue des pieds et des dessous de bras malgré votre coûteux parfum dont elle s’inonde, où elle se lave une fois par semaine, et vous téléphone de chez son père alors qu’elle est partie depuis 15 jours en vous demandant, si PAR HASARD, elle n’aurait pas oublié sa brosse à dent dans la salle de bain… SI ! Et ce n’est pas PAR HASARD, non plus qu’il lui a fallu 15 jours pour s’en apercevoir.

Tout de suite après vient la période « coquette propre », suite à une réflexion d’un copain de e et une réconciliation avec l’eau.

Elle squattera la salle de bain pendant des heures, vidant la réserve d’eau chaude soi-disant pour se laver, marinant dans un bain pendant des heures un masque sur le visage, trempant toutes les serviettes et les tapis de sol. Le tout dans une ambiance de messe noire, car pour se détendre elle s’éclairera à la bougie (avec les magnifiques bougies parfumées qu’elle vous offre à l’occasion des fêtes de fin d’année, fête des mère et anniversaire).

Courage, et patience… Vous en avez pris pour… jusqu’à ce qu’elle parte. Ceux qui en prennent pour 10 ans savent EUX pourquoi…

Quand elles sont deux, il règne parfois dans la salle de bain des atmosphères de hammam et de harem… Sauf que l’eunuque nettoyant après, c’est vous, la mère.

Tout pour séduire les garçons et se plaire à soi-même.

Plus difficile dans un monde où la minceur, quand ce n’est pas la maigreur, règne en diktat absolu dans les pays privilégiés où l’on mange plus qu’à sa faim.

Le poids est donc une obsession chez la jeune fille, dès la pré-adolescence, dans notre monde où l’on n’existe que mince.

J’avais la chance d’avoir chez moi deux filles opposées : une très mince souffrant depuis sa plus tendre enfance d’un manque d’appétit chronique. Quand elle me tétait elle trouvait toujours plus intéressant de me sourire et de me gazouiller quelque chose que de manger. C’était limite anorexie et cela a duré jusqu’à ses 19 ans. Lui faire prendre un kilo dès ses 3 ans était tout un poème, et on ne visait pas les 15 kg quand elle en était à 10, mais les 11. Elle a plafonné longtemps à 40 kg pour 1 m 55. Aujourd’hui elle en fait 43 et se trouve de grosses fesses…

La deuxième était un goinfre depuis la maternité où elle s’accrochait à mon sein comme une désespérée, terminait depuis ses 3 ans tous les plats à la cantine, et démarrait chaque journée par une tartine de rillettes et ¼ de coulommiers. Elle a toujours eu une courbe de croissance modèle pour manuel de pédiatrie.

  • Phrases clefs de l’aînée : on mange encore ? mais on a déjà mangé hier ! J’en veux pas j’aime pas ça !
  • Phrase clef de la cadette : quand est-ce qu’on mange ? Est-ce que je pourrais y goûter ?
  • Surnom de l’aînée : appétit d’oiseau, puis le piaf (suite à un dicton erroné, parce qu’un piaf, ça bouffe énormément, voire plusieurs fois son poids par jour)
  • Surnom de la cadette : bouffe tout (dixit sa sœur)
  • La grande : 1 m 55 : 35 kg à 17 ans
  • La petite : 1 m 70 : 65 kg à 14 ans.

L’aîné décidait de grossir. Elle se mettait au point un plan qu’elle affichait sur le frigo (elle a toujours aimé les listes précises, ayant hérité d’on ne sait qui un tempérament précis et ordonné…) : le plan idéal pour que sa sœur et moi perdions du poids…

Elle vidait le beurre fondu des papillotes de saumon dans l’évier, snobait le fromage, mastiquait sa salade sans sauce, trempait des biscottes sans beurre dans un chocolat sans sucre au lait écrémé « j’aime pas le gras » et mangeait le concombre au kilomètre, juste épluché, comme ça, en regardant la TV le soir. En fait, ce n’est pas pour rien qu’elle est mince…

Faire les courses c’était acheter les gâteaux, les céréales du matin, les en-cas du soir, le fromage à tartiner et les diverses cochonneries qui sont sensées plaire à notre chère marmaille… Surtout à la cadette…

La grande planifiait la répartition de ces « extras » sur une semaine de peur d’une overdose. La cadette dévorait tout le même soir et souffrait du ventre toute la nuit en m’empêchant de dormir « maman je vais sûrement mourir ».

Obligation pour moi à une certaine époque de mettre au point une planque sous mon lit dans laquelle je dissimulais : plaquettes de chocolat, gâteaux secs, fromage à tartiner, etc… pour que la presque anorexique trouve de quoi se sustenter quand « bouffe tout » avait vidé les boîtes de céréales et terminé tous les fromages, avec le pain de mie qui allait avec. (Je précise que les surnoms qu’elles se donnaient étaient un tantinet exagérés…)

Le tout sur fond de vociférations qui terrorisaient mes voisins. J’ai la malchance d’habiter une résidence surtout occupée par de vieilles personnes. La voisine du dessous (87 ans), craignait quand les beaux jours revenaient et que les fenêtres étaient ouvertes, en entendant mes filles se crier dessus, « d’en voir passer une par la fenêtre ».

Car il y a une chose qu’il faut savoir : les filles consomment du décibel. Hurlements et cris aigus, sanglots (très importants les sanglots et les trémolos dans la voix), claquements de portes… Rajouter la sono à fond avec UNE chanson en boucle pendant 4 heures pour faire trembler les vitres et faire fuir le chat.

Et certains, nantis de fils à la voix enfin muée, de vous dire « les garçons ça fait du bruit ».

Vous par contre, n’entendez plus votre chère marmaille féminine hurler. Déformation qui consiste à ne plus entendre les cris parce que s’il fallait y réagir ce serait invivable.

Vous devenez néanmoins une adepte du décryptage du cri :

  •  A la force du cri, à la campagne, vous visualisez la taille de l’araignée.
  • A la force du cri chez vous, vous savez combien de kilos la cadette a pris
  • A la force du cri chez vous, vous savez combien de grammes l’aînée a perdu
  • A la force des cris, vous savez combien finalement elles s’entendent bien…

Les filles, comme je vous le disais au début, sont pleines d’imprévus et d’imagination.

Elles peuvent tout vous faire, car elles ont une imagination folle. Je ne parle pas d’aller les récupérer au commissariat pour vol de CD en grande surface. Je n’ai pas eu le plaisir de connaître.

Non. Je parle de l’imagination tout court.

Déjà elles écrivent. 90 % des jeunes qui écrivent un journal sont des filles. Besoin d’écrire, de mettre sur papier le fond de sa pensée, de ses espoirs, de ses désespoirs (généralement « je HAIS ma mère »).

Elles écrivent discrètement. Pendant que vous regardez le journal de 20 heures pour vous tenir au courant d’une actualité toujours réjouissante après avoir demandé puis exigé du calme et un peu de silence, elles viennent s’installer sur le canapé juste à côté de vous en se disputant pour savoir laquelle aura la meilleure place. Sortent un cahier et un stylo et se mettent à écrire frénétiquement. Vu leur ardeur vous savez que ce n’est pas d’une dissertation qu’il s’agit ni d’un devoir de maths. Elles vous jettent de plus, des coups d’œil soupçonneux pour vérifier que vous ne pouvez rien distinguer de ce qu’elles écrivent. Non, à moins de pouvoir vous téléporter un œil discrètement derrière elles, vous ne pouvez pas. Tous ce que vous pouvez faire c’est comprendre qu’elles tiennent un journal comme vous jadis. Alors qu’elles s’imaginent que vous n’avez jamais été jeune vous même.

Je parle au pluriel. Tout reste valable pour le singulier. Une fille seule c’est même peut-être pire : elle n’a personne de son âge avec qui partager votre nullité et avec qui s’engueuler.

Donc vous savez qu’elles écrivent un journal. Le lire vous tente. Ressemble-t-il au vôtre ? Quand vous dessiniez des cœurs bleus comme les yeux de l’élu avec écrit en gros « OLIVIER JE T’AIME POUR TOUJOURS » ?

Mystère. Sauf qu’un jour, vous devez pénétrer dans l’antre sacré : LA chambre.

La chambre des filles (ou de la fille, c’est selon) est l’endroit idéal pour retrouver les objets disparus genre : pince à épiler, pinceau à maquillage, parfum, collants, slips en dentelle noire, palette brun de chez Dior, votre parfum, une chemise mode (la seule que vous ayez), etc…

Vous n’allez JAMAIS y rechercher « Les martyrs » de Chateaubriand qui eux, restent bien sagement à leur place dans la bibliothèque avec “les rois maudits” et l’histoire des croisades en 15 volumes que leur a léguée leur arrière grand père.

Donc, ayant perdu votre pince à épiler et ayant un poil follet sur le menton (c’est fou ce qu’ils se multiplient passé un certain âge), vous pénétrez dans la chambre des filles.

Indiana Jones ne s’y risquerait pas. On le comprend.

Chez moi, seul le chat s’y risquait, en dehors de moi les jours de crise (le père étant, on l’aura comprit, terriblement absent).

La chambre était coupée en deux. C’était une grande chambre et je n’avais pas les moyens de me payer plus grand pour qu’elles aient chacune la leur.

Côté gauche : l’aînée. Tout rangé au cordeau, les posters et photos bien alignés, un bureau de ministre : rien qui traîne.

Côté droit : la cadette. Lit pas fait, posters et photos posés au petit hasard, décorés de dégoulinures d’encre (5 cartouches de fichues pour le résultat…), bureau croulant sous la paperasse et un tas de livre menaçant singulièrement de s’écrouler. Quelques tomates et kiwis séchés décorant le tout sur un lit de céréales répandues.

Le placard de gauche : tout aligné comme à l’armée, les pulls empilés par ordre de couleur, les slips bien pliés dans une boite à chaussure indiquant en gros “slips”.

Le placard de droite : un bordel innommable de vêtements en vrac, avec le chat couché dessus. Pour lui c’était l’endroit idéal : bien douillet et puis d’ici à ce qu’on ait l’idée de le chercher là…

Au beau milieu de la chambre, par terre LA PINCE A EPILER, coup de bol parce que souvent la recherche pouvait prendre des heures. Ah que de temps passé pour retrouver la coupable (vilaine pince à épiler qui se promène !) dans une trousse avec un briquet disparu tout aussi mystérieusement (elle fume maintenant ?). Sur le bureau bien ordonné, le journal, bien ouvert, un véritable appel à la lecture.

On lit. C’est ouvert, c’est visible et parfaitement lisible. C’est fait pour être lu…

Cela fait toujours plaisir d’apprendre que l’on est « une grosse truie », « ma conne de mère », « la salope », ou bien « l’autre andouille ».

On lit. Vexée certes, mais rassurée : notre fille ne se drogue pas, ne fume pas de H, ne boit pas, tout son temps étant consacré à nous détester pour nos multiples défauts. On apprend qu’elle tient à rester vierge pour Charles Edouard. C’est qui celui là ? Le voisin de derrière, qu’elle épie avec les jumelles de son grand père qui se demande ce qu’il en a fait en croyant être atteint d’une perte de mémoire précoce (il a rendez-vous pour un dépistage d’Alzeimer pour demain vous a confié votre mère alarmée : votre père n’a JAMAIS perdu SA paire de jumelle).

Un petit con ce Charles Edouard (vous voyez bien qui c’est, un petit brun qui vous regarde comme si vous étiez une ruine antédiluvienne et ne dit jamais bonjour comme les jeunes gens bien élevés de votre temps), un petit con qu’elle épie de votre chambre parce que la vue y est meilleure.

Explication de la température polaire qui y régnait cet hiver quand vous rentriez le mercredi soir : votre chère fille aînée y était restée pendant des heures, les jumelles chéries de son grand père à la main, tous rideaux fermés pour la discrétion, mais la fenêtre ouverte pour une bonne visibilité, nonobstant la température hivernale.

A votre retour, au bruit de la clef dans la serrure : HOP d’un bon gracieux sur votre lit (pour 40 kg c’est toujours gracieux), elle se retrouvait à la porte en un temps record, s’esbignait, et le temps que vous ayez fini de refermer la porte était tranquillement couchée sur son lit à faire semblant de faire ses devoirs depuis des heures, sa sœur épluchant un énième kiwi, tranquillement avachie sur son lit…

Et vous retrouviez votre fenêtre ouverte en vous demandant, comme votre père, si vous aviez encore toute votre tête pour l’avoir laissé ainsi par un froid pareil, sans aucun souvenir de l’avoir ouverte…

Le stratagème de votre aînée découvert, vous envisagez un plan sadique mais qui demande du temps et de la place pour planquer le matériel superflu : retirer le sommier, le matelas, tendre le dessus de lit sur un vide sidéral. Et HOP, quand votre gracieuse héritière ferait son bond gracieux… Vous riez des heures en imaginant sa tête, et le résultat. Renoncez en songeant que douée comme elle l’est elle se casserait forcément le tibia qui est pourtant l’os le plus solide du corps humain.

Et puis vous avez d’autres soucis. De plomberie.

Pendant que l’aînée épie à la jumelle son chéri, la cadette s’est prise de passion pour la magie blanche.

Une copine dont la mère est une gentille sorcière, lui a prêté un rituel de magie blanche.

Quelle bonne idée ! Pourquoi n’êtes vous pas une gentille sorcière ? Parce que vos filles trouveraient ça CON. Et vous diraient « ma PAUVRE maman, avec tes idées… ». Et puis surtout parce que vous n’avez pas été élevée pour être une gentille sorcière. Tout ce que vous savez c’est que le tilleul est calmant et la menthe excitant.

Pour ne vous mettre personne à dos, vous faites du tilleul/menthe pour ceux qui aiment la tisane.

A 14 ans, Delphine a grand peur de finir vieille fille. Elle a lu un charme pour attirer le grand amour. Qui consiste à planter des graines de basilic et à les arroser tous les jours en disant en italien « que je ne sois pas sans amour, merci ».

Elle a sacrifié une petite partie de l’argent de poche de sa sœur, (le sien est dépensé depuis des mois et elle vit à crédit) et du fric qu’elle vous pique régulièrement dans votre porte monnaie, pour s’acheter chez Jardiland un sachet de graines de basilic.

Qu’elle a plantées partout.

Vous l’entendez le matin, arroser ses graines en prononçant la formule sacramentelle que vous ne comprenez pas bien : cela ressemble à la messe en latin de votre enfance et cette enfant n’est même pas baptisée ! Le matin vous êtes dans le potage jusqu’à 10 heures, et c’est pourquoi votre cadette peut pendant des semaines procéder à ses élucubrations sans que vous moufetiez. Votre cactus qui n’a pas besoin d’eau crève dans la foulée, mais cela ne la perturbe pas : 4 plants de basilic prospèrent avec le ficus, le dieffenbachias, le camélia et le gardénia.

A votre exclamation qui suit la sortie des plans jalousement arrosés avec toute la magie requise : « des mauvaises herbes dans mes plantes ! » (que vous soignez jalousement), elle se dresse devant vous avec l’amabilité d’une hyène à laquelle on voudrait enlever les amygdales sans anesthésie :

“Ce sont MES plantes. Je T’INTERDIS d’y toucher”.

Puis part en sanglotant… Elle sait bien que vous POUVEZ les arracher ses plants de basilic.

L’aînée vous explique le problème. Si vous arracher les basilics vous retirez à Delphine tout droit à l’amour… Aurez-vous le cœur de faire une chose pareille ?

Non. Vous vous résignez à voir les basilics prospérer en vous cachant vos plantes préférées, voire même en les faisant dépérir.

Et a voir votre cadette tous les matins, à peine réveillée et à poil, les arroser de trois gouttes en prononçant des paroles qui vous semblent curieuses, et débiles… Vous retenez la phrase maternelle ique « tu ferais mieux de te laver les dents »… Si elle mettait autant d’énergie à ramasser ses débris de kiwis qui pourrissent à côté de son lit et à mémoriser ses verbes irréguliers d’anglais et d’allemand, vous seriez une mère comblée.

Mais les plans de basilic ne sont pas les plus importants.

Car vous avez des problèmes de plomberie (bis répétita…).

La baignoire se bouche régulièrement. D’une ventouse experte et décorative dans la salle de bain, vous extrayez henné neutre coagulé à l’argile, argile au miel, et une bouillie curieuse….

Qui semble boucher plus que le reste et semble s’insinuer profondément dans les canalisations.

Le plombier lui-même, que vous faites vivre avec vos bouchages de baignoire, reste perplexe. Il n’est peut-être pas pressé de trouver la solution vous êtes le pilier de son entreprise, la clef de voûte de son chiffre d’affaire !

Et puis un beau jour, vous rentrez inopinément un mercredi après midi, sans avoir prévenu votre progéniture que vous aviez pris votre après midi (hé hé).

Vous ouvrez la porte d’entrée avec délicatesse, puis votre porte de chambre avec fracas.

L’aînée sursaute et laisse tomber les jumelles de votre père sur la moquette où elles atterrissent sans dommage (un coup de bol, elles ont 30 ans). Bafouille une explication bâtarde. Naturellement vous ne pouvez pas lui dire que vous avez LU SON JOURNAL et savez de quoi il retourne. Vous faites la niaise qui croit qu’elle guette un martin pêcheur à 3 km du moindre cours d’eau (une pie encore, vous pouviez admettre en bonne tarte que vous êtes…), vous lui sommez de “rendre les jumelles à ton grand père et plus vite que ça” et vous dirigez vers la salle de bain d’un pas ferme.

La cadette somnole dans la baignoire, toutes lumières éteintes, 7 bougies allumées sur le rebord de la baignoire et sur le lavabo (explication des traces suspectes résistant au détartrant).

Dans 5 ans, votre tante venue passer le week end et ayant osé excursionner jusqu’à la salle de bain viendra vous trouver en vous disant d’un air craintif “Delphine fait une messe noire dans la salle de bain ?”.

Vous lui répondrez “mais non elle prend un bain en se détendant à la lumière des bougies” car il faut bien devenir philosophe à la longue…

Bref.

Elle se tient le front en marmonnant des paroles étranges et baigne dans une eau qui exhale une odeur curieuse et inhabituelle.

Vous allumez la lumière.

Elle sursaute. Lâche ce qu’elle se maintenait sur le front et vous visualisez la baignoire.

Dans laquelle flottent des dizaines et dizaines de feuilles de chêne + un gland qui n’a pas eu le temps de couler au fond.

Votre cadette « se purifie l’âme ».

C’est un charme qu’elle a trouvé dans le fameux rituel de magie blanche et qui consiste à se baigner dans un bain dans lequel on fait infuser ( !) le plus possible de feuilles de chêne, en se maintenant sur le front un gland pendant toute la durée du bain en murmurant en sanscrit « je me purifie l’âme, je suis purifiée ».

Après la purification, elle vide la baignoire, ramasse les feuilles qui ne se sont pas précipitées dans le siphon pour le boucher, les jette à la poubelle.

Ni vue, ni connue. Ces jours là elle descend la poubelle pour vous cacher ses turpitudes alors que vous pensiez naïvement qu’elle avait fait un petit quelque chose pour vous aider.

Même le plombier n’y a rien vu.

Vous pouvez attester sur l’honneur que les feuilles de chêne se déliquescent dans l’eau très lentement : 6 ans après les purifications d’âme de votre cadette adorée, un coup de ventouse peut faire remonter des morceaux de feuilles très reconnaissables.

Une fois l’âme purifiée et tout mis en œuvre pour être séduisante, il ne reste à la fille qu’à s’habiller.

Hélas.

Car le vêtement est le chemin de croix de la mère qui a cru naïvement qu’elle pourrait habiller sa fille comme elle le désirait jusqu’à un âge avancé qui ne dépasse pas 3 ans.

Vous entendez souvent les femmes s’exclamer : « une fille quelle chance ! JE vais pouvoir l’habiller comme je veux ».

A nous les petites robes, les baskets roses rigolotes, les faux costumes de marin avec les couettes qui lui font une bouille adorable… A nous, jusqu’à l’entrée en maternelle (j’ai dit 3 ANS !).

Après tout est cuit.

De « aujourd’hui en petite robe », on passe à un « pas de robe maman ! » péremptoire. On découvre que le petit garçon de 2000 soulève toujours les robes et jupes des filles pour voir ce qu’il y a dessous.

La fille chérie et dorlotée se complait en jeans, caleçons, baskets, etc…

Vient le temps tant espéré de l’adolescence où la mode la rattrape.

Pas la mode normale, la mode des adolescents.

Avec laquelle les parents, surtout les mères, n’ont aucune affinité : c’est fait pour ça.

Vient le jour où la fille adorée vous traîne dans les magasins parce qu’elle a besoin d’une paire de chaussures.

Comme elle a déjà des tatanes informes, des baskets multiples (plusieurs couleurs, fluo de préférence) et une paire de bottes cavalières (c’était la mode il y a deux mois mais c’est fini maintenant), vous pensez naïvement qu’elle souhaite s’acheter une paire de vraies chaussures.

Des chaussures qu’elle pourrait mettre avec une robe par exemple. Reste à acheter la robe…

Non. Elle pointe le doigt chez le marchand de chaussures chez lequel elle est allée directement, sur un godillot informe qui était jadis une chaussure de chantier célèbre : elle veut des Catertrucs comme toutes ses copines.

La vue du prix vous donne des frissons : comment des entreprises en difficulté ont-elles pu acheter ces horreurs à leurs ouvriers au bord du chômage ? Sûr que c’est l’achat des chaussures qui a mis l’entreprise en dépôt de bilan ! Pour le même tarif vous vous achetez (toujours pratique) deux robes et deux paires de chaussures assorties ! + un antiride ruineux !

Vous dites NON fermement. D’autant qu’elle veut ces chaussures immondes pour les porter au mariage de sa plus jeune tante (votre sœur) qui a fait chier tout le monde avec ses vêtements immondes pendant des années, pour se marier la semaine prochaine avec une tenue surpassant celle de Lady Diana.

Elle veut porter ces chaussures « de chantier » avec la jupe adorable mais si chère que vous lui avez achetée parce que justement c’était une jupe… Et qu’il y a des années que vous n’avez pas entrevu les jambes de votre fille en dehors des moments d’arrosage de basilic le matin de bonne heure, ou de séance dépilatoires le samedi après midi.

Là, de deux choses l’une :

UN : Le père est terriblement absent et votre déficit tente de ressembler à celui du gouvernement français, sans aucune chance de faire ex-aequo.

Au NON suit une bouderie aussi déprimante que les informations et que votre déficit. Puis par miracle, l’adolescence trouve deux baby sitting à faire et des innocents à escroquer, et s’achète elle même les chaussures immondes qu’elle portera au mariage précédemment mentionné avec sa jupe divine et un vieux pull qui lui cache les mains (en plein mois d’août caniculaire).

DEUX : Le père est présent. La « petite » trouvera alors le moyen de se rouler sur ses genoux en l’appelant « mon petit papa chéri », en se tortillant une mèche de cheveux et en roucoulant comme vous n’oseriez pas le faire même pour lui demander de rincer la baignoire pour une fois et de laver sa tasse de café.

Le père cède, rassuré sur son potentiel de séduction, et sacrifie votre futur week-end en amoureux pour acheter les fameuses chaussures de chantier au son de “ne dis rien à ta mère” (trop tard, vous avez tout entendu).

Vous n’osez pas suggérer à la chair de votre chair de procéder avec son amoureux potentiel comme avec son père. On ne sait jamais : si elle vous écoutait (pour une fois), vous seriez dans une sacrée galère vu le petit con que c’est…

Vous vous contentez de faire remarquer aigrement au père qu’il n’a plus aucune réflexion à vous faire sur le prix des collant le jour où vous le coincez sur le rinçage de la baignoire et que votre tortillement de mèche reste vain.

La fille qui s’habille a une prédilection particulière pour s’habiller en décalage complet avec les saisons.

C’est « top mode maman ».

Elle a aussi une prédilection tout aussi particulière pour les fringues des autres.

Elle habille donc ses copines avec ce qu’elle vous a extorqué et se nippe de haillons échangés avec les mêmes copines qui comme par hasard refourguent toujours du vieux en échange du neuf. Le neuf, vous ne le reverrez jamais, c’est Marine qui le porte.

En été les filles s’éclipsent en jean, pull mohair ou angora (il y en a qui allergisent au mohair) et blouson bien chaud.

Au plus fort du gel, elles s’évanouissent le matin dans la nature, à la recherche de leur train ou bus, en simple chemisier avec un pull sur les épaules «”au cas où”.

La pharmacie du secteur survit d’octobre à avril avec vos achats frénétiques de paracétamol, sirop anti-toux, gélules diverses.

L’été, alors que vous luttez frénétiquement contre le coup de chaleur, vous les voyez rentrer couvertes comme des Inuits. Vous attrapez le coup de chaleur contre lequel vous luttiez rien qu’à les voir.

A l’occasion, pendant qu’elles rendent les jumelles à leur grand père (le voisin du fond est finalement un sale con), elles lui piquent ses cravates pour s’en faire des ceintures : il faut bien cela pour faire tenir un pantalon 10 fois trop large. Pantalon sur lequel elles marchent parce que le concept de l’ourlet est aussi dépassé que celui du poster, en s’étonnant que le tissu soit plus que « légèrement abîmé » là où elles l’écrasent à chaque pas.

Elles exhibent leur nombril en plein hiver mais refusent à se montrer en maillot de bain l’été.

Elles superposent les manches courtes sur les manches longues, le trop court sur le trop long. Ne pas leur faire remarquer que la mode existait déjà au Moyen Age : elles vous rétorqueront qu’il est normal que vous le sachiez vu votre look débile et précisément moyen âgeux.

Pour leur mariage par contre il faudra prévoir LE budget rien que pour la tenue, les chaussures de chantier et les pulls à manches longues les dégoutant subitement.

Leur père les mènera à l’autel, les yeux baissés, en grande robe meringue, avec derrière une duègne : VOUS.

La fille a des amours compliquées, secrètes (qu’elle croit), et qui ne se passent pas toujours bien.

Pulchérie ne pouvait jamais cacher qu’elle était tombée amoureuse et qu’elle « sortait » avec un garçon depuis la soirée du samedi : elle ne marchait plus, elle était en lévitation, le regard vague, un sourire niais accroché aux lèvres. Elle se scotchait à côté du téléphone, cédait son chocolat à sa sœur, se moquait des grammes perdus, ratait son devoir de math et oubliait de tirer la chasse d’eau.

Un jeune homme croisé « par hasard » un beau soir vous sourit poliment (très louche), vous dit gentiment « bonsoir » (encore plus louche), et devant l’état de votre coffre (vous revenez d’un plein chez Auchan), propose ses services pour vous aider à vider ledit coffre.

C’EST LUI, cela ne peut être que LUI !

Les questions se bousculent : dois-je lui en parler, dois-je lui acheter des préservatifs que je glisserai discrètement dans son sac (récupérant au passage ma pince à épiler) ?

Vous questionnez la petite sœur qui est une tombe. Non tout va bien. Ma sœur ne lévite pas, elle marche, elle n’a pas un sourire niais, elle tire la chasse d’eau. Quant à elle, elle ne voit pas quel imbécile peut prendre plaisir à vous aider à vider votre coffre de voiture : un déséquilibré probablement.

Et la petite chérie part un matin le sourire au lèvres, embrasse la glace de l’entrée (avec du rouge à lèvre, glace récurée la veille), et gambade dans la résidence en chantant pour aller à la gare.

Le soir elle rentre le visage fermé, murmure un « s’lut » et file s’enfermer dans sa chambre dont émanent quelques minutes plus tard, des sanglots lugubres.

Ne vous en occupez pas : sa sœur s’en charge, délaissant au passage le vidage du lave vaisselle (c’est sa semaine).

Vous passez la soirée seule devant la 302ème rediffusion de « l’aile ou la cuisse ».

Le lendemain la douceur de vos vieux jours a repris une démarche normale.

Alerte passée. Jusqu’à la prochaine.

Il y a un moment où l’on a hâte que la fille soit grande, adulte, responsable, etc…

Et puis un beau jour…

La fille prendra son envol pour ses études ou autre, et une chambre de bonne au passage ou un studio, qu’elle vous « invitera » à venir visiter.

Elle vous aboiera de retirer vos chaussures, vous interdira de fumer rapport à l’encens qui brûle, vous expliquera comment s’asseoir sur le canapé pour ne pas le bousiller (comme elle a bousillé le vôtre en sautant dessus il y a des siècles), vous montrera l’organisation de ses placards (ce qui vous donnera l’occasion de récupérer votre dernière pince à épiler fugueuse) dans lesquels trône tout ce qu’elle n’aimait pas manger chez vous.

Sur le peu de murs seront accrochés des reproductions de peinture renaissance ( ?), ou de magnifiques paysages, le tout dans des tableaux accrochés au mur avec de petits clous (exit les posters).

Tout sera impeccable, rangé au cordeau, nickel chrome.

Restera la cadette à la maison pour mettre de la vie, brûler des bougies dans la salle de bain, boucher les siphons, espionner les voisins à la jumelle, mettre la sono à fond, squatter l’ordinateur, Internet, le magnétoscope, le lecteur DVD, et vider le frigo.

Encore une fille à la maison.

Pourquoi ne pas en avoir fait une de plus pour assurer l’avenir ?

Parce que nos filles : NOUS LES ADORONS !!!

 

 

Posté le 23 avril '10 par , dans Faites des gosses !. 44 Commentaires.

BUG…

J’ai un bug sur mon post précédent, que je n’arrive pas à résoudre… J’ai donc été obligée de le rééditer, en perdant malheureusement les commentaires…

1000 excuses pour ceux qui avaient commenté…

Edit : Pulchérie est passée par là (tout à fait par hasard :-) ) et a réparé le bitoniaux…

On la remercie…

Posté le 23 avril '10 par , dans Histoire de sorcière. Pas de commentaire.

Les mots croisés et Delphine qui fait des siennes…

Mots_crois_s_74062647Réédition d’un post du 28 mars 2008 – Et oui ce sont les vacances…

Mes parents sont des personnes totalement masochistes qui passent une partie de leur vie devant des mots fléchésDes mots croisés. Des mots croisés dans lesquels il faut mettre les cases noires soi-même (le comble de l’horrorrification extrême)… Le tout avec des définitions tarabiscotées, des mots qu’on ne connaît pas, je ne vous raconte même pas  le pire du pire que je n’arrive pas à retenir (un exemple connu sinon : “tire les braises du feu” = “héritier”, moi je peux sécher 1000 ans sur la définition) (et une autre dernièrement “sort noir de la cave = sang. Eh oui, il s’agissait de la VEINE cave”… Et là je sèche pendant l’éternité…)

Pour moi c’est l’horreur absolue, (n’ayant jamais été fichue de résoudre des mots fléchés dans femme nouvelle, eh oui, je ne peux pas avoir que des qualités), que ces mots croisés dont il faut mettre les cases noires en place,  au dernier niveau (plus difficile n’existe pas), et de regarder ma mère s’attaquer à 12 H 05 aux mots fléchés de son quotidien favori, pour les terminer à 12 H 08 pour vérifier la cuisson des rognons. D’un autre côté, devinez qui écrit la lettre bien sentie qu’ils doivent envoyer aux impôts ? hein ?

Delphine en visite chez ses grands parents, n’a pas pu s’empêcher d’y mettre son grain de sel. J’ai vu son oeil s’allumer. Elle a pris un “cases noires en place” en cours, et a commencé à “compléter la grille” d’un air sérieux. “t’inquiète mamie, je vous avance un peu”.

Mrs Bibelot, innocente comme toujours, buvait son thé en toute tranquillité. Une petite fille qui fait un master de psycho, ça sait remplir des grilles de mots croisés sadiques. Sauf que si la fille tient de moi, cela va être mortel…. Elle n’a même pas fait attention d’ailleurs, au fait que Delphine ne regardait même pas les définitions et avait juste ses beaux yeux pétillants de malice…

Jean Poirotte arrive pour se remettre à la grille de la mort qui tue, depuis 2jours qu’il est dessus, il voudrait en finir la terminer enfin. Il lui a fallu un certain temps pour réaliser. On le sentait hésitant tout de même.

  • “Non mais c’est quoi ça Bibelot ? “merde” “zizi” “zob” “proute” ? “proute avec un E ?” (faut qu’il s’insurge concernant l’orthographe à n’importe quel sujet…)

Delphine imperturbable, touillant sa tisane, sa grand-mère réalisant tout à coup….

  • “C’est maman, ça collait avec les cases !

  • “Ta mère ! Je sais bien qu’elle est nulle, et là en plus, ça ne correspond pas du tout à la définition (perplexe le grand père, qui gomme frénétiquement)

  • “Papy retire là également le “ouf” en bas à droite, et le boudin qui va avec…

  • “Tu as quel âge ?”
  • “hi hi”.
  • “BON, alors cette définition…” (le canon en a une comme l’homme = âme)

La vie n’est qu’un long calvaire (enfin pour moi les mots fléchés, croisés et tout et tout, ça en est un).

Posté le 21 avril '10 par , dans Ah ces parents !, Faites des gosses !. 12 Commentaires.

Le mariage de Pulchérie (part 3/?)

Endora

Arrivée chez les parents qui sont rentrés hier. Tout le monde est content de se voir, Pulchérie n’est pas venue depuis fin juillet en gros… Le gentil ricane un peu en quittant le petit bois lonlère et tralala, parce que Pulchérie pensait pouvoir tirer un fil électrique entre la maison de ses grands parents et le petit bois pour lui donner du jus… On peut en rire sans qu’elle ne le prenne mal…

Mrs Bibelot trépigne d’impatience de savoir ce que nous avons bien pu dire sur ce “futur éventuel mariage”, avec les parents du gentil.

Pendant que je désembourbe mes ballerines (le petit bois lonlère est très glaiseux, d’ailleurs le lieu dit s’appelle “les marnes”), j’écoute pour savoir si ce terrain là (ma mère) est favorable ou non… Et ma mère se fait avoir sur ce premier coup là : pourquoi ai-je besoin de nettoyer mes chaussures en rentrant de chez les futurs beaux-parents de Pulchérie ? (bonne question), puis à son habitude elle passe rapidement à autre chose :

  • “Alors ma puce, vous avez parlé de ce futur éventuel mariage ?
  • “Mais mamie ce n’est pas éventuel, c’est décidé, sauf qu’on ne sait pas quand !
  • “Ah bon, ce n’est pas pour l’été prochain ? (2008) (ton déçu) (+ 50)
  • “On voudrais bien se marier dans le secteur, mais c’est très cher, et déjà très pris, ça risque de reporter à 2009 (+ 100)
  • “Ah mais ça fait loin 2009, moi je pensais l’été prochain (+100)
  • Je termine mes ballerines et je fais signe à Pulchérie “tu peux y aller”. Mère/fille : il y a des signaux 100 % recevables…
  • Pour 2009, j’ai une solution que j’ai bien potassée : on fait ça dans ton bois (attaque directe : + 500)
  • “Dans mon bois ? Quelle idée ! Ce ne serait pas mieux dans mon jardin ? (+ 50) (t’es cuite maman, je rigole doucement et le gentil aussi qui voit ma tête…)
  • “Mamie on ne va pas piétiner ton jardin à 80 personnes !
  • 80 personnes ? Ah non pas dans mon jardin. Mais dans mon bois, il n’y a pas d’eau ni d’électricité… (elle flanche, elle va flancher, je la connais ma mère, quand c’est niet, c’est niet direct et tout de suite)
  • “Je t’explique… (le boulot dans le bois que le gentil  se régale à l’avance à faire, l’arbre à couper mais il est moche, les tentes louées avec plancher, la groupe électrogène, etc)
  • “Et on va se garer où ? (gagné, si c’est sa seule objection…)
  • Mamie il y a plein de place pas loin et pour remonter le chemin, on mettra ce qu’il faut, à pas cher, pour que personne ne se fasse mal au pied !
  • Jean Poirotte ! Tu peux venir voir une minute ? Il te faut t’asseoir…  Tu es assis mon chéri ? Tu sais où Pulchérie veut faire son mariage ? Dans mon bois !
  • “Ah bah pourquoi pas ? (gagné !) (même pas surpris le grand père, il regardait le match de rugby d’un oeil et écoutait de l’autre, c’est bien mon père…)
  • “On reviens le WE prochain pour le canapé de Mouth (la saga du canapé fera l’objet d’une rediffusion en ces vacances de la zone C où tout le monde déserte). On pourra aller prendre des mesures ?
  • Sans problème ma chérie ! J’ai d’ailleurs un super mètre de métreur qui va être bien utile” (la grand mère, KO avant le début du combat, mais finalement, que cela se passe dans son bois…)

Donc ce sera dans le petit bois de mamie…

Sauf que naturellement, la vie n’est qu’un long calvaire…

Avec une sorcière en mère de la mariée, vous n’êtes pas près d’insomniaquer…

Posté le 19 avril '10 par , dans Faites des gosses !. Pas de commentaire.

Le mariage de Pulchérie (part 2/?)

EndoraA peine avions-nous quitté les parents du gentil (à 16 H 30, après un accueil vraiment chaleureux), à peine Pulchérie avait-elle posé ses petites fesses (mais de qui elle tient ?) dans ma nouvelle voiture, après avoir précisé qu’il n’y aurait pas de plan de table parce que ce serait buffet et que tout le monde irait s’asseoir où il le voudrait, le tout en moins de 30 secondes :

  • “Dis maman, je peux te demander un truc ? Mais tu ne le dis à personne hein ?
  • “Oui ma chérie ?
  • “Promis ?
  • “Juré craché ?
  • “Promis !
  • “Tu peux nous emmener voir le petit bois de mamie ?”

CAR : première grande nouvelle, Pulchérie a dans la tête de faire un mariage sortant de l’ordinaire. Elle se renseigne depuis 2 semaines, elle n’en dort plus la nuit. Et une idée de génie : faire le mariage dans le petit bois que possède Mrs Bibelot, via héritage de son père (l’apiculteur)…

Je reste perplexe 2 minutes : déjà le petit bois de ma mère, je ne l’aime pas, je le trouve sinistre et sombre. Son accès n’en est pas facile du tout. Mais je ne dis rien, contrarier Pulchérie c’est se préparer de mauvais jours… Et puis après tout, ce sera leur jour, c’est à eux que reviennent tous les choix.

Pas d’eau courante dans le petit bois lonlère et tralala, pas d’électricité non plus… Elle a tout prévu. Sur un site et même plusieurs, on vous loue les tentes avec planchers ou dortoirs (une tente de prévue pour ceux qui voudront dormir sur place), des toilettes, le groupe électrogène ad hoc, etc… Dans le petit bois de mamie, sur un site archéologique que la mairie a déplacé de l’autre côté de la route en refaisant le cadastre et en se trompant, ce serait parfait et tellement inhabituel (en fait le petit bois de mon grand père, donc de ma mère abrite un cimetière mérovingien, et effectivement à ma connaissance, personne n’y a fêté son mariage).

Nous voici donc remontant le chemin pour voir le petit bois. Il y a de la place (suite au nettoyage obligatoire après la tempête de 1999) à plusieurs endroits. Sauf que sur la place la plus grande pour mettre la plus grande tente, il y a un arbre qui dérange (le pauvre, sera-t-il sauvé de la tempête qui se prépare ?). Le gentil se voit très bien coupant l’arbre et le tronçonnant pour que Mrs Bibelot le brûle dans sa cheminée, nettoyant tout aux alentours, rassemblant les buches au même endroit, et mettant le sol à l’équerre… (il est quasi prêt à planter de la pelouse). Petite dispute : on ne va pas couper un arbre ! Il gêne ! Ah oui il est moche en plus, je pensais que tu parlais du chêne ! Mais non, je te parle de ce truc là, qu’est moche et qui gêne…”

Retour à la voiture, on va aller faire un petit coucou aux grands parents. comme prévu Je signale à Pulchérie qui bouillonne en son fort intérieur, mais je la connais comme si je l’avais faite, que c’est moi qui pourrais juger s’il est adéquat d’en parler maintenant ou non (je connais ma mère mieux qu’elle, mais maintenant qu’elle a constaté que c’était possible, elle trépigne !), et en route pour la grande aventure !

Avec en mère de la mariée, une gentille sorcière, la vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 16 avril '10 par , dans Faites des gosses !. Pas de commentaire.

Comment rajeunir…

82663369En mai, fais ce qu’il te plaît, sauf que cela ne me plaît plus de prendre un an de plus.

Je prépare mon cafard d’anniversaire à l’avance si je veux, d’abord.

Donc, ce lundi, nous discutions âge, Mrs Bibelot m’a précisé que Jean Poirotte et elle étaient de vieux croutons (!), et j’ai rigolé doucement parce que ma mère fait tout, sauf vieux crouton. Mon père avec sa colonne verticale en vrac n’a plus, comme elle, la démarche alerte, mais ne fait pas vieux crouton non plus…

D’un autre côté mes parents ont toujours 50 ans pour moi, c’est là que je les ai bloqués…

Elle parlait fatigue (les grandes réunions familiales elle a du mal à supporter désormais et lui aussi), artères, défibrillateur, etc…

J’ai tout de même compatis, parce que je sais que 20 ans cela passe vite (ben vi les jeunes, 20 ans, cela passe terriblement vite !) et que j’aurai leur âge sans avoir eu le temps de dire merde (normalement c’est “ouf”, ici c’est “merde”)

Je lui ai précisé que certainement elle préfèrerait avoir 53 ans comme moi dans quelques semaines, et que je le comprenais parfaitement. Alors qu’à 30 ans je ne comprenais pas ma grand-mère qui disait “mon dieu, que j’aimerais avoir encore 30 ans !”

  • Tu n’as pas 53 ans m’a dit ma mère
  • Je vais les avoir dans moins d’un mois ai-je rétorqué enjouée et tout et tout morose, c’est pareil
  • Non c’est 52 que tu vas avoir (elle traque les années maintenant)
  • Non 53 !
  • Tu es de 1958, nous sommes en 2010, 8 et 2 = 10

Ca c’est un truc sympathique. J’étais VRAIMENT persuadée que j’allais avoir 53 ans.

Du coup, le 9 mai prochain, je vais avoir un an de moins.

Faut être une sorcière vraie de vraie pour réussir un coup pareil !

Posté le 14 avril '10 par , dans Histoire de sorcière. Pas de commentaire.

Le mariage de Pulchérie (part 1/?)

EndoraComme elle en a parlé chez elle, voici  en parallèle la triste rigolote saga de la mère de la mariée qui débute (car il y aura d’autres posts bien entendu)

Il planait dans les airs depuis longtemps le mariage de Pulchérie et du gentil. 2007 très exactement.

D’ailleurs j’avais été invitée à déjeuner chez les parents du gentil le dimanche 30 septembre 2007 très exactement, pour parler de ce fameux mariage, et, je le craignais, du fait qu’ils se refusent à aller à l’église.

Vous allez vous dire (concernant la date) : cette sorcière, quelle mémoire de dinosaure d’éléphant ! En fait c’est vachement facile, ce déjeuner a eu lieu la veille du lundi 1er octobre 2007, jour où Truchon m’a signifié mon départ après 9 ans de bons et loyaux services, et ça, ça ne s’oublie pas quand ça a traumatisé.

En fait, il n’a pas été question du mariage du tout ce jour là (le dimanche, suivez un peu !) (ni d’église : ouf !). J’ai découvert des gens charmants et hospitaliers, passé un excellent moment, et puis avec ma fille et mon futur gendre, nous sommes repartis vers chez mes parents rentrés de la Grande Motte la veille, que les “enfants” voulaient saluer.

Cela date un peu bien sûr. A l’époque le mariage était fixé pour 2009, puis il a été repoussé, le gentil devant en 2009 préparer son internat parfaitement réussi.

Donc de septembre 2007 à 2010 à l’horizon droit devant, il y a de quoi faire et vous rompre les rétines avec l’histoire du mariage qui n’est pas encore terminée (à partir d’une certaine date vous aurez droit à des chroniques quasi en direct et je sens d’avance votre enthousiasme).

Si si…

Souvenez vous que la vie n’est qu’un long calvaire…

Avec la sorcière en mère de la mariée, vous n’aurez plus jamais d’insomnies…

Je pense que vous pourriez me trouver un adage qui rime, bien meilleur que mon pauvre commentaire en gras ci-dessus. Après tout, vous pouvez bosser un peu, non ?

Posté le 12 avril '10 par , dans Faites des gosses !. Pas de commentaire.

Le cassoulet…

cassouletMes parents recevant des amis et ayant décidé de faire un cassoulet, pour rien au monde je n’aurais manqué la préparation du plat.

Je vous épargne le J-1 et la cuisson des haricots au son de “je sais qu’il faut faire cuire les haricots”, “il faut faire cuire les haricots”, “je sais qu’il faut faire cuire les haricots”. J’ai eu par contre l’idée saugrenue de leur suggérer la recette trônant dans un livre à moi que je leur laisse en dépôt et qui leur semblait plus sympathique que celle qu’ils s’apprêtait à faire.

Donc il y a eu, en plus de la cuisson des haricots le “quant-est-ce-que tu vas acheter ce qui manque ?” Et les réponses qui allaient avec. Avant la mise en route du cassoulet…

Jean Poirotte
Mrs Bibelot
Moi. Vous remarquerez que mes réponses sont généralement succinctes, j’ai mes raisons…

  • Il faut mettre la sauce tomate dans les haricots
  • Je sais, je m’en occupe, quand j’aurais fini mon thé
  • Ah finalement tu prends du concentré ?
  • Oui mais je vais le diluer dans le bouillon des haricots, comme indiqué sur la recette
  • Tu crois qu’il faut que je recoupe les morceaux de confit ?
  • Non
  • Passe moi mon couteau, je vais recouper les morceaux de confit
  • Tiens le voila ton couteau. Tu crois qu’il faut mettre les haricots dans deux jattes pour mette la sauce ?
  • Non
  • Coraline tu peux aller me chercher une deuxième jatte STP ?
  • grumphf
  • Voila, c’est touillé.
  • J’ai l’impression qu’il n’y a pas assez de haricots
  • Tu es fou ? Une fois toute la viande mise ça va déborder de partout. Il faut prévoir un deuxième plat
  • Tu crois ?
  • J’en suis certaine. Tiens voilà le deuxième plat…
  • Effectivement, mais du coup j’ai un doute, il faudrait peut-être mettre le reste de haricots. Qu’est-ce que tu en pense Coraline ?
  • A mon avis il y en a largement assez
  • Bibelot, met de la sauce dans le reste des haricots !
  • Voila c’est fait
  • Qu’est-ce que tu fais alors que tu devrais faire cuire les saucisses ?
  • Bah la vaisselle
  • Mais laisse moi MA vaisselle et occupe toi des saucisses !
  • Coraline tu trouve que c’est bien disposé ?
  • Grumphf
  • Redispose moi les morceaux de confit autrement
  • Voila madame
  • Bon mes pommes pour mes tartes… Ton couteau ne coupe plus, tu devrais l’affuter
  • Il coupe très bien mon couteau !
  • Ah non, effectivement il faut que j’aille l’affuter
  • Tu ne pouvais pas m’attendre pour le découpage des pommes ?
  • Non j’étais lancée. Tu ferais mieux de mettre les plats de cassoulet dans le four
  • Pas celui là, c’est celui que je vais utiliser pour mes tartes
  • C’est la même chose
  • Non, j’aime mieux me servir de ce four là
  • Aïe, mais qu’est-ce que c’est que ce rasoir ?
  • C’est mon couteau, je viens d’aller l’affuter
  • Et moi je me suis coupée !
  • Tu n’es jamais contente !
  • On n’a pas idée d’affuter un couteau à ce point là. Tiens, occupe toi des pommes, je les disposerai dans les moules…
  • EN CHOEUR : “Tu t’en vas déjà ma chérie ?”

Pour le lendemain j’avais raison : il leur restait un plat sur deux…

La vie n’est qu’un long calvaire !

Posté le 9 avril '10 par , dans Tu l'as vue la spatule ?. Pas de commentaire.